IV. — Vapeur d'eau
897. Siegle fait fonctionner Thydroconion de Bergson par la vapeur d'eau qui remplace, dans le tube horizontal*, l'air comprimé. Le malade ne reçoit plus, par conséquent, le jet pulvérisé mêlé à un courant d'air, mais bien à la vapeur chaude.
L'appareil se compose d'un réservoir en .cristal qui peut supporter une pression de deux atmosphères, quoique l'appareil fonctionne déjà à la pi-ession d'une demi-atmosphère. Un cylindre en métal verni, à l'intérieur duquel est placée une lampe à alcool, supporte cette chaudière, laquelle porte dans un goulot un bouchon de caoutchouc percé de^ deux trous; dans l'un de ces trous passe un tube en verre, par lequel s'échappe la vapeur; dans l'autre est fixé un thermo-baromètre de Collardeau, qui indique la température et la pression. Pour prévenir les accidents d'une explosion, un manteau métallique recouvre l'appareil. A Fextérieur du cylindre se trouve un récipient renfermant le médicament et dans lequel plonge le tube vertical de l'hydroconion. On
peut, au besoin, cbaufler le médicament à Taide d'une lampe à alcool.
898. L'appareil de Siegle a été diversement modifié en France (fig. 127) et en Allemagne (fig. 128). Où a -presque
FiG. 127. — Pulvérisateur à Yapeur d'eau.
généralement remplacé le thermo -baromètre par une soupape de sûreté.
J'obtiens de l'eau pulvérisée chaude par mon appareil respiratoire, destiné aux inhalations des vapeurs. Le tube de Richardson tient d'un côté au tube d'aspiration, de l'autre il est adapté à l'hydroconion de Bergson que Ton pose sur la tubulure par laquelle s'échappe la vapeur.
899. Les appareils qui fonctionnent par la vapeur d'eau fournissent un jet de liquide pulvérisé chaud qui est d'une température d'autant plus élevée qu'on le prend plus près de son point d'émergence. Les molécules sont très-ténues, parce que toute l'eau se transforme en vapeur qui entraine avec elle les médicaments non-volatils. Le choc est moins
TRAITEHEHT LOCAL IKTERHE. — LIQUIDES PULVeniSËS. S89
violent que dans les appareils mis en mouvement par iine pompe.
FiG. I2S. — PuIvériiBleur à
900. Dans les élablissements thermaux, des salles particulières sont coitsacrées à l'inhalation des eaux provenant des sources. Les appareils à pression d'air ou d'eau peuvent y fonctionner. Le brouillard froid, que forme dans l'atmosphère l'eau pulvérisée, détermineiiiit facilement des refroidissements ; aussi est-on obligé de saturer l'air de vapeurs d'eau, dont la température est plus élevée que celle de l'eau pulvérisée.
901 . La description donnée des appareils fait comprendre leur maniement. Nous ajouterons qu'en règle générale, on
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ne doit pas employer des émulsions et ne faire usage que de liquides filtrés, qu'il ne faut pas laisser séjourner dans Tappareil de médicaments qui se décomposent à Tair ou par la lumière, ni mélanger des solutions qui se décomposent mutuellement. On nettoie le tube capillaire avec un pinceau ou avec un crin, jamais avec une épingle. On fera cesser dans l'appartement tout com*ant d'air qui détournerait le jet pulvérisé. Les appareils qui fonctionnent à l'aide de la vapeur d'eau demandent une certaine surveillance : l'eau ne doit jamais manquer dans le récipient et la soupape de sûreté être en bon état, pour éviter les dangers de l'explosion. Les médicaments décomposés par les métaux, tels que le nitrate d'argent, le percblorure de fer, doivent être employés dans les appareils en verre ou à tubes dorés, s'ils sont en
métal.
Le malade est couché ou, mieux, as^s à son aise, devant l'appareil, ayant garanti ses vêtements pai* des serviettes, des manteaux en taffetas gommé, etc. La bouche, à la hauteur du jet, est lact-gement ouverte ; la tête inclinée en arrière, pour redresser autant que possible le passage du jet et diminuer les points de contact avec les muqueuses de la bouche. La langue doit être tenue abaissée derrière l'arcade dentaire, au besoin à l'aide d'une spatule, ou bien projetée en avant, pour laisser pénétrer librement le liquide pulvérisé dans le larynx. La respiration se fera d'une manière continue, sans fatigue et sans être interrompue par la conversation ; l'inspiration sera profonde, pour détourner et attirer à Tintérieiu* le jet pulvérisé ; elle sera d'autant plus profonde que la force de propulsion est plus graiide. On facilite la pénétration dans la bouche en pinçant le nez.
Il résulte dece que nous venons de dire, que l'inhalation par le nez rend tout succès impossible ; qu'elle ne peut non plus s'effectuer lorsqu'on respire tranquillement, la bouche légè-
tRAITEMENT LOCAL INTERNE. — LIQUIDES PULVÉRISÉS. 591
rement ouverte et ayant le dos de la langue rapproché de la voûte palatine. L'inhalation des liquides est aussi à peu près nulle chez les personnes dont l'épîglotle est fortement abaissée, chez celles dont l'inspiration trop faible ne saurait faire dévier le jet de la direction imprimée par Tappareil ou qui se tiennent trop éloignées, parce que le jet se compose alors de gouttelettes irrespirables.
Les inhalations doivent ressembler à un bâillement ; elles seront progressives par la durée et le nombre des séances ; à lafm de la séance le malade se rincera labouche. Lesinhalations ne doivent être jamais pratiquées pendant le travail de la digestion ou pendant l'excitation produite par une fatigue corporelle. Le malade doitcracher et non pas avaler les liquides qui se ramassentdans la bouche. Ladurée de l'inhalation dépend de la quantité du médicament inhalé et celle-ci de la construction de l'appareil ; en général, la durée peut être de dix à quinze minutes et répétée plusieurs fois par jour. La quantité du liquide qui pénètre dans la bouche sera d'autant plus grande que le malade se tient plus près de l'appareil et que l'inspiration est plus profonde et plus longue.
Certains médicaments exigent des précautions toutes particulières. En employant le nitrate d'argent, par exemple, on garantira la peau par une couche de graisse ou de coldcream ; les masques sont foit incommodes ; les dents seront nettoyées avec une solution d'iodure de potassium.
D. — Action physiologique.