ANGINE GRANULEUSE
B. — Angine gn^anuleuse.
La terminaison byperplasique de l'inflammation des glandules de la muqueuse pharyngo-buccale est appelée angine ou PHARYNGITE GRANULEUSE {glonduletise^ folUculeuse ^ clergymerCs sorethroatj mal de gorge des orateurs^ des fu^ meurs, etc). Dans sa forme la plus simple et la plus fréquente on voit, comme altération anatomique , sur la paroi postérieure du pharynx, qui peut avoir conservé son aspect normal, un nombre sensible de saillies plus ou moins proéminentes, pâles, rouges ou jaunâtres, isolées ou confluentes, transparentes ou opaques (PL I, fig. I) , formant des tlotsponctiformes, lenticulaires, elliptiques, arborescents ou ramifiés dans une région circonscrite du pharynx ou sur toute sa surface postérieure. Ce sont des glandules tuméfiées par un exsudât ou gorgées d'un mucus épais, parfois purulent, qui bouche le conduit sécréteur. Les glandules des muqueuses pharyngées voisines, du voile, de la luette, de la trompe d'Eustache, etc., peuvent être également atteintes consécutivement; je n'ai vu qu'exceptionnellement l'affection prendre son point de départ sur le voile.
L'angine granuleuse peut être compliquée d'une angine inflammatoire chronique ; la muqueuse est alors bleuâtre et sillonnée de capillaires variqueux qui se rendent aux glandules, ou bien elle est rouge, tuméfiée, tapissée de mucosités adhérentes, ou sèche et plissée comme du parchemin. La luette, les piliers, les amygdales peuvent être également tuméfiés.
Des granulations considérables peuvent exister, surtout chez les personnes qui ne font pas un usage professionnel de leur voix, sans indiquer par un symptôme un trouble quelconque des fonctions pharyngo-laryngées. En général cependant, le symptôme initial, dans les formes légères, est une
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sensation de si^cheresse ou de picotement, de chatouille-" ment, de cuisson dans le gosier ; la voix est altérée surtout dans son timbre et devient, par la plus lég^ fatigue, voilée ou rauque, moins puissante, sans !a moindre trace de laryngite. Puis survient la sensation d'embarras; le malade fait des efforts continuels pour expectorer un crachat qui n'existe pas, ilhemnie, et cette expectoration à vide peut déterminer, par l'irritation mécanique de la muqueuse, une sécrétion exagérée du mucus. Ces crachats sont visqueux, transparents, opalins ou grisâtres et rarement mêlés de sang; s'il existe siaiultanémentune angine chronique, l'expectoration peut être jaune verdâtre. La toux est rare ; les malades deviennent très-sensibles aux variations atmosphériques, qui détenninent facilement une angine aiguë et l'aggravation du mal, parce que l'affection s'étend sur lesglandules intactes jusqu'alors. Dans ces formes plus accentuées de l'angine granuleuse les symptâmes sont plus graves : les sensations de sécheresse, de cuisson, de picotement, de constriction deviennent plus vives; il s'y joint souvent la sensation de pesanteur au sternum ou à la nuque; une brûlure semble descendre le long du sternum; la Voix, dure,éraillée, rauque, s'éteint parmoments; la toux est sèche, fréquente, pénible; l'expectoration d'un nioco-pos opaque devient purulente. Quelquefois les malades affectés même de formes trèslégères de l'angine granuleuse, se montrent comme de véritables h ypochondriaques, fort préoccupés de leur santé; j*ai déjà signalé le même symptôme pour la laryngite. Quelques auteurs pensent que cet état névropathique et celte hypochondrie relèvent delà diathèse herpétique ou arthritique, de même que l'angine. Je n'ai pu constater jusqu'à présent ce symptûme hypochondriaque que chez les hommes et je l'ai trouvé lié à l'existence de pertes séminales conscientes ou inconscientes.
fti.