‹ Traité pratique des maladies du larynx, du pharynx et de la trachéeChapitre 89 sur 146 · AUTOPSIES · texte numérisé non relu

AUTOPSIES

Dans lesquelles on a trouvé la nécrose des cartilages AGES

de 40 à 20 ans . 0

— 30 à 40 — . • . . . il

Dans trois cas non mortels, la maladie affectait la portion supérieure des ailes du cartilage thyroïde (2 la lame droite et 1 la gauche) et il existait de petits abcès à la partie extérieure du cou. J’ai également rencontré cette affection chez quatre ma-

(1) Wien. Mediz-, Zeit., 1861, n° 50 et 1863, n° 9.

(2) « Ueber Perichondritis Laryngea. » Dissertatio, Berlin.

(3) lntelligenzblatt, 1872, n° 23.

(4) Archiv. für Klin. Med., Bd. XI, p. 24.

(5) Loc. cit. , 1871 .

(6) Trans. Path. Soc., vol. XXII.

(7) Cyclop. oflhe Prac., of Med., vol. VII, p. 814.

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lades qui s’étaient ouvert la gorge. Sur les 45 autopsies (voir Anatomie pathologique) 18 étaient des cas de phthisies laryngées, 10 de cancers, 6 des syphilis tertiaires, 4 des lièvres typhoïdes, 2 des laryngites chroniques et il y avait aussi trois exemples de chondrite primitive. L’inflammation primitive du cartilage apparut constamment sur des malades âgés de plus de 60 ans, dont deux hommes et une femme. Un d’entre eux était atteint de goutte à la main.

Cependant mes statistiques ne sauraient servir à établir la fréquence relative de la périchondrite dans les différentes affections, car, tandis que je compte plusieurs cas de phthisie et de syphilis du larynx, je n’ai presque jamais trouvé de fièvre typhoïde; en outre, j’ai toujours observé une lésion des cartilages à une époque déjà lointaine alors que j’étais médecin de l’hôpital de Londres.

Les statistiques de Retslag basées sur des autopsies faites à l’Institut anatomo-pathologique de Berlin sont d’une plus grande importance, pour montrer la fréquence relative de l’affection primitive. D’après son expérience, ses 20 cas de périchondrite se décomposent ainsi : 10 pour la tuberculose, 8 pour la fièvre typhoïde, 1 pour la pleurésie suppurative, et 4 pour la myélite. La maladie est très rare comme phénomène primitif. Mais outre les cas observés dans ma pratique, Turck (1) et Shroetter (2) en ont rapporté d’autres exemples, et Rauchfuss (3) a cité un fait analogue chez un enfant âgé de trois ans.

Dittrich pense, probablement à tort, que l’affection est due à l’ossification du cartilage cricoïde sur les parties molles situées au-devant de la colonne vertébrale, dont la pression amènerait comme conséquence l’inflammation du cartilage. Dans les trois cas où l’une des ailes du cartilage thyroïde' était atteinte, les malades étaient tous scrofuleux, et je crois que, dans ces cas, les abcès du cou causèrent la dénudation du cartilage et plus tard la nécrose.

Symptômes. — Les symptômes de la chondrite primitive

(1) Klinik, etc., p. 207 et suiv.

(2) Loc. cit.

(3) Loc. cit. p. 243.

PÉRICIIONDRITE DU LARYNX

sont plus marqués que ceux de l’inflammation secondaire du cartilage.

Dans mes trois observations il existait une 'douleur sourde, tantôt au larynx, tantôt au pharynx, avec gène de la déglutition, et après la rupture de l’abcès l’haleine devint très fétide. On doit se rappeler que dans mes cas, les cartilages cricoïdes étaient atteints.

Dans l 'affection secondaire , l’œdème est en général si considérable, qu’il est impossible de s’assurer pendant la vie de l’état du cartilage, et alors la tuméfaction masque même l’ulcération qui existe presque toujours. Si cette dernière est visible, on pourra toujours reconnaître le cartilage nécrosé. Parfois la péricbondrite aiguë est suivie d’un emphysème général ; Wilks et Ziemssen ont tous les deux rapporté des exemples de cette complication.

Les symptômes varient suivant le cartilage affecté. Le cartilage aryténoïde nécrosé peut quelquefois se voir à travers la membrane muqueuse ulcérée; mais si le malade l’avait expectoré, on pourrait ne point s’apercevoir de son absence (fig. 97).

La figure suivante (fig. 97) montre l’aspect du repli ary-épiglottique après le rejet du cartilage aryténoïde gauche. La des-

Fig. 97. Périchondrite : apparence laryngoscopique après l’expectoration du cartilage aryténoïde droit

traction partielle de ce cartilage détermine généralement l’immobilisation complète de la corde vocale correspondante, en produisant probablement l’ankylose. La nécrose de la lame postérieure du cartilage cricoïde occasionne suivant son étendue la paralysie d’un ou des deux abducteurs postérieurs des cordes. Dans mes trois cas de chondrite primitive, la membrane muqueuse recouvrant les aryténoïdes et la portion su-

rÉRICHONDRITE DU LARYNX

pêrieure du cartilage cricoïde semblait constamment recouverte de pus ; mais dans aucun cas, on ne voyait pendant la vie l’ouverture de. l’abcès, et cela probablement parce que son orifice était sur la face postérieure du cartilage cricoïde.

Les symptômes qui caractérisent la nécrose du cartilage thyroïde varient suivant que la maladie est intra ou extra-iaryngée. Je ne pense pas que la maladie interne du cartilage thyroïde puisse être diagnostiquée avec certitude. Dans les deux cas que j’ai observés, la nécrose, qui affectait les lames inter-hyoïdiennes, ne put être découverte qu’après la mort. Lorsque l’abcès s'est ouvert à l’extérieur, on peut facilement sentir avec le stylet le cartilage nécrosé. Deux fois sur trois, j’ai pu injecter du lait dans le larynx par un trajet fistuleux. Dans un cas semblable, le professeur Ziemssen réussit à injecter un liquide coloré, et Shroetter passa à travers la fistule jusque dans le larynx un stylet que l’on pût voir avec le miroir.

Le tableau suivant montre la fréquence avec laquelle chaque cartilage a été atteint dans les différentes affections (1).

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