‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 35 sur 123 · NÉVRALGIE INTERCOSTALE. 2G · texte numérisé non relu

NÉVRALGIE INTERCOSTALE. 2G

Il y a eu récemment à l'IIôpiUil- Général un très IjcI exemple de zona du cubital, survenu à la suite d'une névralgie de ce nerf. Kaposi ' a observé un fait remarquable de zona cervico-brachial gangréneux, etc. ■ — Les troubles trophiques plus profonds : atrophie, pemphigus, ulcérations, peau lisse [(jlossij fingers), etc., ne s'observent que dans des cas de lésion anatomique du nerf avec anesthésie et paralysie graves -.

On observe parfois un retentissement des phénomènes sur les gros vaisseaux, etc. Nous reviendrons sur ces cas complexes en étudiant l'angine de poitrine.

Cette névralgie ne présente rien de spécial pour la Marche, la Durée, les Terminaisons et le Pronostic .

Le Diagnostic devra être fait d'abord avec le rhumatisme articulaire et toutes les autres maladies articulaires : la forme et le siège de la douleur lèveront les doutes. — Le rhumatisme musculaire se distingue aussi par le siège et la distribution de la doulcr. Les lésions osseuses s'accompagnent de douleurs profondes, persistantes, d'empâtement et d'œdème superficiel, etc.

Le Traitement comprend les agents ordinaires : narcotiques, vésicatoires, électricité, etc.

L'intervention chirurgicale est plus facile ici que dans beaucoup d'autres régions : on peut faire la résection, la section, l'élongation, ou même des amputations du bras. Dans un cas récent, Seguin et un autre médecin américain ont fait d'abord une amputation : la névralgie n'a pas été guérie ; alors ils ont osé couper le plexus brachial à sa sortie des trous de conjugaison: le succès n'a, du reste, pas été plus brillant pour cela ! Plus récemment encore, Rose-', dans un cas de névrome des branches postérieures des 5° et G" paires cervicales, a réséqué les racines en question et substitué de la sorte aux troubles sensitifs la paralysie du groupe musculaire Duchenne-Krb.

§ IV. Névr.vlgie iNTERcosiALK '' . — Sicbold mentionne déjà la névralgie intercostale, mais c'est seulement Nicod qui, en 1818, en commence l'histoire. A partir de ce moment surviennent une série de Mémoires et d'Observations jusqu'à la Thèse de Bassereau et au travail deValleix dans les Archires, en i84o.

' Kaposi; Peoue des Sciences médicales, V, pag. 206. James Mackenzie. dans unlruvail rocent (T/ie Journ. of Paihul. and Bal.te,-., lévrier i8ij3, pag. 3o2 ; anaL in Revue Neurologique, iSgS. n" 8, pag. i8j), a chercliL- .■i déliniiter les territoires de distribution des nerls cutanés en se servant à la fois des éruptions d'iierpés zoster etdes symptôm^^s concomitants, tels que l'hyperesthésie et les irradiations douloureuses.

Rose ; Deut. Zeits. f. Chir., Bd XXIV, helt 3 et 4, 1886. * A. Hardy ; art. du Dictionnaire de Médecine et de C/iirurgie pratiques; Leroux ; art. du Dictionnaire encyclopédique, 1889;

Berbez ; Revue générale sur le Zona, in Gazette des Hôpitaux, i6 avril 1892, n " 4G.

On sait que les douze paires dorsales donnent des branches postérieures et des branches antérieures.

Les branches postérieures se séparent des autres, qui forment la véritable continuation du nerf, perforent les muscles de la gouttière cl se répandent dans la peau.

La branche antérieure [nei-f inlercoslal) chemine dans l'espace intercostal, d'abord tout à fait profondémenl, puis dans l'épaisseur des muscles. Vers le milieu de ce trajet, il y a une division : le nerf donne une sorte de rameau perforant moyen, destiné au bras pour les deux premières paires et à la peau du thorax pour les autres paires. Le nerf intercostal continue sa marche et devient superficiel, un peu en dehors du sternum ou du muscle grand droit.

Il y a donc en quelque sorte trois perforants : un postérieur, un moyen et un antérieur. D'où Iroïs points de division et d'émergence à la fois.

Dans Vl'Jliologie, nous ne parlerons pas du froid et des autres causes banales et communes. Nous n'insisterons que sur les éléments spéciaux à cette névralgie particulière.

Un fait curieux à noter, c'est que les femmes sont beaucoup plus souvent atteintes que les hommes, et cela dans une proportion de 5i contre ii. Bassereau voulait que la névralgie intercostale fût presque toujours sous la dépendance d'une lésion utérine. Valleix a combattu cette idée et a montré, d'un côté que les autres névralgies coïncidaient fréquemment aussi avec les maladies utérines, et d'un autre côté que les troubles utérins eux-mêmes étaient souvent, non plus la cause de la névralgie, mais une conséquence des manifestations névralgiques (dans la névralgie lombo-abdominalc).

Les maladies des organes thoraciques, et spécialement de la plèvre et des poumons, peuvent produire la névralgie intercostale. Il ne faut cependant pas considérer comme une névralgie vraie toutes les douleurs de la pleurésie, de la pneumonie, etc.; mais on observe dans les maladies chroniques, dans la phtisie pulmonaire par exemple, des névralgies intercostales parfaitement caractérisées'.

' Leroux (Du zona chez les tuberculeux. Thèse de Paris, juillet 1888), Potain (Journal de Médecine et de Chirurgie pratiques, 1879), Lemonnxer (Société fi-ançaise de dermatologie et de syp/iiligrap.hie, 1890; anal, in Semaine médicale, i4 mai 1890, pag. 17/1) et, tout récemment, Arnaud (Marseille médical, i5 janvier 1898) ont signalé le zona intercostal dans la phase prodromique de la tuberculose pulmonaire.

Barié (Société médicale des Hôpitaux, 25 mai 1887J a également observé 3 cas de zona périnéo-génital chez des tuberculeux;

Nys (Gazette des Hôpitaux, 9 juillet 1887) a décrit, chez ces mêmes malades, le zona de la membrane de Descemet.

Vergely (Progrés médical, 26 septembre 1891) a noté le zona intercostal dans le diabète.

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