‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 106 sur 244 · DIGESTION. — VOMISSEMENT · texte numérisé non relu

DIGESTION. — VOMISSEMENT

pour protéger les arrière-narines, plus que dans la déglutition; la langue s aplatit et forme une gouttière ; l'isthme du gosier s'agrandit; les amygdales font saillie; la respiration est suspendue par l'occlusion complète de la glotte, résultat de Teflort (25û). C'est dans cet acte que Ton constate facilement, pendant Tinspection laryngoscopique, rabaissement complet de l'épiglotte ; lorsque l'effort est considérable, ses bords latéi'aux s'enroulent et le bord supérieur se renverse. Il va sans dire que ces déformations passagères de l'épiglotte ne peuvent s'opérer lorsqu'il existe une déformation persistante en fer à cheval ou oméga (fig. 60). On admet généralement que, dans l'acte de vomissement, le larynx est porté en haut et en avant ; cependant on peut simuler cet acte en tirant la langue en ariière, ce qui fait baisser et reculer le larynx.

En simulant le vomissement, que Ton tire le larynx en haut et eu avant ou en bas et en arrière, on peut étudier dans tous ses détails l'occlusion de la glotte. On peut suivre rabaissement progressif de l'épiglotte jusqu'à ce que le bprd libre recouvre entièrement le vestibule. Dans l'acte tumultueux du vomissement, des particules des matières rejetées pénètrent cependant quelquefois, soit dans les narines, soit dans la trachée, parce que l'occlusion n'a pu s'accomplir à temps ou se trouve en partie paralysée par des forces opposées.

At)3. L'éructation n'est qu'un vomissement gazeux, dans lequel la contraction des muscles intéressés est de beaucoup moins prononcée que dans les vomissements des aliments solides. L'occlusion des voies respiratoires est moins complète ; on sent, par exemple, le gaz acide carbonique s'échappaui de l'estomac ù la suite de l'usage de certaines boissons, passer par les narines.

Merkel (862, p. 73; a vu quelquefois, dans ces cii'constances, l'entrée de l'oesophage, par le décollement momen-

tané de la paroi postérieure du pharynx, sous forme d*un ovale aplati.

/i6A. La nausée n'est qu'un vomissement incomplet.

Article III. — Gargarisme.

Â65. On appelle gargariser, les mouvements àM'aide desquels on agite un liquide en tous sens dans T arrière-bouche et dans la gorge. Il en existe quatre modes différents, que j'appellerai les gargarismes buccal ^ pharyngé^ laryngé ou nasale suivant les cavités baignées par le liquide. D'habitude le gargarisme pharyngé est combiné avec l'un ou Tautre mode.

On peut aussi laisser séjourner tranquillement le liquide dans Tune ou l'autre de ces cavités, et Ton aura alors un bain buccal, pharyngé ou laryngé.

hQ6. Dans le gargarisme buccal, on relève la base de la langue et on relâche le voile du palais de manière à le mettre en contact avec la langue, sur laquelle se trouve couchée la luette. Toute communication entre la bouche et le pharynx se trouve ainsi interceptée ; on n'inspire plus que par le nez, parce que le Uquide qui se trouve dans la cavité buccale serait entraîné en arrière par l'air aspiré. Mais on peut expirer par la bouche, et le passage de l'air fait vibrer la luette ; il en résulte un bruit composé du bouillonnement de l'eau, le glouglou bien connu, et de l'ébranlement de la luette, une espèce de r guttural.

La disposition anatomique que nous venons de décrire sépare complètement la cavité buccale du pharynx ; pour empêcher l'écoulement des liquides, on est obligé de renverser la tête. L'inspiration et l'expiration nasales sont conservées dans toute leur intégrité, puisque le liquide est renfermé

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