TRAITEMENT LOCAL INTERNE. — SUBSTANCES SOLIDES
blement abrégée. La médication topique interne fournit au médecin les moyens les plus sûrs et les plus puissants pour combattre les aiïections idiopathiques des organes pharyngolaryngés.
Article II. — Substances solides.
'A. ^ Médicaments.
810. Toutes les substances solides dont on fait usage sont des caustiques. C'est le nitrate d'argent fondu que l'on emploie généralementi sous forme de crayons ou coulé dans de petites cuvettes, ou bien comme enduit de lames métalliques. On ajoute quelquefois au crayon de la potasse ou du nitrate de potasse ; on se sert aussi quelquefois de la pot€isse caustique^ de cristaux de sulfate de cuivre^ ou d* acide chromique ou de la pâte de Vietine en cylindre (caustique Filhos) ; mais toutes ces substances sont très-déliquescentes, de sorte que l'application topique n'est jamais régulière et bien limitée. Aussi ne fait-on généralement usage que du nitrate d'argent fondu (809).
B. —Instrumenta.
811. Ces instruments portent le nom de porte-gaustique, parce que les substances solides viployées sont des caustiques. Les porte-caustique laryngiens se composent d'un manche, d'une tige et d'une pièce qui est le véritable portecaustique, et qui prend diverses formes, suivant celles du caustique.
Si l'on fait usage du crayon, cette pièce sera une pince comme dans les porte-éponge (fig. lli etsuiv.)i ou bien un petit panier (fig. 100, i), ou bien (Fauvel) un cylindre pourvu d'un ressort qui pousse le crayon en avant, vers l'ou-
538 THËBAPEL'Tl'^UE CÉNËRALE,
verLure plus étroite que le diamètre du crayon. Celle disposition ne permet de faire que des cautérisations horizontales.
Avec le caustique coulé dans une cuvette, on peut faire des cautérisations latérales. La pièce présente une cuvette (fig. 108, A, B, C) plus ou moins large, à ouverture latérale ; elle peut être pourvue aussi d'une ouveilure terminale, pour les cautérisations horizontales. Ou fait foudre le nitrate d'argent dans une capsule de porcelaine et on k coule dans la cuvette préalablement chauDFée.
On peut encore donner à la pièce qui porte le caustique la forme d'une petite lame pins ou moins large, celle d'un bouton ou d'un petit carré à surface lisse ou rugueuse, et que l'on trempe, après l'avoii' chauffé, dans le nîiiale fondu. Ces lames sont utiles dans les cautérisations U'èscirconscrites. On détache le caustique de l'une ou de l'autre surface, si l'on ne veut cautériser que d'un côté.
812. Il n'est pas prudent de faire usage de longs crayons fixés dans une pince, parce qu'ils peuvent se casser, et déterminer, en tombant dans la trachée, des désordres graves, à moins que le malade ne rende immédiatement le morceau par la toux. On peut cependant éviter ce danger eu enveloppant le crayon d'une gaze. Mieux vaut n'employer qu'un très-petit morceau de crayon, qu'il est facile de fixer et qui ne risque pas de casser.
Les cuvettes permettent de cautériser latéralement des surfaces aussi larges que leur diamètre; si elles sont solidement fixées, elles ne présentent aucun danger. Ou veillera & ce que le nitrate employé comme enduit sur une lame métallique y adhère solidement, quoique le danger, s'il s'en détachait, ne soit pas fort grand, vu la faible quantité de l'enduit caustique. Le nitrate s'attache mieux aux surfaces rugueuses. Dans tous les cas, la lame sera chauffée ^vaut d'éire trempée, pourrendrej l'adhésion plus complète.
TRAITbHENT LOCAL INTERHI!. — SUBSTANCES SOLIDES. 539
La pièce qui porte le caustique sera de platine ou d'argent vierge. Les autres métaux subissent promptement une altération qui les rend cassants. Le fer se rouille.
813. On distingue deux espèces de porte-caustique laryngiens : les simples et
les cachés. ^ — ^i=i^sa^m^
814. On appelle porfe- Z'' caustique simples, ceux dans lesquels le caustique est à nu, à découvert. La tige est fixe dans le manche, ou elle est mo- ' bile, et peut être fixée à l'aide d'une vis. Elle sera d'une épaisseur convenable, pour présenter une résistance suffisante et .
pouvoir subir cependant "w des modifications dans sa courbure. On peut donner k la pièce porte-caustique les formes diverses qne nous venons d'indiquer.
J'ai fait construire un porte-caustique ù cuvettes de rechange (fig. 108), en platine, de grandeurs diverses, de sorte qu'on peut cautériser des surfaces plus ou moins larges. Ces cuvettes se fixent au moyen d'un coulant dans le bout fendu de la tige, qui esi d'ar-
i, coulinl ; 11. Iii« fiiM pu U b«
bàO THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE.'
geiit ; sa courbure peut être, par conséquent, modifiée.
815. Les porte-caustique simples présentent tous l'inconvénient de rendre possible, au moindre mouvement du malade, une cautérisation accidentelle de tout autre point que celui qui doit être touché. Aussi leur préfère-t-on g&iéralement les poile-caustique cachés.
816. Les porte-caustique cachés se distinguent des précédents en ce que la tige métallique qui porte le caustique forme mandrin à l'intérieur d'une gaine plus ou moins flexible, et en ce que son extrémité peut dépasser cette galoe pour mettre le caustique à découvert, à l'aide d*uD mécanisme paiticulier.
Il y a deux mécanismes : celui du curseur à frottement et celui de la pédale à bascule.
817. Le curseur à frottement, ou h poucette, peut faire avancer et reculer la tige ou la gaine. Comme exemple du premier mode, nous citerons le porte-caustique de Irwsr seau, dans lequel l'opérateur, faisant exécuter un mouvement de va-et-vient à une rondelle, fait sortir et rentrer la tigej et par conséquent la cuvette de la canule. Beaucoup d'autres porte-caustique ont été construits d'après le même principe. Turk donne ii la gaine la forme d'un demi-cylindre, pour lui faire prendre plus facilement la courbure voulue.
Lorsqu'au contraire on veut déplacer la gaine^ on a cherché à rendre celle-ci plus flexible : dans l'instrument de Rauclifuss, de Saint-Pétersbourg, elle est formée par une spirale d'argent. Leiter, à Vienne, la compose de petites boules creuses, qui s'emboîtent et sont enfilées par la lige (fig. 109) ; en faisant reculer le coulant a, la gaîne se resserre et le caustique est mis à nu. J'ai fait modifier par Mathieu la pièce qui porte le caustique; la gaine (fig. 109, 5i peut être dévissée, de même que la cuvette (fig. 109, 4 .