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SYNONIMES : TUMEURS NON MALIGNES DU PHARYNX

Latin Eq. — Tumores non maligni pharyngis.

Anglais Eq. — Non malignant tumores ofthe pharynx.

Allemand Eq. Gutartige Geschwülste des schlundes.

Italien Eq. — Tumori non maligni délia faringe.

On trouve dans le pharynx différentes sortes de tumeurs bénignes. J’ai eu pour ma part à traiter bon nombre de cas de papillôme, d’un volume variant entre un pois et une petite graine de raisin; ils étaient situés sur les piliers, sur les. amygdales ou la paroi postérieure du pharynx. Luschka (1), Sommerbrodt (2) et d’autres auteurs ont cité des cas de papillômes pharyngiens. On a également signalé l’existence dans cette région de grosses excroissances fibreuses et des tumeurs

(1) Archives de Virchow, vol. T, p. 161,

(2) Ibid., vol. II, p. 136,

TUMEURS BÉNIGNES DU l’HARYNX

graisseuses. Barnard Holt (1) a cité un cas dans lequel une tumeur graisseuse naissant du côté gauche de l’épiglotte et du pharynx, pendait de 25 centimètres dans l’œsophage. Cette masse fut un jour projetée en avant pendant un effort de vomissement et obstrua le larynx : le malade âgé de 80 ans fut presque suffoqué. La tumeur ne fut pas opérée et le malade mourut subitement dans un moment où il fumait. On peut voir dans le musée (2) du Royal Collège des chirurgiens, deux préparations de tumeurs pédiculées enlevées du pharynx pendant la vie. La première est une masse lobulée d’environ cinq centimètres de long et d’un diamètre d’un centimètre et demi, qui ressemble à un polype muqueux du nez, elle était attachée immédiatement en arrière de l’amygdale par un pédoncule très étroit ayant environ l’épaisseur d’une ficelle ordinaire. Dans le second cas, le diamètre de la tumeur est beaucoup plus considérable et le néoplasme, irrégulièrement sphérique, semble être d’une nature fibreuse. La surface est recouverte d’une membrane muqueuse présentant plusieurs points ulcérés ; son point d’insertion n’est pas facile à voir, mais la tumeur semble être attachée à la paroi du pharynx par un pédicule épais et résistant. Voltolini (3) rapporte un cas de petite tumeur fibreuse du volume de la moitié d’un œuf de pigeon, qui naissait de la paroi postérieure du pharynx ; et Fischer (4) décrit une tumeur apparemment sarcomateuse, qui s’étendait de la base du crâne au cartilage cricoïde. D’après Buseh (5) ces tumeurs peuvent provenir de la membrane muqueuse, du tissu conjonctif situé au-dessous des glandes lymphatiques ou du périoste qui recouvre la colonne vertébrale. Finalement, on doit remarquer que les tumeurs provenant de la cavité naso-pharyngienne ou des narines postérieures descendent souvent dans le pharynx proprement dit (6).

(1) Transi. Path. Soc., vol. V, p.123.

(2) N“s 1090 et 1091.

(3) Galvanokaustik , p. 226.

(4) Wiener Médic. Wochenschrift , 1865, n° 61.

(5) Berliner Charilê-Annalen, 1857, vol. VIII, p. 1.

(6) J’ai observé récemment un malade atteint de polypes muqueux des fp3ses nasales, dont les productions néoplasiques descendaient do la partie

TUMEURS BÉNIGNES DU PHARYNX H9

Symptômes. - Les principaux symptômes produits par les tumeurs pharyngées sont ceux causés par la gêne que ces masses apportent à la déglutition et h la respiration ; ils varient suivant le volume et la situation de la tumeur. Les petites excroissances du gosier ou des amygdales, se bornent à provoquer une sensation de grosseur dans la gorge, au moment de la déglutition. Dans quelques cas, lorsque la tumeur se trouve en contact avec le larynx ou l’épiglotte, elle peut donner lieu à une toux fatigante. On peut généralement faire sans difficulté le diagnostic des tumeurs du pharynx soit £i l’œil nu, soit à l’aide du miroir laryngien.

Traitement. — Les petites excroissances dans le genre des papillômes seront arrachées avec une pince solide. On pourra aussi les détruire facilement au moyen de la pâte de Londres. Les tumeurs plus volumineuses et pédiculées seront enlevées avec la pince, le cautère galvanique, l’écraseur, ou par la ligature de leur point d’insertion et le bistouri ; si la tumeur est assez importante pour remplir la plus grande portion du pharynx, on devra l’enlever avec précaution ; car nous avons vu dans l’exemple rapporté par Holt, que le simple déplacement en haut de la tumeur était suffisant pour produire la suffocation par occlusion du larynx. 11 y a lieu de craindre l’asphyxie par suite d’hémorragie, lorsque le point d’implantation de la tumeur est étendu et vasculaire. Dans ces cas on a recommandé de pratiquer tout d’abord la trachéotomie et d’enlever la masse morbide dès que le malade peut respirer librement.

postérieure du nez dans le pharynx. C’est, du reste, par cette ouverture que j'ai dû pratiquer l’ablation de ces masses polypeuses, dont l’existence était déjà fort ancienne (Dr. E.-J. Moure).

Parmi les tumeurs qui peuvent avoir leur siège sur les amygdales, nous signalerons encore les Kystes ou adènômes, qui sont le résultat d’une hypertrophie considérable des glandes acineuses de cette région. Nous en avons observé deux cas à la clinique du D1' Charles Fauvel à Paris : l’un chez un homme do quarante ans, l'autre chez un femme de cinquantedeux ans. Tous doux furent guéris par l’excision et la cautérisation de la poche, après l’écoulement d’un liquide opalescent, mais très fluide qui jaillit dans la bouche des malades au moment de l’incision ( Noie des Traducteurs).

ANGINE SYPHILITIQUE

ANGINE SYPHILITIQUE

Latin Eq. — Syphilis pharyngis.

Anglais Eq. — Syphilis of the pharynx.

Allemand Eq. — Syphilis des schlundkopfs.

Italien Eq. — Angina sifilitica.

Définition. — L'angine syphilitique est une manifestation de cette diathèse sur le pharynx susceptible de présenter les trois périodes que l'on observe lorsqu’elle envahit les surfaces muqueuses.

Étiologie. — La syphilis du pharynx peut être le résultat de l’inoculation directe par le virus spécifique; mais elle est ordinairement une simple manifestation locale de la maladie devenue constitutionnelle ; elle peut être héréditaire.

Lorsque le chancre primitif siège dans le pharynx il occupe de préférence l’une des deux amygdales. Cette particularité serait due d’après Desnos (1), à la structure de ces glandes, dont les cryptessontparticulièrementdisposées pourrecevoir et retenir le virus syphilitique introduit dans la gorge. Diday(2) explique pourquoi, théoriquement pariant, cette affection est plus commune chez les femmes, et mon expérience tendà confirmer son hypothèse. Ainsi, sur sept cas de syphilis primitive du pharynx que j’ai rencontrés, six étaient chez des femmes. Les observations deDidaysepartagentégalemententre les deux sexes; et Desnos conclut d’un ensemble de stastitiques que. l’accident primitif, n’est pas plus fréquent chez les femmes que chez les hommes donnant une explication sur la manière dont ces derniers conJ tractent la maladie.

La rareté du chancre du pharynx peut être déduite de ce fait que sur 673 exemples de chancre situés un peu partout, on n’en a pas trouvé un seul derrière les piliers antérieurs du voile du

, (1) Dict. de Mèd. et de Chir. pratique , vol. II, p. 149. Diday et Desnos ont fait allusion aux pratiques révoltantes qui sont la. cause de ces affections ; nous renvoyons à ces auteurs ceux qui .s’intéressent à ces. questions et. déârenl avoir des renseignements plus précis.

(2) Compte rendu de la. Société de Mèd. de Lyon, 1861-62, 1. 1, p. 45,

ANGINE SYPHILITIQUE

palais, tandis que sur 77 chancres primitifs delà région buccale un seulavaitau contraire son siège sur l’amygdale (1).

Les accidents syphilitiques secondaires et tertiaires du pharynx sont des manifestations très communes de la syphilis constitutionnelle héréditaire ou acquise. Swediaur (2) avait observé depuis longtemps que « au moment où le virus syphilitique pénètre dans l’organisme, il frappe ses premiers coups dans la gorge », et, d’après Martellière (3), toutes les causes qui d’ordinaire favorisent l’inflammation aiguë ou chronique du pharynx déterminent aussi chez les syphilitiques les manifestations de cette maladie sur cet organe. Pour ce qui a trait à la fréquence des lésions constitutionnelles de la syphilis sur la gorge, le même auteur affirme que sur 72 malades atteints dé syphilis examinés par lui, 21 seulement ne présentaient aucune trace d’altération du pharynx (4).

Symptômes. — Les symptômes subjectifs et objectifs de la syphilis du pharynx, varient suivant la période de la maladie dans laquelle ils se produisent.

Le chancre, accident direct de l’inoculation, est la seule manifestation locale que l’on puisse rencontrer au début. Dans la période secondaire, l’affection peut se présenter sous la forme d’érythème ou de plaque muqueuse (condylomata). A la troisième période, on peut encore trouver deux sortes de lésions : les ulcérations et les gommes.

Les ulcérations laissent souvent après elles un resserrement de la muqueuse du pharynx et un rétrécissement de ce conduit.

1° Chancre. — Bien que l’accident primitif soit rare dans le pharynx, Diday (5) nous dit qu'il en a rencontré huit cas; cet auteur suppose que lorsque le chancre se produit encetendroit il est généralement négligé par le malade et par le médecin, Dans les sept cas que j’ai observés moi-même, on ne pouvait émettre aucun doute sur la nature de l’éruption ; mais dans

(1) Loc. cit.

(2) Pharyngitis syphilitica, 1801, t. II, p. 147.

(3) « De l’Angine syphilitique ». Thèse de Paris , 1854, n° 6. p. 10.

(4) Ibid , p. 9.

(5) Loc. cit,

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deux de ces cas il eût été difficile de faire le diagnostic simplement d’après les signes physiques.

Le chancre de l’amygdale revêt généralement l’apparence d’un ulcère superficiel entouré d’une élévation formée par la membrane muqueuse légèrement œdématiée. Le toucher permet de s’assurer que sa base est indurée, et bien souvent on constate un gonflement notable des ganglions sous-maxillaires.

Les caractères du chancre induré ne sont pas toujours aussi marqués; ainsi chez un malade de Diday(l) l'érosion superficielle de l’amygdale gauche, accompagnée d’un léger engorgement ganglionaire, fut bientôt suivie des symptômes de la syphilis secondaire. Dans deux autres exemples, cités par le môme auteur (2), les chancres devinrent phagédéniques, les ulcérations profondes et de mauvaise nature s’étendirent rapidement pendant plusieurs jours. C’est dans ces cas seulement qu’on voit les symptômes constitutionnels, tels que douleur, raideur de la mâchoire, et la fièvre attirer l’attention du malade. Le plusordinairement le chancre suit sa marche habituelle et se cicatrise sans laisser de trace, et sans éveiller l’attention de la personne malade.

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