‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 187 sur 244 · TRAITEMENT LOCAL INTERNE. —ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT LOCAL INTERNE. —ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE

Dès que l'électricité agit, les mouvements intrinsèques tumultueux qui surviennent, troublent l'inspection laryngoscopique, laquelle au surplus est inutile, dès que le rhéophore est placée Aussi peut-on retirer le miroir dès que l'électricité agit; on interrompt le courant en lâchant la pédale.

0A9. Le MALADE se tient dans la position exigée pour Texamen laryngoscopique : je lui fais tenir la langue avec la

main droite et presser avec la main gauche l'extrémité du second excitateur sur le larynx. De cette manière on peut se passer d'un aide ou du collier, si l'on fait usage du rhéophore simple. La respiration doit se continuer pendant Télectrisation aussi large que possible, mais malgré les recommandations les plus pressantes il arrive habituellement que les malades retiennent le souffle et que Ton est obligé de retirer rinstrument, à cause de l'étouffement, au bout d'une minute au plus, si l'on opère à l'intérieur du larynx.

D. — Effets physiologiques.

960. Le courant d'induction n'exerce aucune action désorganisatrice électrolytique ; celui de la première hélice excite davantage la sensibilité musculaire et celui de la deuxième liélice provoque des contractions réflexes plus énergiques. Localement, la personne électrisée Réprouve, à l'entrée du courant, la sensation d'un léger choc et celle du fourmillement par la contraction fibrillaire. Cette contraction musculaire, qui est plus ou moins douloureuse, peut aller jusqu'au spasme et, si l'application a lieu à l'intérieur du larynx, provoquer un étouffement. L'intensité des phénomènes dépend de celle du courant; les effets cependant sont mitigés, si l'extrémité laryngée porte une éponge. La grande sensibilité de la muqueuse fait que le courant de la même force y provoque des effets physiologiques beaucoup plus marqués que sur la peau.

624 THÉRAPEUTIQUE GÊNÊRALB.

L'électrisation localisée des organes pharyngo-laryngés ne doit pas produire ^es effets généraux ; cependant, si le coiirant est trop fort, il peut survenir une excitation géoërak, accompagnée d'étourdissements ou d'éblouissement. Si, dans Télectrisation de Tœsopbage, le rbéopbore se trouvait au niveau du pneumogastrique, Faction électrique, loin d*ètre limitée au pbarynx, pourrait être portée, suivant DocheoDe (de Boulogne), au loin dans des organes dont la stimolatîmi serait dangereuse ou tout au moins contre-indiqaée. Diuis l'élex^trisation de l'cBSopbage on peut aussi agir, suivant cet auteur, dans la portion cervicale, sur le récurrent gmche et dans la portion tboracique, sur le pneumogastrique.

951. Le rhéophore peut amener les mëmeseffets pbyâoiogiques que tout autre instrument laryngien ; aussi voitH» survenir quelquefoiis, comme phénomènes passagers, de Tirritation, de la toux, de l'étouffement, etc.

E. — IndicationB.

952. La principale indication pour Tapplication de Télectricité par induction est donnée par la paralysie des muscle^ intrinsèques du larynx, que Ton constate par T inspection laryngoscopique, et qui se révèle en outre par raltération delà voix. Ces altérations sont Taphonie complète (la voix chuchotée), une diminution deTétendue, la voix de fausset pathologique et d'autres modifications indépendantes de toute cause organique, et qui sont motivées par une diminution de la tonicité musculaire ou des forces fonctionnelles des nerfs. Le rhéophore double est indiqué lorsqu'on veut localiser la faradisation sur un muscle intrinsèque. La faradisation est en outre applicable dans diverses paralysies du voile du palais, du pharynx, de l'œsophage, de la langue et des lèvres.

Page 1