‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 94 sur 244 · VI. — MODinC AXIONS · texte numérisé non relu

VI. — MODinC AXIONS

393. Les modifications peuvent porter sur les sons pharyngés ou bien sur la voix sonore ; elles sont, comme les mo-

dificatioDs des sons glottiques (277 et suiv.), accompagnées et déterminées par des modifications de l'acte respiratoire.

394. Véternument est une expiration spasmodique par les narines et par la bouche, précédée d'une courte aspiration avec occlusion de Ja glotte et retrait du voile du palais. L'air expiré, faisant explosion, résonne dans les fosses nasales et produit en même temps, par les obstacles qu'il doit vaincre en traversant la cavité pharyngée, des bruits auxquels s'associent quelquefois des sons articulés {a-tzi, ha-tchi^ had'Zi^ etc.).

396. Le crachement est un acte par lequel les mucosités sont expulsées de la bouche. Lorsqu'on veut cracher, on tend le voile du palais pour fermer la cavité pharyngo-nasale ; Torifioe glottique est rétréci, Tépiglotte légèrement abaissée, la langue tirée en haut et en arrière, et le courant d'air aspiré est poussé avec force contre la paroi postérieure du pharynx.

Le frôlement intense de l'air contre le pharynx produit souvent des bruits très-intenses et qui dominent la voyelle, que donne la disposition accidentelle de la cavité buccale.

Le crachement termine toujours l'expectoration, excepté chez les enfants et certains malades qui ravalent les matières expulsées des bronches. Mais le cracher peut aussi se limiter à l'expulsion des mucosités pharyngées. Il importe, en médecine pratique, de distinguer les sons glottiques de la toux (286) , suivie ou non d'expectoration, d'avec les sons pharyngés qui peuvent accompagner le crachement.

396. Le ronflement est produit par les vibrations du voile du palais, qui flotte au devant du pharynx ; il peut se produire, pendant l'inspiration et pendant l'expiration, trèsfacilement quand la bouche est ouverte.

Le reniflement est une inspiration nasale forcée, accompagnée de bruits plus ou moins intenses. Il n'y a également

que des bruits dans le moucher ^ qui est Topposé du reniflement, à savoir, une expiration forcée.

397. Le sifflet est produit par Técoulement de l'air à travers une petite ouverture circonscrite par les lèvres, dont les vibrations sont à peu près insensibles. Gagniard-Latour a montré que Ton peut produire les sons du sifflet dans une étendue d'environ une octave, en remplaçant les lèvres par de petits disques de liège présentant des ouvertures de 3 millimètres de diamètre. Les lèvres du siffleur ne peuvent donc pas être appelées glotte labiale, comme Tavait pensé Dodart.

398. La venlriloquie est cette aptitude qui fait donner à la voix un timbre tel qu elle paraît tantôt venir de loin, tantôt se rapprocher. On a prétendu longtemps que le ventriloque parlait pendant Tinspiration : le fait est possible. Nous avons déjà vu que la voix chuchotée est très-facile pendant l'inspiration ; l'articulation devient difficile avec la voix iuspiratoire sonore ; cependant on peut acquérir une certaine habileté par l'expérience.

Millier dit que l'expiration, précédée d une inspiration abdominale, doit être très-lente, avec resserrement de la glotte ; on obtient de cette manière le timbre particulier aux ventriloques.

Il me parait probable que les ventriloques emploient diverses méthodes capables de donner à la voix le timbre de Téloignement.

B. — Cavités thoraciques.

396. La trachée et les cavités thoraciques ont leurs sons propres ; nous les appellerons sons thachéiques et sons tho- RAQQUES. On peut les faire naître par un courant d'air aphone, asonore, à savoir la respiration, ou bien par un courant d'air

sonore, c'est-à-dire la voix. Ces études forment la base de Y auscultation.

On peut examiner ces sons par l'application directe de Toreille sur les parois, V atiscultation immédiate^ ou bien par l'intermédiaire d'un tube, appelé stéthoscope. Il est possible encore d'entendre ces sons en frappant sur les parois, c'est-à-dire en exécutant la percussion.

Quel que soit le mode de production, on n'entendra jamais piirs les sons tracbéiques ou thoraciques ; ils sont constamment mêlés au frôlement de l'air ou bien aux vibrations des parois élastiques qui limitent ces parois, ou bien simultanément à cette double série de bruits.

400. Les sons propres mis en évidence par un gouraivt d'air aphone peuvent être étudiés pendant l'inspiration et l'expiration; ils sont appelés murmure vésiculaire^ et se trouvent diversement modifiés par les vibrations des bronches et des vésicules pulmonaires, dans la respiration puérile^ dans V expiration prolongée ou soufflante^ etc.; des bruits accessoires font naître des râles^ qui sont secs ou humides^ suivant l'absence ou la présence de liquides. Le courant d'air de la respiration n'est pas assez puissant pour faire vibrer les parois thoraciques.

Le frôlement de l'air dans la trachée empêche d'entendre distinctement le son propre de cette cavité.

AOl. Lorsque, au moment de l'émission de la voix, on ausculte le larynx, la résonnance est très-forte ; elle diminue le long de la trachée et devient pour la poitrine un bourdonnement confus accompagné d'un léger frémissement aux parois thoraciques : c'est ce qu'on appelle le retentissement normal de la voix. Il peut être modifié par Vexagération^ {'affaiblissement^ la pectoriloquie, etc.

Si l'on ausculte avec une oreille, l'autre étant fermée, des sons d'une tonalité différente, on entendra certaines notes

MÀNDL. — Larynx. 21

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beaucoup plus retentissantes suivant la région thoracique que Ton explore. On constatera aussi souvent des vibrations dans cette région. En analysant ces sons avec l'oreille, j ai constaté que l'on entend, outre le son de la voix, le son thoracique.

&02. Par la, PERCUSSION on peut également donner nais« sance au son propre thoracique; il sera normal ou clair ^ obscur^ exagéf*é, tympanique^ etc.

On n'a pas cherché à déterminer la tonalité du son thoracique ; dans quelques expériences que j'ai faites, j'ai pu constater que le son obtenu par la percussion à la base des poumons, en arrière, était la tierce du son le plus grave du registre inférieur. Il m'a paru plus élevé au sommet des poumons.

Article II. — Caractères du son.

i03. Nous étudierons les caractères des sons pharyngés et thoraciques, d'abord purs, dans la voix aphone, et puis combinés avec les sons glottiques dans la voix sonore.

A. — Hauteur.

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