‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 26 sur 146 · HO DILATATION DU PHARYNX · texte numérisé non relu

HO DILATATION DU PHARYNX

gien s’ouvrait directement dans cette cavité au lieu de s’ouvrir dans l’œsophage. Si on essayait de passer le doigt ou la sonde dans l’œsophage on ne pouvait éviter de tomber dans le divcrticulum. Les parois de la poche contenaient quelques bandes de fibres musculaires pâles ; l’ouverture œsophagienne était rétrécie, et la portion sous-jacente atrophiée.

Diagnostic. — On peut très bien reconnaître la dilatation uniforme du pharynx par le toucher digital et l’examen laryngoscopique.

L’histoire de la maladie suffit généralement pour faire le diagnostic du pharyngocèle. La difficulté de la déglutition, la sensation d’un corps étranger dans la gorge augmentant après le repas, la présence en dehors du cou d’une tumeur molle susceptible de disparaître par la pression, le rejet fréquent de petites portions d’aliments non digérés sont autant de phénomènes presque caractéristiques de cet état du pharynx. On peut déterminer, au moyen d’une sonde, la forme, le volume et la direction du diverticulum.

Pronostic. — Nous en avons dit assez pour montrer que cette affection produit une simple gêne et non un danger immédiat ; néanmoins, dans certains cas elle peut sans aucun doute abréger l’exislence. Les chances de guérison sont très rares et le traitement ne donne pas de résultat satisfaisant, sauf dans les cas où la poche est située sur les côtés du pharynx.

Traitement. — Le faradisme et le galvanisme peuvent augmenter le pouvoir contractile des constricteurs, lorsque la dilatation générale est peu importante et qu’elle n’est pas liée à un rétrécissemsnt de l’œsophage. Ce traitement est inutile lorsqu’il y a un diverticulum.

Si la poche est située sur les parties latérales , de manière à pouvoir être comprimée par la pression k la partie externe du cou, le malade peut la vider lui-même et éviter ainsi tous les symptômes graves. Il peut aussi dans ces cas faciliter beaucoup la déglutition, en pressant avec le doigt pendant qu’il mange, la partie du cou située du côté opposé au diverticulum. C’est ainsi que l’affection peut durer pendant un laps de temps presque illimité sans causer d’autres symptômes que de la gêne au moment des repas. Plusieurs fois j’ai procuré un grand soula-

CANCER DC PHARYNX

il!

geraent au malade en lui faisant porter un col bien empesé muni d’un coussinet appuyé sur le point dilaté.

Lorsque l’inanition ou lesaccès de suffocation deviennent dangereux, il faut s’efforcer d’éloigner le péril. Si l’ouverture de la poche est petite etvisible à l’œil nu ou au laryngoscope, on peut essayer de produire une rétraction cicatricielle en appliquant sur cette ouverture le cautère galvanique. Dans les cas où cette tentative échouerait on tenterait un opération semblable à l’œsophagotomie, et on exciserait la poche. Il faudrait ensuite mettre en contact les parois de la muqueuse et les fixer par des serrefines. Enfin, pour éviter les tiraillements de la plaie, on devra alimenter le malade au moyen d’une sonde jusqu’au jour où la réunion se sera faite (1).

CANCER DU PHARYNX (2

Latin Eq. — Carcinoma pharyngis.

Anglais Eq. — Cancer of the pharynx.

Allemand Eq. — Krebs des schlundes.

Italien Eq. — Cancro délia faringe.

Définition. — On a donné ee nom à une tumeur maligne et primitive du pharynx , amenant généralement la mort par inanition et quelquefois par hémorragie.

(1) Où a également signalé l’existence de diverticula semblables dans le larynx, et M. Vernouil, en 1853 ( Bullet . de la Soc. d'Anat. t. XXVIII, p. 8) présenta à la Société d’anatomie de Paris, un singulier prolongement tubuleux infundibuliforme de la muqueuse laryngée qui reçoit le sac du ventricule droit. Cette poche, dont l’orifice admettait sans peine une grosse plume à écrire, avait le volume d’une noisette et communiquait largement avec le larynx, se logeant dans l’espace thyro-liyoidien entre la membrane de ce nom et la membrane fibreuse hyo-épiglotique. Plus récemment M. Georges Lefferts (de New-York) a rapporté [Ann. des Mal. de l’or, et du lar., 1876, p. 246), un cas de prolapsus des deux ventricules du larynx , guéri à l’aide de la thyrotomie.

Il faut avouer que la pathogénie de ces dilatations est encore plus obscure que celle des diverticula situées sur uu point du pharynx ( Noie des Traducteurs).

(2) Dans cet article il n’est question que du cancer qui intéresse les cavités pharyngo-orales et les cavités pharyngo-laryngiennes. Le cancer des cavités pharyngo-nasales sera étudié avec les maladies du nez.

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Étiologie- — Le cancer primitif du pharynx peut commencer dans les parois de cette cavité ou sur les amygdales. 11 est t*are de le rencontrer dans l’espace pharyngo-oral, tandis qu’il existe très fréquemment dans la portion inférieure de ce canal, où il envahit d’abord la paroi postérieure et par propagation le larynx, dont il contourne les côtés. En général, ces derniers ne sont pas classés au nombre des affections pharyngées et sont décrits avec le cancer de l’œsophage. Les remarques faites sur la rareté des cancers pharyngiens reposent sur les observations faites à l'œil nu.

La pathogénie du cancer pharyngien est aussi obscure que celle du cancer en général, seule l’hérédité exerce une influencé certaine sur sa production. Or, sur 8,289 décès de cancer inscrits sur le registre des décès de Paris, trois étaient mentionnés comme cancer du pharynx (1) mais ces statistiques ne peuvent avoir en vue que le cancer de la cavité pharyngo-orale.

Symptômes. — Lorsque la maladie atteint l’espace pharyngo-oral on peut toujours voir la tumeur, qu’il est facile de sentir avec le doigt. La voix devient épaisse, la prononciation indistincte et l’expectoration fétide.

L’affection donne lieu à une douleur constante augmentée parla déglutition. Au moment de la période ulcéreuse la douleur devient plus violente et s’étend souvent du côté des oreilles. A mesure que la maladie augmente, la respiration devient difficile et l’obstruction des narines postérieures produit souvent une gêne considérable.

Lorsque le cancer est situé dans la cavité pharyngo-laryngée, ces symptômes, la marche etla terminaison de cette affection sont presque identiques avec les phénomènes qui accompagnent la tumeur maligne de l’œsophage, et la marche de l’affection est moins rapide que quand elle occupe l’espace pharyngo-oral. Si elle est située plus bas, il existe de la dysphagie ; mais souvent la déglutition se fait sans douleur; de sorte que le malade s’alimente mieux, vit plus longtemps et la cachexie cancéreuse caractéristique met plus de temps à se développer. L’expectoration d’un mucus écumeux est un symptôme caractéris-

(1) Welshe : The Nature and Treatment of Cancer. 1846, § 26S-267.

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tique (1). La maladie amène souvent la perforation d’un vaisseau sanguin qui donne lieu à une hémorragie fatale.

Anatomie pathologique.— -Lorsque la maladie siège dans la cavité pharyngo-orale, le cancer appartient généralement à la variété appelée squirrhe et ressemble beaucoup, comme le fait remarquer Delpech (2), à une tumeur maligne du rectum. Le premier signe d’un squirrhe de la partie supérieure du pharynx consiste en une masse dure difficile à circonscrire, occupant un espace variable du tissu sous-muqueux de ce conduit. Cette tumeur est entourée d’une muqueuse qui, au début de l'affection, garde tous ses caractères normaux. A cette époque on peut déjà sentir une élévation dure, mais il n’y a pas, en général, de douleur à la pression. .4 mesure que la maladie se développe, l’induration s’étend graduellement sur toute l’étendue du pharynx en englobant le voile du palais et l'orifice postérieur des narines. L’ulcération commence alors et s’étend sur toutes les parties atteintes, offrant une surface rouge ou blanc verdâtre couverte d’une exsudation fétide. Plus tard de nombreuses élévations fongueuses s’élèvent de la surface de l’ulcération. La tuméfaction des glandes cervicales situées au niveau de l’angle de la mâchoire est un symptôme précoce dans cette affection. J’ai vu bien des cas de cancer dans lesquels la partie supérieure du pharynx et de l’épiglotte étaient atteints, sans qu’il fût possible de dire en quel point la maladie avait débuté. J’ai présenté un cas de ce genre à la Société pathologique il y a quelques années (3) et M. H.-T Norton a décrit et figuré un exemple typique de cette nature.

(1) Nous signalerons encore l’exislence d'un autre symptôme à peu près constant ; nous voulons parler de la salivation; peu abondante au début de la maladie, elle devient excessive, au moment où commence la période ulcéreuse. Le malade ne peut rester un moment sans cracher ; la nuit, le liquide buccal (salive et ichor cancéreux) , s’écoule de sa bouche et imprègne l’oreiller.

Souvent les mucosités expectorées contiennent des filets de sang, du pus, et même des parcelles de la tumeur réduites en putrilage. Il est inutile d’ajouter que l’expectoration, comme l’haleine du malade répandent une odeur infecte et nauséabonde (Noie des Traducteurs ).

(2) Dictionnaire des Sc. mêd. Paris, 1812, vol. III, p. 611.

(3) Trans. Path. Soc., vol. XIX, p. 71.

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Le cancer de la cavité pharyngo-laryngée est une maladie très commune, qui a généralement les caractères d’un épithélioma ; mais il peut cependantrevêtir ceux d’un sqüirrhe (l). Il commence le plus souvent justeau-dessous des cartilages aryténoïdes. Dans la période de début on peut voir au laryngoscope, sur la partie inférieure du pharynx, des végétations pâles, blanc verdâtre ressemblant à une eschare entourée d’une zone de membrane muqueuse gonflée et d’un rouge clair. Parfois la maladie commence dans la fosse thyroïde, mais dans presque tous les cas, qu’elle débute en arrière ou sur les côtés du pharynx, elle s’étend autour de la cavité et atteint le canal aérien. A mesure que la maladie progresse, il se produit une tuméfaction considérable de tous les tissus, mais les glandes cervicales sont rarement atteintes.

Diagnostic. — Le diagnostic du cancer du pharynx présente rarement des difficultés ; on cite cependant des cas dans lesquels des condylomes (2) ou des gommes (3) syphilitiques ont simulé une tumeur maligne.

Le mercure et l’iodure de potassium qui guérissent ces accidents pourront éclairer le diagnostic. On peut aussi prendre un fibrome pour un cancer enkysté: mais le pédicule fera éviter l’erreur ; du reste il n’y a dans ce cas aucune tendance à l’ulcération.

Pronostic. — La terminaison est nécessairement fatale et le seul doute qu’on puisse émettre à propos du pronostic a trait à la durée de la maladie. Lorsque la respiration et la déglutition sont toutes deux compromises, la mort arrive plus vite que lorsque la déglutition seule est affectée.

Traitement. — On ne peut employer que des moyens palliatifs. Si la respiration est sérieusement menacée on pourra prolonger l’existence par la trachéotomie. Si le malade ne peut

(I.) L’épithélioma occupe de préférence la cavité du larynx (cordes vocales, ventricules, régions sous-glottiques) tandis que la variété que l’on rencontre presque toujours dans la région décrite par l'auteur nous semble plutôt être le cancer encéphaloide, qui débute souvent par les replis ary-épiglottiques ou les aryténoïdes et dont la marche est beaucoup plus rapide.

(2) Fournier: « Plaques muqueuses, hypertrophie des amygdales. — Fano : Th èse d’agrégation , 1857.

(3) Lancereau : Traité de la sijphilis.

cancer des amygdales

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pas avaler, on se servira de la sonde œsophagienne ou bien l’on aura recours aux lavements nutritifs. (I) Enfin on pourra encore essayer de pratiquer l’opération de l’oesopliagolomie, que nous décrirons plus loin. Le squirrhe situé à la partie inférieure du pharynx est la forme de cancer qui nous paraît remplir les meilleures conditions pour tenter cette opération.

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