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CONVULSIONS DU FACIAL

Le Trailement s'adressera d'abord à la cause : au refroidissement ou au rhumatisme, par les sudorifiques, les bains de vapeurs, etc.; aux causes périphériques connues, par une action directe : avulsion d'une dent cariée, traitement d'une ulcération, d'une ophtalmie. On a même tenté la névrolomie ', la neurectomie ou l'élongation du nerf sensilif en cause.

Gomme traitement direct, on préconise beaucoup réleclricilé. Bénédickt déclare que tous les cas récents sont guéris par ce moyen, mais que les cas anciens résistent. Erba vu, au contraire, beaucoup de cas récents résister à tous les genres d'applications électriques, et il considère une certaine ancienneté de la maladie comme un élément de succès. On emploie de préférence le courant galvanique descendant, allant du nerf au muscle-. — Dans les cas qui s'y prêtent, on peut pratiquer l'électrisation des points d'arrêt. La considération et le traitement du point d'arrêt auraient, d'après de Grœfe, une importance toute spéciale dans le blépharospasme.

Les narcotiques (injections sous-cutanées de morphine, chloroforme, atropine), le curare, les antispasmodiques divers, ont été essayés.

De violents efforts de volonté suffisent quelquefois pour faire disparaître un tic ; de Grœfe en a cité un exemple pour le blépharospasme. Duchenne recommande beaucoup l'intimidation pour arrêter un tic au début, chez les enfants. Si les punitions ne suffisent pas, on pratique une électrisation douloureuse, les yeux bandés, et on menace de recommencer si le tic continue.

On a encore préconisé la section du facial, malgré la paralysie qui en résulte, ou la simple pression prolongée de ce nerf; l'élongation du nerf a également des partisans DielTenbach a même pratiqué la section sous-cutanée d'un muscle atteint.

' Voy. le récent travail de Dehenne (Union médicale, 5 mai 1888) sur le traitement du blépharospasme par la section sous-cutanée du nerf sus-orbit^ire, suivie lie l'ajjplication de courants continus.

' tiERUEB, (Neurol. Centr., i8S3 ; anal, in Archives de Neui-ologie, 1S84, VIII, pag. 346) a publié robservation d'une convulsion (d'origine traumatique) des muscles de la lace qui servent à la mimique, guérie par l'électrisation galvanique.

■* EuLENBURG a l'ait connaître un cas de prosopospasme grave, qui est résumé par le titre suivant de l'observation : « Blépharospasme et tic convulsif de la moitié gauche de la l'ace, durant depuis jilusieurs années, avec liyperalgésie, points douloureux, et par moment irradiations étendues ; galvanisation, injections de morphine, atropine, curare, etc., sans résultats, ainsi que la névrotomic du susorbitaire. Extension du nerf facial (Hueter); disparition de la convulsion, mais en mémo temps paralysie totale consécutive de tous les rameaux faciaux; sup[)ression du goût dans la moitié antérieure de la partie gauche de la langue; forme moyenne de la réaction de dégénérescence ; retour des convulsions cloniquestoni(iues dans les muscles des lèvres à gauche, disparition de la paralysie. » {Ceiitralbl. f. New., III, pag. u3).

Voy. encore : Southam ; Lancet, 10 avril i88(j ;

Keen ; Journ. of Amer. med. Assoc, mai 1S8G (anal, in Revue des Sciences incdicales, XX.1X, i)ag. GÔ3) ;

§ III. Convulsions de l'hypoglosse. — Les convulsions de ce nerf sont très rarement isolées : elles ne sont assez fréquentes que dans les névroses plus complexes. — On peut observer dans la langue des mouvements variés, dans les divers muscles des contractions fibrillaires, ou des convulsions Ioniques déformant la langue d'une manière bizarre.

Eulenburg cile quelques observations rapportées par diversauleurs. Ainsi, Fleury ' a vu chez un sujet des convulsions cloniques ou toniques dans les muscles innervés par la douzième paire, toutes les fois qu'il essayait de parler ou que seulement il en avait l'intention ; c'était une espèce de spasme fonctionnel {aphlhongie). Dans le cas de Valleix, c'était une crampe tonique qui lixaitla langue immobile contre la voûte palatine. Dans un fait de Pauthel, c'étaient au contraire des convulsions cloniques.

Comme Etiologie, on a noté des lésions de l'écorce cérébrale (centres corticaux) ou du bulbe; des névroses, comme la chorée, l'épilepsie ou l'hystérie-; des réflexes, spécialement de la cinquième paire; l'atrophie musculaire progressive et la paralysie labio-glosso-Iaryngée.

L'étude spéciale de ces convulsions n'est en somme pas faite, et même ne paraît pas possible dans l'état actuel des documents réunis.

Berger', en 1882, a publié deux cas intéressants de « convulsions idiopathiques de la langue » . Voici la description de la crise du premier : « Sensation de tension sus-laryngienne siégeant immédiatement audessous du menton; puis la langue, qui semble à la malade enfler au point de remplir toute la bouche, est parcourue d'arrière en avant par une ondulation : c'est l'aura qui dure une minute et demie. L'organs est ensuite involontairement, irrésistiblement et violemment projeté en avant; il vient frapper les arcades dentaires en produisant un bruit perceptible, ou montrer la pointe entre les lèvres. Ces convulsions rythmiques se succèdent cinquante à soixante fois par minute. » Quant au second, « pas d'aura; projections brusques, involontaires, animées d'une grande force, de la langue hors de la bouche plusieurs fois d^ suite, même pendant la nuit. Le malade, effrayé, ferme involontairement les mâchoires et se blesse ainsi fréquemmeiit. »

SiNKLER ; Med. Neics., 26 scplembre 1886 ;

Beunhardt ; Arch. f. Psycli. und Nerveii., 1886, Bd XV, hcl'l 3, pay. 777.

D'après ce dernier auteur, l'amélioralion obtenue par l'élongation du facial serait très passagère ; sur 17 cas qu'il a réunis, le succès n'a été complet et durable qu'une seule l'ois.

' Fleury etVALLiN; Gazette hebdomadaire, i865.

2 Le spasme de la langue est associé au spasme facial dans V« hémispasme glosso-labié •• des hystériques, dont nous avons parlé au paragraphe précédent. La langue, recourbée en crochet et fortement incurvée vers le côté contracturé de la face, est projetée avec peine hors de la bouche ; il est même des cas où le suji t ne peut parvenir à la sortir.

^ Berger; Neiirol. CentraWI., iSSa (anal in Ai'c/uL-es de Neurolo'jie, 1884, VIII, pag. 85).

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