I. — Voix APHONE
404. La voix asonore est produite, comme nous le savons, par les sons pharyngés qui forment les consonnes et les voyelles. Les consonnes, n'étant que des bruits, ne peuvent être étudiées au point de vue de la tonalité : la hauteur des sons pharyngés comprend donc uniquement les voyelles et fournit leurs caractères différentiels.
Nous examinerons ensuite la hauteur des sons thoraciques.
a. — Sons pbArynfés. Voyelle*.
405. La hauteur, déterminée par des expériences physiques, exige dans sa production certaines dispositions anatomiques.
406. Donders est le premier qui ait voulu déterminer la hauteur des sons pharyngés en analysant les voyelles chuchotées avec l'aide de Yoreille seulement. Mais quelque exercé que Ton soit, on se trompe facilement, surtout sur Toctave ; il faut donc avoir recours à certains moyens phy-
SIQUES.
407. Le moyen le plus sûr et le plus facile, suivant Helmholtz, de trouver la hauteur à laquelle la masse d'air buccal est accordée dans les diverses positions de la bouche, lorsqu'elle est disposée de manière à produire les différentes voyelles, * c'est de faire vibrer des diapasons de différentes hauteurs devant la bouche ouverte. Plus le son du diapason est fort dans cette position, plus il est voisin du son propre de l'air renfermé dans la bouche. On peut modifier arbitrairement la disposition de cette dernière, mais on peut toujoiirs trouver un diapason d'accord avec elle ; on détermine donc facilement de cette manière quelle position on doit donner à la bouche pour que la masse d'air qu'elle renferme soit accordée à une hauteur déterminée.
Par ce procédé, Helmholtz a trouvé que la voyelle .4 était caractérisée par la note fixe si j*, Opar si *, JE par si '^. Koenig, en poursuivant ces recherches, s'est assuré, par des diapasons, qui n'étaient pas à la disposition de Helmholtz, que la véritable caractéristique de 1'/ était si *, et de l'Of/, 51 *. Les voyelles sont donc caractérisées, pour la prononciation des Allemands du Nord, comme il suit^ en nombres ronds de vibrations simples :
06, 450; O, 900; ^4, 1800; jE, 3600; y, 7200.
Il paraît plus que probable à Kœnig qu'il faut chercher dans la simplicité de ces rapports la cause physiologique qui fait que nous retrouvons toujours à peu près les mêmes cinq voyelles dans les dilTérentes langues, quoique la voix humaine en puisse produire un nombre indéFini.
On confirme ces expériences par une autre très-simple et très-concluante. Que Ton chante la lettre a dans l'intérieur de la caisse d'un piano dont on a soulevé tous les étonffoirs, le piano rend le son distinct de l'a, par la vibration de la corde du si \ ; de même, en chantant la lettre o, celle-ci «era répétée par la vibration de si *. On peut avoir chanté ces voyelles sur le même ton et avec la même intensité, ou bien sur des tons différents.
408. Pour démontrer la formation des voyelles, Helmholtz a fait construire un appareil fort ingénieux. C'est une série de diapasons accordés à différents tons et maintenus en vibration, tous à la fois, par l'action d'un électro-aimant dont le courant est ouvert ou fermé 110 fois par seconde. Le son ainsi obtenu est assez faible; mais il devient sensible par la disposition suivante. Devant chacun de ces diapasons est placée l'ouverture d'un résonnateur, accordé à l'unisson ; cette ouverture est fermée par un couvercle que l'on peut écarter rapidement à Taide d'un mécanisme correspondant à la touche d'un clavier. Dès que la caisse correspondante est ouverte, les vibrations du diapason se font entendre distinctement.
On peut former ainsi rapidement diverses combinaisons de son fondamental avec les harmoniques d'intensité variable, et produire de cette manière les différentes voyelles. Chaque voyelle peut être représentée par la résonnance d'une certaine note spéciale, résonnance qui se produit indépendamment de l'intonation et de l'intensité du son émis.
&09. On comprend, d'après tout ce qui a été dit précé-
déminent, que les dispositions ânâtomiques diverses, prises dans la production des voyelles, ont pour résultat de transformer la cavité buccale en résonnateurs diversement accordés, dont le son propre varie avec la configuration.
On sait que le tuyau sonorç est d'autant plus court que le son est plus aigu (21/k); aussi la cavité buccale est-elle raccourcie pour r<2, Ye et l'i, et allongée pour Yoei Yu.
La hauteur des sons de plus forte résonnance de la bouche, en employant les procédés des diapasons, dépend seulement de -la voyelle, pour l'émission de laquelle la bouche est disposée, et change d*une manière assez notable, même pour les petites modifications du timbre de la voyelle, comme en présentent les différents dialectes d'une même langue; aussi pourrait-on, suivant Helmholtz, définir les voyelles des différents idiomes par la hauteur de la plus forte résonnance. En revanche, les sons propres de la cavité de la bouche sont presque indépendants de Tâge et du sexe. Ce que la bouche perd en dimension, chez les femmes et les enfants, peut être compensé par la fermeture plus exacte de l'orifice buccal.
410. La tonalité étant déterminée par la voyelle que l'on prononce, on comprend qu'elle ne peut varier que dans des limites assez étroites, pour une et la même voyelle, et guère dépasser un ou deux sons, suivant les idiomes. Aussi est-il impossible de faire des gammes avec la voix chuchotée, à moins de substituer les voyelles les unes aux autres.
b. — Sont Uioraelqacfi.
AU. La hauteur des sons thoraciques n'a pas encore été étudiée ; on ne peut la déterminer que par fanalyse faite à l'aide de Toreille, parce que ces sons sont trop faibles pour faire résonner des diapasons. Les sons obtenus par la percussion, à la base des poumons, en arrière, m'ont paru former
la tierce ou la quarte du son le plus grave du registre inférieur ; ils sont d'une tonalité plus élevée dans les fosses susépineuses.