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II. — Effets phtsiolociques des MtoicAinEifTS

931. Les gaz secs qui ont été employés dans le traitement des affections pharyngo-laryngées, sont le chlore, qui est un irritant topique et produit une sensation de constriclion, de suffocation, une toux convulsive et même le spasme de la glotte ; puis l'ammoniaque qui, par Tirritation des mU' queuses, détermine une sécrétion plus abondante, surtout dans les fosses nasales. Aspiré en plus grande quantité, il peut déterminer le spasme de la glotte. Le gaz sulfhydrique est toujours aspiré mêlé à des vapeurs d'eau. L'hydrocblorate d'ammoniaque, à l'état naissant, irrite la muqueuse et augmente d'abord les sécrétions, puis il les diminue et calme les douleurs.

932. Parmi les substances volatiles à froid et qui sont liquides^ le chloroforme et les éthers font naître un picotement désagréable dans la région pharyngo -laryngée, de la toux, des mouvements répétés de déglutition et une augmentation de la sécrétion salivaire. Si les inhalations conti-

nuent, on voit survenir une torpeur et les phénomènes bien connus de l'anestbésie générale. Le goudron liquide, dont on peut favoriser Tévaporation en le chauffant légèrement, resserre la muqueuse et diminue la sécrétion. L'huile volatile de térébenthine, celle du pin sylvestre ou maritime, est un stimulant diffusible et un modificateur de la muqueuse bronchique. Les vapeurs de créosote sont très-excitantes. Le sulfure de carbone a une odeur désagréable et détermine promptement des congestions cérébrales.

Si l'on veut retarder l'action de ces substances, on les mélange, suivant leur solubilité, avec de l'eau, de Thuile d'olive ou de l'alcool. On est alors quelquefois obligé de chauffer légèrement. L'huile chauffée donne des vapeurs irri« tantes ; Talcool est très-excitant.

Parmi les substances sèches^ volatiles k la température ambiante, la plus usitée est le camphre, dont les vapeurs aspirées peuvent produire, comme l'ingestion, un effet réfrigérant, irritant, puis une sédation d'abord locale, puis générale, laquelle peut être remplacée par une action stimulante générale. Le chloral produit une légère sensation de picotement. La vapeur d'iode cause de la chaleur, du picotement et de la toux.

OSS. Les balsamiques, tels que le baume de Tolu, du Pérou, de la Mecque, le benjoin, lorsqu'on obtient les vapeurs par la combustion^ agissent comme irritants. Il en est de même des vapeurs de storax, dégomme ammoniaque, des baies de genièvre concassées. La pyrothonide ou Thuile de papier, obtenue en vapeur par la combustion du papier, produit une cuisson fort vive, de la toux et une sécrétion muqueuse abondante. Les vapeurs de nitre possèdent, par les gaz qui se développent, une action antispasmodique marquée. Les vapeurs de dnnabre sont excitantes et partagent les propriétés générales des mercuriaux.

6U THÊRAPEITIOUE GÉNÉRALE.

Les papiers imbibés de substances médicamenteuses, de même que les cigarettes, ont pour eiïet surtout une action stimnlame, excitante; l'effet physiologique du médicament luî-mÈme est consécutii' et très-énergique; ce [qui se voit par exemple chez les fumeurs d'opium.

93â. Les vapeurs d'eau, à la température de 50 à 60 degrés, que l'on aspire par un appareil portatif, ont une action émolliente; elles relâchent les tissus et produisent ainsi des effets même calmants, sédatifs. Si les vapeurs sont chauffées jusqu'à une température voisine de 90 degrés, elles dessèchent et deviennent excitantes, irritantes. Si les vapeurs ne sont pas dirigées directement dans les voies respiratoires et qu'elles se répandent sur la figure et sur la tète, ce qui arrive lorsqu'on tient la tôle enveloppée d'un drap, au-dessus de l'eau bouillante, il se déclare des congéstiens céphaliques avec leurs effets consécutifs,

Chargées de substances médicamenteuses, les vapeurs partagent les effets physiologiques des médicamenis volatils, en rendant cependant leur action moms stimulante. Jjes substances sohdes, volatiles à froid ou à une température plus élevée, comme, par exemple, les balsamiques, en grumeaux jetés dans l'eau, voient leur action mitigée par la vapeur d'eau. Les fumigations, faites avec les infusions des plantes aromatiques, telles que la sauge, la menthe, da lavande, le romarin, le thym, etc., sont légèrement excitantes et toniques ; les décoctions émollientes renferment des principes non volatils à la température de l'eau bouillante et ne peuvent agir que par le mucilage entraîné mécaniquement. Les fumigations des plantes narcotiques n'ont aucune action narcotique, les alcaloïdes n'étant pas volatils à la température de l'eau bouillante. Elles sont plutdt excitantes, par l'huile volatile qui s'évapore. Les fumigations acides, créosotées, phéniquées, iodées, ammoniacales, sont astringentes

OU excitantes, suivant leur degré de concentration. Les fumigations sulfureuses agissent comme les composés sulfureux (775) par le gaz sulthydrique ; l'eau de laurier-cerise est calmante.

935. Les vapeurs chargées de gaz que l'on respire dans un espace confiné, tel qu'une étuve, une piscine, une salle dlnhalation, agissent sur l'organisation tout entière. « Rieii n'est plus insalubre, plus repoussant, dit GhampouUion (1859), que ces locaux où plusieurs personnes respirent un air chargé de leurs émanations réciproques. Après quelques minutes de séjour dans une étuve, les pulsations s'élèvent rapidement à 100 degrés et même au delà ; le cœur et les carotides battent avec violence, la sueur coule avec une abondance extrême; des tintements d'oreille, des vertiges, des éblouissements, dénotent l'accélération et les troubles de la circulation capillaire. Notons que tous ces phénomènes se produisent à une température de A5 à 60 degrés. »

On peut faire abstraction, en ce qui concerne les affections laryngées, de l'action physiologique des gaz dont l'atmosphère est chargée, à l'exception de l'hydrogène sulfuré, dont il a déjà été question (775, 93A).

E. — IndicationB.

0S6. Au nombre des gaz secs employés dans les affections idiopathiques des organes pharyngo-laryngés , citons d'abord le chlore, recommandé par Bretonneau, lorsque la fausse membrane dépasse l'entrée du larynx ; on l'a également employé dans la laryngite consécutive à la bronchite sèche. L'ammoniaque est indiqué au début des affections aiguës, surtout du coryza, dans beaucoup d'affections pharyngo -laryngées, par divers médecins et particulièrement par Smée dans l'enrouement chronique, surtout celui qui est

MO THËEtAPEUTIQUE CËKËRALC.

consécutif à la grippe et aussi dans les ulcéraUons syphilitiques. L'hydroclilorate d'ammoniaque à l'élat naissant donne d'excellents effets, d'après Lewin et Libermaïui [cité par Iglesias), dans dilTéretites formes de laryngites, dans les pharyngites et les coryzas chroniques,

flS7, Les vapeurs de quelques substances volatiles à froid sont indiquées au début des aflectlons aiguës, surtout du coryza. Ou peut faire faire quelques courtes aspirations de chloroforme ou d'éther dans les affections spasmodiques du larynx, L'anestbésie générale est contre - indiquée dans les opérations qui se pratiquent dans l'arrière-bouche, parce que des accidents d'asphyxie peuvent survenir par l'accumulation du sang et de la salive. Tout au plus peut-on amener un certain degré d'insensibilité et faire alors usage de préférence du proloxyde d'azote. Nous avons déjà dit précédemment (792) que l'anestbésie générale est contre-indiquée dans les opérations laryngées. Le sulfure de carbone, que j'ai employé dans les bronchites, n'a pas d'indication dans les affections pharyngo -laryngées. On emploie les vapeurs de goudron comme tonique des muqueuses, dans les laryngites chroniques, pour diminuer la sécrétion et empêcher les exhalations sanguines.

Le camphre a été employé d'une manière empirique dans toutes les aflectlons laryngées, surtout celles qui sont consécutives à des bronchites. Il n'y a pas d'observations sérieuses faites à ce sujet. Le chloral trouve son indication comme sédatif. L'iode agit comme stimulant au d*but des affections aiguës.

938. Les fumigations sèches, obtenues par la combustion des balsamiques, surtout du baume de Tolu, sont très-efficaces, suivant Trousseau, dans les laryngites chroniques et << dans les ulcérations (?) du laryni, consécutives aux phlegmastes chroniques simples de cet organe, b La

pyrotbonide serait indiquée, d'après le même auteur, dans certidnes altérations du timbre de la voix, qui tiennent à un catarrbe chronique de la glotte, avec ou sans expectoration trop abondante du mucus. Les vapeurs de nitre sont appliquées dans les affections asthmatiques et celles de cinnabre dans les accidents secondaires et tertiaires.

Les pajiiers imbibés de substances médicamenteuses et les cigarettes trouvent la même indication que les poudres. On a conseillé les cigarettes et les papiers nitrés, de même que les cigarettes de stramonium et d'arsenic, dans les affections spasmodiques de la glotte et dans les toux quin« teuses, les cigarettes balsamiques dans l'aphonie, celles de sublimé ou de cinnabre dans les affections syphilitiques.

0S9. Les fumigations humides sont indiquées dans les affections aiguës. Les balsamiques ont la même indication que leurs vapeui*s sèches ; on emploie les aromatiques conmie succédanés des baumes. Les fumigations acides, créosotées, phéniquées, iodées, sont appliquées dans les affections chroniques ; les ammoniacales, lorsqu'on veut déterminer une action stimulante énergique, principalement dans les bronches. Les fumigations sulfureuses sont recommandées dans la phthisie torpide et dans les laryngites chroniques.

OAO. L'inspiration des gaz et des vapeurs répandues danâ les scUles d inhalation sont pratiquées, dans les établisses ments thermaux, dans le traitement des affections auxquelles l'usage de ces mêmes eaux thermales est applicable.

F. — Dosage.

9A1. Le dosage des fumigations sèches dépend de la durée de l'inhalation, de la distance et de la quantité de la substance qui s'évapore ou qui brûle. Les inhalations sont en général de courte durée et ne se prolongent pas au delà de quelques minutes. On aspire d'autant plus quq l'on se

618 THÉRAPEUTIQUE GÊMÊRÂLE.

trouve plus près de la substance volatilisée. Oa fume qœU ques cigarettes dans le courant de la journée, eo en aspiraot

la fumée.

Citrate de potasse 5

Eau 30

Imprégnez du papier pour 20 cigarettes anti-asthmatiques.

Bisulfate de potasse. . . . 55,69 Azotate de potasse. . . . 44,31 Peroxyde de manganèse, quanUté suffisante pour noircir.

Poudre fumigatoirede BouUgny (d'Évreux).

FeuiUes sèches de stramo-

nium 30

Extrait aqueux d'opium.. . 2

Eau 25

Desséclié en cigarettes. {Toux quinteuses, Trousseau.)

Benjoin en poudre 60

Storax àb

Baume de Tolu 15

Aloès soccotr 8

Alcool rectiaé oOO

Filtré après lept Jours de naeé»

raUon; on y trempe du papier brouillard et épais, au besoin aitré, que Ton déeoupe desséclié

en cigarettes.

Arséniate de soude 2

Eau distiUée 3S

Découper le papier, trempé et desséché, en cigarettes contenant 0,05 d*arsenic.

Bichlorure de mercure. . . 1 Nitrate de potasse 2

100 cigarettes. (Ulcératùms ty phUitiques du ttez et de la gorge.

Trousseau.)

Mercure doux 2

Sucre en poudre) .. ^

Benjoin jaa.. . . xi

5-10 grammes pour une fumi* galion dirigée sur les ulcères rebelles de la gorge.

9A2. Je fais faire les fumigations humides^ en faisant verser une demi, ou une, ou deux cuillerées à café d'une solution titrée du médicament dans le ballon rempli (de 50 à 60 grammes) d'eau jusqu'à la hauteur du cercle de mon appareil fumigatoire. Voici quelques formules de ces solutions titrées, que j'emploie :

Ammoniaque liquide Eau

lodure métallique

lodure de potassium 5

tau 100-300

Acide phéuique 1

Glycérine 100

lodure métallique, I .. .

Acide phéuique. . . T^^** * lodure de potassium. ... & Eau 100-390

Créosote

Eau

Acide acéUque de Verdet.

On peut jeter 1 ou 2 grammes de camphre ou de balsamiques dans l'eau contenue dans le ballon. Les vapeurs chargées d'hydrogène sulfuré sont dosées par la quantité de sulfure de potasse dissous dans l'eau ; je préfère la substance solide à la solution titrée ; je fais jeter dans l'eau du ballon, toutes les quatre ou cinq minutes, un morceau gros comme un pois vert ou une petite noisette. L'eau de laurier-cerise est versée, à la dose d'une ou de deux cuillerées à café, dans l'eau contenue dans le ballon.

On ne peut doser la quantité des gaz aspirés dans les salles d'inhalation que par la durée du séjour.

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