‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 173 sur 244 · TRAITEMENT LOCAL INTERNE. — SUBSTANCES SOLIDES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT LOCAL INTERNE. — SUBSTANCES SOLIDES

E. — Indioatiozui.

82A. La cautérisatioD avec les substances solides est indiquée toutes les fois que Ton veut déterminer un effet caustique intense, mais circonscrite à un point déterminé. On Ta employée, par conséquent, contre les indurations et les hypertrophies limitées de la muqueuse, contre les bourgeons charnus, les polypes trop petits pour permettre remploi de polypotomes, contre les granulations et surtout comme opération consécutive à la destruction d'un polype. On regarde la cautérisation également indiquée dans le traitement des aphthes, des érosions, et surtout des profondes ulcérations. Enfin, on l'a aussi conseillée pour calmer l'inflammation superficielle et pour modifier Tétat catarrhal.

F. — Dosage.

825. Suivant le degré de cautérisation que Ton veut produire, on presse le crayon plus ou moins vivement et plus ou moins longtemps contre le tissu malade. Les résultats obtenus, le but que Ton veut atteindre, la susceptibilité du malade, etc., règlent la fréquence de la cautérisation.

G. — Action thérapeutique.

826. Les troubles fonctionnels, que Ton veut modifier, sont plutôt aggravés que soulagés dans les premiers temps après la cautérisation; ainsi la dysphagie est plus grande, la raucité de la voix, l'enrouement augmentent. Au bout de quelques heures, cependant, ces phénomènes consécutifs du gonflement et de l'escharification disparaissent et les malades se trouvent généralement soulagés.

Parmi les caustiques, le choix s'est fixé généralement sur le nitrate d'argent ; son usage est très-répandu ; je le crois très-utile lorsqu'on se propose de détruire une excroissance

■AHDL. -* Larynx. Si

OU d'empêcher soti retour. Mais je ue suis pas partisan des cautérisations, dès qu'il s'agit de modifier la muqueuse; Teschare trës-superficielle qui se forme laisse intact le tissu sous-jacent et trompe le médecin et le malade par une amélioration apparente et dans tous les cas passagère. C'est à ces cautérisations inefficaces que la pharyngite graouleose doit sa réputation d'incurabilité.

Article III. — Substances pulvérulentes.

A. — Médicaments.

827. Les substances médicales solides, réduites à l'élit de poudres impalpables, peuvent être lancées sur la moqueuse pharyngée ou laryngée. On a employé jusqu'à présent des caustiques, des astringents, des irritants, des narcotiques et des altérants, purs ou mélangés à des substances considérées comme indiiïérentes, telles que le sucre, la magnésie, le talc, etc. L'application se fait avec des instminents particuliers ou elle est directe.

B. — Instrumenta.

828. Les poudres peuvent pénétrer dans le larynx ou être projetées sur le pharynx par l'aspiration, par rinsufflition ou par la respiration dans une atmosphère chargée de poussières médicamenteuses. De là les tubes à aspiration, les insufllateurs et les poudroyeurs.

829. Les tubes a aspiration sont des tuyaux de plume, des tubes de caoutchouc, une carte roulée, un tube de verre, etc. Trousseau et Belloc (1837) ont beaucoup employé les tubes de verre droits ; le tube de verre de Biutm se termine par deux branches fermées par des soupapes, de sorte que la poudre placée dans un de ces bras ne peutèire repoussée par l'expiration, tandis qu'elle doit pénétrer p*f

rinspiration. Fournie (1803) recommande une botte de forme ovoïde, contenant la poudre, et dont le couvercle donne passage à deux tubes de verre ; l'aspiration se fait par Tun de ces tubes.

L'aspiration faite avec un tube droit fait arriver la poudre sur la paroi pharyngienne; le tube doit être recourbé^ comme ceux dont je fais usage (fig. 111), et s'appliquer au dos de la langue, pour que la substance puisse pénétrer dans le larynx.

* 830. Les iNSDFFLATEURS fonctionnent par le souffle ou à Vaide d'un soufflet.

831. Vinsufflateur au souffle est un tube dont un bout repose dans la bouche du malade et l'autre dans celle du médecin ou de la personne qui le remplace. Aretée s'en est déjà servi. L'insufflateur de buis de Bretonneau est un tube droit, pourvu d'un récipient à diaphragme central qui modère la projection de la poudre ; il ne peut servir au traitement du larynx. D'un usage plus général sont des tubes de verre diversement recourbés en haut ou en bas, dont l'extrémité pharyngo-laryngée se termine en bec-de-flûte et qui sont pourvus, près de l'extrémité antérieure, d'une ouverture pour l'introduction du médicament. Un coulant de caoutchouc ferme cette ouverture ; un tube de caoutchouc, qui se termine par une embouchure de bois ou d'ivoire, allonge le tube pour permettre au médecin de se tenir à une certaine distance. La fragilité du verre rend préférable l'emploi d'un métal ou du caoutchouc durci (fig. 112).

882. Vinsufflateur à soufflet est un des tubes que nous venons de décrire (815, 817), mais pourvu d'une poire de caoutchouc que l'on adapte à l'extrémité postérieure (fig. 113) ou bien au bout du tube de caoutchouc (fig. 112). Une foule d'instruments ont été construits d'après ce principe (Guersant, Guillon, Guinier, etc.); on a aussi adopté le tuba

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de Ricbardson (889) ou des apparais destinés à Tanesthésie locale. Dans Tinsufilateur de Morand, le baDoo fait office de soufflet et de réservoir; il est fixé aune pièce métallique terminée par un tube et sur laquelle on peat visser une canule effilée, droite ou courbe. Millot a pré-

FiG. 111. — Tube en verre pour aspiration de poudres.

FiG. il2.— Insufflaleur Fie. 113. — Insafllateiir (Leiler) (♦). a ballon (Lciter) H-

sente à TAcadémie de médecine (20 novembre 1867) un insufflaleur, qui est celui de Morand, fixé sur un abaisselangue. Les instruments |insufflateurs construits d'après le

(*) Une canule en caoulcliouc durci pcTte a son extrémité poiitérieure an tnraii élaMMoe, •*? longueur variable, pour rinsufllatirn; un coulant ferme l'ouTerture (ie»tiaée à llatrowÀiM de« médicaments.

('•) La canule en caoutchouc durci se termine par une poire en caoutcbooc âa9ii<]ue : «. »• ▼erlure pour l'intrcduction des ncdicanuiiis ; b, coulant qui la ferme.

principe représenté dans la fig. 112, sont les plus simples et les plus pratiques.

833. La respiration dans une atmosphère chargée de substances pulvérulentes, qui se fait d'une manière plus ou moins constante dans certaines professions,* peut se faire partout, lorsqu'on remplit l'air confiné de poussières à l'aide d'un PouDROTEUB. J'ai communiqué à la Société de médecine de l'arrondissement de TÉlysée, le 7 octobre 1861, un fait que je tenais du docteur Boulu. Un fabricant de noir animal, ayant remarqué qu'après un court séjour dans son usine, les ouvriers se portaient mieux, imagina un appareil composé d'une boîte formant réservoir et munie d'une manivelle qui fait tourner un ventilateur à quatre ailettes. La poussière s'échappe par un tube de caoutchouc. Le docteur Mongeot a fait construire plus tard, par Mathieu, im appareil analogue, mais plus compliqué.

On peut projeter la poudre d'une manière beaucoup plus simple, mais en quantité bien moindre, à l'aide d'un ballon élastique ou de l'appareil de Richardson, qui contiennent une certaine quantité de la substance pulvérulente^ celle-ci se tamise en passant par les mailles d'une gaze métallique. On atteint le but d*une manière plus expéditive et plus complète, en secouant vivement à la main ou en battant avec des baguettes un sac dont les mailles donnent passage à la poudre; on peut aussi remuer directement la substance pulvérulente même.

Il est permis de considérer jusqu'à un certain point l'air marin (761) comme une atmosphère chargée de particules de sel marin.

G. — Maniement.

83A. L'aspiration se fait par le malade même ; il charge l'extrémité antérieure du tube d'une petite quantité de la

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substance pulvérulente, à peu près du volume d'iui haricot; puis il ferme avec le doigt indicateur Touyerture de celle extrémité, place le tube dans la bouche, ferme les lèvres et retire le doigt au moment de l'aspiration qui fait pénétrerh poudre. Si l'inspiration est courte et suivie immédiatement de l'occlusion de la glotte, comme par exemple dans le hoquet ou TefTort, la poudre s'arrête sur le plancher de la cavité susglottique ; elle pénètre plus en avant, si riospiration est profonde et large.

Si l'on répète plusieurs fois de suite la manoeuvre, Fha* leine rend humide l'intérieur du tube; la poudre reste atUchée et n'est plus projetée.

835. La poudre est projetée dans la direction domoée au tube. Le malade la fait arriver facilement sur la paroi pos* tërieure du pharynx, mais difficilement dans la cavité bK ryngée. Si l'épiglotte est saillante, les poudres se répandeot sur sa face antérieure ; mais ce sont surtout les mameuvres malhabiles du malade qui sont la principale cause de la dod réussite. Aussi d'habitude les effets physiologiques de la pénétration (831) ne se manifestent-ils pas; la poudre arrive dans l'œsophage et partiellement sur la face postérieure de la paroi laryngée postérieure et des aryténoïdes. Il faut apprendre au malade à dépasser l'épiglotte avec l'extrémité antérieure du tube et à régler convenablement l'inspiration; la manœuvre réussit mieux, surtout dans les premières applications, si Ton ferme les narines du malade.

836. L'insufflation peut se faire par le malade (a) ou par le médecin (A).

837. a. U insuffi a tUm parle malade même ou rauto4Dsufllation se fait avec Tun ou Tautre des instruments à soufflet (818). Après avoir placé le tube chargé du médicament dans la bouche, le malade lance la poudre, pendant

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