‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 48 sur 244 · MANIEMENT. — EXAMEN · texte numérisé non relu

MANIEMENT. — EXAMEN

particulières, de changer son mode habituel de procéder, par exemple près d'un malade couché.

L'examen laryngoscopique peut se faire à toute heure de la journée. On l'évitera cependant inmiédiatement après les repas, surtout chez les personnes qui ne sont pas habituées à l'inspection, ou chez celles qui sont irritables. Ceci posé, procédons à Texamen.

Od commence par régler à peu près la direction du faisceau Imnineux dont on fera usage, après avoir placé la lampe, soit au devant de la place que doit occuper le malade, si l'on éclaire par la lumière directe, soit à la droite du malade, si Ton fait usage de la lumière réfléchie. Pour les rayons solaires, on se guidera d'après les indications données précédemment (117, 118).

Le médecin se munit ensuite du miroir réflecteur, ayant sa tète un peu plus élevée que celle du malade placé en face de lui. On règle maintenant d'une manière un peu plus précise la position de la lampe et celle du miroir réflecteur, de façon que le cercle lumineux tombe sur la bouche, mais ne dépasse pas la lèvre inférieure.

On engage alors le malade à ouvrir la bouche, à incliner la tête en arrière, à saisir sa langue ; puis on règle sa respiration et sa phonation. Pendant ce temps on a dirigé le faisceau lumineux dans la cavité buccale, de haut en bas, en ayant soin qu'il ne dépasse ni la lèvre inférieure, car toute cette lumière serait perdue, ni les ailes du nez, pour ne pas ofl'usquer la vue du malade.

On inspecte ensuite rapidement l'isthme du gosier et le pharynx, pour connaître la disposition générale qui peut déterminer le choix d'un laryngoscope plus ou moins grand. Celui-ci est maintenant chauflé, introduit dans la cavité buccale, et appliqué au-dessous de la luette, perpendiculairement au plan médian du sujet examiné. Après avoir

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maintenant réglé définitivement la lumière, on verra dans le Iai7ngoscope l'image des parties sous-jacentes éclairées par la lumière qu'il renvoie.

Tel est le procédé général adopté aujoard*hni par presque tous les observateurs. Les modifications portent surtout sur les divers modes d'éclairage.

128. Nous devons mentionner ici un procédé particulier, Véclairage par transparence^ proposé par Czermak. Dans le procédé décrit précédemment, le laryngoscope éclaire les parties sous-jacentes et reflète ensuite l'image de ces parties. Dans le procédé, au contraire, dont il s'agit, le laryngoscope donne seulement l'image, sans avoir projeté la lumière sur la glotte. Celle-ci, en effet, est éclairée directement à travers la peau du cou par les rayons solaires concentrés par une lentille ou un miroir concave. Les cartilages du larynx et de la trachée deviennent alors d'un ronge incandescent, et limage de la glotte apparaît dans le laryngoscope placé dans la cavité pharyngienne. Czermak pense que ce procédé pourrait servir à déterminer l'épaisseur des cordes vocales, les altérations pathologiques de la trachée, etc., etc.

1 29. Nous devons encore mentionner ici l'examen de la portion sous-glottique du larynx par la plaie faite dans l'opération de la trachéotomie ; mais cette inspection donnant en outre, et principalement, l'image de la trachée, nous eo parlerons dans son ensemble à l'occasion de la trachéoscopie (1 78) .

Article VL — Autolaryngosgopie.

130. L'examen de son propre larynx, ou Tautolaryngoscopie, s'exécute par les moyens nécessaires à l'examen d'au-

tJO UniNf.OSatl'lK, — LAR\NX.

icui. et n'exige comme supplément <ju'un peLit miroii- plan ;

MANIKNENT. — iUTOURVNGOSCOPIE. 111

tnensions différentes, est tenue à la main (fig. 38, 39), ou elle a un pied particulier qu'à volonté on peut hausser ou baisser (lig. 40) , ou elle tient à la lampe (Gg. 25) ou à l'appareil de concentration (fig. 72 à 76). Toutes ces modificatioiis sont sans importance.

131. Les disposUiotis générales sont les suivantes. La personne qni veut s'examiner se comporte comme tout sujet qui dût être examiné ; on ouvre la bouche, on respire profitHkléoient et l'on aplaUt comptéteoient la langue (fig. 8&), dont U pmnte ne dépassera pas l'arcade dentaire. Puis on pbcB MDS la luette te laryngoscope, dont l'image, visible dans le miroir placé devant les yeux, donnera aussi dans k^Merimage du larynx (fig. M).

ii'2. Les dispositions particulières varient suivant le mode d'éclairage,

Vérlniraije solaire direct ne peut guère être employé, [>arce que la chaleur et l'éclat des rayous solaires incouimo-

113 URvncOSCOPIE. — iARVNX.

dent l'observateur et l'empécheut de prolonger ses ohaer-

vutions.

Véclcàroife solaire par réflexion est le plus simple de tous les modes divers; c'est en l'employant que Garcia est parvenu le premier à voir sur lui-même fooctioDoer la glotte, n Si l'observateur expérimente sur lui-même, dit-il, il (toit, au moyen d'un secood miroir qu'il tiendra à la main, recevoir les rayons du soleil et le diriger sur le miroir qui est placé contre la luette (fig. 38). »

On procède de ta m£nie manière en employant Véclai' raye nrtificiel direct. Czermak (iig. 39) approche, autant que possible, de la bouche largement ouverte, la Qamme d'une lampe, et inaiiHient entre les yeux et la flamme uo

HANIEHBNT. — AUTOLlRYNGOSCOPIli. \à3

miroir plan, carré et oblong, qui garantit les yeux contre la lumière ; celle-ci, en effet, pénètre dans l' arrière-gorge ait-dessous du bord inférieur du miroir. Au lieu de tenii' ta glace à la main, on peut la fixer au-dessus de la lentille qui concentre la lumière (fig. 75, 76).

Pour l'autoscopie avec la lumière artificielle réfléchie, Czermak a fait construire un z«areil particulier (fig. &0). 11 se compose d'un miroir concave percé (A), de 9 à 10

■ 'i A. niroir coaait ^écUingi, — B. flKt.

cenlimèlres d'ouverture, et d'une petite glace carrée (B), l'un et l'autre mobiles par des charnières sur un pied que l'on peut hausser ou baisser à volotué. On peut aussi rapprocher ou éloigner, sur la tige horizontale, la petite glace carrée.

Il va sans dire que cet appareil n'est pas indispensable. Oii peut tenir la glace à la main, et poser le miroir concave sur la table, k la hauteur voulue.

IMAGE LARYNGOSGOPIQUË. 145

miner. Le faisceau lumineux est dirigé sur le miroir concave, et celui-ci disposé de façon que le foyer des rayons concentrés qu'il renvoie tombe sur le laryngoscope que l'observateur place sous la luette avec sa main droite. L'image du laryngoscope devient maintenant visible à l'observateur dans la petite glace, et à l'intérieur de cette image aussi celle de la glotte.

Toutes remarques faites précédemment sur les distances auxquelles se forment les foyers par les miroirs concaves trouvent également ici leur application.

133. L'autolaryngoscopie est indispensable aux études physiologiques, et doit par conséquent être familière à tous ceux qui cherchent à connaître exactement les phénomènes qui se passent pendant la phonation.

Mais elle est en outre nécessaire à la démonstration pour l'enseignement, et au maniement du laryngoscope et des instruments ; nous y reviendrons plus tard (chap. V, Erseignement).

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