‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 44 sur 146 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Érysipèle du larynx, Laryngotomie. — Mort

(Rapportée par le docteur porter, de St-Louis)

James S***, âgé de trente-cinq ans, homme fort et robuste, fut reçu à l’hôpital de Londres le 19 janvier 1874 pour une fracture de la malléole droite. Pendant six jours le malade alla bien, et se plaignit seulement d’enrouement et de douleur à la gorge. Le jour suivant survint un peu de dyspnée, la douleur et l’enrouement augmentèrent d’intensité. On pratiqua le lendemain l’examen de l’organe vocal et on constata la présence d’une inflammation aiguë de l’épiglotte et des cartilages aryténoïdes. Les bandes ventriculaires étaient tellement tuméfiées qu’elles recouvraient les cordes vocales, le patient était aphone, et éprouvait une douleur très intense. Le pharynx étant légèrement congestionné, on prescrivit des inhalations de benjoin, on fit quelques applications légèrement astringentes et des fomentations chaudes autour du cou. Le docteur Morell Mackensie vit le malade le jour d’après, et trouva une tuméfaction considérable de l’épiglotte ; la muqueuse de cette opercule était gonfléee et érodée. Le gonflement permettait à peine de voir les cordes vocales. Les parties externes du cou étaient également un peu tuméfiées. L’état du malade empira beaucoup ; le soir même le pouls était à 160, la respiration difficile à 44 par minute, et la température à 39°4 (103° Farh)..

La laryngotomie devint nécessaire de bonne heure dans la nuit, le malade parut beaucoup mieux après l’opération.

Le lendemain matin le pourtour de la plaie trachéale offrait une teinte rouge noirâtre, la respiration devint de nouveau difficile, et la dysphagie augmenta, il y avait alors un bruit de frottement très net à la pointe du cœur, et un plus doux à la base des deux poumons. Le jour suivant le malade allait plus mal, et la rougeur autour d e la plaie trachéale était plus étendue et plus foncée. La dyspnée était plus marquée et la dysphagie si intense que le malade ne pouvait prendre aucune nourriture. Il mourut ce soir là à dix heures. (Il y avait deux cas d’érysipèle dans la salle où le malade

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avait été admis et plusieurs des infirmiers furent ensuite atteints de mal à la gorge).

L’autopsie montra que le cœur était sain, mais les poumons étaient œdématiés et noirâtres. Le larynx était très altéré, la muqueuse qui recouvrait l'épiglotte et les aryténoïdes étaittuméfiée et ulcérée; la membrane qui revêt les bronches avait un aspect d’un rouge luisant. L’affection traumatique de la jambe ne montrait aucun signe d’érysipèle et la cicatrisation paraissait au contraire être en très bonne voie.

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