CHAPITRE II
TRArrSMKNT GÉNÉRAL.
Article I. — Médicaments, indications, usage.
765. Le TRAITEMENT général agit sur l'organisation entière pour amener la guérison de l'affection pharyngo- Jaryngée. Il est interne^ lorsque les médicaments sont adnûnistrés par la voie gastro-intesUnale ; externe, dans l'application sur la peau.
766. Les médicaments dont on fait usage sont ceux usités en médecine ; leur action physiologique est connue. Un petit nombre parmi eux agissent d'une manière spéciale sur les organes pharyngo-laryngés ; nous les examinerons plus loin (769).
767. Le MODE d'administration est celui usité en médedne. On administre les médicaments, dans le traitement interne, sous forme dépotions, de pilules, etc. ; dBXïsY externe, on fût usage d'onguents, de bains, de douches, etc. Tout détail à ce sujet serait superflu.
518 JHÉRAPEUTIQUE G£MÉRALE«
768. Le traitement général est indiqué toutes les fois que l'afifectiou pharyngo-laryngée est symptomatique d'une mi^* ladie générale, par exemple de scrofules, de tubercules^ de syphilis, etc., ou d'une fièvre catarrhale ou exanthématique aiguë. Il est encore indiqué lorsqu'on est obligé de rer lever les forces générales^, de modifier l'innervation, etc. H est contre^indiqué et inutile, dans la plupart des affecr tiens déterminées par une inflammation locale, et, dans notre opinion , aussi dans la plupart des laryngites ou pharyngtes chroniques et dans les troubles attribués à l'herpétisme. La pathologie spéciale donnera à ce sujet les détails néces^ saires.l
Vindication spéciale des médicaments employés dépend du caractère de la maladie que l'on veut combattre (art.u)»
AancLE II. — Action thérapeutique.
A. — AifectionB aiguës*
^69. Suivant les indications fournies par les symptômes de la maladie, on a recours à la iiédigâtion narcotiquej antispasmodique f évacuante^ stuiorifique^ aniiphlogistiçuef vomitive ou révulsive. Il serait superflu d'insister ici sur les détails que fournira la pathologie spéciale.
B. — AffectioxiB chroniques.
. 770. Nous renvoyons à la description détaillée des maladies diàthésiques et constitutionnelles les particularités con^ cernant le traitement général. Ici nous nous occuperons seulement de quelques-uns de ces médicaments qui sont indiqués plus spécialement, il est vrai, dans les affections catarrhaleSy mais que l'on emploie assez souvent indistincte*
ment dans les affections pharynga-laryngées chroniques les plus diverses.
771. Fer et sels de fer. — On sait que le fer et les sels, ' médicaments corroborants et toniques, finissent par déterminer une phéthore sanguine, qui n*estpas exempte d'inconvéidents sérieux chez les individus prédisposés aux hémopty- 8tes et à la tuberculisation. Trousseau (1862, p. S2) insiste sur les dangers qui résultent de son emploi chez les femmes •affectées d'une « simple chlorase », c'est-à-dire <^he2 les personnes anémiques prédisposées à la phthisie, et chez lesquelles la guérison de la chlorose ne tarde pas à être suivie d'une phthisie aiguë. Je rappelle cette opinion, à laquelle je m'associe entièrement, parce que ces femmes accusent fréquemment une faiblesse de la voix et un léger toussaillement, faux symptômes chlorotiques qui parsûssent réclamer l'emploi des médicaments ferrugineux.
Je dois, en outre, faire remarquer que les sels ferrugineux m'ont toujours paru présenter des inconvénients dans le traitement des affections pharyngo-laryngées. La pléthore consécutive à leur administration se traduit par une hypérémie locale : aussi les phlegmasies chroniques sont-elles plutAt entretenues qu'amendées. Depuis longtemps j'ai proscrit l'usage des ferrugineux dans la laryngite et la pharyngite chroniques.
772. Iode. — Parmi les effets bien connus que déterminent l'iode et les iodures métalliques, nous rappelleron particulièrement le coryza, quelquefois très-violent, s'accompagne de céphalalgie frontale et de larmoiement, sécheresse de la gorge et quelquefois même un certain degré d'angine. Quelques personnes très-sensibles présentent ces phénomènes, de même que ceux qui caractérisent l'iodisme (amûgrissement , appétit exagéré, palpitations •nerveuses), aux moindres doses ; quelquefois, mais rarement,
j'ai VU des vomissements déterminés par des doses trèsfaibles.
773. L'iodeestparticulièrementindiquéfparmilesaffectioDS qui nous intéressent, dans le goitre, la scrofule et les maladies de la muqueuse. Ricord place Tiodure de potassium au même rang que le mercure dans le traitement des maladies syphilitiques, surtout dans les accidents tertiaires; cependant l'iode remporte aussi sur le mercure dans les accidents secondaires syphilitiques du pharynx et du larynx. L'action résolutive et altérante que possède l'iode rend son administration avantageuse aussi dans quelques laryngites chroniques, plastiques, tenaces.
77i. C'est l'iodure de potassium que l'on prescrit habituellement à la dose de 1 à A grammes par jour, édulcoré avec 25 grammes de sirop d'écorces d'oranges amères on de salsepareille et pris dans un verre d'eau.
776. Le SOUFRE et les eaux sulfureuses n'agissent que dissous par la salive et transformés partiellement en sulfore de soude ou de potasse, dont remploi est identique avec celui des eaux minérales sulfurées.
Ces eaux doivent leur efficacité au gaz acide sulfhydrique qui s'en dégage et aux sulfures de soude et de potasse qu'elles contiennent. Prises à Tintérieur, elles agissent à la manière de stimulants diffusibles, excitent la circulation, élèvent la température et la transpiration cutanée, fluxionnent les viscères, et déterminent de la céphalalgie, des étourdissements et même un véritable mouvement fébrile, qui est accompagné d'un exanthème, connu dans les stations th^males sous le nom de poussée. Des phénomènes analogues se déclarent dans la muqueuse resphatoire, qui devient le siège d'une légère phlogose et même d'hémorrhagies. A la longue, le soufre exerce une action altérante.