‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 89 sur 127 · TUMEURS KYSTIQUES A PAROIS ÉPAISSES · texte numérisé non relu

TUMEURS KYSTIQUES A PAROIS ÉPAISSES

brille, peut se présenter sur la peau des paupières et des joues, où l'on en remarque souvent en nombre plus ou moins considérable.

Composé d'un capsule comparativement épaisse, sans ouverture, dans laquelle se trouve une matière d'apparence sébacée, le millet diffère entièrement de l'accroissement des follicules sébacés ordinaires , occasionné par l'accumulation de la sécrétion. Le corps contenu est naturellement rejeté par la déchirure de l' épidémie qui le recouvre et peut se reproduire de nouveau. Ces tumeurs semblent ainsi être de la même nature que les cellules glandulaires déhiscentes de l'espèce la plus simple. On s'en débarrasse lorsque cela devient nécessaire, en grattant avec précaution l'épiderme qui les recouvre, avec un instrument bien pointu, en prenant garde de ne pas gratter assez profondément pour couper la capsule, et en faisant sortir le corps contenu entre les ongles des pouces. Si la capsule était atteinte, elle pourrait alors demeurer, tandis que son contenu seulement serait évacué. La tumeur, lorsqu'elle est entièrement expulsée, ressemble exactement à une petite perle.

§ IX. — Tumeurs kystiques à parois épaisses (1).

De grosses tumeurs, du volume d'une fève et même plus, mais paraissant de la même nature que le millet dont nous venons de parler, se rencontrent quelquefois, surtout chez les enfants, dans la peau et le tissu sous-cutané des paupières. La capsule en est blanche, très épaisse, d'une consistance assez ferme, presque cartilagineuse et surface mamelonnée.

Ces tumeurs se rencontrent quelquefois en nombre considérable et de toutes grosseurs dans les paupières, les sourcils, le front et les joues.

On enlève facilement la tumeur en la divisant , elle et les téguments qui la recouvrent, d'un coup de lancette et en pressant les deux portions du kyste épais qui leur sert de réceptacle. L'incision se cicatrise rapidement ; mais si l'on n'a exprimé que le contenu sébacé de cette tumeur, et que la paroi kystique épaisse demeure, la plaie, au lieu de guérir, se transforme en un ulcère de très mauvais aspect.

(1) Tumeurs albumineuses. — Molluscum contagium. — Tumeur glandiforme.

§ X. — Chalaxion, ou tumeur tarsienne (l).

Cette espèce de tumeur est située dans la substance du cartilage tarse, généralement à quelque distance du bord de la paupière, et se rapproche plutôt de la surface interne que de la surface externe. Ordinairement elle ne forme qu'une saillie légère sur la peau de la paupière, ou même ne manifeste pas sa présence à la surface extérieure. En retournant la paupière, on remarque qu'à cet endroit, la conjonctive est d'un rouge livide et un peu soulevée, mais aussi quelquefois déprimée au milieu. A mesure que la tumeur augmente, la conjonctive s'amincit et finit par céder, et une petite excroissance fongoïde se forme dans l'ouverture. La suppuration peut s'établir autour du noyau de la tumeur. Cette tumeur consiste en une matière fibrineuse, gélatiniforme, non enkystée, mais simplement renfermée dans une cavité qu'elle s'est formée elle-même en s'accumulant dans la substance du cartilage tarse.

Traitement. — Si, comme cela est fréquent, le malade est atteint de dyspepsie, on peut arrêter les progrès de la tumeur et même la dissiper tout à fait en améliorant l'état des fonctions digestives. On peut aussi employer des frictions locales avec l'onguent mercuriel camphré. Si cependant la tumeur est déjà volumineuse et presse douloureusement sur le globe, il faut l'enlever radicalement. L'opération consiste, après avoir retourné la paupière, à inciser franchement la tumeur et à en exprimer le contenu autant qu'il est possible de le faire. Ce qui reste encore peut être broyé et extrait au moyen d'une étriller de Daviel introduite dans la plaie. Lorsque la tumeur est plus proéminente à l'extérieur qu'à l'intérieur, on peut inciser la peau qui la recouvre, parallèlement au bord delà paupière.

Il peut arriver que deux tumeurs se trouvent à côté l'une de l'autre et qu'une seule soit vidée par l'incision. Dans ce cas, il faut étendre l'incision jusqu'à la seconde tumeur et en exprimer le contenu. Des deux tumeurs, il peut s'en trouver une plus saillante à l'intérieur et l'autre à l'extérieur. Quand un chalazion se rompt, une excroissance fongoïde, comme il a été dit plus haut, s'élève du fond et peut persister sans qu'il reste des traces du chalazion. Une incision étant faite de chaque côté de sa base, on en extirpe la racine à l'aide de ciseaux courbes.

(1) Tumeur fibrineuse (Mackenzie).

§ XI. — Kystes.

Les kystes des paupières sont assez rares ; quelquefois congénitaux , ils s'observent surtout clans la paupière supérieure du côté de la tempe. Ils sont situés sous l'orbiculaire des paupières et sont souvent adhérents au périoste du bord de l'orbite. La poche est mince, mais résistante, et elle renferme une matière grasse et glaireuse, quelquefois mêlée de poils.

Voici les règles générales à suivre pour enlever ces tumeurs :

4° L'incision externe doit être franche et dans la direction des fibres de l'orbiculaire.

2° Le kyste doit être entièrement disséqué, s'il est possible. En tout cas, il faut l'extirper en totalité. S'il en restait la moindre parcelle, ce qui, -par défaut de soin, pourrait arriver dans la partie qui adhère à l'os, la plaie ne guérirait pas, et l' exfoliation de l'os pourrait avoir lieu (1).

Fig. 133.

Page 1