SUPERFICIELLE OU CATARRHALE
(lozenge) de ratanhia, toutes les trois ou quatre heures. Lorsque les symptômes aigus se sont amendés, la membrane muqueuse demande à être tonifiée par des solutions astringentes. Quelques applications d’un topique au chlorure de zinc, ou au perchlorure de fer, sont très recommandées dans ce cas.
La disposition au catarrhe pharyngien est efficacement combattue par l’usage du bain froid le matin, lorsque la réaction se fait bien. On pourra également fortifier la peau, en se servant de serviettes grossières et de brosses destinées à cet usage. Enfin on devra éviter les veilles et toutes les habitudes qui affaiblissent la constitution.
ÜVUL1TE
(inflammation de la luette)
Dans certains cas d’inflammation du pharynx, la violence de l’action morbide [semble se concentrer sur la luette, Alors elle devient d’un rouge intense, elle se gonfle et s’allonge; ou bien, elle est fortement œdématiée, et semble transparente ; elle peut atteindre l’épaisseur d’un doigt et rester suspendue entre l’épiglotte et la langue, ou même descendre jusque dans le larynx, donnant lieu à d’affreuses attaques de dyspnée.
Le traitement consiste à scarifier ou à amputer l’organe. Lorsque l’œdème est léger, la luette peut être scarifiée au moyen d’un bistouri pointu et tranchant. Quelques heures après4k>pération les choses rentrent dans leur état normal. Mais si l’inflammation est très active, la scarification ne donne que quelques gouttes de sang, et il est mieux de recourir à l’ablation de l’extrémité de la luette au moyen de l’uvulotome. Du sang aqueux coule alors en abondance, l’engorgement de la luette, et des parties voisines diminue de suite dans de grandes proportions, et l’inflammation guérit rapidement.
ABCÈS RÉTRO-l’HÀRYNGIEN
ABCÈS RÉTRO-PHARYNGIEN
Latin Eq. — Abscessus post-pharyngeus.
Anglais Eq. — Retro-pharyngeal abscess.
Allemand Eq. — Retro-pharyngeal Abscess.
Italien Eq. — Ascesso retro-faringeo.
Définition. — On appelle abcès rétro-pharyngien , un gonflement inflammatoire purulent situé à la paroi postérieure du pharynx.
Étiologie. — C’est une maladie de l’enfance, qui sévit parfois chez les adultes. Les enfants en bas âge en sont quelquefois atteints, et on a signalé bon nombre de cas dans lesquels la maladie s’est montrée chez des enfants à la mamelle (1). Le sexe masculin ne semble pas avoir pour cette affection la même prédisposition qu’il a pour les autres maladies de la gorge. Sur 144 cas réunis par Bokaï (2) il y avait 78 garçons et 66 filles. On croyait que la maladie était habituellement le résultat de la scarlatine, mais les observations de Bokaï ont prouvé clairement que cette affection est le plus souvent idiopathique.
Le tableau abrégé qui suit montre quelles sont, d’après cet auteur, les causes de l’abcès rétro-pharyngien :
129 cas idiopathiques ;
7 survenus pendant la fièvre scarlatine ;
4 dus à l'inflammation des vertèbres cervicales ;
3 présentant le caractère hypostatique ;
1 traumatique, causé par un corps étranger.
Dans un grand nombre de cas idiopathiques, les petits malades étaient sous le coup de la diathèse scrofuleuse (3).
(1) Voyez une observation de Besserer : Abscess an der hintern Wand des Pharynx bei einern vier Monat alten Kinde. Schmidt’ s Jahrb., 1845, p. 198 ; un autre cas de Winternitz : Retro-Pharyngeal Abscess im Sauglings’ Alter : Wochenschrift der Gesellschaft der Aerzte in Wien, 1861, p. 241.
(2) Jahrbuch fur Kinderheilkunde, 1876, Heft 1 und 2
(3) Les diathèses cancéreuses et tuberculeuses peuvent également être considérées comme causes de phlegmons pharyngiens, peut-être l’abcès a-t-il pour point de départ l’inflammation des ganglions placés à la partie posté-
ABCÈS RÉTRO-PHARYNGIEN
Des abcès de la grosseur d’un pois, se forment quelquefois dans les parois du pharynx à la suite d’un catarrhe, mais ces cas ne rentrent pas dans la classe de ceux que nous étudions en ce moment.
Symptômes. — Le processus inflammatoire qui donne lieu ii la formation d’un abcès derrière la paroi postérieure du pharynx, suit généralement une marche insidieuse. Dans bien des cas, tant que le gonflement local ne vient pas gêner considérablement la respiration et la déglutition, les symptômes ne sont pas assez importants pour appeler l’attention. Si l’abcès est situé en haut (abcès supérieurs), on peut voir à l’inspection du pharynx, la membrane de la paroi postérieure faire saillie en avant, et présenter une surface rouge, lisse et uniforme, indiquant une forte tension de cette partie de la muqueuse. En introduisant le doigt dans l’arrière-gorge (s’il s’agit d’un enfant, on doit le protéger et l’envelopper d’un morceau de linge pour éviter les morsures), on peut sentir une tumeur molle. Lorsque l’abcès se trouve dans la portion inférieure du pharynx, on peut le reconnaître au moyen du laryngoscope.
Abcès aigus. — Les symptômes varient suivant la position de l’abcès. Si la tumeur est située dans la portion supérieure du pharynx (abcès supérieur), c’est surtout la déglutition des solides qui est difficile, la voix devient nasonnée, mais en général le passage de l’air n’est pas assez intercepté pour gêner la respiration.
Lorsque la saillie de la paroi du pharynx se montre vis-à-vis le larynx (abcès inférieur), il peut se produire des attaques de suffocation capables d’entraîner [la mort ; la déglutition est aussi très gênée. '
Si l’abcès occupe les côtés du pharynx (abcès latéro-pharyngien) il est à craindre que le pus ne vienne à fuser dans le tissu cellulaire des replis ary-épiglottiques, et produire
rieure et latérale du pharynx. Ainsi s’expliquerait, dit Follin ( Paht . ext.,t. V, p. 251), le cas d’un abcès latéro-pharyngien consécutif à la carie dentaire, et rapporté dans la thèse de Gilbert-Bonneau (TA. de Montpellier, 1851). (Note des Traducteurs).
ABCÈS RÈTRO-l’HARYNGIEN
ainsi do. l’œdème de la glotte et une dyspnée fatale. En dehors des phénomènes qui sont sous la dépendance de l’obstruction des canaux alimentaires et respiratoires, le cou peut être raide et la tête déjetée sur les côtés, ou en arrière; par suite de l’infiltration considérable du tissu aréolaire, situé entre le pharynx et la colonne vertébrale. Bokai dit que la position de la tête est un signe d’une grande valeur pour le diagnostic. Lorsque l’abcès est situé sur les côtés, ce qui arrive dans les trois quarts des cas, la tête est tournée du côté sain. Dans quelques cas il peut y avoir tuméfaction des parties latérales et postérieures du cou, et la contraction du muscle sternomastoïdien est parfois si violente, qu’elle ressemble à un spasme tétanique (1). Dans les premières années de la vie, les convulsions accompagnent presque toujours cette maladie, et Bokai a rencontré trois fois de la paralysie faciale. Rarement il existe de la fièvre chez les enfants (2). Les syptômes d’abcès rétropharyngiens ont souvent une ressemblance [évidente avec ceux du croup ; et j’ai vu souvent commettre des erreurs de cette nature. Dans la majorité des cas, tous les symptômes se terminent par l’ouverture spontanée ou chirurgicale de l’abcès (3), d’autres fois, la quantité de pus est si grande que le malade est suffoqué par son évacuation soudaine (4). Wendt (5) dit que les abcès abandonnés à eux-mêmes, peuvent donner lieu à des trajets fistuleux, qui s’étendent dans la direction de la cavité thoracique, ou vers la peau du cou.
Abcès chronique. — Suivant Bokai, tandis que les abcès idiopathiques se forment rapidement, souvent en deux jours,
(1) On a même noté un resserrement des mâchoires (trismus), assez considérable pour empêcher l’examen de l’arrière-gorge, et l’introduction des aliments (Fleeming, Gillet, cité par Follin, t. V, p. 254).
(2) Pour notre part, nous croyons au contraire que si chez les adultes, la fièvre, et les symptômes généraux font bien souvent défaut, il n’en est pas de même chez l’enfant, où la formation de l’abcès rétro-pharyngien nous a paru précédée ou au moins accompagnée de fièvre, de vomissements, de convulsions et de délire mémo bien souvent ( Notes des Traducteurs).
(3) Schmidt’s Jalirbuch, vol. CVII, p. 161.
(4) Voir l’observation de Gaupp : Vurtemb., Corr. bl. XI, n° 23, 1870.
(5) Ziemssen's : Cyclopædia , vol. VII, p. 68.
ABCÈS RÉTRO-PHARYNGIEN
les abcès secondaires exigent une semaine ou même plus, pour se développer. Les abcès qui suivent les maladies des os sont encore plus chroniques dans leur marche. Enfin, pour conclure, nous dirons que l’on peut très bien s’assurer si l’abcès est sous la dépendance d’une carie de la colonne vertébrale, en recherchant si la douleur est occasionnée par la pression sur l’apophyse des vertèbres cervicales.
Diagnostic. — Les abcès rétro-pharyngiens peuvent être confondus avec le croup, avec des corps étrangers dans le larynx, ou avec l’oedème de la glotte.
Pour ce qui est du croup, le diagnostic peut être très facilement établi en examinant l’état de la voix, et de la déglutition dans les deux maladies. Ainsi dans le croup, la voix est très vite abolie, tandis que dans les abcès rétro-pharyngiens, l’intonation seule est altérée. Bien plus, dans le croup il n’y a pas de dysphagie, tandis que dans l’abcès rétro-pharyngien la difficulté de la déglution est un symptôme aussi prononcé que la dyspnée. Enfin comme dans l’alfection croupale il y a souvent expulsion de fausses membranes, le diagnostic pourra fréquemment s’établir d’après l’apparence même de l’expeetoration. Lorsque l’on pourra pratiquer l’examen physique de la gorge, la nature de la maladie deviendra des plus évidentes.
Pour ce qui a trait aux corps étrangers du larynx, leur présence doit provoquer des symptômes analogues à ceux des abcès rétro-pharyngiens, mais la phonation est généralement plus troublée que dans cette dernière affection. L’interrogatoire du malade, et l’usage du laryngoscope feront reconnaître d’une manière plus certaine, l’introduction d’un corps étranger dans le larynx (1).
En se reportant à la symptomatologie des abcès rélro-pharyn giens, on verra qu’un véritable œdème de la glotte se montre quelquefois par l’extension de l’inflammation ou de l’infiltration purulente aux plis ary-épiglottiques. Les phénomènes de ces deux affections peuvent donc parfois se rencontrer (2).
(1) D’un autre côté l’apparition de la dyspnée, et de tous les symptôme accusés par le malade, apparaît bien plus subitement dans le cas de corps étrangers des voies aériennes.
[2] Nous citerons encore pour mémoire l’exemple malheureux de Chassaignac dans lequel une tumeur anévrysmale fut prise pour un abcès rétro-
ABC ICS RIÎTRO-PHARYNGIEN
Anatomie pathologique. — On peut, avec quelque probabilité, expliquer la formation de ces abcès par la structure de la partie malade. L’abondance des glandes a déjà été notée depuis longtemps, et l’arrangement particulier des vaisseaux lymphatiques, comme l’a décrit le DrEdmund Simon (1), est encore plus remarquable. Toutes ces dispositions constituent un véritable nid, où peut facilement se développer l'inflammation scrofuleuse, qui atteint si facilement les jeunes enfants prédisposés à cette affection par une cause diathésique. La formation d’abcès dans les cas d’inflammation des vertèbres cervicales, concorde avec les phénomènes que l’on observe le plus souvent dans les inflammations des tissus osseux, et de leur enveloppe protectrice, le périoste (2) (c’est un véritable abcès ossifluent).
Pronostic. — On peut compter sur une terminaison favorable si le diagnostic est fait de bonne heure, et si on donne un libre passage au pus. La rupture spontanée de l’abcès est souvent suivie d’ujie amélioration immédiate de tous les symptômes (3). Le pronostic est très défavorable, lorsque l’on a laissé l’abcès gêner la déglutition et la respiration assez longtemps, pour produire une asphyxie lente et du marasme.
Dans les cas où la maladie est compliquée d’une carie des vertèbres, la présence d’une dyscrasie constitutionnelle et l’impossibilité où l’on est d’éloigner la cause de l’affection, rend la perspective de la guérison moins certaine. M. Syme (4) cependant,
pharyngien et ouverte. Il faudra donc, s’il est possible de le faire, rechercher l’existence de battements, dans les cas où l’on constatera la présence d’une tumeur, survenue sans avoir provoqué de réaction générale, l’interrogatoire du malade fixera également le diagnostic (Notes des Traducteurs).
(1) Schmidt’s Jahrbuch, vol. CVII, p. 161.
(2) Le volume des abcès rétro-pharyngiens varie depuis celui d’une noisette, jusqu'à celui d’un œuf de poule ou môme davantage, la collection purulente siège en général dans le tissu cellulaire situé au devant de l’aponévrose des muscles prévertébraux, et en arrière des constricteurs du pharynx. Ou a signalé un phlegmon diffus gangréneux avec destruction étendue du tissu cellulaire, des muscles, le pus était alors sanieux, sale, mélangé de sang et très fétide ( Noie des Traducteurs).
(3) Mais dans ce derniers cas la guérison est beaucoup plus rare, et môme exceptionnelle, car sur 25 cas cités par Gautier, Follin (loc. cit. p. 257), où le diagnostic n’a pas été fait, la mort a été la terminaison constante ( Note des Traducteurs).
(4) Edin., Med. Journ. April, 1820, p, 311.
ABCÏiS RÉTRO-PHARVNGIEN
a rapporté un cas heureux, dans lequel la guérison se lit après l’exfoliation de la plus grande portion de la seconde vertèbre cervicale, et Gunther (i) rappelle un exemple plus remarquable encore dans lequel le malade guérit après lui avoir ôté la troisième et la quatrième vertèbre cervicale. Ces deux cas reconnaissaient probablement pour cause la syphilis. Dans les cas d’inflammation des vertèbres, la maladie poursuit sa marche, épuise les forces vitales, et si on vide les abcès, ils ont de la tendance à se reformer (2). Comme nous l’avons déjà dit, la rupture soudaine d’un large abcès rétro-pharyngien peut donner lieu à une suffocation immédiate, et il ne faut pas oublier non plus que chez les enfants la formation du pus est quelquefois accompagnée de convulsions.
En résumé, le pronostic peut être déduit des observations de Bokai. Les cas idiopatiques sont les moins graves puisque sur 129 cas, 5 seulement ont été fatals. Sur 7 malades atteints de‘ fièvre scarlatine, 2 moururent, et sur les 4 cas d’inflammations des vertèbres cervicales, trois se terminèrent par la mort des sujets. Les abcès dus au traumatisme eurent aussi une issue funeste.
Traitement. — Si le pus n’est pas encore formé, il faudra traiter l’abcès par la glace intus et extra (3). Si la suppuration s’établit, le seul traitement est d’ouvrir l’abcès. On a conseillé d’ouvrir ces abcès avec l’ongle du doigt médius, mais il est mieux de l’ouvrir largement par une incision pratiquée à la partie la plus déclive au moyen d’une lancette laryngienne (4). Quelques médecins recommandent l’emploi du trocart pour éviter le danger
(1) Deutsche klinick. 1856, p. 34, Cette citation et la dernière ont été fournies par le D1- 2 3 4 Solis Cohen : Diseases of the Throat, Philadelphie, 1872, P. 160.
(2) Dans un cas rapporté par Abercrombie, l’abcès dut être ouvert trois fois avant que la suppuration se tarit, signalé par Peter : Dict . des sciences mèdic. Paris, 1864, vol. IV, p. 698.
(3) On a aussi proposé de se servir de ciseaux coudés, d’une lame pointue et cachée, pharngotome. Mais un simple bistouri dont la lame est recouverte de diachylon dans les trois quarts inférieurs, de manière à ne pouvoir couper que par son extrémité libre, est le plus simple et le meilleur des instruments pour ouvrir ces abcès (Note des Traducteurs).
(4) Abelin: Retro-pharyngeal Abscess in Youny Chindren. Nordiskt Medicinskt Arlciv., Stockolm, 1871, III, n° 24.
RELACHEMENT OU ATONIE DU PHARYNX
qui résulte de l’écoulement du pus dans le larynx (1). Dans tous les cas, on devra parer h cet accident, en faisant baisser promptement la tête en avant, aussitôt l’incision faite. Tout en s’occupant de l’affection locale, il ne faudra pas négliger de donner un traitement général reconstituant, qui est bien nécessaire pour relever les forces vitales. Chez les enfants strumeux on se trouvera bien de donner l’huile de foie de morue, du phosphate de fer et de l’iodure de potassium. Chez les enfants en bas âge, on pourra combattre efficacement la tendance aux convulsions, par le bromure de potassium administré en solution toutes les trois ou quatre heures, à la dose de 2o centigrammes (5grains). Enfin lorsque la convalescence est établie, le changement d’air et les bains de mer rétabliront définitivement la santé du malade.
RELACHEMENT OU ATONIE DU PHARYNX