‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 111 sur 146 · AGE · texte numérisé non relu

AGE

Femmes .

Hommes.... .

Total général. .

Sexe. — L’influence du sexe est la même que dans un grand nombre d’affections laryngées où les garçons sont beaucoup plus fréquemment atteints que les filles. Steffen a réuni 554 observations tirées de différents auteurs, sur ce nombre le sexe masculin compte 386 cas et le sexe féminin 168. Sur les 297 cas observés à l’hôpital des enfants malades, il y avait 166 garçons et 131 filles ; tandis que sur le nombre des morts publiés dans le rapport du « Registrar general » on comptait 4,771 garçons

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et 2,547 filles. Sur les « cas du DrGee, 34 garçons et 14 filles, et sur mes 31 malades, 21 garçons et 10 filles.

Conditions sociales. — Elles ont une influence marquée, les enfants de parents pauvres étant plus sujets à cette affection que ceux des familles aisées et cela pour des raisons que nous donnerons à l’article « Constitution physique . »

L’influence des saisons est considérable. Henoch, Rilliet et Barthez ont prouvé que la maladie était beaucoup plus commune dans les premiers mois de l’année que dans les derniers et leurs assertions ont été confirmées par le Dr Gee qui sur 63 cas en a rencontré 58 dans les premiers six mois de l’année et 5 seulement dans les six derniers. Le résumé suivant indique d’après le Dr Gee le nombre de cas observés chaque mois :

Janvier . 3

Février. ....... il

Mars . 7

Avril . .13

Mai . 16

Juin . 8

Total. ... 58

Juillet . 0

Août . 1

Septembre . 0

Octobre . l

Novembre. . . . . . . 1

Décembre . 2

Total. ... 5

Sur mes 31 cas, 19 se sont montrés dans les premiers et 12 dans les six derniers mois de l’année.

C’est surtout vers la fin de l’hiver et au commencement du printemps que la prédisposition à cette affection atteint son maximum. Le Dr Gee pense que ce fait est dû à l’état d’exaltation du système nerveux des enfants que l’on retient plus particulièrement à la maison pendant ces différents mois, explication ingénieuse également donnée par Flesch.

Constitution physique. — L’organisation de l’enfant est probablement un des facteurs qui influent le plus sur la production de la maladie. Les enfants mal nourris qui vivent dans des chambres mal aérées y sont plus sujets que les autres. Dans la classe aisée ce sont ceux que l’on nourrit au biberon qui sont le plus fréquemment atteints, tandis que chez les pauvres, l’affection est plus commune lorsque la mère étant dans un mauvais état de santé, continue à allaiter trop long-

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temps son enfant. Cette affection, comme Millar (1) l’a fait remarquer le premier, se montre souvent au moment du sevrage, et est due alors à l’usage des aliments farineux que l’enfant est incapable de digérer.

Le plus grand nombre des enfants atteints de spasme de la glotte sont rachitiques. D’après Flesch (2), le rachitisme existerait dans les trois quarts des cas. Gee (3) a trouvé le rachitisme 48 fois sur 50 enfants pauvres et dans les 31 observations réunies dans ma pratique privée, j’ai trouvé 17 fois une tendance légère au rachitisme, et, dans deux cas, elle était très marquée ; il ne s’ensuit pas que le rachitisme doive être considéré comme une des causes du faux croup bien que cette idée ait été mise en avant (nous en parlerons du reste à l’article Anatomie pathologique), mais il est hors de doute que ces deux états coïncident très fréquemment.

Hérédité. — Pour ce qui est de l’hérédité, je ne connais pas d’observations qui prouvent la transmission de la maladie des parents aux enfants, mais les faits suivants montrent d’une manière irrécusable l’influence de la consanguinité : Gerhardt (4) rapporte que dans une seule famille sept enfants sur neuf périrent du faux croup ; et Reid (5) affirme que sur 13 enfants d’une même famille, dix moururent de cette affection et qu’un seul de ne fut pas atteint ; ces faits peuvent s’expliquer en supposant que dans chacun de ces exemples tous les enfants furent exposés aux mêmes conditions antihygiéniques (6).

(1) Op. cit.

(3) Op. cit. vol. III, p. 103.

(4) Un homme, d’un tempérament légèrement strumeux, marié à une femme robuste, eut deux garçons et deux filles. Aucun d’eux ne fut atteint de laryngisme, mais les enfants se ressentirent de la constitution du père et présentèrent différents phénomènes tels que: engorgement des ganglions, cervicaux, hypertrophie des amygdales, et chute précoce des dents. La famille grandit, tons les enfants se marièrent et eurent eux-mêmes des enfants. Dans deux familles un des enfants fut atteint de laryngisme, dans une famille deux des enfants en furent atteints, et dans une autre trois. Dans les quatre familles les enfants étaient légèrement rachitiques.

(5) Lehrbuch der Kinder krankheisten, 1874, p. 285.

(6) Lancet, mai 1er, 1847.

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causés déterminantes — Les causes déterminantes du laryngisme, ainsi que nous l’avons dit plus haut, ont leur origine dans tout ce qui est de nature à irriter les enfants et plus particulièrement la gorge et le larynx. C’est ainsi que les pleurs peuvent souvent provoquer un accès de spasme. La raison de ce fait sera facile à comprendre si l’on veut bien se rappeler que pendant l’acte qui consiste à pleurer et à gémir, les inspirations sont toujours courtes, entrecoupées et ressemblent à celles du laryngisme. Souvent encore l’accès peut survenir pendant que l’enfant tette, soit qu’une goutte de lait pénètre dans le larynx, soit par suite de l’altération du rythme de la respiration qui se fait alors entièrement par le nez. Il est cependant possible que l’accès soit dû, dans ce cas, à l’irritation produite par le contact de l’aliment sur la membrane muqueuse de l’estomac. Il peut encore apparaître en berçant l’enfant dans les bras, fait qui se produit probablement au moment ou s’opère le mouvement de descente. La même remarque peut s’appliquer aux adultes voyageant sur une mer agitée qui, au moment où le vaisseau descend au milieu de la mer, ont une tendance marquée à faire une inspiration courte et à retenir la respiration, sensation qui se produit souvent en se balançant, au moment de la descente.

A l’état de santé et pendant le sommeil, le cerveau se trouve probablement dans un état d’anémie relatif et la fonction respiratoire est plus faible qu’à tout autre moment; alors si le cerveau est dans une condition d’anémie anormale (ou en d’autres termes sujet à une détérioration moléculaire) et la fonction respiratoire dans un état de variation continuelle, il est hors de doute que le sommeil puisse alors provoquer un accès de spasme de la glotte

Cependant il est impossible de déterminer d’une manière précise si le sommeil exerce son influence défavorable par l’intermédiaire des centres nerveux qui président aux fonctions générales de la respiration, ou par ceux qui animent les muscles laryngés.

On ne doit pas non plus ignorer que l’attaque peut survenir à la suite du simple passage d’un peu de salive dans le larynx ou de mucus desséché sur la surface de cet organe. Enfin une

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affection catarrhale accidentelle peut aussi déterminer très facilement un accès. Parmi les sources d’irritation plus éloignées, lanourriture est une des plus communes, la diarrhée et les vers intestinaux sont aussi, dans des cas rares, les causes immédiates du désordre. La dentition difficile agit souvent aussi comme cause excitante, mais son influence sur le laryngisme a été énormément exagérée.

Symptômes. — Le premier accès de spasme survient ordinairement pendant la nuit, le plus souvent entre onze heures et minuit, au moment où s’achève le premier sommeil. Il peut se montrer chez un enfant qui jusqu’alors avait été parfaitement bien, mais le plus souvent le petit malade était depuis quelques jours grognon et excité, il avait peu d’appétit, était agité la nuit ou bien on remarquait de légers temps d’arrêt pendant sa respiration.

Voici comment on peut décrire un accès grave de spasme de la glotte : Il survient une série d’inspirations courtes et bruyantes, chaque inspiration est un peu plus longue que la précédente et la dernière est souvent très prolongée. Tout à coup le bruit cesse, la glotte est complètement fermée et les mouvements de la poitrine sont suspendus. La rougeur qui s’était répandue sur toute la physionomie, fait place à la pâleur et ensuite à la lividité. Les yeux sont fixes, ou le globe oculaire rouie, la tête est rejetée en arrière et l’épine dorsale souvent fléchie en opisthotonos; les veines du cou sont turgides, les doigts fermés sur le pouce qui est pressé sur la paume de la main et les mains fléchies sur le poignet.

Le spasme atteint aussi les pieds ; le gros orteil s’écarte des autres doigts, le pied est fléchi et légèrement, tourné en dehors

Dans quelques cas ces contractions appelées « carpo-pédales » sont probablement accompagnées d’une grande douleur généralement suivie de convulsions générales.

Malgré la gravité du paroxysme que nous venons de décrire il n’est pas toujours mortel, le malade peut survivre et dans ce cas après quelques instants le diaphragme se relâche et l’on entend une inspiration sifflante; l’air pénètre dans les poumons et les contractions spasmodiques des pieds et des mains disparaissent peu à peu.

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Mais lorsque les symptômes ont le caractère grave que nous venons de décrire, le paroxysme est en général suivi peu de temps après d’autres accès pendant lesquels l’enfant peut succomber. Dans les cas moins graves, les symptômes sont moins marqués et les contractions carpo-pédales font souvent défaut. L’attaque survient.le plus souvent pendant que l’enfant est au sein; il s’arrête tout à coup de téter et regarde autour de lui4 ses globes oculaires sont dirigés en haut, et on entend, au bout d’une seconde ou deux un grand cri (loud crow), puis l’enfant reprend le sein ou le biberon, jusqu’au moment où survient bientôt un nouvel accès.

D’autres fois, chaque essai fait pour téter est suivi d’unspasme si alarmant que la malheureuse mère hésite entre l’alternative de le laisser mourir d’inanition ou de suffocation. Dans d’autres cas, l’attaque prend la forme d’un spasme subit presque sans bruit qui se termine par la mort.

Très rarement, le spasme léger mais constant est accompagné de respiration bruyante. Lorsque l’accès survient pour la première fois pendant la nuit, l’enfant semble ordinairement tout à fait remis le lendemain et l’on n’observe pas d’autres symptômes, mais il est plus fréquent de voir l’attaque se répéter quelques heures plus tard ou la nuit suivante à la même heure. Quelquefois la seconde attaque se montre presque dès que l’enfant est remis de la première ; elle est alors ordinairement plus grave que la précédente, sous le double rapport du caractère et de la durée.

Dans les cas graves les paroxysmes sont si fréquents , que l’enfant n’est pas plutôt sorti d’une attaque qu’il en Survient une nouvelle.

La fièvre fait le plus souvent défaut, pourtant il existe toujours {de la transpiration à la tête, symptôme caractéristique du tempérament rachitique. L’enfant peut, dans certains cas, paraître sain et bien portant (plump), mais en l’examinant avec plus d’attention on verra que son système musculaire est faible, qu’il se fatigue aisément et qu’il présente d’autres signes d’une constitution délicate.

Diagnostic. — L’absence de fièvre et la nature constamment intermittente de cette affection la différencient suffisamment de

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la diphthérie laryngée (croup) et de la laryngite catarrhale. La paralysie des abducteurs, affection très rare dans l’enfance, peut être cependant confondue avec le spasme des adducteurs, et il est important de bien distinguer ces deux états morbides.

Dans la paralysie, la glotte, comme l’a fait remarquer le Dr Marshall Hall (1) « est constamment mais partiellement fermée », les cordes vocales gardent la position qu’elles ont dans la paralysie et ne peuvent subir de mouvement d’abduction, laissant seulement une petite ouverture par laquelle l’air peut pénétrer. Dans le spasme des adducteurs au contraire, la glotte « se ferme d’une manière intermittente mais complète » ; en un mot les cordes subissent un mouvement continuel, elles sont tantôt entièrement écartées et tantôt tellement accolées que l'air ne peut passer à travers l’orifice glottique. Le symptôme dans le premier cas consiste en une dyspnée constante qui augmente à la moindre fatigue, tandis que dans le second la dyspnée est occasionnelle avec rémission complète dans l’intervalle des attaques. Ce fait ne constitue cependant pas une loi absolue, car dans trois circonstances j’ai rencontré un léger bruit continu de cornage chez des enfants, alors que tous les autres symptômes étaient purement spasmodiques (contractions et convulsions carpo-pédales). Le plus souvent le doute peut être dissipé par l’examen laryngoscopique (2).

Anatomie pathologique. — On a cru pendant longtemps que cette affection était le résultat de quelque lésion du cerveau, mais les brillantes découvertes de Marshall Hall (3) ont conduit cet éminent physiologiste à placer la cause invariable de l’affection dans quelque forme grossière d’irritation locale se manifestant par action réflexe (4). C’est ainsi qu’il l’a fait naître « du trifacial pendant la dentition, du pneumogastrique chez les enfants trop ou mal nourris, dans les nerfs spinaux pendant la

(1) Op. cit. p. 77.

(2) Il ne faut pas oublier non plus que deux affections peuvent coexister, qu un malade atteint de paralysie des muscles abducteurs pourra, sous I influence d’une cause irritante, présenter tous les symptômes du spasme delà glotte ( Note des Traducteurs).

(3) Philosoph. Trans., juin 20, 1833.

(4) The Nervous System etc., 1841, p. 171.

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constipation, les troubles intestinaux, ou purgatifs. » — « Cette opinion, » dit-il, « entièrement nouvelle est la seule véritable ». La tendance des idées modernes est cependant assez en opposition avec l’explication du laryngisme par théorie réflexe, et celle qui fait remonter la cause de ce phénomène à l’existence probable d’altérations moléculaires des centres nerveux me semble la plus plausible. Ces altérations sont le résultat d’un défaut de nutrition affectant tous les tissus de l’organisme. Nous savons que les convulsions peuvent survenir par le fait d’une simple anémie cérébrale et chez les accouchées robustes après une hémorrhagie grave, aussi est-il très probable que les convulsions des enfants, dont le laryngisme n’est qu’une forme, sont également dues à un état analogue.

Quoique le spasme de la glotte soit plus fréquent pendant la période de la dentition; on a peut-être beaucoup exagéré son influence, la relation de cet état avec le laryngisme n’a qu’une importance minime au point de vue étiologique. Le système dentaire, semblable à certaines parties de l’organisme et surtout au système nerveux, subit pendant son développement des modifications considérables dans la première ou les deux premières années de la vie de l’enfant • mais le spasme de la glotte ne peut être que rarement attribué à l’irritation des gencives. Une nourriture trop abondante ou mauvaise donne les mêmes résultats et agit comme le ferait une affection intestinale, plutôt en déterminant un défaut de nutrition des centres nerveux que par une action réflexe.

Lôschner s’est efforcé de démontrer que dans tous les cas de laryngisme, il existait un engorgement vasculaire du cerveau et de ses membranes par suite d’une obstruction mécanique quelconque; mais cette théorie ne peut se soutenir, car le spasme fait souvent défaut lorsque cette obstruction existe, et d’un autre côté, dans les cas où la maladie s’est terminée par la mort, il n’existait souvent aucune trace d’engorgement vasculaire du cerveau.

Nous allons parler maintenant de l’i . fluence du rachitisme. L’explication d’Elsâsser, d’après laquelle le rachitisme donnerait naissance à cette maladie en occasionnant le ramollissement de l’os occipital qui comprimerait le cerveau,' est

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entièrement abandonnée, et Steffen a mis en avant une théorie beaucoup plus ingénieuse. Il fait observer que l’irritabilité du système nerveux est un des traits principaux de l'affection. Cette irritabilité est augmentée sinon causée par le rachitisme de la manière suivante : L’aplatissement latéral des parois thoraciques et la diminution consécutive de la capacité de la poitrine rendent la respiration plus superficielle et accroissent par conséquent la fréquence des mouvements respiratoires, nécessitant ainsi une suractivité du muscle cardiaque, une usure plus considérable et une fatigue plus grande (tear) .et comme conséquence, l'irritation cérébrale. Ces deux états coïncident cependant avec certaines conditions générales de mauvaise nutrition (1). Si nous envisageons le phénomène immédiat de la maladie, nous devons la considérer comme un spasme d’un nombre limité de muscles produit par l’état anormal de certains centres nerveux. Les différents centres nerveux, comme le fait remarquer le DrHughlings Jackson (2), ne sont probablement pas reliés entre eux d’une manière aussi intime chez l’enfant que chez l’adulte, et la convulsion partielle telle qu’on la voit survenir dans le laryngisme serait en faveur de l’union imparfaite des différentes sections du système nerveux. Le Dr Jackson, explique de la même manière l’appaTition des contractions carpo-pédales chez les enfants : d’après lui le centre nerveux qui préside au mouvement des membres inférieurs serait moins bien développé chez les jeunes sujets et, pour cette raison, les spasmes de certains groupes de muscles pourraient apparaître chez eux alors que cela serait impossible chez les adultes (3).

(1) Le mot rachitisme (rachitis), a été inventé par Glisson ( Tractat . de Rachilide. London, 1630) à cause de sa ressemblance avec le terme populaire de « rickets », mot dont on s’est servi tout d’abord en Angleterre pour désigner cette affection. Sa ressemblance avec paxiç, épine, lui donnait en même temps une tournure scientifique.

(2) Russell Reynold’s : System of Medicine, vol. II, p. 220.

(3) Nous devons avouer que cette théorie de la dislocation du système nerveux chez l’enfant nous paraît tout au moins problématique et nous pensons qu il est encore préférable d’admettre soit une irritation locale du pneumogastrique ou de ses branches, soit une action réflexo ( Note des Traduc¬

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Pronostic. — D’après les rapports du « Registrar general », cette affection serait rarement fatale ; le nombre des personnes mortes à la suite d’accès de faux croup ne dépasserait pas chaque année le chiffre de 600 en Angleterre et dans le pays de Galles. Il est cependant probable qu’un grand nombre de faits de laryngisme sont inscrits sous le titre de croup, tandis que beaucoup d’autres sont englobés sous la dénomination de « convulsions » et de rachitisme. Nous devons donc juger chaque cas d’après ses symptômes, en tenant compte de la force du sujet et de la gravité de l’accès.

Le pronostic dépend aussi du caractère de l’accès et de sa cause supposée. Les cas dus à une alimentation vicieuse, si le mal n'est pas très avancé, guérissent facilement, tandis que ceux qui sont le résultat d’irritations manifestes sont le plus souvent mortels.

La durée des intervalles entre les paroxysmes guidera le pronostic, car plus l’intervalle sera long plus le malade aura de chances de guérir.

Traitement. — Le traitement devra répondre à une double indication : 1° calmer le spasme ; 2° remédier aux conditions générales qui l’ont occasionné.

Le traitement immédiat incombe à la nourrice ou à la mère, car l’attaque est le plus souvent terminée et quelquefois même la vie est éteinte, avant que le médecin n’ait eu le temps d’arriver, on élèvera le petit malade et on l’assoiera dans son lit : on lui frappera dans le dos et lui jettera de l’eau froide à la figure, en lui faisant respirer de l’ammoniaque ou de l’acide acétique fort. Si ces moyens ne réussissent pas, on donnera un bain chaud ou mieux encore on plongera la partie inférieure du corps de l’enfant dans un bain à 95° F1 (35° C.) et on lui aspergera la figure avec de l’eau froide.

Aussitôt que la respiration deviendra bruyante, on donnera des émétiques, car on ne peut rien faire prendre à l’enfant pendant l’accès. Steffen propose de faire des injections de morphine sous la peau afin d’exciter le vomissement et l’avantage de cette médication vient de ce qu’on peut l’employer lorsque l’enfant est incapable d’avaler. Un remède, trèscommun en Angleterre et qui réussit très bien, consiste, lorsque les mû-

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choires ne sont pas fermées, à chatouiller le fond de la gorge avec le doigt ou avec une plume jusqu’à ce que le vomissement se produise. On a aussi recommandé les lavements déprimants avec une décoction de tabac par exemple, mais leur usage est très dangeureux. Un moyen qui a son utilité, tout étant inoffensif, consiste à prescrire un lavement avec 20 à 30 gouttes de teinture d’assa fœtida dans une once d’eau de gruau chaude. Les inhalations de chloroforme guérissent souvent immédiatement le spasme, mais il va sans dire qu’on ne devra user des anesthésiques qu’avec beaucoup de précautions, et que leur maniement ne doit pas être confié à des personnes étrangères à la médecine. J’ai eu souvent à me louer de la teinture de castoreum, mais le musc est encore préférable. On donnera ce dernier pendant l’attaque si l’enfant est en état d’avaler. Voici la formule que j’emploie de préférence :

Musc . 9 centigrammes

Sucre blanc . 12 —

Poudre d’ Acacia. ........... 12 —

Sirop de fleurs d’oranger . 20 grammes

Eau . 90 —

On tâchera de découvrir le plus tôt possible la cause immédiate de l’accès. S’il survient pendant l’allaitement, soit au biberon, soit au sein, il faudra nourrir l’enfant comme le conseille Flesch avec une très petite cuillère, quelle que soit la difficulté qu’on éprouve tout d’abord à l’alimenter par ce moyen.

L’accès terminé, on prendra alors les dispositions que réclame l’état général de l’enfant. On lui donnera un purgatif actif, mais pas trop puissant, pour calmer l’irritation des premières voies. Les meilleurs remèdes à employer dans ce cas, sont les purgatifs mercuriaux, tels que le calomel (grey powder), associés à la rhubarbe ou la scammonéeet un carbonate alcalin. La potion au musc sera continuée avec avantage pendant 24 ou 36 heures, et si les accès se sont produits pendant la nuit on administrera une petite dose de chloral vers 6 ou 7 heures du soir. Après 36 heures, il est généralement bon de soumettre

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l’enfant à l’influence de bromure de potassium', à la dose de 30 centigr. de ce sel trois fois par jour.

On surveillera autant que possible la fréquence, la quantité et la qualité des aliments qui seront donnés avec précautions. Il sera nécessaire aussi de laisser, suivant l’âge du malade, un intervalle suffisamment long entre les heures des repas. Si l’enfant est nourri au biberon, on tâchera de lui trouver immédiatement une bonne nourrice, mais si cela est impossible, on lui donnera presque exclusivement du lait.

On pourra donner le lait de vache dilué dans la même quantité d’eau ou du lait d’anesse pur.

Le beeftea léger est aussi un excellent aliment pour les enfants au-dessus de 6 mois, et dès que les dents auront percé on pourra donner de la viande finement hachée ou pilée. L’huile de foie de morue est aussi un agent précieux dans cette maladie, on la donnera régulièrement pendant quelques mois. Enfin, on défendra absolument l’emploi de tous les farineux.

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