IRRÉGULIÈRE DE LA BANDE VENTRICULAIRE GAUCHE ET DU REPLI
ARY-ÉPIGLOTTIQUE
Lorsque Les parois du pharynx sont ulcérées, on a à redouter que les bords de l’épiglotte ne contractent des adhérences anormales, état qui détermine une des formes les plus redoutables de la dysphagie et une dyspnée fort grave. Le processus ulcératif détruit fréquemment sur une grande étendue les tissus muqueux et sous-muqueux, et quelquefois même il attaque les muscles, le périchondre et les cartilages. Souvent il se complique d’œdème, et il est également accompagné de végétations
(1) On en trouvera un bel exemple dans les planches qui accompagnent mon travail sur le diagnostic de la syphilis et de la phthisie laryngée, (Paris, 1879, Dp B.-J. Moure).
SYPHILIS DD LARYNX
polypoïdes qui occupent de préférence les replis inter-aryténoïdiens et la surface antérieure de la paroi postérieure du larynx, mais qui peuvent aussi se montrer sur les cordes vocales.
Fig. 82. — Épaississement et ulcération destructive de l’épiglotte
Dans ces périodes déjà tardives de la syphilis on peut voir quelquefois, mais assez rarement, des gommes prendre naissance dans le tissu sous-muqueux et dans les muscles du larynx. Elles apparaissent ordinairement sous la forme d’élévations rondes, polies (fig. 83) de la même couleur que le reste de
Fig. 83. — Gommes.
la membrane muqueuse, ou parfois d’une teinte jaun'âtre. On les rencontre le plus souvent sur la surface antérieure de la paroi postérieure du larynx et généralement en groupe (fig. 84).
Fig. 84. — Gommes.
SYPHILIS DD LARYNX
Mandl (1) cite le cas d’un nègre qui souffrait d’une syphilis grave du larynx et chez lequel on pouvait voir des gommes nombreuses de couleur gris-jaunâtre siégeant sur l'épiglotte et sur les bandes ventriculaires ; Norton (2) a décrit et figuré une observation remarquable accompagnée d’accès de suffocation intenses occasionnés par une gomme de la grosseur d’un œuf de pigeon située sur le repli ary-épiglottique droit. L’ulcération produite par une gomme est la plus profonde et la plus destructive de toutes, elle envahit souvent le périchondre.
Alors même que le processus ulcératif est arrêté, tout danger n’est pas évité, car les cicatrices qui en résultent se rétractent souvent au point de rétrécir l’ouverture du larynx. Alors la sténose, qui est si souvent la conséquence de l’ulcération tertiaire, devient un des principaux dangers de cette affection. Quelquefois le rétrécissement de la glotte est dû à un pont membraneux jettè entre les deux cordes vocales (fig. 85).
Le docteur Elsberg (3), de New-York, n’a pas rapporté moins de six cas de cette forme de syphilis laryngée. Il existe généralement alors une aphonie complète. L’articulation crico-aryténoï-
Fig. 85. — Pont membraneux situé entre les cordes vocales
a LA SUITE d'une ULCÉRATION SYPHILITIQUE.
dienne est quelquefois agrandie et raide, et les cordes vocales peuvent être fixées d’une manière permanente sur la ligne médiane, sur les côtés du larynx, ou dans une situation intermc-
(1) Maladies du larynx. Paris, 1872, p 700.
(2) Affections of the Larynx. Londres, 1875, p. 86.
(3) Syphilitic Membranoid occlusion of the rima glottidis. New-York,
SYPHILIS DU LARYNX
diaire. Quelquefois, le processus cicatriciel donne naissance à des déviations et à des excroissances irrégulières, au point qu’il est presque impossible de reconnaître les différentes parties (fig. 86).
Fig. 86. — Anciennes cicatrices sur l’épiglotte : rétrécissement
DES PAROIS DU PHARYNX, ET EXCROISSANCES EN FORME DE CORNE SUR LE COTÉ GAUCHE.
Fig. 87. — Ancienne ulcération aujourd’hui cicatrisée ayant