PARALYSIE D’UN SEUL ABDUCTEUR
Définition. — On désigne ainsi l’inaetion de l'un des muscles abducteurs produisant pendant l'inspiration l'immobilité de la corde vocale correspondante sur la ligne médiane , et donnant lieu à une dyspnée plus ou moins prononcée, ou à du cornage.
Étiologie. — Cette affection est quelquefois le résultat d’une inflammation catarrhale et dans un cas je l’ai vue survenir à la suite d’une lésion musculaire due elle-même à l’enclavement accidentel pendant deux jours d’une fausse dent dans le larynx. Dans les deux faits relatés ci-après, la syphilis a été la cause de la paralysie.
Symptômes. — On reconnaît bien vite l’affection du larynx à l’aide du laryngoscope, car en faisant exécuter 'au malade une inspiration profonde la corde affectée ne s’éloigne pas de la ligne médiane. Le cornage et la dyspnée apparaissent à la suite d’un effort, mais comme on doit s’y attendre les symptômes ne sont pas aussi graves que si les deux cordes étaient atteintes. Ordinairement la voix n’est pas altérée à moins qu’il n’existe une congestion accidentelle.
Diagnostic. — La position que prennent les cordes vocales atteintes pendant l’inspiration indique immédiatement la nature de l’affection, mais il est souvent impossible de dire pendant la vie, si elle est de nature musculaire ou si elle est due à une compression nerveuse.
Pronostic. — Le pronostic, et le plus ou moins de chance que peut avoir le malade de récupérer la fonction abolie, dépendent de la cause de la paralysie et de sa durée. Si on a quelque raison de supposer que les fibres musculaires sont détruites, on ne devra conserver aucun espoir. En général on devra être très prudent pour porter un pronostic dans les
(1) Les cas dans lesquels l’accident est dû à la compression par les fibres abductrices de l’un des récurrents ont déjà été décrits à l’article : Paralysies unilatérales.
cas anciens et il ne faut pas oublier qu’on peut être obligé de recourir à la trachéotomie.
Traitement. — Si le mal est récent il faudra adopter un traitement calmant par les inhalations chaudes, et lorsque l’inflammation locale aura disparu on pourra recourir au galvanisme et au faradisme avec mes « électrodes abducteurs «.Dans la syphilis, on donnera l’iodure de potassium. Les affections purement inflammatoires se terminent en général d’une manière favorable.