PT0SIS OU CHUTE DE LA PAUPIERE SUPÉRIEURE
Dans la figure '1 32. on montre le résultat de l'opération après qu'un œil artificiel a été appliqué.
Fis. 432.
Opération de la paupière supérieure. — Les lignes a et b clans la figure 1 31 indiquent le sens des incisions qui furent faites avec une paire de ciseaux à travers toute l'épaisseur de la paupière. Le lambeau triangulaire c tracé/par les deux incisions se rétracta alors légèrement, tandis que l'on attirait en bas les segments de la paupière, à droite et à gauche, et qu'on les unissait par deux points de suture, comme cela est représenté dans la figure 4 32 ; mais avant de réunir les lèvres de la plaie, j'eus soin d'aviver la pointe du lambeau.
Opération de la paupière inférieure, — Dix jours environ après avoir opéré la paupière supérieure, j'opérai d'une façon analogue la paupière inférieure, dirigeant mes incisions comme le montrent les figures 131 et 132 (1).
3° Lagophthalmos congénital*
Le lagophthalmos congénital n'est ordinairement qu'une partie des lésions que l'on rencontre dans le microphthalmos général.
§ V. — Ptosis ou chute de la paupière supérieure (2).
Le ptosis est le contraire du lagophthalmos ; la paupière supérieure tombe sur le globe et ne peut être relevée.
(1) Voyez Médical Times and Gazette, 22 août 1857.
(2) Blépharoptose.
Il y a quatre formes principales de ptosis : 1 ° Ptosis par paralysie du nerf moteur oculaire commun ; 2° Ptosis par blessure du muscle releveur de la paupière ; 3° Ptosis par exubérance et par relâchement de la peau et de toute la substance de la paupière ; 4° Ptosis congénital.
1° Ptosis par paralysie du nerf moteur oculaire commun.
Nous avons déjà parlé de la nature de cette affection (p. 594).
Traitement. — Si la paralysie du nerf de la troisième paire est limitée à un seul côté et qu'elle résiste au traitement indiqué plus haut, il ne faut rien tenter ; mais si la paralysie existe à droite et à gauche, et s'il y a double ptosis, il devient nécessaire de maintenir une des paupières relevées au moyen d'une bandelette agglutinative ou de quelque autre appareil, afin que le patient puisse y voir assez pour marcher. Il y a un degré de ptosis qui vient naturellement par suite d'une disposition au sommeil. J'ai vu une femme affectée de ptosis paralytique incomplet incapable d'ouvrir les yeux après une mauvaise nuit. Comme elle avait de la peine à dormir, elle usait avec avantage des soporifiques.
DiefTenbach dit avoir réussi à maintenir la paupière relevée, dans les cas de blépharoplégie, par le procédé suivant : On retourne la paupière supérieure complètement, on accroche avec une érigne double, au delà du bord ciliaire du tarse, toute l'épaisseur de la paupière, moins la peau, et l'on en fait l'excision transversalement. Cette plaie sous-cutanée est rapprochée par deux fils fins qui pénètrent de la muqueuse à la peau et sont serrés à l'extérieur sur un petit cylindre de toile. MM. Denonvilliers et Gosselin ont proposé, dans le cas où le ptosis paralytique serait double, complet et incurable, d'enlever, en forme de V, un lambeau de la paupière supérieure à sa partie moyenne, de manière à découvrir une partie de la cornée, et à produire une sorte de coloboma artificiel.
2° Ptosis par lésion du muscle releveur de la paupière.
Le muscle releveur peut être divisé ou du moins lésé dans les blessures de la paupière supérieure, de telle sorte qu'il ne puisse plus agir librement, d'où le ptosis.
Si, lorsque la blessure est guérie, le muscle divisé reprend ses fonctions, le ptosis cesse, mais cela n'arrive pas toujours, surtout
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Hunt (de Manchester) a imaginé, pour remédier à ce ptosis. une opération qui consiste à enlever un lambeau transversal des téguments de la paupière dans une étendue et dans un point tels que, par la cicatrisation, la peau de la paupière vienne se réunir à cette portion de la peau du sourcil sur laquelle agit l'occipitofrontal; de cette manière l'action de ce muscle était substituée à celle dureleveur de la paupière.
3° Ptosis par exubérance et relâchement de la peau ou de toule la substance de la paupière.
Cet état peut survenir à la suite d'une tuméfaction œdémateuse prolongée ou de quelque affection semblable, mais quelquefois on le rencontre chez les vieillards sans cause apparente.
On remédie, en général, à ce ptosis par l'excision d'un lambeau elliptique, ainsi que nous l'avons dit pour Tentropion (p. 626).
J'ai vu ce genre de ptosis survenir à la suite d'une ophthalmie purulente dans laquelle on avait abusé de l'emploi du sulfate de cuivre ou d'autres caustiques pour détruire les granulations de la conjonctive. On a conseillé, dans ce cas, l'excision d'une portion de la paupière en forme de coin, pour diminuer sa longueur transversale. On pourrait, en outre, si cela est nécessaire, exciser un lambeau elliptique pour raccourcir la paupière dans le sens vertical ; mais il ne faut tenter ces opérations que si l'œil est d'ailleurs bien guéri.
Comme il est très important de déterminer exactement les dimensions du lambeau cutané qui doit être enlevé, afin de ne pas rester en deçà ou aller au delà de ce qui est nécessaire, on a inventé différentes espèces de pinces qui permettent de saisir un repli cutané et de le soulever pendant qu'on ordonne au malade d'ouvrir et de fermer l'œil alternativement. Les pinces à béquille de Béer, celles à bascule d'Adams, etc. , peuvent remplir ces indications; mais la pince représentée figure 128, dite pince de Grœfe, est plus simple et plus commode, et permet, après qu'on s'est bien assuré que les dimensions du lambeau sont convenables, d'exciser la portion de peau contenue dans la concavité des deux branches rapprochées. Les deux lèvres de la plaie sont réunies par la suture. L'excision d'un lambeau cutané est inutile, si le muscle orbiculaire est paralysé (ptosis paralytique), ce que l'on distingue en ce qu'alors la paupière ne peut se relever quand on soulève entre les doigts un pli de la peau de la paupière, tandis que dans le ptosis par relâchement de la peau la paupière reprend alors ses mouvements.
4° Ptosis congénital.
Le ptosis se montre quelquefois, à la naissance, par suite d'un arrêt dans le développement du muscle releveur de la paupière. Il est alors incurable ; mais lorsqu'il est dû à un simple relâchement de la paupière, on peut y remédier comme il vient d'être dit.
§ VI. — Epicantlms.
On emploie ce mot pour désigner une difformité congénitale consistant en un repli anormal de la peau qui part des côtés de la racine du nez et s'étend au-dessus de l'angle interne de l'œil. Le bord libre de ce repli est semi-lunaire et ses extrémités se perdent dans la peau des paupières. Ammon, qui a donné le nom de cette maladie, a imaginé une opération qui consiste à exciser verticalement un lambeau elliptique de la peau de la racine du nez au niveau du repli anormal, puis à réunir les lèvres de la plaie par des points de suture. 11 est rare, cependant, que l'épi— canthus gêne assez les mouvements des paupières pour nécessiter une opération, et le plus souvent le repli disparaît à mesure que le nez de l'enfant devient plus proéminent
On a pensé que l'épicanthus pouvait faire loucher, et c'est ce qui détermine quelques personnes à opérer. J'ai vu des cas avecstrabisme, d'autres sans strabisme, et, en un mot, je ne vois rien qui puisse faire préconiser l'opération.
ARTICLE III