CHAPITRE XII
ARTICLE PREMIER
MALADIES DES ORGANES LACRY3IAUX SÉCRÉTEURS. § I. — Troubles de la sécrétion lacrymale.
La sécrétion de la glande lacrymale peut être supprimée, ou au contraire elle peut être trop abondante. On sait que ces troubles accompagnent souvent certaines affections mentales. La suppression de la sécrétion est plus commune dans la vieillesse, et son abondance dans la jeunesse. Dans tous les cas, ces différents états doivent être considérés comme des symptômes plutôt que comme des maladies en elles-mêmes, et tous deux peuvent se manifester dans les différentes phases d'une seule et même maladie.
§ II. — Suppression de la sécrétion lacrymale (2).
On ne doit pas confondre la sécheresse de l'œil provenant de la suppression de la sécrétion lacrymale avec celle qui dépend d'une sécrétion morbide de mucus par la conjonctive. Mais on peut douter si la suppression seule de la sécrétion lacrymale, indépendamment de toute perturbation de la sécrétion de la conjonctive, est une cause de sécheresse de l'œil, car dans des cas d'ablation de la glande lacrymale l'œil a continué à être suffisamment humecté par la sécrétion de la conjonctive, qui, par le fait, sert habituellement à entretenir l'humidité de l'œil. La sécheresse de
(1) Encanthis malin.
(2) Xérome lacrymal.
l'œil qui accompagne quelquefois l'amaurose paraît due à un trouble dans la sécrétion de la conjonctive, aussi bien que de la glande lacrymale.
On cite l'oblitération des conduits de la glande parmi les causes de xérophthalmie lacrymale, mais ce fait, comme je l'ai dit déjà, est plutôt supposé qu'établi positivement par l'observation directe. La vérité est que la xérophthalmie est toujours conjonctivale et dépend d'une cutisation de la conjonctive, que la sécrétion de la glande lacrymale soit ou non supprimée.
§ 311. — Epiphora ou larmoiement.
On désigne sous ce nom la surabondance de la sécrétion lacrymale, qui se présente le plus souvent comme symptôme de l'irritation de la conjonctive. Cette irritation peut être due à l'inflammation, surtout à l'inflammation scrofuleuse de la membrane, ou, ainsi qu'on le sait, à des agents chimiques ou mécaniques comme le vent froid, les vapeurs acres, les corps étrangers dans l'espace oculo-palpébral, les cils tournés en dedans, etc.
Ùépiphora, comme je l'ai déjà fait remarquer (p. 11) doit être distingué du stillicidium lacrymarum, autre forme de larmoiement, ne provenant pas de la surabondance de la sécrétion, mais de l'état morbide des organes excréteurs, qui deviennent alors incapables de conduire dans l'intérieur du nez le liquide qui s'accumule dans le lac lacrymal, à l'angle interne de l'œil. Mais comme l'état morbide de ces conduits excréteurs est souvent accompagné dune irritation de la conjonctive, l'épiphora peut exister avec le stillicidium lacrymarum (1).
Traitement. — Le traitement doit évidemment avoir pour but de détruire la cause excitante, que ce soit une inflammation ou un agent irritant mécanique ou chimique.
§ IV. -— Inflammation de la glande lacrymale (2).
L'inflammation de la glande lacrymale n'est pas très fréquente, et quoique l'on, en ait décrit une forme aiguë et chronique, il n'y a point de signes bien certains auxquels on puisse les reconnaître, si ce n'est la douleur et la tension dans la région de la
(1) Quelques auteurs emploient le terme de stillicidium lacrymarum dans le même sens que le mot épiphora.
(2) Dacryadenitis.