‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 148 sur 244 · II. — Sol · texte numérisé non relu

II. — Sol

66A. On appelle sol le terrain sur lequel nous vivons. Il exerce une influence directe ou indirecte sur les organes de la voix par sa situation géographique et par sa constitution, soit physique, soit chimique.

665. La siTOATiON géographique d'un point quelconque est déterminée par la latitude et par Y altitude ou hauteur géographique. La température s'abaisse, en marchant de l'équateur vers les pôles, d'un demi-degré, dans l'Europe centrale, entre les parallèles de 71 et 38 degrés ; elle décroît aussi, avec la densité de l'air, à mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère, en moyenne d'un degré par 100 à 150 mètres. Nous connaissons déjà les effets produits par la températiu*e et la densité de l'air; nous y reviendrons encore en nous occupant des climats.

666. La CONSTITUTION PHYSIQUE est déterminée par les ca^ ractères inhérents à la terre, à savoir par la configuration, par l'état de la surface et par les rapports avec le soleil, c'est-à-dire l'exposition.

667. Les nombreuses inégalités que présente la surface de la terre déterminent la configuration du sol. 11 en résulte des montagnes, des collines, des vallées, etc., qui, suivant leur élévation ou leur abaissement, changent l'altitude du lieu.

La configuration peut troubler les fonctions des organes pharyngo-laryngés en faisant subir des modifications à la température par l'altitude qu elle crée, par les abris qu'elle forme contre les vents, par l'influence qu'elle exerce sur l'exposition, sur l'état de la surface, sur la densité ou Thumidité de Tair, etc.

Ainsi les montagnes peuvent rendre différente la température d'une localité d'avec celle d'une localité voisine, et

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constitueDt elles-mêmes, suivait la hautem* où Ton se trooYe, autant d'endroits à température particulière qui varie en outre suivant les vents qui régnent, suivant les saisons, le moment de la journée, etc. On sait qu'il fait plus froid ao sommet qu*à la base. Les vallées, les bassins, les gorges des montagnes, etc. , ont une température plus ou moins âevée, suivant leur largeur ou leur profondeur, l'humidité, la bà^ lité avec laquelle pénètrent les vents ou la chaleur du so* leil, etc. Les pays situés sur le flanc d'une montagne subissent l'action entière des vents qui arrivent du point opposé et auxquels ils.sont exposés.

668. La surface du sol peut être complètement nue, couverte d'une végétation spontanée ou d'une culture plus ou moins riche.

La dénudation augmente la chaleur de la surface ; tout le monde connaît la grande chaleur qui règne en été dans lei plaines sablonneuses, sur les grandes routes, etc. Les bois et les forêts abaissent la température du lieu et conservent, à la surface du sol, une certaine quantité d'humidité. Les parties vertes des végétaux absorbent en outre, sous l'influence de la lumière solaire, Tacide carbonique de Fair et émettent de l'oxygène, tandis que la nuit elles absorbent l'oxygène et rejettent de Tacide carbonique. Le voisinage des bois purifie donc Tatmosphère. Il n'en est pas de même pour les plantes aquatiques qui, submergées et exposées à Faction solaire, dégagent des gaz délétères. D'autres émanations encore sont dues aux principes volatils contenus dans les bois ; au premier rang figurent les émanations résineuses des pins, qui fournissent le goudron, puis viennent les odeurs plus ou moins puissantes des bois, des végétaux, etc. La culture enfin exerce une grande influence sur la composition chimique de l'air et sur son degré d'humidité. Les plantes, les fleurs, le foin, etc., remplissent Fat-

ÊTIOLOGIE. — CAUSES ElTEKNES. &7i

mosphëre d'odeurs plus ou moins pénétrantes qui peuvent affecter les organes de la respiration ; la culture du chanvre remplit Taîr d'odeurs vireuses. D'autre part, la culture réclame une distribution convenable des eaux et la disparition des marais ; cependant la culture du riz exige que les pieds de cette plante soient une partie de Tannée dans l'eau.

On comprend facilement que cette variation de température et d'humidité dans le voisinage ou dans l'intérieur des bois, marquée surtout le soir, la grande chaleur sèche des plaines et certaines odeurs peuvent influencer d'une manière fâcheuse les organes pharyngo-laryngés, tandis que le séjour dans le voisinage de la grande végétation, de même que les odeurs résineuses, ont toujours été regardées comme très-salubres.

669. \J exposition^ c'est-à-dire la situation de la localité par rapport aux divers aspects du soleil dans le courant de la journée, doit ses caractères au degré de la température. On sait que la chaleur varie considérablement , suivant que l'habitation reçoit en plein ou obliquement les rayons du soleil. Le soleil du matin et du soir est moins chaud que celui de midi. On éprouve un froîd plus considérable dans les endroits exposés au nord ; l'exposition au midi présente des conditions opposées. L'ouest donne à l'exposition des caractères analogues à ceux du midi, mais ils varient suivant que la localité est située à l'intérieur du continent ou voisine de la mer et suivant que les vents sont secs ou humides. Les mêmes remarques s'appliquent à l'exposition de l'est, qui se rapproche de celle du nord.

670. Le CARACTÈRE GÉOLOGIQUE détermine le degré d'humidité du terrain, la facilité qu'il a de réfléchir une quantité plus ou moins grande de calorique, et la possibilité d'être cultivé. Les roches et les terrains sablonneux sont chauds, secs et incapables de recevoir une culture, qui exige une

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terre végétale. La nature argileuse détermine la sUgnation des eaux, d'où résulte une humidité plus grande. Les roches calcmres et magnésiennes seraient, suivant quelques autmrs, la cause principale du goitre endémique, probablement par Teau imprégnée de ces éléments.

D'autre part, la nature chimique du sol pent influencer les organes pbaryngo-laryngés par les gaz qui s'y développent, lorsqu'il y a décomposition des végétaux (660), et principalement par les poussières qui s'en dégagent et qui pénètrent dans le pharynx et dans le larynx, souvent empoilées par les vents à des distances lointaines. C'est ce qui arrive surtout dans les terrains sablonneux.

m. — Eaux.

671. I..es eaux, eu s' évaporant, donnent à l'air un certam degré d'humidité, constaté par l'hygromètre, et constituent les vapeurs d'eau, les brouillards, les gelées, les rosées, les nuages, etc. Ces vapeurs sont variables par leurs quantité, température et qualité; de là, des influences variables sur les organes pharyngo-laryngés.

672. La QUANTITÉ des vapeurs d'eau, c'est-à-dire I'humi- DiTÉ de Tair, varie suivant les heures de la journée, les saisons, la position géographique, les conditions physiques du sol, les vents, etc. Elle est à sou maximum le matin, avant le lever du soleil, diminue avec l'accroissement de la température, et est cà son minimum vers une ou deux heures de Taprès-midi. A l'approche de l'hiver, Thumidité augmente dans l'atmosphère ; une partie des vapeurs est condensée par le froid sous forme de brouillard, de gelée, de pluie, de neige, etc.; elle diminue h l'intérieur des continents et avec l'accroissement de l'altitude. Sous la zone torride, il existe des endroits où il ne pleut jamais; sur d'autres, il pleut

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abondamment, par torrents, mais seulement à une certaine époque de Tannée qui correspond à notre été. Sous les latitudes plus élevées, au contraire, les pluies sont moins abondantes, s'observent en toute saison, mais surtout pendant l'hiver. Dans la zone tempérée, les pluies sont plus rares sur les côtes orientales que sur les occidentales, exposées aux vents d'ouest.

673. La CHALEUR des étés devient moins forte dans les localités situées dans le voisinage d'un fleuve, d'un lac, etc., parce que l'air est constamment chargé de vapeurs d'eau qui absorbent une grande quantité de calorique, et parce que les vents, qui ont passé à la surface de l'eau, se sont refroidis. Les vapeurs abondantes entretiennent donc dans la contrée une certaine fraîcheur et humidité qui est nécessairement plus grande sur l'eau même que dans le voisinage. En hiver, condensées en brouillards, les vapeurs rendent à l'air une certaine quantité de calorique ; le voisinage des eaux rend donc un climat plus tempéré et plus humide.

Ô7&. Quant à la quautê des eaux, nous n'avons rien à ajouter à ce que nous venons de dire pour les vapeurs qui sont dues aux eaux douces vives ou courantes^ telles que fleuves, rivières, canaux, lacs, fontaines publiques, etc. Les eaux stagnantes^ ou les marais et marécages donnent, en outre, des vapeurs d'eau, des effluves marécageux, gazeux organiques ou inorganiques (G60). L'air marin (Rochard, Air marin) , au large et pur, est plus doux que celui qu'on respire à terre ; sa température est plus égale, plus élevée dans les pays froids et plus basse dans les pays chauds; les variations diurnes sont moins grandes que sur le continent, mais les variations brusques plus fréquentes. L'humidité est plus grande, plus également répartie; elle va en diminuant de l'équateur au pôle, est moindre au large que dans le voisinage des terres et au maximum sur les côtes. L'air ma-

klk PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

rin est exempt d'émanations organiques ou iiioi^aDÎques, mais chargé de particules salines. D'après Diiercourt, il existe sur les bords do la mer une zone atmosphérique qui est constamment imprégnée de particules salines et qui s'étend si la mer est agitée, si les vents sont dans la direction des terres, si les flots viennent se briser sur la rive. Sur le rivage ou sur le littoral, ces divers caractères sont considérablement modiliés par l'exposition de la plage, par la direction et Télévation des collines ou montagnes, par l'état de la surface et la nature du sol, par la situation géographique et par la conslitulion de l'air terrestre.

676, Ces caractères difl'érents des vapeurs d'eau déterminent leur INFLUENCE variable sur les organes pharyngolaryngés. L'air chaud et sec dessèche les voies aériennes, en augmentant l'exhalaison pulmonaire, rend la respiration plus fréquente, la phonation pénible et augmente la soif. V air froid et spc augmente la respiration pulmonaire, en compensation de la transpiration cutauée réduite au minimum. L'air humide et chaud, de 25 à 30 degrés, est le plus favonible aux organes pharyngo-Iaryngés alFectés d'une inflammation et le moins propice au développement de ces affections. Cependant, si l'air est saturé ou presque saturé, comme dans la buée, la respiration devient pénible, surtout si la chaleur est élevée, comme dans les bains de vapeur ; la sécrétion pulmonaire est alors aussi considérablement amoindrie. L'air humide et froid, par exemple le brouillard, exerce l'action la plus nuisible sur la langue et le pharynx; il occasionne des angines, des laryngites et des bronchites, aggrave les ailections inflammatoires et détériore l'organisation générale, s'il agit d'une manière continue. Son influence est plus nuisible encore, s'il remplace brusquement l'air chaud, s'il agit sur un individu en sueur, etc. On peut rapporter à cette influence celle de la pluie qui tombe sur un

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ÊTIOIOGIE. — CAU8E8 EXTERNES. A75

individu non abrité; Févaporation de Teau qui iinbil)e les vêtements produit les influences combinées du froid et de rbumidité, qui sont d'autant plus dangereuses que la va* nation de la température est plus brusque et plus considé* rable.

V air marin (Rochard, Air marin) ^ pur d'émanations délétères, d'une température égale et chargé d'humidité « est très-salutaire non-seulement à l'organisation générale^ mais particulièrement aussi aux organes de la respiration, si les variations brusques et continuelles de la température et les vents ne détruisent ces bons effets. Aussi les vents du nord et ceux de la zone torride exercent-ils une influence fâcheuse. Les effets salutaires sont bien plus marqués sur le littoral, surtout si les conditions de l'air et du sol sont favo« râbles;' les inconvénients de la navigation, tels que le défaut de l'exercice, l'uniformité de l'alimentation, le manque de distraction, etc., n'y existent pas. Quelques auteurs attribuent, mais sans preuve positive, une action très-favorable aux senteurs balsamiques des plantes maritimes, à l'âpre odeurs des varreccbs et aux émanationsdel'iodeetdu brome; cette action est due peut-être plutôt aux particules salines suspendues dans l'air. Cependant nous devons faire remar*quer que certaines femmes hystériques ou sujettes aux névralgies sont surexcitées à un haut degré par l'air marin ; il en est de même pour les phthisies à marche rapide.

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