SYNONYMES : ÉLONGATION, PROLAPSUS DE LA LUETTE
Latin Eq. •— Resolatio faucium. Uva descendens.
Anglais Eq. — Relaxed tliroat and uvula. Chronic catarrh of the throat.
Allemand Eq. — Erschlaffung der fauces. Verlangerung des Zapfens.
Italien Eq. — Rilassatezza delle fauci. Ugola allungata.
Définition. — Un relâchement avec légère inflammation et gonflement de la membrane muqueuse du gosier, un allongement de la luette, compliqué quelquefois d’épaississement, constituent l’affection dont nous allons nous occuper.
Étiologie. — Dans la grande majorité des cas, le relâchement des muqueuses de la gorge et de la luette, provient d’un catarrhe ou mieux de catarrhes répétés. Les symptômes aigus disparaissent, mais les tissus ne reprennent pas leur tonicité normale, et il en résulte un certain relâchement du tissu. Cet état
(1) Il ne faudra pas trop compter sur l’emploi des résolutifs et des antiphlogistriques, sangsues, etc. ; l’indication étant surtout d’ouvrir l’abcès dès que la présence du pus aura été reconnue [Note des Traducteurs).
RELACHEMENT OU ATONIE DU l'HARYNX
de la gorge est très fréquent dans les climats variables, surtout dans les pays où le froid et l’humidité se rencontrent en même temps. Chez certaines personnes, l’exposition à l’air de la nuit peut causer cette affection. D’un autre côté, un séjour prolongé dans des appartements surchauffés, surtout si on y brûle du gaz, peut aussi la produire. On rencontre encore cette maladie chez les personnes qui mènent une vie sédentaire, ou qui s’adonnent aux plaisirs de la table et aux liqueurs fortes. En effet, les formes les plus sérieuses de cette affection, se rencontrent chez les personnes qui font de fréquents abus d’alcool. On trouve généralement dans ce cas, un catarrhe subaigu de l’estomac qui s’étend en haut au pharynx, par l’intermédiaire de l’œsophage. Lorsque cette affection se montre le matin, elle est produite par les imprudences, ou les excès de la soirée précédente ; elle est le résultat d’une congestion hypostatique de la gorge, occasionnée elle-même par la position sur le dos, ou le sommeil en ayant la bouche ouverte, ce qui sèche la surface de la muqueuse. Si cet état de relâchement survient le soir, il est alors probablement dû à la fatigue de la journée. Dans des cas rares, on peut en trouver la cause dans quelque action réflexe, et les femmes qui souffrent d’affections utérines y sont très sujettes. Le relâchement de la luette se rencontre aussi chez les enfants scrofuleux dont la constitution est affaiblie. Dans quelques cas, l’allongement anormal de la luette semble venir d’une malformation congénitale. La paralysie du voile du palais, due à une affection progressive du bulbe, ou à la diphthérie, peut occasionner la prolapsus de la luette.
Le relâchement du pharynx détermine rarement de sérieuses altérations dans la structure de la muqueuse, et quoi qu’il puisse persister des années, il ne produit généralement qu’un inconvénieht passager.
Symptômes. — En se réveillant après une nuit de repos, le malade atteint de relâchement du pharynx, ressent comme une plénitude et une tension de la gorge, souvent accompagnées d’une sensation désagréable, semblable à celle produite par un corps étranger. La gorge est sèche, comme parcheminée, et le malade fait des efforts répétés pour éloigner la prétendue cause d’irritation. Ces symptômes peuvent durer quatre jours,
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mais ils disparaissent souvent dès que le malade a pris une ou deux gorgées de café ou de thé chaud.
L’examen de la gorge présente quelquefois des résultats tout à fait négatifs, mais dans bien des cas la muqueuse du voile du palais apparaît relâchée, légèrement gontlée, et la luette est allongée.
Les petites veines superficielles apparaissent dilatées. Quelquefois la surface de pharynx présente une transparence particulière, due à ce qu’il est recouvert par un voile de mucus transparent. Lorsque la luette est atteinte, les symptômes sont plus gênants et plus persistants, il existe souvent une toux pénible, avec un chatouillement désagréable qui dure tout le jour. Dans les cas les plus gênants, la luette est quelquefois assez allongée pour descendre dans le larynx pendant l’inspiration. Ce fait se produit généralement lorsque le malade est couché sur le dos, il est alors éveillé subitement par un accès de suffocation. Dans les cas de ce genre, l’élongation anormale de l’organe, produit souvent des nausées et des vomissements, en irritant la gorge et la base de la langue (1).
A l’examen, l’état de relâchement de la luette peut être de suite reconnu. La membrane muqueuse et le tissu sousmuqueux sont les parties affectées, généralement le volume des muscles palato-staphylin (azygos uvulæ) n’est pas augmenté. La membrane muqueuse forme quelquefois comme une vésicule opaline à l’extrémité de la luette, et il s’en écoule cons-
(l) Pour M. Lasègue ces diverses sensations ne sauraient être attribuées au frottement de la luette sur la langue, pour plusieurs raisons : la première c’est qu’elles existent sans l’élongation de l’appendice ; la seconde, c’est qu’on ne les atténue, ni on ne les augmente en déplaçant la langue par uno brusque impulsion. Pour cet auteur, elle serait due à l’abaissement du voile du palais en totalité, aux efforts que le malade est obligé de faire pour le soulever à chaque effort d3 déglutition (Loc. cit. p. 366). Nous ne partageons pas entièrement cette manière de voir, et nous serions plus disposés à pencher en faveur de l’opiniûn de M. Morell-Makenzie. Lorsque à l’état normal la luette a déjà un volume assez considérable, la moindre élongation, ou hypertrophie de l’appendice, peut suffire pour donner lieu au sentiment de gene et de corps étrangers éprouvé par le malade, car on sait combien le gonflement de la langue ou de tout autre partie de la muqueuse buccale, occasionne des symptômes désagréables, et surtout une gêne considérable peu en rapport avec la lésion (Note des Traducteurs ).
RELACHEMENT OU ATONIE DU PHARYNX 4J
tamraent, une espèce de mucus aqueux. 11 ne faut toutefois pas oublier, qu’un allongement considérable de la luette peut exister quelquefois, sans donner lieu à aucun symptôme subjectif.
Anatomie pathologique. -- Les vaisseaux sanguins sont dilatés, gorgés de sang, et les tissus sont généralement ou gonflés par l’infiltration séreuse, ou épaissis par des productions à moitié organisées. Les glandes sont ordinairement dilatées et hypertrophiées, tout à la fois.
Pronostic. — La guérison est presque toujours assurée, si le malade évite les causes de la maladie, et se soumet à un traitement approprié.
Traitement. — Les différentes causes excitantes de l’affection que nous avons énumérées, doivent être évitées avec soin, le malade devra vivre dans un atmopshère sec et vivifiant. S’il y a un peu de congestion du foie, ou si les selles sont irrégulières on fera prendre de bonne heure le matin, un verre ou deux d’eau de Friedrichshall, ou Pullna (Bitter wasser). Si l’affection est légère, l’usage fréquent d’un gargarisme de chlorate de potasse le soir et le matin, fera vite disparaître les symptômes gênants. Des pastilles légèrement astringentes, telles que ratanhia et kino, seront très utiles.
Lorsque l’affection est très tenace, les applications astringentes locales, comme les solutions de perchlorure de fer (4 gr. pour une once), ou de chlorure de zinc (2 grammes pour une once d’eau), combinées avec l’usage interne de remèdes toniques, pourront quelquefois amener la guérison.
Si cependant la luette est très allongée, et donne lieu à des symptômes fatiguants, il faut la couper. L’ablation de ce pli de la membrane muqueuse a été pratiquée de longue date (1). La méthode ordinaire, consiste à couper une petite portion au moyen de ciseaux, en faisant tenir l’extrémité de la luette avec une pince.
L’opération est bien plus rapidement faite au moyen de l’uvulotome, dont nous avons déjà donné la description. Quelquefois une hémorrhagie sérieuse, et continue suit cette petite opération,
(1) Voyez Arétée : Hspi amwv Kat (n)p.siwv, K, t, X., LI, cap. vm.
ULCÉRATION DE LA GORGE
mais on peut toujours l’arrôler en faisant avaler par petite gorgées, une petite cuillerée ou deux du gargarisme tannogallique. L’effet immédiat de l’opération est généralement de produire un mal de gorge très douloureux. Le malade peut seulement avaler les liquides qui occasionnent même de la douleur, il y a même parfois une véritable dysphagie. Quelquefois la douleur gagne l'oreille et il peut survenir une contraction spasmodique du pharynx. Dans d’autre cas, l’opération ne donne lieu à aucun trouble, et généralement la douleur disparaît après un jour ou deux. La douleur de la gorge peut être calmée en suçant fréquemment des pastilles de guimauve ; la substance adoucissante delà pastille adhère à la plaie, et lui forme une enveloppe protectrice. La plaie se cicatrise vite et les avantages qui résultent de l’ablation, sont le plus souvent ressentis immédiatement; les quintes de toux irritantes cessent aussitôt, le malade éprouve une amélioration notable dans sa santé générale. S’il y a une affection folliculaire de la gorge, il est très important de guérir cette affection, avant d’exciser la luette ; car le malade à cause de la douleur qui suit l’opération ne voudra plus se soumettre, une fois opéré, à un nouveau traitement. De cette façon, le malade n’est point guéri, et l’opération et l’opérateur risquent de tomber dans le discrédit.
ULCÉRATION DE LA GORGE
Latin. Eq. — Fauces ulcerosæ.
Anglais. Eq. — Ulcerated tliroat.
Allemand. Eq. — Geschwürige Pharynxentzündung.
Italien. Eq. — Angina ulcerosa.
Définition. — Nous comprenons sous ce titre, une ulcération superficielle de la gorge, due à une septicémie de peu d'intensité.
Etiologie. — L’ulcération de la gorge se rencontre fréquemment chez les personnes affaiblies, exposées à l’influence du poison septique. Pendant les épidémies d’angines scarlatineuses, ou diphthéritiques, on observe souvent cette forme
ULCÉRATION DE LA GORGE
d'angine, chez ceux qui donnent leurs soins aux malades atteints de ces différentes affections. Elle se montre généralement chez les personnes qui ont été soumises pendant longtemps h des influences malsaines, ou chez celles qui ont été affaiblies par des veilles prolongées, le manque de repos et d’exercice. Les étudiants qui suivent assidûment la pratique hospitalière, ceux qui consacrent une grande partie de leur temps aux exercices de dissection, sont particulièrement sujets à cette forme d'affection de la gorge, à laquelle les Allemands ont donné le nom d 'Angina nosoeomii.
Symptômes. — La dysphagie est le premier symptôme de l’ulcération de la gorge ; elle se fait surtout sentir en avalant la salive. La gorge est sèche et tuméfiée, la langue est pâteuse et l’haleine mauvaise. Le pouls est généralement faible, et la température un peu au-dessus de la normale, l’appétit presque nul. Bien que le malade soit dans un état d’assoupissement continuel, il dort difficilement, de plus il éprouve un sentiment de lassitude et de malaise général, accompagné parfois de douleurs lancinantes dans les jambes et fréquemment dans la tête.
A l’examen, on trouve les amygdales un peu augmentées de volume, congestionnées, leur surface présente de petites ulcérations superficielles généralement rondes ou ovales, et d’un volume qui varie entre celui d’un grain de millet ou d’un schelling (pièce d’un franc), quelquefois même elles sont plus étendues. Lorsqu’il existe plusieurs ulcérations, elles n’ont point de tendance à devenir confluentes.
Diagnostic.— Les conditions dans lequelles se produit la maladie, son développement rapide, en facilitent le diagnostic. Les ulcérations sont rarement recouvertes d’exsudat pathologique, et il est généralement facile de déterminer la nature de l’affection.
Anatomie pathologique. — La maladie est probablement une forme d’inflammation lente, dans laquelle la constitution du sang est légèrement altérée. La nutrition de la partie se faisant mal, il en résulte une perte de substance plus ou moins considérable.
Pronostic. — Il est toujours très favorable.
Traitement. — On devra tout d’abord soustraire le malade aux conditions malsaines dans lesquelles il se trouve, le pla-
ANGINE GLANDULEUSE
cer dans les meilleures conditions atmosphériques possibles. On agira sur les intestins en donnant un léger purgatif; mais il faudra, eu égard à la nature asthénique de l’affection, s’abstenir de cathartiques et de mercuriaux. On administrera la quinine et l’ammoniaque dès que la langue sera débarrassée de son enduit sabural. Les gargarismes antiseptiques, surtout ceux qui contiennent du chlorate ou du permanganate de potasse, du borax, de l’acide phénique ou du chlorure de sodium, sont souvent très utiles. On emploiera aussi avec avantage, des pastilles légèrement astringentes, au ratanhia ou au kino.
Dans certains cas, lorsque le gonflement est considérable, le malade souffre tellement en se gargarisant, ou en suçant des pastilles, qu’il faut recourir à un autre traitement local. On emploie alors avec succès les inhalations de vapeurs sédatives, telles que les vapeurs d’acide benzoïque, ou de ciguë (vapor Conii). Les inhalations chaudes sont surtout recommandées, lorsque l’inflammation est légère et circonscrite. D’un autre côté, lorsque l’inflammation est très active, le meilleur moyen pour la combattre est de faire sucer de la glace au malade. L’application de la glace sur la tête avec une vessie, est très utile pour guérir rapidement la céphalalgie, si fréquente dans ce cas. Enfin, on soutiendra le patient à l’aide d’aliments liquides, légers et nourrissants, et quelques verres de bon vin dilué dans un peu d’eau. Un traitement approprié amène une amélioration rapide, et la convalescence s’établit au bout de quelques jours.
ANGINE GLANDULEUSE
(synonymes : ANGINE granuleuse, angine papillaire, pharyngite
GLANDULEUSE, PHARYNGITE GRANULEUSE)
Anglais Eq. — Granular pharyngitis. Follicular pharyngitis Granular pharynx. Clergyman’s Sore Throat. Chronic pharyngitis.
Allemand Eq. — Chronischer Pharynx katarrh. Chronisclier pharyngitis.
Italien Eq. - - Faringitide cronica.
angine glanduleuse
Définition. — On appelle pharyngite granuleuse , une inflammation chronique des follicules du pharynx, se présentant sous deux formes : la forme hypertrophique et la forme exsudative.
Dans la forme hypertrophique, les glandes malades, ou les tissus épithéliaux se gonflent, et ressemblent à des corps granuleux faisant saillie à la surface de la membrane muqueuse.
Dans la forme exsudative, les glandes sont le siège d’une sécrétion blanchâtre, épaisse, qui s’échappe de leur ouverture, ou adhère sous forme de petits mamelons, à lamuqueuse qui recouvre le pharynx. On n’a pas encore déterminé les relations (si toutefois elles existent), qui unissent ces deux formes entre elles.
Historique. — L’existence de cette maladie ne fut guère reconnue avant l’année 1846, lorsque Chomel (1) publia ses remarques sur un état particulier du pharynx, qu’il nomma l 'angine granuleuse. Cependant, dès l’année 1741, Van Swieten (2) avait déjà dit, dans ses commentaires sur Boerhaave, que « les cryptes muqueux » du pharynx, du larynx, et de l’œsophage, donnaient lien, lorsqu’ils venaient à s’obstruer ou à se gonfler, à des symptômes désagréables, et à une diminution de la sécrétion muqueuse.
La monographie de Chomel était à peine connue du public médical, lorsque Horace Green (3) de New-York publia sur le même sujet, un traité basé sur des observations prises avec soin, pendant une période de plus de six années. Il donna, sous le nom de « maladie folliculaire de la membrane pharyngo-larÿngée », une bonne description de cette maladie.
En 1851, Buron (4) dans sa thèse sur la pharyngite chronique, confirma les observations de Chomel, et en 1857, Guéneau de Mussy (5) élucida encore davantage cette étude dans une monographie la plus méthodique et la plus complète, de celles qui aient été écrites sur ce sujet. La littérature de cette affectiou compte aujourd’hui de nombreux travaux. Bien que les symptômes objectifs et subjectifs aient été parfaitement décrits, il y existe toujours une divergence considérable d’opinion, entre les divers auteurs, surtout pour tout ce qui
(1) Gazelle médicale, 1846, p. 310.
(2) Comment, in H. Boerlxami, Aphor. de Cognosc. et Cur. Morbis., Lugduni Bat., 1741, vol. II, p. 575.
(3) A Treatise on Diseuses ofthe Air-Passages, etc., New-York, 1846.
(4) « De la pharyngite chronique, » Thèse de Paris, 1841, n“ 203.
(5) Traité de l’angine glanduleuse. Paris, 1857.
ANGINE GLANDULEUSE
concerne la pathologie de cette affection. L’anatomie pathologique de la maladie folliculaire du conduit de la déglutition, et de la respiration n’a pas encore été suffisamment étudiée, pour nous permettre de déterminer les relations exactes que ces différents aspects offrent entre eux, pendant la vie.
Étiologie. — Les causes de la pharyngite granuleuse peuvent être divisées en prédisposantes et en excitantes. Les diathèses scrofuleuses, goûteuses et rhumatismales rentrent dans le premier groupe (1).
(1) Depuis que Guéneau de Mussy a publié le travail dont nous avons déjà parlé, les médecins français, ont considéré la diathèse herpétique comme une cause fréquente de cette affection. Le terme diathèse herpétique est cependant si vague que je me crois justiûé de ne pas m’en servir. La définition la plus complète de cette diathèse, et de ses manifestations est donnée par Bouchut, et depuis dans leur Dictionnaire de Médecine. Dans les extraits qui vont suivre, les termes : diathèse dartreuse , diathèse herpétique et herpétisme sont synonymes.
Dartres. — Les maladies de la peau qui dépendent d’une diathèse autre que la syphilis, la scrofule, le rhumatisme, ou l’altération du sang, que les poisons et les vivrus sont des dartres. La disposition de l’organisme qui favorise l’apparition des dartres constitue l'herpélisme.
« Pendant la jeunesse, les dartres (furfuracées, papuleuses, vésiculeuses, pustuleuses, squameuses, tuberculeuses) occupent la peau, mais par suite d’un traitement répercutif, ou par le fait des changements organiques opérés par l’âge, elles se portent à l’intérieur, sur les muqueuses et engendrent les angines, et les bronchites chroniques, l’emphysème, l’asthme, la gastralgie, la diarrhée, la dyspepsie, le flux vaginal et une foule de maladie chroniques. »
Herpétisme. — « La constitution de certains sujets favorable au développement des dartres ou des maladies internes dues au principe dartreux est ce qu’on appelle herpétisme. C’est une diathèse qui produit à l’extérieur sur la peau, des vésicules, des pustules, des squames, des bulles, età l’intérieur, des catarrhes muqueux chroniques, d’où résultent un grand nombre de maladies viscérales graves. »
Herpétique. — « Qui est de nature dartreuse. Ainsi, on dit qu’un individu affecté de dartres est atteint de la diathèse herpétique. »
Malgré toute l’estime et la reconnaissance que nous professons pour notre excellent maître et ami le D1' Mackenzie, nous ne pouvons nous abstenir de faire ici quelques réflexions à propos des idées qu’il émet sur le rôle des diathèses dans les affections de la gorge. Nous ne partageons pas non plus en ce point, l’opinion de M. le D’’ Cadi,er qui a rayé du cadre dos affections laryngées l’angine dite herpétique (dartreuse), dont il ne veut pas faire une entité morbide (Man. de laryngol Paris, 1880, p. 31). Sans doute on abuse en France du mot herpétique, qui souvent ne sert qu’à cacher l’ignorance où nous sommes des causes de la maladie. Mais, de ce que nous em-
ANGINE GLANDULEUSE
Green (1), dit que l’hérédité joue un rôle important dans sa production. La majorité des cas se rencontrent entre vingt-cinq et trente-cinq ans (2) ; mais la maladie peut se montrer souvent à' un âge bien moins avancé. Ainsi Guéneau de Mussy (3) rapporte des observations prises chez des enfants au-dessous de quinze ans, et j’ai vu l’aifection atteindre des enfants de huit, six et môme de trois ans. Dans l’âge adulte, la maladie est plus fréquente chez les hommes que chez les femmes, sans doute parce que les hommes sont beaucoup plus exposés que les femmes aux causes excitantes. L’état de faiblesse dans lequel se trouve la muqueuse de la gorge, après de graves attaques de grippes, (influenza), de scarlatine, de rougeole, et de petite vérole, semble rendre les personnes plus sujettes aux granulations.
Parmi les causes excitantes de la pharyngite granuleuse, la plus puissante, sans contredit, est l’usage immodéré de la voix. Chez les sujets doués d’une forte constitution, et d’un développement musculaire remarquable, un exercice même exagéré de cet organe n’a pas de conséquence fâcheuse et produit plutôt un effet tonique. Mais au contraire, lorsque les forces vitales sont déprimées, et que les forces physiques sont peu en rapport avec un effort prolongé et violent, l’excès de
ployons cette expression dans des cas où. elle n’a pas sa raison d’être, il ne s’ensuit pas qu’il faille nier l’existence de la diathèse herpétique, et méconnaître son action spéciale sur les muqueuses en général, et celles du pharynx et du larynx en particulier. Nous en dirons tout autant de la diathèse artrithique (rhumatisme et goutte), qui a également son siège de prédilection sur les muqueuses. L’utilité de ces divisions est encore plus manifeste au point do vue thérapeutique. En effet, lorsqu’on a une fois rattaché d’une façon positive, les lésions de la gorge à une diathèse, on peut alors recourir non pas seulement à un traitement local, mais à un traitement général qui hâte la guérison, prévient les récidives. Aux herpétiques conviennent plus particulièrement les eaux arsenicales : La Bourboule, Mont-Dore, etc. ; aux arthritiques, les eaux sulfureuses : Aix, Allevard, Cauterets, Challes, Eaux-Bonnes, Marlioz, etc. Nous n’insisterons pas sur les diathèses syphilitiques et scrofuleuses dans leurs relations avec les affections de la gorge, elles sont généralement admises par tous les praticiens ; néanmoins il serait peut être bon de faire remarquer que chaque diathèse imprime à la maladie des allures et des formes absolument distinctes [Note des Traducteurs).
(2) Ibid. p. 165.
(3) Op. cit. p. 18.
ANGINE GLANDULEUSE
fatigue d’un organe quelconque, diminue forcément l’activité de sa fonction, et produit la maladie. La plus grande partie des pharyngites granuleuses que j’ai observées, existaient chez les personnes qui faisaient un grand usage de leur voix, telles que le clergé, les chanteurs, les crieurs public, etc. Chez presque tous les malades on trouve les signes d’une constitution délicate, et de l’anémie (1). Toutes les fois que le début de cette affection ne peut être attribué à un usage immodéré de la parole, la cause déterminante est l’exposition au froid humide. On peut donc avancer que l’angine granuleuse se manifeste sons l’influence d’une des trois causes suivantes : 1° la prédisposition constitutionnelle (qui comprend toute espèce de diathèse scrofuleuse) -, 2° l’exercice exagéré de la voix (avec faiblesse consécutive de la membrane muqueuse de la gorge); 3° l’exposition au froid; si cette dernière cause n’est pas la plus puissante, elle est du moins la plus active. Enfin, il est encore certain que l’application d’un irritant quelconque, sur la muqueuse déjà affaiblie, peut réveiller l’action morbide de l’appareil glandulaire. Mon expérience n’est point d’accord avec celle de Green (2), et de Guéneau de Mussy (3) en ce qui concerne l’usage du tabac. Il est possible que chez certains sujets l’abus du tabac puisse amener une congestion de la membrane muqueuse de la gorge aide à l’obstrution des follicules, mais plus ordinairement, il produit un simple relâchement chronique de la muqueuse.
On a dit, aussi, que les sujets forcés de respirer constamment une atmophère viciée, ou de résider dans un climat humide sont, cœteris paribus, plus sujets à être atteints parla maladie; tous ceux qui respirent des gaz irritants, ou des poussières, dont l’atmosphère, est imprégnée comme cela arrive dans les fabriques de produits chimiques, de métaux, de coton'; dans les mines de charbon, etc., montrent une prédisposition spéciale.
(1) Cependant on pourra constater l’existence de granulations chez des sujets robustes et bien portants, car la plupart des pharyngo-laryngites de de cette nature développées sur des arthritiques (rhumatismes, goutte) ou chez les orateurs ne nou3 semblent pas devoir être attribués à l’affaiblissement général de la constitution ( Note des Traducteurs).
(2) Op. cit. p. 174.
(3) Op. cit. p. 28.
ANGINE GLANDULEUSE
J’ai, pour ma part, rencontré bien des cas dans lesquels l’étiologie ne pouvait être établie d’une manière exacte, wu Symptômes. — Les malades atteints de pharyngite granuleuse n’éprouvent, en général, aucune douleur au début de la maladie. Les premiers symptômes qu’ils accusent sont un peu de raideur, de sécheresse de la gorge, et un chatouillement accompagné de toux. Si le malade est sujet à de violents accès de toux, il se plaint généralement de souffrir pendant les quintes: en le pressant de questions, on acquiert la certitude que chaque paroxysme de toux, produit un sentiment pénible et douloureux de la portion supérieure du larynx (1), et de la voussure du palais.
Lorsque l’on donne des soins à des orateurs ou à des chanteurs, on constate que l’enrouement, et la diminution de force de la voix, est le premier symptôme qui fixe l’attention du malade : il s’en préoccupe à l’exclusion de tous les autres phénomènes concommitants ; puis arrivent bientôt, la sécheresse et la douleur de la gorge, qui occasionnent une gène assez considérable, et constituent ce qu’on a appelé le pharyngite sèche. Le pharynx est le siège d’une sensation insupportable de picotement et de chaleur, qui provoquent une toux sèche, rude, accompagnée d’efforts d’expectoration réitérés, simulant la phthisie pulmonaire. Le larynx semble être constamment obstrué, et le malade fait de continuelles et infructueuses tentatives pour dégager son gosier. De temps à autre, il rejette de petites quantités de mucus visqueux, et des efforts de toux excessifs amènent quelquefois des stries de sang mêlées au crachat.
Dans les cas de pharyngite granuleuse plus prononcés, la maladie glandulaire s’étend, à l’espace pharyngo-nasal, à la partie postérieure des narines, à la portion antérieure du voile du palais et de la luette, à la partie supérieure du larynx et de l’œsophage. Comme conséquence de cette complication,
(1) Cette douleur, qui est plutôt une sensation do déchirure ou de frottement un peu rude, se fait surtout sentir, et se localise facilement au niveau de la partie postérieure du larynx (région arytéroïdienne). C’est même bien souvent sur ce point que l’on ressent le premier chatouillement, ou picotement qui provoque la quinte de toux ( Note des Traducteurs).
ANGINE GLANDULEUSE
BO
on trouve parfois un affaiblissement des organes de l'ouïe (1), de l’odorat, et du goût, suivant que l’orifice de la trompe d’Eustaclie, la membrane pituitaire, ou la muqueuse qui recouvre le voile du palais participent au procèssus mordide. La raucicité et la faiblesse de la voix, proviennent de ce que le larynx est atteint par la maladie. La douleur et la raideur des parties qui concourent il la production de la voix, gênent l’émission des sons qui ne peut se faire sans hésitation et sans effort. — Lorsque la partie supérieure de l’œsophage et de l’épiglotte sont affectées, la déglutition est accompagnée d’une vive douleur et quelques malades en sont même réduits à ne pouvoir se soutenir qu’à l’aide d’aliments liquides (2).
Les symptômes sont d’habitude plus marqués dans la forme exsudative, que dans la forme hypertrophique de la maladie. Cependant, comme Peter (3) le fait observer, le gonflement considérable des glandes du pharynx, cause ^quelquefois si peu de gêne au malade, qu’il peut ignorer complètement ce qui se passe d’anormal dans sa gorge (4),
(1) C’est surtout chez l’enfant que l’on peut observer des troubles de l’ouïe considérables, dus à l’obslruction presque totale de la lumière de la trompe d’Eustache ; où l’inflammation chronique des nombreuses glandes situées à l’entrée pharyngienne de ce conduit, la propagation de la maladie aux parties supérieures du pharynx est en effet plus commune chez l’enfant, que l’inflammation du larynx.
(2) Toutefois, les cas assez intenses pour produire une dysphagie aussi considérable, indépendamment de toute altération organique de la muqueuse épiglottique ou arytéroïdienne, sont tout à fait exceptionnels, et l’excessive sensibilité de ces parties nous semble souvent devoir être attribuée à l’état de surexcitation nerveuse dans lequel se trouvent souvent les malades atteints de cette maladie ( Notes des Traducteurs).
(3) Dict. des sciences médic., vol. IV, p. 749.
(4) Nous avons déjà fait remarquer dans notre travail inaugural qu’il n’est point rare de voir les malades se plaindre d’une sensation de sécheresse et de brûlure dans la gorge; parfois même ils croient à la présence d’un corps étranger, tel qu’une épingle ou arrête de poisson, qui leur donne la sensation d’une piqûre pour laquelle ils viennent consulter leur médecin. (De .la sijphilis et de la phthisie laryngée au point de vue du diagnostic. — Dr E.-J. Moure. Paris, 1879) , Depuis cette époque, mous avons eu maintes fois l’occasion d’observer daos notre pratique, des malades qui se plaignaient do sensations analogues et qui voulaient absolument avoir un corps étranger arrêté à la partie supérieure des voies aériennes (Note des Traducteurs).
ANGINE GLANDULEUSE
Les symptômes objectifs des deux formes de pharyngite granuleuse sont très caractéristiques, et frappent de prime abord, l’œil de l’observateur.
Dans la forme hypertrophique c’est la paroi postérieure de l’organe qui est la première atteinte. Au début la muqueuse présente en ce point de petites élevures de la grosseur d’un grain de millet, entièrement isolées les unes des autres. A mesure que le mal fait des progrès, les granulations s’accroissent en nombre jusqu’au moment où elles se trouvent agglomérées et réunies en assez grande quantité, pour donner à la portion de muqueuse qu’elles occupent, l’aspect réticulé ; finalement elles se confondent, et forment de larges traînées aplaties, dont les bords allongés parcourent la muqueuse dans des directions variées. Dans la plupart des cas, il existe en même temps une injection des veines superficielles du pharynx ; on peut suivre ces vaisseaux dans leurs sinuosités, ou les voir former une espèce de réseau autour de chaque granulation (1). La maladie progressant toujours, les granulations se développent sur les côtés de la gorge, des amygdales, et donnent quelquefois lieu à l’hypertrophie de ces glandes.
L’examen au moyen des miroirs rhinoscopiques et laryngiens, est nécessaire pour juger jusqu’à quel point, la cavité nasopharyngienne, la partie inférieure du pharynx et le larynx sont impliqués dans le processus morbide. Une perversion considérable des sécrétions du pharynx, coïncide toujours avec l’apparition de ces divers phénomènes; ce trouble consiste généralement en une diminution des produits sécrétés.
Dans la forme exsudative la maladie débute généralement par les amygdales ou par leur voisinage immédiat, pour s’étendre ensuite vers la paroi postérieure du pharynx, la base de la langue, l’épiglotte et l’intérieur du larynx. A l’état sain la sécrétion glanduleuse examinée à l’œil nu, ressemble à un fluide transparent et aqueux : mais si les glandes deviennent le siège
(1) On constate non seulement une injection assez prononcée des veines de la paroi pharyngienne, mais ces dernières sont généralement dilatées et forment même dans quelques cas de véritables varices pharyngiennes. Cette dernière forme se rencontre particulièrement dans la pharyngite granuleuse arthritique [Note des Traducteurs).
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d’une inflammation aiguë, probablement par l’accroissement de ses éléments histologiques, ce produit prend une coloration et une consistance laiteuse.
On rencontre constamment cet état dans la tonsillite folliculaire. Si l’inflammation est moins aiguë et plus persistante, la sécrétion laiteuse s’épaissit, et tend à former les dépôts caséeux, si caractéristiques dans cette affection.
Dans la période du début, la gorge paraît sèche et brillante ; les orifices glandulaires sont d’un rouge cerise intense, et les parties de la membrane muqueuse qui les séparent légèrement hypérémiées. Plus tard, les glandes malades deviennent le siège d’une sécrétion morbide, souvent un mucus visqueux, vient se fixer en grumaux aux glandules, ou remplir les intervalles qui existent entre eux. Si on presse les parties hypertrophiées, cette sécrétion semble le plus souvent s’échapper d’une petite ouverture unique, située près du centre de la granulation. La matière sécrétée peut avoir l’apparence caséeuse que nous avons déjà décrite, ou ressembler à la matière que l’on obtient en pressant les glandes sébacées de la peau, dans les cas d’acné, de la face et du nez (1). Quelquefois après être sortie des glandules, la sécrétion reste encore adhérente sous formede mamelons blancs et irréguliers, mesurant environ un millimètre et demi de diamètre, ou bien encore elle reste suspendue à son point d’émergence comme un filament de un à trois millimètres.
Dans ces cas, le pharynx semble parsemé de points nombreux, surtout autour des piliers de la gorge et des amygdales, où existe une agglomération de sécrétion blanchâtre ressemblant comme couleur, consistance et odeur, au fromage de crème décomposée. D’après mon expérience personnelle, les ulcérations de grandeur et de profondeur variables sont rarement la conséquence directe de l’affection glandulaire du pharynx, et lorsqu’elles se rencontrent, elles sont généralement dues à
(1) Ces dépôts contenus dans les cryptes des amygdales, ressemblent parleur coloration gris blanchâtre et leur opacité, à de petits débris de matières calcaires ; quelques malades les comparent, avec une certaine justesse, à do petites perles. Ces dépôts s’écrasent assez facilement sous la pression du doigt et répandent toujours une odeur excessivement fétide ( Note des Traducteurs).
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quelque maladies concomitantes telles que la syphilis ou la phjhisie (1). Dans quelques cas, la sécrétion d’apparence crayeuse, est formée de matière calcaire.
Bien différente de la forme hypertrophique qui tend à accroître es tissus, elle produit au contraire leur atrophie, détermine un agrandissement de la cavité du pharynx. L’opinion rapportée par M. Guéneau de Mussy disant que l’on pouvait, en pressant, faire sortir des glandes une sorte de matière calcaire, nous semble bien appartenir à la forme exsudative de cette affection, et cet auteur n’a plus rencontré par la suite, un seul fait analogue; il n’en est pas moins vrai que c’est là une des phases de la maladie bien commune en Angleterre et en Allemagne. Cette affection ne tarde pas à amener un relâchement général et un manque de tonicité dans tous les tissus du pharynx ; la luette devient parfois si longue qu’elle appuie sur la base de la langue et peut même arriver à tomber dans le larynx (2). La titillation de la base de la langue et de l’épiglotte, par l’élongation de la luette est un des facteurs les plus communs dans la production d’une toux incessante, due au chatouillement causé par cet appendice.
Anatomie pathologique. — Les variétés pathologiques de cette affection n’ont pas encore été suffisamment étudiées, pour nous permettre de déterminer les rapports qu’affectent entre elles les deux formes de la pharyngite glanduleuse. On ignore encore si la forme exsudative est le résultat d’une dégénérescence des glandes précédemment hypertrophiées, ou si cette exsudation est le produit d’une simple sécrétion morbide. La nature, les différences, et l’extension des altérations morbides dans la membrane muqueuse et ses glandes, n’ont pas encore été suffisamment élucidées; mais les recherches faites par les auteurs tendent à prouver que les formes hypertrophique et exsudative, bien que pouvant coexister, sont des affections tout à fait distinctes, différant dans leurs symptômes, dans leur
(1) Green considère l’ulcération comme fréquente : Op. cit. pp. 51-180 et suiv.
(2) Voir un cas rapporté par le Dr Green, dans lequel la suffocation se répétait souvent, parce que l’extrémité de la luette était attirée dansle larynx pendant l’inspiration : Op. cit. p. 270.
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marche, dans leur pathologie, et demandant, comme nous le montrerons au côurs de cet article, un traitement tout ù fait spécial.
Suivant Stork (1), dans la forme hypertrophique, les granulations consistent en grosses cellules, gonflées, presque rondes ; leur tissu est formé de cellules épithéliales, tassées les unes à côté des autres, comprimées ou aplaties, qui recouvrent généralement et protègent la surface de muqueuse disparue. Les changements pathologiques sont en effet plus sensibles dans la couche épithéliale, que dans les glandes ellesmêmes.
Dans un cas de pharyngite exsudative rapporté par Gueneau de Mussy (2), où l’examen microscopique put être fait par les docteurs Sappey et Robin, les principaux changements histologiques ont été décrits de la manière suivante : les culs-de-sacs glandulaires étaient considérablement dilatés, dans le diamètre de leur cavité et l’épaisseur de leurs parois. Dans les glandes hypertrophiées et indurées, on découvrit de petites concrétions calcaires principalement formées de carbonate de chaux. Ces concrétions étaient très nombreuses dans quelques-unes des glandes, et si étroitement englobées entre elles, qu’elles présentaient, lorsqu’on les détachait, une apparence cristalline due à ce que leurs surfaces s’étaient moulées en flgures polyédriques.
D’un autre côté, le tissu cellulaire réunissant les canaux sécréteurs, et l’épithélium tapissant leur paroi interne avaient un aspect normal; ils étaient seulement un peu épaissis. Pour ce qui a trait aux vaisseaux des glandes hypertrophiées, les capillaires n’offraient pas de changements sensibles; mais en somme, les glandes malades semblaient moins vasculaires que dans un larynx normal.
Les sécrétions caséeuses sont formées de débris de cellules épithéliales, de molécules et de globules d’huile.
Diagnostio. — On reconnaîtra facilement la pharyngite granuleuse ; qu’elle soit hypertrophique ou exsudative, il est difficile de la confondre avec une autre maladie. Dans les cas où
(1) Klinik der Krankheiten des Kehlkopfes. Stultgard, 1876.
(2) Op . cit. p. 87.
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l’exsudation caséeuse est très abondante, et recouvre la surface du pharynx on pourrait, si on n’avait jamais eu l’occasion de voir de cas semblable, croire à une diphthérie. En général, dans l'affection glandulaire, la sécrétion adhère à la surface de la membrane muqueuse sous forme d’îlots, et diffère absolument de l’exsudation dure, membraneuse qui se rencontre dans l’angine diphtéritique.
Pronostic. — Je ne saurais partager l’opinion du D" Green (1) qui voudrait que la phthisie pulmonaire dût son origine à la pharyngite granuleuse. Il est également certain que dans le cas où l’œsophage est atteint par cette maladie, ilnepeut en résulter aucune affection maligne de l’organe (2).Toutefois la phthisie peut être compliquée de pharyngite granuleuse. La plupart des affections glandulaires du pharynx guérissent par un traitement approprié, c’est-à-dire que les symptômes les plus pénibles disparaissent. Cependant le pronostic n’est pas toujours aussi favorable en ce qui concerne l’organe de la voix, surtout chez les orateurs, les chanteurs, etc., et lorsque la maladie a duré des années. L’organe vocal restera probablement toujours faible, assez du moins pour empêcher les malades de s’en servir constamment. Enfin la forme exsudative de la maladie est beaucoup plus difficile à guérir que la forme hypertrophique.
Traitement. — Comme beaucoup d’écrivains croient d’une façon absolue, au caractère diathésique des phénomènes locaux que l’on observe dans la pharyngite granuleuse, le traitement prescrit est souvent entièrement limité aux moyens constitutionnels. Mais d’après une expérience (3), les applications locales ont été si souvent couronnées de succès, que je ne puis m’empêcher de conclure que la médication locale des parties affectées, est un des facteurs essentiels du traitement. Les deux formes de la maladie que nous avons décrites dans cet article demandent un traitement topique. Dans la forme hypertrophique seule, il n’y a pas de meilleur remède que la pâte de Londres
(1) Op. eit. p. 118.
(2) Ibid. p. 129.
(3) Voyez aussi Kunze : Compendium der praktischen Médian., p. 218 ; Niemeyer : Pathologie et Thérapie, vol. I, p. 500, et Wendt : Op. cit, p. 278.
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appliquée sur chaque granulation séparément, en ne. touchant le même jour que deux ou trois glandes, et même dans certains cas qu’un seul point. Voici la manière de procéder : après avoir réduit la préparation en une bouillie épaisse, en triturant la poudre avec une certaine quantité d’eau, on applique un peu de caustique sur le point voulu au moyen de la stapule pharyngienne (page 16). Aussitôt après l’application, le malade devra se gargariser et se laver la gorge avec de l’eau fraîche, pour enlever toutes les particules du caustique qui pourraient rester adhérentes à la partie touchée. On continuera l’emploi de la pâte de Londres jusqu’à ce que les granulations soient toutes détruites. Ordinairement, une application de pâte suffit pour détruire une granulation et ramener cette portion de la muqueuse à l’état sain ; mais si l’élévation est considérable, ou s’il y a plusieurs points élevés séparément, on devra faire un certain nombre d’applications. Il est à peine nécessaire d’observer qu’on ne devra dans aucun cas abuser de ce moyen, sous peine de produire une inflammation considérable. Chez certaines personnes on pourra faire une application tous les jours, chez d’autres il sera suffisant d’y recourir deux ou trois fois par semaine. Dans l’intervalle, on usera avec avantage des remèdes plus doux, tels que les pigments (1) de perchlorure de fer ou le chlorure de zinc, et lorsque la gorge sera très irritée, soit par le fait de la maladie soit par l’action du caustique, une inhalation sédative de benjoin, ou lupulus, donneront de très bons ésultats.
On a proposé de détruire les granulations par le cautère galvanique ou le cautère actuel ; mais comme on peut très bien les détruire par la formation d’une simple eschare on fera bien d’éviter les méthodes alarmantes et les procédés compliqués.
Lorsqu’il s’agira de la forme exsudative de la pharyngite granuleuse, on pourra employer un traitement local moins violent que le caustique précédent ( London paste ). Voici comment je procède dans ces derniers cas : je râcle, au moyen de la
(4) Le mot pigment , employé ici par l'auteur, sert à désigner les applications locales faites au moyen de pinceaux imbibés d’une solution topique [Note des Traducteurs).
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« curette pharyngienne » déjà décrite (p. 16), la membrane muqueuse partout où apparaissent les points blancs, et après avoir ainsi enlevé la sécrétion, j’applique le crayon de nitrate d’argent (qui sera taillé en pointe pour cet usage), sur chaque point qui laisse s’échapper un sécrétion anormale.
Pendant que l’on soumet le malade à un traitement local, il sera également bon de prescrire un traitement interne, pourdonner du ton aux forces vitales, et améliorer la santé générale. Aux scrofuleux, aux anémiques, aux syphilitiques, il faudra conseiller l’huile de foie de morue, le fer, l’iodure de potassium (1), etc. Lorsque le traitement topique aura donné tout ce qu’on a le droit d’en attendre, on affermira la guérison en conseillant le changement d’air, le séjour au bord de la mer, pendant un mois ou deux durant la belle saison, ou bien on enverra les malades aux eaux arsenicales du Mont-Dore, aux eaux sulfureuses chaudes d’Aix-les-Bains, de Cauterets ou aux salinesd’Ems (2). De cette façon on améliore la faiblesse locale, et la diathèse en même temps. Pour les enfants strumeux, on se trouvera bien du séjour de Woodhall, Spa et de l’air vivifiant de Harrogate, Tunbridge qui sont en outre des eaux reconstituantes.
(1) L’auteur a omis de parler du régime qui joue cependant un rôle important dans le traitement de cette affection. La diathèse qui produit ou entretient les troubles locaux, l’état général du sujet, devront toujours être pris en considération. Pour ne parler que des herpétiques, il est évident qu’ils devront s’abstenir de viandes salées, de coquillages, de fromages forts, de mets épicés, d’alcool, de café même, et éviter autànt que possible le froid humide, et tout ce qui peut irriter les muqueuses.
(2) Comme il s’agit ici d’une affection essentiellement chronique, on obtiendra souvent des guérisons plus faciles, et plus nombreuses en conseillant, dans un grand nombre de cas, deux traitements hydriatiques. Ce conseil est donné par notre savant et regretté maître le professeur Gubler : « Il est pourtant bien des circonstances où l’amélioration serait plus prompte et le succès plus assuré, si l’on faisait intervenir l’une àprès l’autre deux eaux médicales naturelles douées de propriétés plus ou moins différentes, mais complémentaires, et pouvant, chacune à sa manière, contribuer au résultat thérapeutique. Pourquoi ne pas soumettra un eczémateux ou herpétique, chargé de graisse, et gonflé de lymphe, d’abord à la cure réductrice et même émaciànte par les eaux purgatives, puis à la cure spéciale par les eaux sulfureuses, alcalines ou arsenicales ? » (Du traitement hydriatique c[es maladies chroniques, Gubler) — (Notes des Traducteurs).
ANGINE GANGRÉNEUSE
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