‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 40 sur 146 · ROUGEOLE · texte numérisé non relu

ROUGEOLE

Les complications pharyngiennes de la rougeole sont d’une importance secondaire, puisque dans ies cas graves toutes les lésions se font du côté du larynx, de la trachée et des bronches.

Souvent il n’y a pas d’éruption sur là muqueuse de la gorge et, quoique dans la majorité des cas on trouve à l’examen du pharynx une rougeur plus ou moins marquée, le malade n’accuse aucune douleur à la gorge. L’exanthème apparaît à peu près à la même période de la fièvre que l’exanthème cutané, c’est-à-dire dans le courant du 3e ou 4e jour (2) : il peut se développer quelques fausses membranes après l’abaissement du mouvement fébrile, et parfois même on voit survenir une gangrène partielle du tissu pharyngien (3).

(2) Au lieu de déclarer que l’éruption de la rougeole débute du quatrième au cinquième jour de la fièvre sardonique, on doit admettre que l’éruption commence par les membranes muqueuses et que c’est seulement vers le 4e jour qu’elle apparaît à la peau (Lasègue : loc. cit. p. 40.)

(3) Rilliet et Barthez: Traité des Mal. des enfants, Paris, 1853.

L' affection laryngienne consiste soit en un simple catarrhe, soit en une véritable diphthérie. La laryngite catarrhale peut survenir avant l’éruption, ou bien un ou deux jours après, et, dans le cours de quelques épidémies, elle s’est même montrée après sa disparition presque complète (1).

Elle est plus fréquente que la forme croupaleet, quoique l’inflammation soit parfois intense, elle offre généralement peu de gravité.

Le symptôme principal est un enrouement tenace. Parmi les malades du professeur Hébra à l’hôpital général de Vienne, qui étaientà différentes périodes delaRougeole,ledocteurStofella(2) a trouvé chez presque tous les sujets examinés au laryngoscope, une injection marquée de la muqueuse du larynx. Cette variété de croup, fait remarquer le docteur West, ne se rencontre guère avant le déclin de l’éruption rubéolique ou avant le le commencement de la desquammation. Son apparition est plus fréquente du 4e au 6e jour qui suit l’éruption, mais elle se montre plutôt après qu’avant cette période (3).

La laryngite diphtéri tique ou croup est plus commune que la pharyngite diphthéri tique ; le pronostic est plus grave que dans la diphthérie aiguë scarlatineuse, car elle se termine 80 fois sur cent par la mort du sujet.

Traitement. — L’affection catarrhale ne réclame point un traitement spécial et la résolution s’opère en l’espace de 7 ou 8 jours. Lorsqu’il existe des fausses membranes, de la gangrène ou du collapsus général, on peut employer les moyens déjà mentionnés aux articles : « dipthérie, croup et angine putride. »

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