PARALYSIE LARYNGÉE PAR MALADIE OU LÉSION DU NERF PNEUMOGASTRIQUE
Latin Eq. — Paralysis laryngea ex morbo vel lesione nervi pneumogastrici.
Anglais Eq. — Laryngeal Paralysis from Disease or Injury of the pneumogastric Nerve.
Allemand [Eq. — Kehlkoflâhmung in Folge von Erkrankung oder Yerletzung des N. vagus.
Italien Eq. — Paralisi laringea da malattiao iesione del nervo pneumogastrici.
Définition. — On désigne ainsi la paralysie d'une ou des deuæ cordes vocales , suivant que la lésion est uni ou bilatérale. Dans le premier cas, il y a dysphonie , et dans le dernier, aphonie.
Etiologie. — En dehors du cerveau, comme le fait observer Ziemssen (I), le premier point qui puisse être lésé, est le ganglion du tronc du pneumogastrique. La conséquence de cette
(1) Loc. cit. p. 944.
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lésion devrait être la paralysie complète des deux nerfs laryngés, mais ce fait n’a pas encore été observé. Schech (1) a cependant publié un cas de paralysie post-diphthéritique dans lequel quelques fibres des deux nerfs pneumogastriques ainsi que les branches récurrentes avaient subi la dégénérescence graisseuse. Au-dessous des origines des nerfs pharyngiens et laryngés supérieurs, le pneumogastrique peut devenir le siège de différentes altérations. J’ai rencontré un cas dans lequel un anévrysme de la carotide comprimait le nerf dans cette position. Le même fait peut se produire par suite de la présence de goitres (bronchocèles) ou des différentes tumeurs du médiaslin. Heller(2),cite un cas dans lequel le tronc du pneumogastrique était le siège d’un carcinome ; et Cock (3), paraît avoir blessé ce nerf en pratiquant la pharyngotomie pour l’extirpation d’un corps étranger. Rappeler (4) rapporte un cas dans lequel le nerf fut englobé dans une ligature appliquée à l’artère carotide et cet auteur signale également l’exemple de Billroth qui incisa un morceau du nerf vague droit sur une longueur de 37 millimètres.
Symptômes. — Les symptômes d’une lésion unilatérale du tronc du pneumogastrique ressemblent beaucoup, du moins pour ce qui a trait au larynx, à ceux d’une lésion des nerfs récurrents laryngés, la sensibilité du larynx étant ou légèrement altérée, ou rapidement rétablie. Dans le cas de Cock (5), la voix qui était claire auparavant fut altérée après l’opération et réduite à un « chuchotement rauque ». Deux ans plus tard, la voix du malade changea et de « ténor léger qu’il était, il eut une voix de basse respectable ». .D’après le résultat fournit par les vivi sections, il semble que lorsque le pneumogastrique est lésé, le nerf opposé, suffit en général, pour remplir les principales fonctions auxquelles présidaient les deux nerfs. Par conséquent si l’action du cœur et des poumons est momentanément atteinte au début, ces organes ne tardent pas en général à reprendre
(1) Loc. cit.
(2) D. Archiv. f. Klin. Med,., VII, p. 204.
(3) Guy’sHosp. Rep., vol. IV, 3e sérié , p. 226.
(4) Archiv der Heilkunde, 1864, v. s. 271.
(6) Loc. cit.
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leur activité fonctionnelle normale. La sensibilité du larynx rétablit également après un certain temps, et cela par l’inter médiaire de l’influence nerveuse du côté opposé, les fonctions motrices du nerf du côté lésé restant seules affectées d’une manière permanente.
Pronostic. — Le Pronostie est défavorable pour tout ce qui concerne le retour des fonctions, et le traitement est le plus souvent inutile.
OBSERVATIONS DE PARALYSIE Dü NERF PNEUMOGASTRIQUE
I. — Paralysie de la corde vocale droite par blessure du nerf pneumogastrique, d’autres nerfs étant également atteints. — William C., âgé de trente ans, exerçant la profession de cocher, fut admis à l’hôpital pour les affections de la gorge, le 4 octobre 1870, et raconta ce qui suit : En retournant chez lui, la nuit du 14 août, il fut tout à coup poignardé par derrière, l'instrument dont on s’était servi pour le frapper était un couteau à deux tranchants dont la lame avait environ 10 centimètres de long. Une des blessures se trouvait du côté gauche au-dessous de la sixième côte, et quatre autres à la partie postérieure du cou. Il eut une hémorrhagie abondante et resta très faible. Le jour suivant, il éprouvait une grande difficulté pour avaler, et une grande inhabileté à mâcher les aliments. Le malade ressentait aussi une grande chaleur sur le côté droit de la face et avait les deux yeux constamment remplis de larmes. Il partit pour la campagne 14 jours après, la déglutition devint plus difficile et sa santé générale s’altéra tous les jours davantage. Six semaines environ après cet accident il survint de la tuméfaction en avant de la gorge. Lorsqu’il seprésenta à nous, il offrait les dehors d’un homme solidement bâti, mais assez anémié. Les quatre blessures, presque cicatrisées, présentaient les apparences suivantes : l’une était située juste au-dessous delà protubérance occipitale; la seconde au-dessus de côté droit de la seconde vertèbre cervicale; la troisième immédiatement au-dessous, et à 6 millimètres en arrière de l’apophyse mastoïde. Cette blessure, d’après le rapport de la police, mesurait 42 millimètres de profondeur; la quatrième plaie se trouvait entre la deuxième et la troisième. Un examen plus approfondi fit découvrir une paralysie du côté droit de la langue et une légère paralysie des muscles de la mâchoire supérieure du même côté. Il existait une diminution de la sensibilité du côté droit du larynx, et une paralysie des abducteurs et des adducteurs de ce côté; on pouvait également constater l’existence d’un gonflement considérable du corps thyroïde. Le malade guérit peu à peu par l’usage toniques et d’une alimentation réparatrice, sans autre traitement..
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Dans ce cas, la perte de la sensibilité de la membrane muqueuse, la diminution de l’action des muscles du côté droit du larynx et la dysphagie, tout en somme faisait penser à une lésion de quelques libres du pneumogastrique. La paralysie du coté droit de la langue indiquait d’une façon évidente la lésion du nerf hypoglosse. On ne pouvait facilement expliquer la paralysie apparente des muscles temporal et ïnasséter, que par la tuméfaction et la raideur de l’articulation temporo-maxillaire (Pour de plus amples détails, voir : Brit. Med. Journ ., décembre 24, 1870).
Lésion du nerf pneumogastrique par compression due à un gan glion hypertrophié. — Madame C. S. de Taunton, âgée de trente-huit ans, vint me consulter le 5 mai 1874. Elle avait la respiration un peu courte et la voix enrouée.
A l’examen laryngoscopique on voyait la corde vocale droite fixe et immobile dans la position cadavérique, mais la sensibilité du larynx n’était pas altérée. On pouvait sentir une glande de la grosseur d’un œuf de pigeon située profondément du côté de l’aile droite du cartilage thyroïde. Madame G. S. nous dit qu’elle s’était aperçue du gonflement peu de temps avant l’apparition de l’enrouement. La palpation profonde ne faisait pas découvrir d’autres glandes hypertrophiées, et il n’existait aucun autre signe de compresssion du nerf pneumogastrique ou de ses branches. 11 faut donc croire que le ganglion hypertrophié déjà décrit, pressait sur le nerf pneumogastrique de manière à intéresser les fibres du nerf qui forment les branches récurrentes.
Destruction du nerf pneumogastrique jpar suppuration d’un ganglion hypertrophié. — Miss L., âgée de neuf ans, vint me consulter en juin 1875, pour la perte de sa voix. Elle avait une mine délicate et il existait une cicatrice sur le côté droit du cou, au-dessous de l'angle de la mâchoire, mesurant deux centimètres et demi de long.
A l’examen du larynx on voyait la corde vocale droite fixe et immobile comme dans la position cadavérique. La sensibilité était conservée.
Voici l’historique de cette observation. La petite fille avait eu, deux ans auparavant, un gonflement ganglionnaire du cou qui s’était ramolli et avait été ouvert par un chirurgien. Peu de temps après l’opération on remarqua que l’enfant avait perdu la voix, et les parents attribuèrent cet accident au bistouri du chirurgien. J’expliquai à l’ami de cette petite fille que le pus avait probablement passé profondément dans le cou et atteint le nerf pneumogastrique, ou du moins quelques-unes de ses fibres, et que le bistouri employé pour l’opération ne pouvait pas être la cause de cet accident (1).
(1) Le fait précédent ne nous semble pas prouver d’une manière absolue que le nerf pneumogastrique ait été détruit par le pus, et nous penserions
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