‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 67 sur 123 · CONVULSIONS UU SPINAL · texte numérisé non relu

CONVULSIONS UU SPINAL

pèze. La convulsion, clonique d'abord, devient bienlùL Ionique si la malade ne se couche pas

Si les deux muscles sont frappés simultanément, on observe les mouvements combinés des deux derniers types, avec prédominance variable de l'un ou de l'autre muscle.

Si la crampe est bilatérale, le plus souvent la tcte oscille, branle d'un côté à l'autre, et le menton tourne aussi de gauche à droite et de droite à gauche. Plus rarement, le spasme est synergique des deux côtés et entraine des mouvements d'inclinaison et de redressement alternatifs delà tète, ce qui constitue une sorte de salutation continuelle-. Ce genre de convulsions s'observe surtout chez les enfants, sous la dépendance de la dentition.

Assez souvent l'état convulsif est continu, à peine interrompu par le sommeil ; quelquefois même il peut troubler profondément le repos de la nuit. — D'autres fois, il revient par paroxysmes de durée et de fréquence variables, avec une ténacité qui constitue une vraie torture pour toute la vie. La marche, la parole, les émotions, provoquent ces crises.

On observe des irradiations musculaires qui se produisent à certains moments, au maximum de la crise : à la face, dans les masticateurs, dans les yeux, les épaules ou les bras.

Souvent les malades éprouvent une grande sensation de fatigue dans les muscles convulsés. Quelquefois ils ressentent une vraie douleur à la nuque, à l'occiput, au bras ou à l'épaule, avec fourmillement dans ces régions. Cette douleur rachidienne existe très nette chez la malade que nous avons observée à Saint-Éloi.

Les points d'arrêt sont assez rares : quand ils existent, c'est sur le trajet du spinal, au plexus brachial ou à la colonne vertébrale, ou même sur les muscles malades.

La maladie peut avoir des conséquences éloignées sur la mastication, l'alimentation, la parole, le sommeil; de là, quelquefois, des retentissements psychiques.

2. Les convulsions toniques frappent le plus souvent le sterno-cléidomasloïdien seul ; quelquefois les deux muscles, mais rarement le trapèze seul.

Elles ont pour conséquence d'immobiliser la tcte dans une des posi-

' Desnos a présenté à la Société médicale des Hôpitaux (5 janvier i88o) une curieuse malade alteinle de spasme du sterno-cléido-masLoïdien gauche. — Plus récemment, Nègre (Thèse de Montpellier, i8S3, n" 87) a publié une intéressante observation prise dans le service de Dubrueil. — Voy. aussi Tillaux (Académie de Médecine, 3i janvier i8S-2) ;

FÉKÉ ; Revue de Médecine, i883; — Progrès tnédical, i883;

GuiBERT; Ikccue de Médecine, avril 1892.

- Voy. sur le tic de Salaam : Gautiliz ; Frarce médicale, 10 levriei- i883, — et Tlièse de Paris (sur les Spasmes du cou), 1884.

lions que nous avons décrites tout à l'heure : capiil ohstipiim spasticum (Erb), ou obslipitas spastica. Si les deux sterno-cléido-mastoïdiens sont atteints, la Icte est fortement inclinée sur la poitrine iDuchenne) . En même temps, on apprécie, à la vue et au toucher, la saillie et le rebord très nets de la masse musculaire contracturée. Il y a de la douleur au début, qui disparaît en général assez rapidement : la contracture est le plus souvent indolente. Le muscle peut s'hypertrophier mais le plus souvent il s'atrophie. Chez les sujets encore jeunes, la déviation permanente de la tète entraîne une déviation consécutive de la colonne vertébrale, à convexité du côté sain.

Marche, Durée et Terminaisons. — Le début est graduel et progressif. Quelques cas graves débutent cependant subitement. Quelquefois on observe plus tard un temps d'arrêt dans les progrès du mal, ou même la guérison des formes moyennes ; mais le plus souvent la ténacité est extrême.

La guérison est donc relativement rare; le s/af« (/?/o est la terminaison la plus habituelle. On observe aussi le passage à une forme convulsive plus grave (épilepsie) ou l'envahissement progressif par la paralysie. D'autres fois, des rétractions définitives succèdent au spasme prolongé -.

Le Diagnostic n'est difficile que dans les cas où les symptômes sont réduits, peu accusés; on en trouvera la caractéristique dans la connaissance exacte du mouvement produit par la contraction de chacun de ces muscles, contraction qu'on peut étudier à tout moment, en la provoquant par l'électricité.

A l'état tonique, on distinguera la contracture de la paralysie des antagonistes par l'impossibilité des mouvements passifs et la présence d'un relief musculaire très accusé.

Le plus difficile est de diagnostiquer la cause, et spécialement la nature et le siège de cette cause.

Le Pronostic dépend des éléments mêmes que nous avons envisagés à l'étiologie.

Le Traitement causal ne présente rien de spécial. Pour le traitement direct, on préconise l'électrisation, et spécialement les courants continus descendants.

Les injections de morphine, d'atropine'', de curare; les applications de chloroforme, d'éther, paraissent avoir rendu des services. Il en est de même du valérianate de zinc, du bromure de potassium, du gelsémium^ à hautes doses, etc. — Buscha eu de bons résultats par l'appli-

' Chez un sujet qui se trouve actuellement dans notre service et dont nous reproduisons la photographie (Pl. XXIX), il existe une "hypertrophie fonctionnelle» notable du sterno-mastoïdien droit.

' Terrillon ; Nouvelle Icoiiogra2Jhie de la Salpétrière, iSyi, n» 4. pag- 2/19.

' Lezinsky ; New-York med. Journ., 14 mars 1891.

' Williams ; Med. News., 16 novembre 1889.

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