HYGIÈNE. — CAUSES EXTERNES
désert. Ces variations sont moins considérables k Alexandrie^ * nais elles le sont encore plus qu'à Alger, quoique ces trois localités aient à peu près la même température moyenne pendant l'hiver. Pendant l'hiver et le printemps, dit Mitchell, le climat à* Alger le dispute à Madère ^ avec la même chaleur et la même constance de température, il est plus sec et moins énervant. D'antre part, Schnepp dit qu'en Egypte le khamsin chasse les malades déjà au mois de mars, et parfois en février ; qu'à Madère soufflent des vents secs, • diauds et impétueux, tandis qu'Alger se trouve à l'abri des courants aériens, lesquels n'arrivent qu'après avoir passé sur les ndges de l'Atlas et s'être chaînés d'une proportion suffisante d'humidité. En Espagne j il faut fuir Cadix et Madrid, Candis que Malaga convient aux existences torpides. En fronce, ^illefranche, Monaco et Menton, ces climats ouatés^ l'emportent sur Hyères, Cannes et surtout sur Nice, dont le dimat beaucoup plus venteux et plus variable éloigne les vaïétufinaires. Les variations atmosphériques sont nombreuses et brusques à Pau ; toutefois les vents y sont moins •rigoureux, en hiver, qu'à Nice et à Hyères. Les Alpes-Maritimes conviennent, d'après Gillebert-Dhercourt, dans toutes les maladies où il convient d'exciter l'acdvité organique. Notons aussi Amélie-les-Bsdns et le Vemet. En ItcUie, on donne la préférence à Pise, justement renommée par l'unifomUté, la douceur et l'influence sédative de son climat de serre chaude, analogue à celui de Venise. Quelques hauts plateaux de la zone iorride, qui jouissent d'une température ^le et douce, mériteraient de fixer l'attention des médecins.
L'hibernation dans Aespays froids a été essayée de nos jours. On fait passer l'hiver aux malades dans des établissements situés sur les montagnes, en Suisse, par exemple à Gavos, canton des Grisons. Un de ces malades m'a écrit qu'il s'eij
trouvait mieux que du séjour énervant» déprimant, du Midi. J'ai vu une jeune dame, dont le larynx avait été toujours très^susceptible, passer impunément Tbiver à Saint-Péters* bourg.
B. — GanBCB sociales.
763. Tout le monde sait qu'il est préférable de choisir une HABITATION saine , c'est-à-dire une habitation qui garantisse contre les fâcheuses influences des causes externes générales. On évitera par conséquent celles qui sont froides, humides, exposées aux vents, situées dans un pays sablonneux ou humide ; on choisira de préférence, pour l'été, une maison voisine d'un bois ou d'une forêt d'arbres résineux, etc. On recommande généralement l'habitation de la campagne, à cause de la pureté de l'air ; mais, en hiver, l'humidité, le froid, les vents, rendent le séjour moins agréable et parfois dangereux, aussi dangereux que sur les longs boulevards dont Paris est percé, où les vents agissent en toute liberté et causent de nombreuses bronchites et laryngites.
Vintérieur de l'habitation doit avoir une température égale ; le chauiTage et l'éclairage ne dgivent point altérer l'air par le mélange de gaz nuisibles ou de particules de charbon ; les portes et fenêtres doivent fermer exactement ; les courants d'air doivent être réglés ou supprimés ; la ventilation rendra la pureté à Tair. On supprimera toutes les causes, telles que fleurs, odeurs d'essences, eaux ménagères, etc.,. qui peuvent vicier l'air ou irriter les voies respiratoires. Les. dimensions des diyerses pièces doivent être suffisantes pour que l'air- confiné ne soit pas trop rapidement vicié par le gaz. acide carbonique.
764. Les préceptes hygiéniques motivés par la profession sont du domaine de Thygiène générale ; ils concernent l'assainissement des établissements, mais sont tous dominés par
TRAITEMENT GÉNÉRAL. — HÉDIGAMENTS. 517
le conseil d'abandonner une profession dans laquelle l'air, vicié par des gaz, des odeurs, des particules solides, est nuisible aux organes pharyngo-laryngés.
La profession d'artiste lyrique ou dramatique, d'orateur, de prédicateur, d'avocat, etc. , exige l'observation attentive des divers moyens hygiéniques dont il a été question, et téclame des soins immédiats et le repos absolu dès le début de rafiection. Bien des artistes ont perdu leur voix parce que, malgré une légère laryngite, ils ont persisté à chanter ou à déclamer. Cependant il ne faut pas non plus tomber dans rexagération proverbiale que le monde prête aux ténors.