Les MOUVEMENTS RESPIRATOIRES, dout UOUS aVOUS
appris à connaître les types différents (239 et suiv.), doivent être réglés, comme nous l'avons déjà dit (260), de façon à prolonger l'expiration et à rendre l'inspiration courte et facile. Ils peuvent s'exercer, quelle que soit Y attitude; cependant les positions qui permettent de les accomplir avec la moindre fatigue seront choisies de préférence.
382. Les sons pharyngés dépendent de la disposition de la bouche^ c'est-à-dire des formes différentes que l'on fait prendre à la cavité pharyngo-buccale par des mouvements volontaires. Le timbre, qui dépend de cette configuration (121) , est variable suivant les individus. Le professeur de chant ne peut pas par conséquent exiger que l'élève dispose sa cavité buccale absolument de la même manière que lui ; telle disposition qui est la plus favorable au professeur ne convient nullement à l'organisation de l'élève. L'oubli de cette règle est une des principales causes qui font que chaque professeur, sur un grand nombre d'élèves, n'en compte que quelques-uns qui profitent avantageusement de son enseignement.
383. Les sons glottiques sont produits par les mouvements intrinsèques du larynx, qui se combinent accidentel-
lement avec quelques mouvements extrinsèques. Les premiers ont pour but l'émission variée de la voix; nous examinerons quelques-unes de ses principales formes.
384. L'occlusion préalable de Torifice glottique avant l'émission du son (263) est un des éléments de la pose de la voix, par laquelle on entend la disposition générale la plus favorable de l'organe vocal pour l'émission.
On appelle coup de glotte le son émis après Taccolenient complet des replis inférieurs. Exercé avec trop d'énergie et trop fréquemment, il fatigue la voix; les muscles intrinsèques perdent leur force et leur tonicité; la voix devient roulante. Si, par contre, l'occlusion est incomplète, l'air expiré se perd en partie avant que les lèvres vocales entrent en vibration.
Piquer les sons, c'est attaquer individuellement les sons par un coup de glotte qui les détache les uns des autres.
Porter la voix, c'est la conduire d'un son à un autre, en passant par tous les sons intermédiaires possibles.
385. On chante fauXj le larynx étant normalement constitué et l'oreille juste, lorsque les muscles du larynx ne sont pas suffisamment exercés pour prendre la tension appropriée et variable pour chaque intervalle. Dès que l'on possède, à la suite d'un exercice plus ou moins prolongé, cette faculté, la voix est juste. On le voit, les dispositions naturelles sont pour beaucoup dans cette faculté, et l'exercice ne peut pas toujours remplacer les défauts primitifs de l'organisation.
Les qualités de la voix dépendent du timbre et de l'intensité, dontil sera question plus loin.
386. Répéter alternativement et avec rapidité deux sons, à intervalles de seconde, s'appelle battre un trille. Battaille voit les ligaments vocaux alternativement et rapidement tendus et relâchés dans le sens antéro- postérieur, la tension la plus forte correspondant toujours au son le plus élevé.
387. On appelle filer un son^ lorsqu'on fait passer à travers la glotte en vibration un courant d'air d'abord trèsfaible, puis de plus en plus intense, de sorte que sa plus grande intensité tombe sur la moitié de la durée, et lorsque ensuite on la diminue progressivement pour la ramener à sa force primitive.
Pendant cette émission, les diamètres de Vorifice glottique n'éprouvent aucun changement ni en longueur, ni en largeur (307, 508), parce que les lèvres vocales conservent constamment le même degré de tension.
388. On sait tenir un son lorsque, pendant tout le temps de son émission, on sait conserver le même degré de tension aux lèvres vocales. Si cette tension, déterminée par la contraction des muscles intrinsèques, diminue ou augmente, le son change de caractère, la voix chevrote; si les différences de tonalité sont saillantes, la voix détonne.
389. La transitio7i du registre de poitrine en voix de tête, et réciproquement, exige de la part de Tartiste une grande habileté ; il s'agit pour lui de diminuer la contraction des muscles constricteurs, et d'ajouter celle de Taryténoïdien, sans que Tauditeur s'aperçoive du changement du mécanisme. Ce n'est que l'exercice prolongé qui peut donner ces résultats; si le passage ne s'effectue pas insensiblement, on dit qu'il y a un trou dans la voix.
390. Vocaliser signifie chanter sur des voyelles. Le son ne peut être tenu et prolongé que sur une voyelle, puisque les consonnes ne sont que des bruits. Le choix des voyelles doit s'adapter à l'organisation du chanteur ; il me parait impossible d'établir à ce sujet des règles générales.
39i. Les MOUVEMENTS EXTRINSÈQUES du larjnx sont purement accidentels (261). Aucun des caractères de la voix, ni la tonalité (289), ni le timbre, n'exige une position déterminée du larynx ; nous savons qu'elle dépend souvent seu«
lement de la position de la langue (337) . C'est donc à tort si le professeur de chant exige tel ou tel déplacement du larynx. Celui auquel il donne la préférence, déterminé par la langue, peut être très-favorable à la conformation de sa bouche, sans convenir à l'élève. Le meilleur emplacement du larynx est peut-être celui du repos, pendant la respiration tranquille (260), parce qu'alors la lutte vocale est nulle.
b. —> Exercice artl»tlqiie en cbant.
392. La partie artistique est relative au style et à l'expression. Nous n'avons guère besoin de dire que l'étude de ces questions doit être complètement étrangère à nos recherches; faisons seulement remarquer qu'il est inutile de chercher avec Diot et Magendie une portion du larynx spécialement chargée de V expression^ qui consiste dans Tadoption du timbre et de l'intensité aux sentiments que Ton veut représenter.
Quant au style^ qui est une affaire de goût, il est indépendant de l'organisation. Chaque larynx est théoriquement capable de chanter les morceaux de toutes* les écoles. La difficulté de s'approprier les styles différents dépend plutôt de l'éducation générale, de la direction de l'esprit, des sentiments que l'on est capable d'éprouver. A ce point de vue, l'expérience prouve que les gens du Nord sont plus aptes à s'assimiler les mélodies italiennes que les Italiens la musique sévère du Nord. Mais, nous le répétons, l'organisation physique se trouve complètement désintéressée dans la question.