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LARYNGITE SUPERFICIELLE; CHRONIQUE. 65S

n est que le prolongement. Anssi toutes les causes qui peuvent donner lieu au développement d'une laryngite aiguë sont jusqu'à un certain point aussi les causes de la laryngite chronique* d'autant plus que leur persistance empêche précisément la guérisoii de la laryngite aiguë. Ainsi des refroidissements, l'exercice de la voix, etc., pendant le cours d'une laryngite aiguë, transforment celle-ci facilement en laryngite chronique.

On peut cependant se demander s'il n'existe pas de laryngites chroniques primitives^ qui se déclarent d'emblée. Je suis tout porté à le croire. L'abus des condiments (620), du tabac à fumer (630), des boissons alcooliques (631), et surtout la fatigue vocale déterminent rarement une laryngite aiguë, mais le plus souvent une hypérémie; alors se développe, sous r influence de la plua légère irritation, une inflammation qui peut être aiguë, il est vrai, mais laquelle présente souvent, par le peu d'intensité des symptômes dès son début, par sa marche lente et par sa persistance, tous les caractères de la forme chronique. Les hypérémies peuvent donc être considérées comme des prédispositions aux laryngites chroniques.

On a supposé que Tabus des ibnctions génitales pouvait être la cause d'une laryngite chronique, et l'on cite comme exemple la voix enrouée des filles publiques ; nous ne pouvons partager cette manière de voir, et rappelons ce que nous avons déjà dit à ce sujet (638 et s.). Chez les filles publiques, c'est l'abus des alcooliques, la promenade par les temps mauvais, le décoUetage, les cris, etc., qui peuvent être regardés comme la véritable cause des laryngites chroniques dont ces malheureuses sont affectées.

La DURÉE est indéterminée. La marche est très-lente, le début incertain ; il peut y avoir de fréquentes rechutes^ occasionnées souvent par de légères causes ; il n'y a ni intetTnit-

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tences^ ni exacerbations ; il peut y avoir complication avec une phlegmasie voisine, le plus souvent avec une pharyngite chronique.

La TEBMiNAisoN spoutauée de la maladie par guérisan est exceptionnelle ; on observe fréquemment une grande amilioration pendant la belle saison, surtout pendant le repos des vacances ; mais au retour de Talitomne les malades « s'enrhument » de nouveau. Un traitement approprié peut amener la guérison au bout de quelques semaines, dont le nombre dépend de l'ancienneté de Taflcctiou. L*aItération de la voix est la plus lente à disparaitt*e. La fbéquekcc est moindre que celle de la laryngite aiguë.

Le DfAGNOSTiG s'établit par l'examen laryngoscopiqoe, aidé de l'appréciation des symptômes généraux, et par les résultats négatifs fournis par l'auscultation et par la percussion de la poitrine. Il existe quelquefois des difficultés pour le diagnostic différentiel de l'hypérémie chronique, la tuméfaction de la muqueuse et la sécrétion muqueuse sont des symptômes propres à la laryngite chronique ; cependant ils peuvent manquera certains moments, dans les cas légers. Alors l'examen laryngoscopique ne peut résoudre h question ; d'autres symptômes, tels que le début, la marche, l'étiologie, etc., peuvent quelquefois donner la i-éponse. Au point (le vue thérapeutique cette incertitude est san* iii portance, car les mêmes moyens doivent être employé* dans l'un comme dans l'autre cas.

La santé générale n'est nullement menacée ; aussi, à ce point de vue le pronostic est-il favorable. Mais il n'est pas sans f/ravitc pour la phonation ; le retour à l'exercice nornial (le la lonction peut être espéré, il est vrai, dans tous les cas; cependant l'exposition constante aux mêmes influences nuisibles, la prédisposition aux récidives, l'ancienneté de Taf-

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fection', Tâge avancé, peuvent compromettre la guérison et rendre permanente Valtération delà voix.

Le TRAITEMENT le plus efficace et qui donne les résultats les plus prompts, est le traitement local astringent. Je donne la préférence au badigeonnage fait avec des solutions d'iode ou d* acide phénique, dont le titre varie suivant le degré de la maladie, la susceptibilité du malade, etc. D'autres conseillent les insufflations, surtout de Talun, des eau** térisations avec le nitrate d'argent, des inhalations avec des liquides pulvérisés (tannin, fer, alun, nitrate d'argent, etc.) La médication dérivative à la région cervicale est sans aucune utilité. En Allemagne, on emploie souvent la sudation dans Tétuve à air sec et chaud; suivie d'une douche froide; quelques médecins en France ont adopté cette méthode.

On a jadis donné de Timportance au traitement interne ; le foie de soufre a été employé (5 centigrammes matin et soir), le bicarbonate de soude, les poudres de Plummer; on y a joint des purgations avec l'huile de crotone et la dérivation parle tartre stibié, en frictions sur la région cervicale. Trousseau recommande le borax (15 grammes; sirop 300; 8 à 10 cuillerées à café par jour). De nos jours, on insiste beaucoup sur T usage interne des eaux minérales et sur l'hibernation ; nous en parlerons à l'occasion du traitement de la laryngite chronique parenchymateuse. On recommande égîilement des fumigations de térébenthine, de goudron, etc. Le traitement topique permet de se passer de tous ces moyens, en somme peu efficaces.

11 va sans dire que, si la laryngite est consécutive d'une maladie, celle-ci doit avant tout fixer l'attention du médecin. Pour confirmer la guérison, il faut aguerrir le malade aux intempéries de l'air, par l'eau froide, et faire observer du repos encore pendant quelque temps après la disparition des

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troubles fouctionnels ; il faut surtout engager le malade à soigner immédiatement la plus légère récidive.

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