‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 84 sur 244 · C. — Timbre · texte numérisé non relu

C. — Timbre

309. Le timbre du son gloltiqne est déterminé par les vibrations des lèvres vocales et la consoniiance du vestibule RJottique.

Les lèvres vocales, dit Eelmhnltz, agissent comme des nnches membraneuses, et produisent une série de secousses aériennes discontinues, nettement séparées, qui, considL-rées comme une somine de vibrations pendulaires, correspondent à un irès-grand nombre de vibrations <le celte nature, et font par conséquent surl'oreille i'elletd'un son formé d'une assez longue série d'harmoniques. Avec le secours de résonateurs, Helmboltz a reconnu, dans des notes graves de la voix de basse, chantées avec force sur des voyelles éclatantes, des barmuiiiques Irës-aigus, allant même jusqu'au sixième; et dans l'émission un peu forcée de notes aiguës de toute voix humaine, le.s harmoniques aigus apparaissent plus nettement, dit-il, que sur tout autre instrument, a partir du milieu de l'octave de l'indice. Ou trouve surtout les six ou huit premiers hiu'iuonîques nettement perceptibles.

On comprend donc que les lèvres vocales, susceptibles de varier de longueur, d'épaisseur, de consistance, d'humidité, peuvent vibrer d'une façon différente, modifier les iriennes, et par conséquent produire des sons dont tes harmoniques nouveaux donnent lieu à des modifications de timbre. Ainsi la présence de mucosités fait que le son devient irrigulier, roulant et voilé; la congestion, l'inflammation, le gonflement des lèvres, rendent lavok enrouée, faible, aphone, etc.

Il est intéressant de noter les raisons supposées par Helmholtz dans diverses modificatioDS de timbre. Le timbre particulier des voix mordantes tirerai, d'après cet auteur, son

origine de ce que les bords des cordes vocales ne sont pas assez droits pour pouvoir former entre eux une fente étroite, rectiligne, sans se heurter l'une à l'autre, ce qui rapproche davantage le gosier des instruments à anches battantes, qui ont un timbre très-mordant. Les voix voilées proviendraient de ce que l'orifice de la glotte ne se fermerait jamais exactement, tandis que par la production d'un son plein et dur, les cordes vocales doivent se placer en ligne droite tout près l'une de l'autre, de manière à fermer momentanément la glotte d'une manière complète, sans cependant s'entrechoquer. En parlant, les lèvres fonctionnent comme anches battantes.

Ce sont de simples suppositions faites par analogie avec ce qui se passe dans les instruments de physique, mais à l'appui desquelles on ne peut citer aucune observation laryngoscopique qui leur sont même opposées. Ainsi, dans la voix voilée de la laryngite, l'épaississement des lèvres vocales favorise plutôt qu'il n'empêche l'occlusion de l'orifice.

Dans les expériences faites sur le cadavre, Tinfluence du vestibule sur le timbre est insignifiant. Il est probable qu'il en est de même sur l'homme vivant ; on affirme cepen* dant que l'épiglotte est relevée ou abaissée, suivant que le timbre est clair ou sombre : nous y reviendrons en étudiant l'influence du tuyau vocal sur le timbre de la voix.

Article III. — Instrument vocal.

310. Nous avons analysé, dans les paragraphes précédents, le mécanisme et les caractères du son ; ces notions nous engagent maintenant d'aborder la solution d'une autre question, à savoir, celle de la théorie de la voix. La réponse ne saurait être donnée qu'après l'examen préalable des élé-

ments actifs du larynx, au point de vue physique, c'est-àdire après la comparaison de leurs fonctions avec les fonctions des éléments actifs dans les instruments de musique.

Nous analyserons, par conséquent d'abord, comme pour les instruments de musique (211, "23 9), les trois éléments constituants (A), pour établir ensuite la ihéorie de la voix inarticulée (B).

A. — Eléments constituants.

811. Dans l'appareil vocal existent, coinine dans les instruments de musique, troiséléments constituants, h savoir :

I. Vêlement vibrant^ qui est une anche, représentée par les replis thyro-ai7ténoïdiens inférieurs, les lèv7'es vocales, habituellement appelées cordes vocales.

II. U élément moteur^ qui arrive sous forme d'un courant d'air chassé des poumons (soufflerie) à travers la trachée (porte-vent), pour se heurter, dans l'orifice glottique, aux bords des deux replis inférieurs.

III. Le tuyau sonore^ formé par les cavités pharyngées qui surmontent le larynx : c'est le tuyau vocaL

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