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PHONATION

257. Nous suivrons, dans l'élude des phénomènes que présente le larynx pendant la phonation (190) , l'ordre adopté pour l'exposition des principes d'acoustique. Nous examinerons d'abord comment le son se produit (art. i) et quels sont les caractères qu'il présente (art. ii) ; nous chercherons ensuite les conditions physiques de l'instrument vocal (art. m) et les différences individuelles (art. iv) qu'il présente.

Article 1. — Production du son glottique.

Voix inarticulée.

258. Les sons produits par la glotte jouent le rôle le plus important dans l'acte de la phonation. Après avoir défini ce que nous entendons sous le nom de son glottique (A), nous expliquerons les conditions physiologiques, c'est-à-dire le mécanisme (B) de sa production, puis les modifications (C) qu'il peut éprouver.

A. — Sons glottiques.

:>59. On appelle voix^ le son produit chez l'homme et chez les animaux supérieurs par Tair chassé des poumons à tra-

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vers le larynx convenablement disposé ; on le désigne plus spécialement sous le nom de voix inarticulée, lorsqu'on veut la distinguer de la voix associée à des voyelles et des consonnes, c'est-à-dire aux sons produits dans les cavités pharyngées et qu*on appelle voix articulée (371).

Cependant il est impossible d'entendre le son produit par Vair chassé des poumons à travers le larynx, sans que l'on entende simultanément les vibrations de l'air renfermé dans la cavité pharyngée, parce que le son produit est obligé de la traverser. La définition de la voix, telle qu'elle a été donnée, est, par conséquent, défectueuse.

Le son produit par l'air chassé des poumons à travers l'orifice glottique sera désijgné par nous sous le nom de son glottique. Il est impossible de l'entendre seul, isolé, sur l'homme vivant ; il y sera toujours associé aux sons produits dans le pharynx et que nous appellerons sons pharyngés (352) . C'est donc Tassociation des sons glottiques et des sons pharyngés qui forment la voix. Elle est inarticulée lorsque la disposition des cavités pharyngées est tout accidentelle ; elle devient articulée lorsqu'on dispose ces cavités d'une manière déterminée.

Nous étudierons maintenant la voix inarticulée, en fixant notre attention exclusivement sur les sons glottiques et en faisant abstraction des sons pharyngés que l'on entend simultanément. Cette abstraction est possible, parce qu'on peut étudier isolément les sons pharyngés, et parce que cette étude prouve que ni le mode de production, ni la tonalité ou l'intensité des sons glottiques, ne sont influencés par les sons pharyngés. Le timbre seul éprouve une modification profonde par cette association (&20) .

PHYSIOI.'IGIE.

B. — Mëcauïsme.

260. Le son se produit dans la glotte, pendant l'expiralion, par le mécanisme bien connu des muscles expirateurs.

L'émission prolongée des sons exige que l'expiration se fasse lentement. Ce résultat est obtenu par l'opposition que mettent les agents inspirateurs aux agents expirateufs. Les inspirateurs, pn continuant d'agir, retiennent Tair dans les poumons, tandis que les expirateurs l'en chassent pour produire le son. Il s'établit ainsi une lutte entre les agents qui veulent retenir l'air et ceux qui le chassent, lutte établie dans l'intérôl de la production de la voix, et que, par cette raison, nous (/oc cit., 1855) avons appelée hitlp vomie.

La dilatation thoracique qui se fait dans l'inspiration s'opère, comme nous le savons, de trois manières diverses (2A0 et suiv.). Un seul muscle, le diaphragme, agit dans l'inspiration abdominale; il agrandit le diamètre longitudinal du thonix. Lorsqu'une expiration prolongée est nécessaire, la lutte entre les muscles inspirateurs et expiraieurs se passe tout entière sur les viscères mous et mobiles de la cavité abdominale, et les parois thoraciques n'éprouvent aucune fatigue.

11 n'en est plus ainsi dans la respiration claviculaire. Les côtes supérieures, la clavicule, l'omoplate, les vertèbres, et quelquefois môme le crâne, sont déplacés par l'action de muscles très -nombreux ; ce qui entraîne une dépense de force très-considérable, car la résistance offerte par ces diverses portions fixes et peu llexibles est Irès-grande. Eu effet, toute la moitié supérieure de la cage osseuse et cartilagineui^e dans laquelle les poumons sont renfermés va se dilater et

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acquérir des dimensions plus considérables. Lorsque survient ensuite l'expiration prolongée, la résistance offerte par les nombreux agents inspirateurs et par les parties osso-cartilagineuses rend la lutte vocale très-fatigante pour les muscles thoraciques.

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