‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 108 sur 146 · OBSERVATIONS DE PARALYSIE DES TENSEURS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DE PARALYSIE DES TENSEURS

I. — Un militaire âgé de trente-neuf ans perdit la voix pendant un effort de commandement. A l’examen laryngoscopique les rubans vocaux affectaient un contour onduleux caractéristique et très net au niveau de leur bord libre (voir flg. 102).

Tout d’abord la voix était entièrement perdue, mais elle prenait le second jour un ton rauque efvoilé, qu’elle garda pendant presque deux mois. Cet état disparut au moyen d’un vésicatoire appliqué au-devant du cou sur l’espace crico-thyroïdien.

II. — L. N., âgé de SI aDs, me consulta en juin 1876, pour une aphonie qui datait de deux ans. En examinant les cordes vocales on voyait qu’elles avaient une couleur normale, leur mouvement d’adduction vers la ligne médiane se faisait bien, mais elles étaient très relâchées. Lorsque les cordes vocales se rapprochaient, la glotte présentait un contour onduleux qui variait constamment. En examinant le cou du malade, je remarquai une escharre commençant à droite, en un point situé au niveau de l’oreille, et finissant d’autre part de niveau avec l’angle de la mâchoire du côté gauche, passant en avant entre les cartilages cricoïde et thyroïde. Le malade nous avoua qu’il avait essayé, deux ans auparavant, de se se suicider, et quelques mois après, il s’était formé au milieu de la gorge un trajet fistuleux communiquant avec les voies aériennes. Il nous dit que la plaie avait été très profonde dans tout son parcours, et qu’il avait eu une hémorrhagie considérable.

Il était évident d’après l’examen de la plaie que l’attache inférieure du crico-thyroïdien avait été complètement divisée des deux côtés ; aussi ne pensai-je pas qu’il fut nécessaire de tenter dans ce cas un autre traitement.

malade peut émettre des sons plus ou moins mal timbrés et passant facilement d’un registre à l’autre, au prix de grands efforts. Il est souvent obligé, pour parler à haute voix, de contracter avec force ses muscles abdominaux et surtout le diaphragme, faisant alors dos efforts considérables, surtout au moment de commencer ses phrases ( Note des Traducteurs).

PAKAr/YSIE des ADDUCTEURS des cordes vocales

PARALYSIE DES TENSEURS INTERNES DES CORDES VOCALES (thyro-aryténoïdiens internes)

On observe souvent des cas dans lesquels les cordes vocales restent pendant la phonation légèrement séparées dans le tiers moyen de la glotte et l’on attribue généralement ce défaut de rapprochement à la paralysie des tenseurs internes, mais il est probable cependant que dans quelques-uns de ces cas, les fibres du muscle crico-aryténoïdien latéral seules sont affectées.

Fig. 112

Cette forme de paralysie se rencontre fréquemment chez les chanteurs, à la suite d’une fatigue exagérée de la voix. Elle résulte probablement parfois d’un tiraillement des muscles après un violent effort fait en chantant.

Dans le premier cas, un repos de quelques jours et des inhalations calmantes suffisent pour assurer la guérison : dans le second, l’affection ne peut se guérir que par un repos de plusieurs mois, et elle est souvent incurable. Le galvanisme intralaryngéagit très utilement lorsque la maladie est le résultat d’un excès de fatigue ou d’un catarrhe, tandis que le faradisme réussit mieux lorsqu’elle est sous la dépendance de l’hystérie.

paralysie des muscles thyro-aryténoïdiens datant de trois ans,

GUÉRIE PAR LE FARADISME (NTRA-LARYNGÉ

Une jeune femme âgée de 26 ans, d’apparence délicate, mais non pas hystérique, m’est adressée par M. Tapson, en 1863, pour une

PARALÎSIES DIVERSES

aphonie qui datait de trois ans. La perte de la voix avait commencé par une ulcération de la gorge, mais après la guérison de 1 abcès la voix n'était pas revenue. Jusqu’au jour de sa visite elle continua à ne pouvoir parler qu’à voix basse.

Elle avait subi plusieurs traitements parles applications caustiques et l’électrisation externe combinée avec l’usage des anti nerveux ; à l’examen laryngoscopique on trouva les . cordes très pâles et très étroites. Pendant les efforts de la phonation elles se rapprochaient bien ; mais elles étaient encore relâchées et on voyait distinctement leur centre bombé en haut.

L’électricité appliquée au moyen de mon électrode laryngé guérit cette aphonie en trois semaines.

(Bien que j’aie autrefois (1 ) cité ce cas comme un exemple de paralysie des muscles crico-thyroîdiens, le fait que cette affection a guéri rapidement par le faradisme laryngé, tandis qu’elle avait résisté à l’électrisation sur la peau, indique bien que les adducteurs internes étaient surtout affectés.)

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