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II. — Effets physiologiques des médicaments

796. La muqueuse pharyngo-laryngée , à cause de sa grande sensibilité, accuse promptement l'action exercée par chaque médicament sur le goût, Todorat et les fondions vitales, a la condition que le médicament y puisse séjourner, ou que par le mode d'application on prolonge le contact du médicament avec le point malade. Si, aussitôt après son application, le médicament est enlevé et qu'il ne soit pas résorbé, les effets sont nuls ou insignifiants, de même si la dose est trop minime.

797. C'est ce qui arrive d'habitude pour les fiarcoiiques : .employés en faible quantité, surtout sur les replis inférieurs, ils n'agissent pas ; en grande quantité, ils déterminent plutôt des effets généraux qu'un narcotisme local, probablement parce qu'ils sont enlevés par la déglutition involontaire. Ce n'est donc que rarement qu'ils diminuent ou abolissent la sensibilité. 11 en est de même pour les anesthésiques, dont l'application provoque une irritation excessive (878).

798. Les toniques n'occasionnent aucune excitation circulatoire, aucune irritation locale; ils resserrent les tissus.

799. Les astringents déterminent un resserrement beaucoup plus prononcé; les capillaires sont contractés, la muqueuse pâlit; les sécrétions, surtout de la salive, sont

&3t TUËRAPEDTIQUt UËNÉRÂLE.

augmentées, et l'albumine forme avec les médicaments des combinaisons insolubles, blaucbàtres, sous forme de pellicules blanches d'aspect cioupal. Puis la sécrétion diminue, la muqueuse devient sèche, et la soif se déclare. Au bout d'uD certain temps, surtout si l'action a été énergique, l'afflux du sang augmente, le vaisseau sanguin paraît plus développé qu'auparavant, et il se déclare un état congestif ou inflammatoire. Les astringents minéraux sont généralement plus énergiques que ceux qui appartiennent au règne végiî'tal. On les emploie également comme styptiqiiex.

800. Les excitants ou stiinithtnls provoquent une sensation de chaleur plus ou moins vive, de picotements quelquefois douloureux ; la circulation augmente ; la membrane. lumériée, devient rouge et présente à sa surface des capillaires gorgés de sang sous forme de stries rouges. Ces médicaments stimulent la contraction des muscles et augmentent la sécrétion momentanéuicnt; ils peuvent même déterminer un état inllanmiatoire. La phonation est troublée pendant une à deux heures, si les i-ejilis ont été touchés.

801. L'application des caustiques est suivie d'une sensation d'astriction forte, d'une douleur vive, d'une brûlure; ces sensations se maintiennent quelquefois pendant vingtquatre heures. 11 se forme une eschare qui se détache au bout de un â trois jours. Tout autour la amqueuse est rouge et tuméfiée, el ne reprend son aspect normal qu'.nu !)0ul de huit à quinze jours. La voix est couverte ou même aphone, si les replis, surtout les inférieurs, ont été cautérisés.

802. Les êmoUients relâchent les tissus, diminuent leur kmidté ettendent à émousser leur sensibilité, Ils déterminent des effets adoucissants locaux, par l'enduit qu'ils forment et qui est capable de soustraire les surfaces irritées au contact de l'air.

803. Les tempérants diminuent la rapidité de la clrcu- Jation et la production de la chaleur ; ils chassent le sang des vaisseaux, sans produire d'astriction.

804. Les médicaments qui agissent comme altérants ne donnent pas lieu à des effets physiologiques visibles immédiatement, à moins qu'ils ne soient appliqués concentrés ; en ce cas, plusieurs d* entre eux sont irritants et même caustiques. Ils paraissent agir principalement par absorption et particulièrement sur les fonctions des glandes.

805. Il n'est pas probable que l'application topique, bien faite, des médicaments puisse déterminer des effets généraux ; une mauvaise application ou les mouvements involontaires de déglutition peuvent porter les médicaments dans l'oesophage, et occasionner ainsi des effets physiologiques généraux, tels que vomissements, un narcotisme général, etc. Dans presque toutes les opérations, une minime quantité du médicament est portée sur les parties voisines saines; en général, il n'en résulte pas d'effets fâcheux.

E. — Indications.

806. Le traitement local est indiqué toutes les fois qu'il s'agit d'une affection purement locale, idiopathique, telle que, par exemple, un polype, une lésion de connexion, une affection catarrhale chronique, etc. Il est le plus souvent contre-indiqué ou n'est que palliatif et symptomatique dans les maladies diathésiques et constitutionnelles. Quelquefois il doit être combiné avec le traitement général, interne ou externe. Les indications données par les médecins avant l'emploi du laryngoscope ne peuvent être acceptées qu'avec réserve, vu l'incertitude du diagnostic.

En ce qui concerne les divers modes d'application, on peut dire, en général, que les substances solides, concrètes

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OU pulvérulentes, sont indiquées dans le traitement d'un poiut limité, les liquides plutôt lorsqu'on veut agir sur des surfaces étendues. Enfin, la médicaiiou caustique, astringente, tonique, etc., suit les règles générales des indications ihérapeuiique?.

F, — Dosage,

807. Les efl'ets physiologiques et l'action thérapeutique dépendent non-seulement de la quantité du médicament employé, pur ou mêlé à des substances indifférentes, mais aussi de la fréquence de l'application. Le même médicament qui est caustique à l'élat solide ou dans une solution concentrée, devient in-iiant, astringent ou seulement Ionique par l'addition successive d'une quantité plus considérable du véhicule ou par la rareté de l'emploi. On doit aussi prendre en considération la facilité avec laquelle on détermine, suivant l'organisation, une réaction dans les tissus, te qui règle le dosage.

G. -■ Action thérapeutique.

808, Le CHOIX des médicamcn/x et du 7iwde d'emploi, déterminé par les indications et l'expérience clinique, doit tenir compte de la docilité du malade et de la facilité de l'application. On s'abstiendra d'employer des médicaments qui peuvent provoquer des effets généraux, tels que vomissements, uarcolisme, s' ils arrivaient par basard dans l'œsophage.

80Ô. Les RÉSULTATS THÉRAPEUTIQUES heureux peuvent être appréciés, surtout dans le tiaitement des afi'ectious chroniques, par la persistance de la guérison et par l'absence ou la rareté de rechutes passagères. Dans le trallemenl des affections aiguës, on ne peut parler d'une efficacité quelconque que lorsque la durée de la maladie est considéra-

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