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Pince Je M. Desmaires

A. Même pince appliquée sur la paupière supé^rieure renversée.

[On peut, pour faciliter la dissection des tumeurs de la paupière, chalazion, kystes, etc. , se servir de l'instrument B (fig. 4 33) imaginé par M. Desmarres. Cet instrument est une pince dont les mors sont remplacés par une plaque et un anneau qu une vis de rappel rapproche de manière à exercer une compression sur la paupière qu'on a engagée ;entre eux, comme le montre la fig. 1 33, que nous empruntons à la Chirurgie opératoire de M. A. Guérin. ]

(1) Consultez : Fano, Mémoire sur la nature et le traitement des kystes des paupières (Bull, thêrap., avril 4862).

§ XII. — Hydatides dans le tissu cellulaire des paupières.

Mackenzie cite un cas de tuméfaction au milieu de la tempe et de l'arcade zygomatique, qui, à la suite d'une ponction faite par la bouche, laissa échapper un liquide glaireux et quantité d'hydatides. Plus tard, un abcès se forma dans la paupière supérieure, et le pus contenait aussi plusieurs hydatides.

§ XIII. — Rœvus maternas et anévrysme par anastomose de la région païpébrale.

La peau de cette région, aussi bien que celle de toute autre partie du corps, est quelquefois le siège de ce genre de nsevus, que l'on appelle md/e, dans lequel une partie de la peau est plus épaisse, de couleur brune et couverte de poils. Le nasvus ou l'anévrysme par anastomose atteint aussi quelquefois les paupières.

Je traite en ce moment un enfant affecté d'un nsevus diffus de cette espèce, s'étendant à la conjonctive et au bord de la paupière inférieure gauche. Au premier aspect, la rougeur pourrait être prise pour une rougeur inflammatoire.

Les diverses méthodes de traitement du naevus qui peuvent être adoptées sont : la compression, le cautère actuel ou potentiel, la vaccination, les injections caustiques ou irritantes dans la tumeur , le séton, la ligature, l'excision, la ligature de la carotide.

Les détails de ces divers modes de traitement sont du ressort de la chirurgie générale.

§ XIV. — Indurations squirrkoïdes des paupières.

On rencontre quelquefois, surtout chez les vieillards, dans toute l'épaisseur de la paupière, vers le bord, tarsien, généralement à la paupière inférieure, une dégénérescence verruqueuse, dure, tuberculeuse, traversée par des vaisseaux variqueux et se terminant par l'ulcération. Malgré la ressemblance, ce n'est pas un squirrhe.

S'il n'y a pas d'irritation, cette tumeur peut demeurer stationnaire. Quelquefois cependant elle irrite tellement l'œil et produit une telle difformité, que le malade réclame une opération pour s'en débarrasser. Celle-ci consiste simplement dans l'amputation de la partie malade.

§ XV. — Cancer des paupières.

Le cancer commence plus souvent par la paupière inférieure que par la paupière supérieure, et se présente d'abord sous la forme d'un petit tubercule induré (épithélioma), au bord delà paupière ou vers l'un de ses angles. La peau qui la recouvre conserve, du reste, son aspect normal, sauf qu'elle est traversée par des vaisseaux variqueux, et elle est peu ou même pas du tout sensible. D'autres tubercules de la même nature se développent plus tard. A cette période de la maladie ou période d'induration, succède, après une durée indéterminée, la période d'ulcération. L'ulcère est uni, dépourvu de granulations, mais l'écoulement n'en a pas moins l'aspect sanieux. Les bords de l'ulcère sont noueux, irréguliers, et la peau environnante a son aspect normal. L'ulcération peut s'arrêter pour quelque temps, puis reprendre sa marche, ou bien cesser sur un point pendant qu'elle continue sur l'autre. Quoique l'ulcère puisse finir par détruire non seulement toute la paupière, mais encore les parties voisines, elle ne progresse que très lentement, parfois même durant des années.

Fendant que la maladie marche, le globe peut être détruit par l'ulcération et la rupture de la cornée, qui donne issue aux tumeurs de l'œil. Toutefois cet accident paraît être quelquefois le résultat d'une inflammation du globe, consécutive au défaut de protection causé par la perte des paupières, plutôt que la conséquence du développement du cancer. Une douleur insignifiante accompagne généralement la période d'ulcération ; mais quand les nerfs sont mis à nu, ou que le globe se rompt, la douleur devient intense. Les ganglions lymphatiques voisins ne sont pas infectés, et la santé générale n'en souffre pas. Le cancer des paupières est une maladie très rare et ne se manifeste pas avant la période moyenne de la vie.

On distingue l'ulcération cancéreuse de l'ulcération syphilitique mentionnée plus haut, par la lenteur de sa marche, l'état naturel des téguments environnants, ainsi que par les antécédents du malade.

Traitement. — Tant que le mal est encore circonscrit aux paupières, le seul traitement efficace est l'extirpation, par le bistouri, du tissu morbide, avec une partie des tissus sains qui l'entourent immédiatement. Il faut remarquer que, quoique les glandes lacrymales et les canalicules soient enlevés, il n'y a plus tard aucun écoulement des larmes.

Lorsque la maladie a déjà pu étendre ses ravages, au point de détruire les paupières et les parties avoisinantes, un traitement antiphlogistique et émollient peut être employé avec avantage, non pas seulement pour pallier les symptômes , mais encore pour retarder les progrès du mal.

Les paupières et la conjonctive se trouvent quelquefois affectées de mélanose, mais il n'est pas nécessaire d'entrer dans de plus grands détails à ce sujet.

Opération pour restaurer la paupière. — Dans un cas récent, dans lequel la totalité de la paupière droite supérieure avait été détruite par l'ulcération syphilitique, sauf une petite portion de l'angle interne, j'ai refait la paupière et rétabli l'espace oculopalpébral de manière à permettre l'introduction d'un œil artificiel. Le globe avait aussi été détruit et réduit à un moignon. Par l'opération décrite plus haut (p. 64 8), j'obtins d'abord un pli tégumentaire en place de la paupière perdue, et dans un autre temps fondé sur le même principe que l'opération décrite (p. 634) pour le lagophthalmos. et le coloboma de la paupière, je replaçai dans sa position normale le reste de la paupière primitive qui était retournée. Deux mois après ces opérations préliminaires, je pratiquai une incision le long du bord supérieur du l'orbite, je rabattis la peau du pli palpébral sur l'œil, comme une paupière, et je remplis le vide ainsi formé par un lambeau de peau emprunté à l'éminence thénar de la main. Le pédicule de ce lambeau fut séparé au bout de six jours, lorsque l'adhésion eut été faite. Le lambeau, ainsi transplanté selon la méthode de Tagliacozzi, forma la peau de la nouvelle paupière, tandis que le tégument ramené sur l'œil par le rabattement du pli palpébral, forma la conjonctive de la nouvelle paupière.

§ TLVI. — Phthiriasis «les sourcils et des cils.

Les poux et leurs œufs déposés sur les sourcils et les bords des paupières y entretiennent un état d'inflammation chronique et causent des démangeaisons intolérables.

Traitement. — Après avoir enlevé tous les cils qui ont pu céder à l'action du pouce et de l'index, il faut oindre deux fois par jour les sourcils et le bord des paupières avec une pommade mercurielle, telle que celle de précipité rouge. Après cela, on cherche à déloger les insectes des sourcils, au moyen d'un peigne fin, et des cils, au moyen d'une petite spatule ou d'une pince.

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