CANCER DES AMYGDALES
Velpeau (2), Maisonneuve (3), Lobstein (i), Lennox, Browne (-i), etc., ont recueilli des observations de cette affection, qui est très rare. La plus grande partie des cas observés appartient à la variété encéphaloïde, et l’affection a été tantôt primitive et tantôt secondaire, c’est-à-dire provenant de l’extension de la maladie aux parties voisines.
J’ai observé sept cas de cancer des amygdales ;'sur ce nombre cinq étaient des encéphaloïdes et trois des squirrhes (6). Le petit résumé suivant indique l’âge et le sexe des malades.
ENCÉPHALOÏDE
Hommes Femme
Age. . 22 J
i : : œ < Age «• • 1
SQUIRRHE
Homme Femme
Age 47. . 1 Age 34. . 1
La durée moyenne de la vie après l’apparition des premiers symptômes a été de dix-sept mois, le maximum de vingt-cinq mois et le minimum de neuf mois. La maladie peut atteindre une seule amygdale ou toutes deux à la fois. Elle débute sous la forme d’une tumeur située dans la substance de la glande, et
(1) Voir l’article sur le cancer de l’œsophage dans le 2e volume.
(2) Liégeois : Dict. des Sc. Mêd. Paris, 1864, vol. IV, p. 26.
(3) Bulletin de la Soc. de Ghir. : « Cancer des amygdales », 1859.
(4) Anatomie pathologique , 1829, vol. I, p. 429.
(5) The Throat and itsDiseases. London, 1878.
(2) Lebert : Traité des Mal. can. 1851, p. 422.
cancer des amygdales
présente plus tard une ulcération qu’il est facile de reconnaître comme cancéreuse
L’induration chronique et l’hypertrophie des amygdales peuvent simuler quelquefois une tumeur maligne au début ; mais l’histoire et la marche de l’affection, l’âge du malade sont des données certaines pour reconnaître la nature de la maladie. L’hypertrophie des amygdales commence généralement de bonne heure et se rencontre rarement après quarante ans. Le cancer, au contraire, survient exceptionnellement avant l’âge adulte, les symptômes s’agravent rapidement, et la terminaison fatale ne tarde pas à arriver. — Lorsque le cancer est limité à une portion de l’amygdale ou des deux amygdales, on peut les exciser avec l’espoir d’obtenir, comme il est d’usage, quelques mois de répit.
Quelques cas de cancer observés pendant la vie ont été reconnus à l’autopsie, après l’examen microscopique, pour des lymphomes ou des lymphosarcômes. (1) Le Dr Moxon (2) a cité un exemple remarquable dans lequel l’amygdale gauche, les glandes lymphatiques et la rate étaient le siège d’excroissances
(1) Toutefois ou a sigualé des lymphosarcômes, dont Virchow distingue deux espèces. Dans l’un, lymphosarcome mou de l’amygdale, c’est l’élément cellulaire qui domine ; dans l’autre, lymphosarcome dur, la tumeur est en grande partie formée par le réticulum dont les trabécules sont considérablement épaissis.
Si l’élément cellulaire est formé par la; prolifération des cellules épithéliales qui tapissent les trabécules à l’état normal, la distinction anatomique entre ce genre de tumeur et le carcinome devient tout à fait impossible. Du reste, elle ne le cède en rien à ce dernier, comme malignité et tendance à la généralisation rapide.
M. Passaguay, à qui nous empruntons ces détails pleins d’intérêt, rapporte {Tumeurs des amygdales, Paris, 1873, p. 56) quatre observations de lymphosarcome des amygdales, en faisant remarquer que ces tumeurs se rencontrent fréquemment en même temps que l’hypertrophie ganglionnaire généralisée, et qu’il faut les faire rentrer dans le groupe morbide la lymphadénie.
Cet auteur signale encore, comme tumeur exceptionnelle des amygdales, le sarcôme, dont M. Duchaussoy a rapporté une observation ; tumeur fibroplastique de Lebert, ayant moins de tendance à la généralisation que les autres tumeurs dont le tissus est à nn degré moins élevé d’organisation.
L’épithélioma se rencontre également sur l’amygdale, mais il est la plupart du temps le résultat de la propagation d’une tumeur de la joue ou de la langue ( Note des Traducteurs).
(2) Transi. Path. Soc., vol. XX, p. 369.
TUMEURS BÉNIGNES DU PHARYNX
semblables à de la matière cérébrale. Ces tumeurs étaient principalement formées de cellules réunies entre elles par une trame fibreuse excessivement mince. Ces cellules, plus grandes que les cellules lymphatiques, contenaient un noyau volumineux muni de plusieurs nucléoles. J’ai observé un cas de ce genre chez un malade âgé de cinquante-sept ans ; les deux amygdales et les glandes lymphatiques des deux côtés étaient atteintes de tumeurs cellulaires semblables. On parvint à enrayer pendant longtemps le développement de la tumeur, par des injections sous-cutanées d’acide acétique.
J’ai également rencontré deux cas de simples lymphômes d’une amygdale, chez des sujets âgés l’un de vingt-sept ans et l’autre de trente. Dans ces deux cas on a pu prolonger la vie du malade en enlevant les parties atteintes ; mais à la longue l’affection se termina fatalement par suite de la dysphagie et du marasme concomitant. Les trois cas de tumeurs lymphoïdesdes amygdales que j’ai eu l’occasion d’observer existaient chez des hommes.
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