‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 113 sur 146 · CHORÉE DU LARYNX · texte numérisé non relu

CHORÉE DU LARYNX

Après les différentes affections nervo-musculaires que nous venons d’étudier méthodiquement, il est nécessaire de parle de certains états pathologiques que l’on peut quelquefois rencontrer. Ainsi, Geissler (2) affirme que les muscles laryngés sont sujetsà des mouvements choréiques, et Schreiber (3) a rapporté le cas d’une petite fille de 18 mois qui avait des attaques périodiques de danse de St-Guy et qui émettait chaque fois, avec une grande force, des sons qui se suivaient rapidement et semblaient être des quartes et des quintes.

Déjà en 1829, le docteur Serres d’Alais (4) pensait que certains cas de bégaiement consistaient en une affection choréique permanente de la langue ou des lèvres ; et il est bien possible

(1) Le 'rapprochement de celte affection avec la crampe des écrivains nous paraît assez légitime et à ce titre, aux moyens locaux recommandés par Schech, nous croyons qu’il serait bon d’ajouter le massage du larynx ( Note des Traducteurs).

(2) Geissler : Allgemeine Medicin. Central Zeitung. 1878, n“ 95.

(3) Wien. Med.Blatter, 1879, n° 15.

que le larynx puisse quelquefois participer en même temps à l’action morbide, ou qu’il soit affecté indépendamment.

Le docteur Krishaber (1) a également appelé l’attention sur « l 'asynergie vocale » (terme dont il se sert pour indiquer le défaut d’obéissance des muscles laryngés à la volonté), se montrant le plus souvent pendant le cours de certaines laryngites, mais pouvant aussi survenir idiopathiquement.

Les symptômes ne sont généralement pas très nets si ce n’est chez les chanteurs, qui s’aperçoivent d’une diminution de leurs moyens lorsqu’ils veulent moduler leur voix. Schech fait observer qu’il n’existe ni force ni durée suffisante dans la tension des cordes vocales. Le malade ne peut ni tenir un ton en chantant, ni prononcer plusieurs mots de suite sans interruption. Pendant la tenue du son, ce dernier s’arrête tout à coup et le malade est obligé de mettre une telle force pour lire à haute voix, qu’il se fatigue vite.

Schech dit que Ziemssen a noté que l’action des adducteurs et des tenseurs est variable et soumise à des oscillations. J’ai moimême fréquemment observé un frémissement de ces muscles chez des personnes faibles de constitution et très nerveuses; mais je n’ai jamais fait de recherches spéciales chez les malades choréiques.

Latin Eq. — Deformitates ingenitæ laryngis.

Anglais Eq. — Malformations of the Larynx.

Allemand Eq. — Missbildungen des Kehlkopfes. Italien Eq. — Vizi de conformazione délia laringe.

Définition. — On donne ee nom aux déviations congénitales dans le volume et la forme normale du larynx, consistant généralement chez les adultes, en une petitesse exa-

(1) Dict. des Sc. Médic., p. 681.

gérée de l'organe et parfois dans la présence de tumeurs ou de ponts membraneux, et plus rarement de fissures.

Chez les monstres le larynx fait quelquefois défaut, ce fait est néanmoins exceptionnel et plus rarement encore il a des dimensions exagérées.

Meckel (1) fait observer qu’il ne connaît pas un seul cas d’absence complète du larynx ; mais il semble avoir oublié ce fait, que cet organe fait toujours défaut chez les monstres dont les poumons ne sont pas développés (2). Il décrit cependant un cas dans lequel la malformation consistait en une extrême petitesse du larynx, il s’agissait d’un homme dont les testicules avaient seulement la moitié de leur volume normal et dont la voix avait le timbre féminin. Dupuytren (3) a également trouvé le larynx très petit chez un eunuque, et Albers (4) a rapporté deux exemples semblables chez des monorchides. Roederer (5) a observé une petitesse anormale du cartilage thyroïde et une absence complète des cartilages cricoïde et aryténoïdes sur un fœtus parasitaire. On a également signalé un cas (6) dans lequel le larynxétait d’un volume excessif : on l’a décrit comme « un corps cartilagineux rond, oblong, s’étendant même jusqu’au palais », condition qui d’après la remarque naïve de l’auteur était « monstrueuse et incurable ».

L’épiglotte est parfois bifurquée et quelquefois exubérante (7). J’ai noté cette dernière condition (8) dans un cas de division du voile du palais où l’on remarquait aussi sur la ligne médiane entre les cartilages aryténoïdes, une fissure distincte qui s’étendait en bas sur la surface postérieure du cartilage cricoïde. Dans le cas de bifurcation auquel nous venons de

(1) Handbuch der Pathol. Anal. Leipzig, 1812, vol. I, p. 482.

(2) Rolcitanski : Handbuch der Palh. Anat. « New Syden. Soc. Trans. », vol. IV, p. 3.

(3) Bullet. de la Soc. Phil., tome II, p. 195.

(4) Erlüuterungen zu dem Allasse der. Palh. Anat., Bonn, 1832-47, Bd. II, p. 103.

(5) Comm. Soc. Gott., Bd. IV, g 136.

(6) Hoffmann : Disquisitio Corp. Human. Anatom., patli., p. 201.

(7) Lancet, janv. 10, 1851.

(8) Med. Times and, Gaz., avril 1862.

faire allusion, l’épiglotte formait deux lambeaux qui tombaient dans le larynx, et qui donnèrent lieu à des symptômes permanents de spasme de la glotte, la mort survint quatre mois après.

Le larynx est quelquefois plus ou moins obstrué par des tumeurs congénitales (voir p.412) et j’ai moi-même rapporté (1) un exemple dans lequel un pont membraneux situé entre les cordes vocales occupait une portion considérable de la lumière du larynx et occasionnait une aphonie persistante qui dura jusqu’à, l’âge de vingt-trois ans. Je fus assez heureux pour enlever la membrane et rendre la voix au malade (2).

Le plus souvent cependant les difformités du larynx n’ont rien à espérer du traitement.

(1) Irons. Path. Soc., vol. XXV, p. 33.

(2) Le Dr Poore a présenté au Congrès do Londres l’an passé (1881), l’observalion d’un cas de pont membraneux du larynx, probablement congénital, chez une jeune fille de treize ans bien développée et ayant une voix do fausset, cette membrane était située entre les deux cordes vocales au niveau de leur tiers antérieur {Note des Traducteurs).

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