‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 78 sur 244 · II. — Mouvements extrinsèques · texte numérisé non relu

II. — Mouvements extrinsèques

26 1 . Aucun mouvement extrinsèque appréciable du larynx n*est exigé absolument pour l'émission du son, quels qu'en soient son intensité, sa hauteur ou son timbre; le larynx peut conserver, si l'on y est exercé, la position de repos qu'il occupe pendant la respiration tranquille, abdominale.

Les oscillations que l'on constate pendant l'émission des sons, sont déterminées par la position variable que l'on donne d'habitude à la langue et qui entraine le larynx avec Tos hyoïde. Ces oscillations seront d'autant plus prononcées, que les déplacements de la langue sont plus accusés ; nous y reviendrons plus tard dans la physiologie du pharyox (336» 339; comp. aussi 236, 238, 289). Mais, nous le répétons, on peut à volonté maintenir immobile la langue et le larynx avec elle.

Nous verrons, en étudiant la tonalité (289) , que la hauteur du son, contrairement aux idées et théories courantes, est indépendante d'un déplacement déterminé du larynx.

m. — MOUVEMINTS INTRIRSÉQUBS.

262. Dans rémission normale d'un son, les mouvements intrinsèques peuvent être rangés en deux groupes : les uns comprennent les dispositions préalables, les autres l'émission même.

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263. Lofsqu'on veut donuer un son. If. larynx prend la cou ligu ration suivante : les cartilages ajylénoïdes se rapprochent; la muqueuse du repli intéraryténoidien est pli^sée ; les lèvres vocales abandonnent la position écartée qui leur est assignée pendant la respiration (2/17); elles se rapprochent au point de fermer l'orifice glottique dans toute sa h-K. m.- pi.po»iUo« préalablo longueur (fig. 96), ou seulement pour lénusaion du son ( ). " \ o n

dans le tiers ou les deux tiers antérieurs de sa longueur (fig. 91, 92).

En même temps que les lèvres vocales se déplacent, elk'» éprouvent des ctiangemenis dans les diamètres longitudinal eltransversaletdansleurtensioiijcliangeuienls très-variable;^ suivant la tonalité du son que l'on se dispose à émettre. il nous suflit de laire remarquer ici que les lèvres s'allongeni et deviennent plus saillantes; qu'elles perdent leur Uaccidité et sont plus roides; en un mot, qu'elles abandonnent l'étal dans lequel elles se trouvaient pendant la respiration pour s'accommoder à la phonation.

Les autres parties de la portion supérieure de la cavité laryngée sont disposées comme dans un léger arrêt de l'expiration (251 et suiv.]. L'épîglotte .s'abaisse légèrement i't les replis supérieurs se rapprochent insensiblement. On peut, il est vrai, donner à ces mouvements iiurinsèques divers plus d'énergie en arrêtant davantage, c'est-à-dire en rendant plus difficile l'expiration ; uj^s la voix lait alors exploHon el n'est plus normale.

PHONATION. — SON GLOTTIQUE. 257

26A. Dans son ensemble, cette disposition est donc une occlusion (251), et le mécanisme qui s'accomplit est le même (252), avec cette différence essentielle cependant, que des muscles intrinsèques inactîfs dans le simple arrêt d'expiration entrent maintenant en action. Ainsi, lorsqu'on se dispose à émettre un son de tête, le doigt placé entre les cartilages thyroïde et cricoïde* constatera le rapprochement de ces cartilages; ce qui n'a pas lieu dans le simple effort. Le muscle thyro-aryténoïdien est également entré en fonction ; la lèvre vocale s'est épaissie. Nous détaillerons tout à l'heure ces diverses actions (269 et suiv.).

b. . ÉmlMlon.

265. Avant la découverte du laryngoscope, Mayo, chez un homme qui avait tenté de se suicider en se coupant la gorge en dessous des lèvres vocales, etRudolphi, chez un homme dont la cavité pharyngienne était accessible à la vue par suite de la perte du nez, avaient vu l'orifice glottique adopter des formes diverses pendant la respiration et la phonation. Magendie et Longet ont constaté les vibrations chez les animaux en mettant la glotte à nu. Aujourd'hui cette double série de phénomènes peut être constatée facilement à chaque instant dans ses moindres détails, grâce à l'application du miroir laryngé.

En effet on voit, au moment de l'émission du son, les lèvres vocales s'écarter brusquement, vibrer par le choc de l'air expiré, et présenter, ainsi que le vestibule glottique, des configurations diverses suivant les modifications du mécanisme.

a', — Lèvres vocales.

266. La CONFIGURATION dépend des modifications variables, suivant le son émis, et qui se rapportent, soit aux diamètres

VANDL. — Larynx. 17

258 PHYSIOLOGIE. — HRVHX.

des lèvres vocales, soit à l'écartemcnl ; d'où résultent le rétrécissement et le raccourcîsaemenl de l'orifice glottique, soit enfin aux vibrations.

267. Les rf(«me(re.ï longitudinal et transversal des lèvres vocales peuvent varier. La tension allonge les replis inférieurs; \ épaississement résulte de l' accroissement du diamètre transversal.

268. Vécartement des lèvres vocales détermine les diamètres de l'orifice glottique. Celui-ci, qui, pendant la disposition préalable à l'émission, était fermé dans une étendue pins ou moins grande et toujours dans la portion interligamenteuse, est ouvert maintenant dans une étendue plus ou moins considérable, mais toujours au moins dans la portion interligamenteuse. Lorsque celle-ci seule reste béante, le diamètre longitudinal de l'orifice glottique subit un rarrortrcissèment par occlusion de l'orifice intercartilaginoux; l'écarleraent latéral plus ou moins considérable des lèvres vocales détermine \q rétrécissement qmY élargissement as l'orifice par les modifications du diamètre transversal qui, cependant, sera toujours inférieur à celui de l'orifice pendant la respiration.

269. Les vibrations sont détenninées par le courant d'air expiré; elles sont transversales, c'est-à-dire elles ont lieu dans un plan vertical au plan Iiorizonlal dans lequel est située la lèvre vocale. Celle-ci se soulève au-dessus de l'aire glottique, retombe et descend du côté opposé, pour remonter, et ainsi de suite. Ce soulèvement est le plus prononcé vers le milieu et moins sensible aux extrémités. Les nombres et les amplitudesdesvibrationssoot très-variables. On ne possède jusqti'à présent aucun moyen pour mesurer l'étendue des vibrations sur les lèvres vocales, soit en longueur, soit en largeur; l'appréciation de l'observateur, au commencement de ses études, peut être guidée par les ébranlements qu'éproDveot pendant ces vibrations de petits amas de

PHONATION. — SON GLOTTIQUE. 259

mucosités qui adhèrent aux lèvres vocales : on les voit bientôt s'accumuler ■ en un point quelconque des bords, le plus souvent aux sommets des apophyses vocales. Il est bien entendu que je ne parle pas ici d'un état pathologique intense, mais de ces afiections légères qui passent inaperçues pour les gens du monde et qui produisent ce que les artistes appellent a avoir un chat » dans la gorge. Ces petits amas altèrent le timbre, mais nullement l'étendue des vibrations.

Tous les tissus de la lèvre vocale entrent en vibration ; il nous est impossible d'adopter Topinion de ceux qui n'admettent des vibrations que dans Tun ou l'autre tissu, ou comme Fournier, uniquement dans le repli muqueux qui se détacherait des tissus sous-jacents. « Les fibres musculaires, dit Henle (1866, t. II, p. 258), avancent tellement vers les cordes vocales et sont tellement unies au tissu élastique, qu'il est impossible de penser que les fibres élastisques vibrent isolément et que les fibres musculaires se retirent du repli muqueux. Au surplus, la masse principale du ligament élastique ne répond pas au bord du repli vocal, mais plutôt à la surface inférieure de ce repli. L'utilité du tissu élastique consiste en ce qu'il peut se raccourcir sans former des plis et sans onduler, comme certains ligaments de la colonne vertébrale.... Sur le cadavre, où l'on ne peut imiter la contraction des muscles thyro-aryténoïdiens internes, l'air donne aux ligaments la tension nécessaire. Le bord des cordes vocales est alors formé par im repli muqueux qui se détache bien plus du tissu élgistique et du muscle que cela ne peut avoir lieu sur le vivant, surtout si l'on a retranché toute la portion supérieure du larynx jusqu'aux cordes vocales.... Il est imjx)ssible que la fonction de la phonation soit réservée aux plissements accidentels de ce repU muqueux. »

En effet, on ne saurait comprendre conunent la muqueuse

260 PHYSIOLOGIE. — URYNX.

détachée, privée de toute élasticité, pourrait exécuter des vibrations régulières. Les vibrations peuvent s'étendre jusque dans Torifice intercartilagineux ; on les constate facilement lorsque par hasard des mucosités s'y trouvent amassées. D'autres fois une portion seulement, la portion centrale de la glotte ligamenteuse, peut vibrer ('273) .

270. Le MÉCANISME des modifications s'explique facilement par l'action des muscles intrinsèques (225 et suiv.); nous analyserons celles qui se rapportent aux diamètres des lèvres vocales et de l'orifice glottique.

271. La tension s'opère par la contraction des muscles crico-thyroïdiens (226); il en résulte le redressement des bords de la glotte interligamenteuse, qui sont légèrement concaves pendant la respiration.

272. L épaississemefit est le résultat de la contraction du hyro-aryténoïdien interne qui se gonfle en se raccourcissant

(230). Ce gonflement et la tension ne sont pas contradictoires; cette dernière s'exerce presque exclusivement sur le tissu élastique, situé au bord et à la face inférieure du repli, tandis que le muscle, en se contractant, modifie les dimensions transversale et verticale du repli, qu'il occupe.

273. Le raccourcissement Aq l'orifice glottique est déterminé par la contraction tiu muscle aryténoïdien, qui fait remonter les cartilages aryténoïdes de la portion inférieure de l'articulation crico-aryténoïdienne à la portion Supérieure (229), et qui ferme de cette manière l'orifice cartilagineux.

Le raccourcissement de la partie vibrante de la portion ligamenteuse (269) est dû à la tension des replis supérieurs qui appuient aux deux bouts de la portion ligamenteuse. Ce résultat est obtenu probablement par la contraction du faisceau supérieur du muscle thyro-aryténoïdien externe (231).

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