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SPASME DE LA GLOTTE CHEZ LES ADULTES

Cette affection frappe les adultes de deux manières. C’est ainsi qu’elle peut survenir après une névrose ou une irritation directe du larynx, comme nous le voyons dans le cas d’œdème laryngé ou de polype, et lorsque des corps étrangers sont enclavés dans le larynx. Dans ce dernier cas le spasme est une complication dangereuse que l’on ne peut vaincre qu’en attaquant directement la maladie essentielle ou l’accident.

Dans cet article nous nous bornerons à étudier le spasme de la glotte survenant comme affection idiopathique, ou, dans des cas rares, comme phénomène réflexe. Le spasme de la glotte chez les adultes atteint généralement les femmes : les statistiques de cas mortels empruntées aux rapports du « Registrar General » (voir page 654) donnent bien des résultats opposés, mais elles sont probablement basées sur des observations dans lesquelles le spasme venait compliquer une affection organique ou une lésion traumatique.

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Lorsque cette névrose survient chez les adultes, on la considère le plus souvent comme un symptôme propre à l’hystérie. Dans les manifestations ordinaires de l’hystérie aiguë le paroxysme se termine par une inspiration sifflante qui, dans les cas graves, est suivie d’un arrêt temporaire de la respiration et même d’opisthotonos. Cet état, comme le fait remarquer le docteur West, a de grandes analogies avec le laryngisme des enfants; et même lorsque le spasme de la g lotte devient chronique, ou pour m’exprimer plus correctement, devient fréquent, on a généralement affaire à des femmes hystériques. J’ai vu cependant cet état persister quelquefois pendant le sommeil le plus profond, circonstance qui montre bien qu’il peut se montrer indépendamment de l’hystérie (1). L’irritation de l’un des nerfs récurrents peut provoquer un accès aussi bien chez les adultes que chez les enfants (2). La dyspnée et le cornage sont quelquefois très marqués, mais je n’ai jamais pu rencontrer de cas mortels d’origine fonctionnelle.

A l’examen laryngoscopique la couleur de la membrane muqueuse peut paraître parfaitement normale, mais il existe souvent une légère congestion et assez fréquemment aussi une petite quantité de sécrétion visqueuse que le malade expectore de temps à autre. On peut voir les cordes vocales séparées pour un moment se rapprocher spasmodiquement. La sensibilité du larynx n’est généralement pas altérée et j’ai fréquemment introduit la sonde laryngée sans provoquer la toux.

Les inhalations de chloroforme ou d’air chaud amènent souvent un soulagement rapide. Il n’est pas besoin de donner le premier jusqu’à l’insensibilité. Je prescris généralement 40 gouttes pour 1/4 de litre d’eau à 150° F‘. (65° G.). On ajoutera la même quantité de chloroforme toutes les 5 minutes jusqu’à ce que l’on obtienne un résultat. Les préparations deciguë, surtout les vapeurs de ciguë de la pharmacopée de l’hôpital de la gorge, sont très utiles, et j’ai vu aussi le spasme se calmer immédiatement sous l’influence des inhalations de fumée de stra-

(1) Med. Times and Gaz., Nov. 15, 1862.

(2) Voir un cas par la docteur Budd, Med, Times et Gaz., Fev. 6, 1859.

monium ou de datura tatula (1). Le valérianate de zinc est également un bon remède surtout combiné avec l’assa fœtida (« Pii. de Valérian. de Zinc. » Voir formulaire).

Lorsque Ton aura à porter des solutions sur un larynx très sujet au spasme, on recommandera au malade de retenir son souffle pendant que Ton fera l’application et même une ou deux secondes après, et de ne respirer ensuiteque très doucement et seulement par le nez (2).

L’étude de cette affection se trouve mieux placée à la suite du spasme de la glotte qu’après toute autre maladie de l’organe vocal.

Étiologie. — L’étiologie de la toux nerveuse ressemble à celle de la laryngite striduleuse qui a son point de départ dans un état particulier du système nerveux. Elle est aussi produite parfois, comme l'affection précédente , par une action réflexe le long du trajet intestinal. Le terme « toux nerveuse laryngée » est employé pour décrire une toux perçante (shrill) quelquefois même extrêmement métallique, survenant sous forme de quintes, sans qu’il existe aucune maladie laryngée ou pulmonaire. Elle dure pendant plusieurs heures du jour ne cessant que la nuit pendant le .sommeil. Quelquefois elle empêche le

(1) Cette variété de datura a les mêmes propriétés que le datura stramonium ( Note des Traducteurs).

(2) L’étudede la coqueluche occupe une si large place dans la pathologie et la thérapeutique, elle a été en outre le sujet de si nombreuses monographies, que tout en la considérant comme une névrose dans laquelle les nerfs laryngés sont largement intéressés, je crois impossible de toucher à ce sujet dans ce manuel. Mais comme cette affection est traitée avec beaucoup de détails dans les différents manuels de médecine, je prends cette décision avec moinsde regret que je ne l’aurais fait s’il en eût été autrement.

(3) On évitera également d’introduire l’instrument dans le larynx au moment de l’inspiration, l’oubli de celte précaution suffit quelquefois pour .déterminer un petit accès de spasme de la glotte, chez des sujets en général insensibles aux attouchements [Note des Traducteurs).

malade de s’endormir, ou si elle survient pendant la nuit, elle le tient éveillé pendant des heures entières. Les sujets atteints de cette affection sont ordinairement des jeunes filles de 16 à 20 ans, mais je l’ai observée chez des garçons de 14 à 16 ans et souvent aussi je l’ai vue chez des enfants de 5 à 14 ans.

Symptômes. — La toux a fréquemment un son particulier et saisissant, elle est parfois profonde, vibrante et ressemble même à l’aboiement d’un chien ou au cri du canard. J’ai observé deux cas dans lesquels la toux était extrêmement bruyante. Dans le premier, il s’agissait d’une garçon de 16 ans, la toux dura trois semaines, elle survenait toutes les trois ou quatre minutes et ne durait chaque fois que deux secondes. Le volume du son produit était prodigieux et pouvait être comparé aux notes basses d’une clarinette dans laquelle on aurait soufflé avec force. Dans le second cas il s’agissait d’une jeune dame, la toux était si forte et si constante que le propriétaire de l’hôtel où elle se trouvait, la fit prier de s’en aller parce qu'elle gênait considérablement les autres locataires. L’examen laryngoscopique ne révéla rien d’anormal chez aucun de ces malades et la santé générale n’était pas altérée.

Il est rare que ce timbre particulier de la toux fasse défaut, sa continuation que rien ne vient interrompre, l’état normal du larynx, et l’absence de toute affection des bronches démontrent par eux-mêmes le caractère nerveux de ce phénomène. Rühle (lj a observé que dans la toux nerveuse il n’existait ordinairement pas d’expectoration, mais ce fait n’est pas d’une rigueur absolue. L’affection peut durer pendant des semaines, des mois et j’ai connu un cas dans lequel après avoir duré des années elle fut suivie d’un spasme de la glotte si grave que la trachéotomie devint nécessaire.

Pronostic. — Le plus souvent néanmoins on peut porter un pronostic favorable. La santé du malade ne s’altère presque jamais et la toux bruyante et constante est bien souvent plus ennuyeuse pour la famille qu’elle ne l’est pour le sujet atteint.

Traitement. — Le meilleur traitement consiste à faire un long voyage en mer, mais souvent l’âge et le sexe du malade ne permet-

(lj Op. cit.

tentpasdele conseiller. Le changement et la variété du paysage qu’offrent les voyages sur le continent peuvent aussi quelques fois favoriser la guérison, etj'aivu descas où le séjour au bord de la mer avait donné un excellent résultat. Lorsqu’il n’est pas possible au malade de changer d’air l’emploi d’inhalations sédatives ou anesthésiques a parfois produit une amélioration. Mais ces remèdes peuvent aussi ne produire aucun effet. Lasègue (1) a publié un exemple de ce genre guéri par la belladonne ; mais dans un cas grave que j’ai eu à traiter, l’atropine donnée à des doses assez fortes pour produire des effets physiologiques ne réussit pas à calmer la toux. Le valérianate de zinc sous la forme déjà recommandée dans l’article précédent, est quelquefois utile.

Latin Eq. — Spasmus tensorum chordarum vocalium.

Anglais Eq. — Spasme ot the tensors of the vocal cords.

Allemand Eq. — Krampf der Spànner der Stimmbânder.

Italien Eq. — Spasmo dei tensori delle corde vocali.

Définition. — On donne ee nom à la contraction spasmodique des muscles tenseurs des cordes vocales rendant la voix faible , saccadée et intermittente.

Etiologie. — Cette affection doit être très rare car je n’en connais que treize cas : sur ce nombre on compte onze hommes et deux femmes. Tous avaient plus de 25 ans et à l’exception de deux ils avaient tous dépassés 35 ans. Les deux femmes étaient obligées de parler constamment à des parents sourds (2). Plusieurs malades attribuaient leur état à un coup de froid, et chez eux l’attaque était soudaine ; chez d’autres le développe-

(1) Arch. génér. de Med., mai, 1584.

(2) Pour plus de détails voir : Hoarseness and Loss of Voice, 2e édition, 1868, p. 66 et seq.

ment avait été graduel. Le fait que le plus grand nombre de ces malades étaient des prédicateurs, indiquerait bien que l’affection est due à un usage exagéré de la voix.

Symptômes. — Le son de la voix est tellement particulier dans ces cas, qu’on peut faire le diagnostic de l’affection avec ce seul symptôme.

Le malade peut presque toujours émettre quelques notes de sa voix naturelle, ou sur un ton un peu voilé, mais pendant qu’il parle, le courant de la voix semble partiellement interrompu, et le son donne l’idée d’une interruption dans l’action des muscles respiratoires ; parle fait elle ressemble beaucoup à l’effort ou plutôt àl’interruption de la voix que l’on observe chez les personnes accomplissant un acte qui exige l’action prolongée et constante des muscles expirateurs (parturition, défécation). Les malades se plaignent souvent « de ne pouvoir faire sortir leur voix ». Après avoir prononcé un mot ou deux, ou même plusieurs sentences, de la manière spéciale que nous venons de décrire, le malade peut encore prononcer quelques mots avec un timbre de voix presque naturel pour retomber ensuite immédiatement dans l’intonation caractéristique. D’après mon expérience, on ne remarque aucune tendance au spasme tant que le malade chuchote, mais il survient dès qu’il élève la voix. Schech a toutefois publié un cas dans lequel le spasme apparaissait aussi légèrement lorsque le malade parlait à voix basse. On a remarqué que la fatigue diminuait quelquefois le spasme, par exemple, dans la marche ou l’ascension rapide. La raison de ce fait est due à mon avis à la fatigue des muscles expirateurs ; mais il pourrait se faire aussi que l’accélération de la circulation due à un effort prolongé, eût une action salutaire sur le spasme. Dans un cas cependant l’effort augmentait le spasme.

Quelquefois on peut distinguer.au laryngoscope l’état de tension des cordes vocales mais cela n’est pas toujours possible. Leur surface aussi bien que le reste de la membrane muqueuse du larynx, sont généralement congestionnées. Schnitzler (1) et Schech (2) ont cité des cas en quelque sorte identiques à ceux

(1) Wien. Med. Presse , 187b, n°" 20 et 23.

(2) « Ueber phonischen Stimmritzenkrampf. 1879, n° 24.

« Aerlzliches Intelligenzblatl,

que j’ai décrits. Ce dernier pense que l’aphonie est due à la fois à l’état de tension et au rapprochement spasmodique des cordes vocales.

Sous le titre de « hésitation (Stammering) des cordes vocales » le docteur Prosser James (1) a évidemment décrit cette affection, lorsqu’il parle d’un « prêtre qui souffrait à un haut degré de cette maladie et était tourmenté par cette idée que tout en continuant à lire le service, quelques-uns des mots sortaient de sa bouche sans aucun son ; les amis qui l’accompagnaient avaient vérifié ce fait et ils m’assurèrent que ses lèvres remuaient alors comme à l’ordinaire pour prononcer des mots et même des phrases qui se perdaient dans le silence. »

Diagnostic. — La voix est tellement caractéristique qu’elle permet de reconnaître immédiatement la nature de la maladie.

Anatomie pathologique. — Je n’ai jamais eu l’occasion de faire une autopsie pour un cas de ce genre, mais il est très probable que les altérations pathologiques ont alors un caractère tellement subtil qu’on ne peut pas les reconnaître. Cette affection me semble due au spasme, non pas seulement des tenseurs des cordes vocales, mais de tous les muscles qui concourent à l’expiration et principalement du diaphragme, Schech la considère comme une « névrose de coordonation analogue à la crampe des écrivains, des pianistes et des cordonniers » et il pense qu’on ne peut pas toujours assigner à la maladie une origine centrale ou périphérique, dans ce dernier cas, elle pourrait être névropathique ou myopathique.

Traitement. — Après avoir essayé toute espèce de traitement local et général, stimulant et sédatif, il m’est impossible d’en recommander aucun. Mes malades (2) momentanément soulagés ont vu leur maladie réapparaître, et je ne connais pas un seul exemple de cette affection (je parle d’après mon expérience), terminé par la guérison.

Dans un des deux exemples cités par Schech le malade partit non guéri, mais il apprit que sa voix était revenue : l’autre

(1) Lancet. Nov., 15, 1879.

(2) Op. cit.

CHORÉE Dü LARYNX

malade n’obtint aucune amélioration. Schech propose comme traitement, le repos absolu de la voix, et des séances de courants continus à l’extérieur, des exercices méthodiques de la voix et le galvanisme intra-laryngien pendant que l’on galvanise la moelle et le cerveau. Il recommande les toniques anti-nerveux tels que l’arsenic, le bromure de potassium, le zinc, la valériane, l’atropine et le nitrate d’argent ; comme toniques généraux, la quinine, le fer, l’iode et l’huile de foie de morue. Dans les cas rebelles on pourra essayer l’hydrothérapie sous forme de douches sur la tête, le cou et l’épine dorsale. L’expérience de Schech et la grande variété de remèdes qu’il recommande, nous permettent de tirer des conclusions semblables à celles auxquelles je suis arrivé moi-même, c’està-dire qu’elles prouvent l’incurabilité de la maladie (1).

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