‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 80 sur 123 · CHORÉE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

CHORÉE CHRONIQUE

lumeur cérébrale, nlrophie des circonvolutions avec lésions d'encéphalile chronique, etc.). Des lésions de la moelle, macroscopiques ou microscopiques, se sont trouvées, dans quelques cas, associées aux lésions du cerveau. D'autres fois, enfin, raut()i)sie n'a révélé aucune anomalie du côté des centres nerveu.x.

Les lésions cérébrales, lorsqu'elles existent, occupent toujours la zone psycho-mol rice, c'est-à-dire les origines du IViiscf-au pyramidal ; or, on sait que la lésion de ce dernier, principalcuKMit au niveau du tiers postérieur île la capsule interne, caractérise l'hémichorée dite symptomatique.

On peut donc, senii)l(> t-il. rapportcM- la choréc chroni({Uc à un trouble analomicjiic ou tonctionnel de la zone psycho-motrice des circonvolutions; cett(> localisation corticale exi)li(juerait à la t'ois la production des mouvements anormaux et le dé veloppement des troubles psychiques.

Au point de vue de sa naliirc, Clharcot assimile la chorée chronique à la chorée de Sydenham, dont elle s'écarterait simplement par un degré |)lus accentué de dégénérescence héréditaire. Diller, Cirincione et Mirto |)artagent cette manière de voir'.

Diagnostic. — La chorée chronique se dilïérencie par les mômes caractères que la chorée vulgaii'c de toutes les alï'ections [tabès, maladie (le Frieilrcich. paraUjsic agitante, sclérose en plaques, chorée rythmée hiislci'iiinc . j)ar(iJi>i/nclonus, maladie des tics, etc.) caractérisées par des mouvements d'une essence ditl'érente, rythmés ou taisant partie d'un conqdexus caracli'ristiijue.

Elle se distingue de la cliorée de Si/denham par son caractère familial, 1 ;\ge auquel elle se développe, les troubles psychifjucs qui raccompagnent, l'action de la volonté sur les mouvements anormaux, sa durée et son incurabilil é.

L'hénticliorée si/mptomatique est localisée à une moitié du corps ; elle est généralement [)récédée d'une attaque d'apoplexie, s'accompagne d luMuiplégie, d'hémianeslliésie, d'exagération unilatérale des réilexes, etc. D'autre part, le caractère familial fait ici défaut.

La jjai-alijsie générale, dont la lésion iméningo-cncéphalite diffuse) a été souvent reliouvée dans la cliorée chronique, et au cours de laquelle on observe (piehjuefois des mouvements choréiformes", ne sera point

"<;i's (Icii.x maladies — avons-nous écrit (Arc/iives de Neurologie, 1890; ('lhii<iue médicale, pag. /197) — scraionl an fond idcnliqiies, et l'on pourrait définir la maladie de lluntinglon : une l'orme ehrimique, dévelop|H'e eiiez l'adulte, de la chorée de Sydeidiam •>.

OsLEiî {lor. cit.) considèl'c la chorée héréditaire comme une affection spéciale, ilislinele de la chorée de Sydenham, maladie inHu-tieuse dont seuls les caractères de SCS lin in \ ciiiciii s l.i rappi'dchcii I. Il dci-rl t qnal l'c \ ai'iclcs di' chorée clironique ; \ ■ 1,1 cliorcc cliniiuipic inrauiile (diplc!.;ie spasniodiipie avec mouvements clioréil'ornies ou aihéloïdes); a" la chorée clironitiuc non liéréditaii'e; 3° la choréc chronique héréditaire ou de II unti nt;lon ; /(" la cliorée de Sydenham à évolution prolongée. - Sage; Thèse de Lyon, 1S8/1.

confondue avec la chorée chronique, en raison du tremblement, de l'inégalité pupillaire, de la dysarlhrie, des crises apoplectiformes ou épileptiformes, du délire spécial, qui la caractérisent.

La sclérose cérébrale, qui peut s'accompagner de manifestations choréiques, offre d'habitude une localisation hémiplégique, des crises épileptiformes, des phénomènes spasmodiques ; elle se développe chez de jeunes enfants; ce n'est point, enfin, une maladie familiale.

Nous nous attacherons, dans le chapitre suivant, à distinguer la chorée chronique de Vathétose double.

Traitement. — On a opposé sans succès à la chorée chronique les antispasmodiques, les toniques et les applications dérivatives. Nous ne ferons qu'énumérer les principaux agents de cette médication rationnelle : le bromure de potassium, lechloral, l'anlipyrine, l'acétanilide, le fer, l'arsenic, l'hydrothérapie, les pointes de feu, les pulvérisations de chlorure de raéthyle, réleclricité.

Page 1