CHAPITRE III
lîPU.EPsn:'-.
l)oeriiaave dé-linissail I'Eimliîpsie : Abolilio subita omnium functionum (tninuilium cuni untjmcnlo moluum vltalium et moin convulsivo in omnibus musculis corporis. Celle phrase a le loil de ne s'appliquer qu'à l'attatpic ; c'est là, enell'et, le phénomène le plus connu et le plus anciennement connu (de toute antiquité) ; mais ce n'est pas le seul. Les travaux modernes ont fait admettre dans le cadre de l'épilepsie les absences, le ptdit mal, les accidents épileptoides. D'où la nécessité d adopter une delinilion plus large, comme celle de Voisin : une maladie chronique, apyréli(pie, caractérisée par des attaques convulsives, des vertiges,
' \'oy. les discussions (|iii uni eu lieu, cmi 1SS8-89 à Y Académie de médecine de Bcbjiijuc, cl, en i!SS<j. au Congres de l"lI>i>nolismc (Semaine médicale, 10 août iSS(), png. aSa), ainsi <iu'à la Société de médecine légale (Annales d'/i ijijiène publiijue, kS!S(), l'ay. lOy).
^ Voisin ; .\rL du Nouveau Dictionnaire de Médecine et C/ui ui yie jJi atiques ; NoTiiNAGii:i. ; Hand. de Ziemssen ; ROSllNTHAL; loc. cit.:
BuULUKCAUX; .\rt. du D ictionnaire enci/clojiédique, 1S87; Stuumpki.l, EiciiHOUST, IIujt; loc. cit.;
Vûuv.; Les éj)ilej)sics et les épHejttiques, Traité, 1890; — Épilepsie, in Encyclopédie des Aides-mémoire, i8<jy. ;
Du Pasquuju; Les épilepsies, in Bulletin médical, (| dceeialirc i8iji.
Synonymie : iUo) i'U8 lierculeus, — morOus dicinus, — niorbus sacer, — ynal comitial, — Jtaut mal, — mal caduc, etc.
des absences, qui frappent rindividii d'une façon irrégulière, au milieu de la santé souvent en apparence Ja plus parfaite.
Au point de vue historique, on peut dire que la description des attaques est très anciennement connue ; les travaux ultérieurs, en complétant cette étude, ont éclairci d'autres phénomènes de la névrose, et enfin les recherches contemporaines cherchent surtout à développer la pathogénie, l'analomie et la physiologie pathologiques de cette maladie étrange.
Etiologie. ■ — Le rôle immense de Vhérédité ' est aujourd'hui admis par tout le monde, et on n'a presque plus besoin de l'appuyer sur des chiffres. Echeverria, sur 3o6 malades, trouve de l'hérédité chez 80; Voisin, sur 35 enfants de 17 ménages (dont un des époux était épileptique), en trouve 16 épileptiques ou morts de convulsions. L'épilepsie peut, du reste, sauter une génération, comme Boerhaave l'avait déjà remarqué.
De plus, il faut étendre la notion d'hérédité. Ce n'est pas toujours l'épilepsie elle-même que l'on rencontre chez les parents : ce sont souvent d'autres grandes névroses comme la chorée, l'hystérie, l'aliénation mentale"-. Sur gB épileptiques, Voisin a trouvé, chez 4i , des antécédents héréditaires nervosiques. On peut même rencontrer la migraine; ainsi, Nothnagel cite une mère migraineuse qui eut un fils épUeptique et une fille hystérique
L'influence du père et de la mère paraît du reste égale, et nullement prédominante pour le père, comme on l'a dit après Esquirol.
L'infiuencedes parents peut encore se faire sentir d'une autre manière: ils transmettent la diathèse qui fait le fond commun de ces névroses.
De plus, l'alcoolisme des parents est une cause d'épilepsie chez les enfants". Sur 95 malades de Voisin, 12 avaient des ascendants morts d'alcoolisme chronique ou sujets, avant leur mariage, à des habitudes alcooliques invétérées. Une circonstance particulière paraît avoir son importance, mais est en général difficile à contrôler : c'est l'état d'alcoolisme aigu d'un des conjoints au moment de la conception.
L'épilepsie peut encore être produite par des causes agissant d'une autre manière, mais toujours avant la naissance. A l'état congénital, cette névrose dépend d'accidents survenus pendant la vie intra-utérine (contusions, chutes, impressions vives). Ainsi, Voisin a vu plusieurs cas dans lesquels l'épilepsie paraissait causée par une frayeur qu'avait éprouvée la mère pendant sa grossesse.
L'âge avancé des parents, et surtout la consanguinité à un degré
' Voy. DÉJERINE ; L'hérédité dans les maladies du Système nerveux. Tlièse d'agrégalion, 1886 ; BOMB.'iRD ; Les familles d' épileptiques. Thèse de Bordeaux, 1887. ■-' Voy. BoiNET ; Les Parentés morbides. Tlièse d'agrégation, 188G. ' UOMBEMALE ; La descendance des alcooliques. Thèse de Montpellier, 1887.
ÉPILEPSIE. 883
i'approch6 peuvent encore développer l'épilcpsie chez les enfanls.
Les sexes paraissent à peu près éj^uiix (hîvaiil cette névrose. Voisin montre cependant (pie la population comparée de liicèlrc (honinies) et de la Salpètrière (femmes) indique |)lus de femmes.
On peut avoir l'épilcpsie à tout âge. Cependant les Ages de prédilection sont : renfancc-', la puberté et l'adolescence, surtout pour l'épilepsie héréditaire. Dans ce cas même, c'est avant la puberté ou loul au moins avant 20 ans (Eclievcrrial que la névrose se déclare. Nothnayel admet cette proposition et pose en principe que tout individu (pii a dépassé 20 ans n'a plus à craindre d'épilepsie héréditaire''.
On dit aussi (pie le lempéi-amcnl nerveux, très impressionnable, peureux, dispose à l'épilcpsie. .Mais les faits sur lesquels on s'ajjpuie sont (piehjuefois susceptibles d'une inlerj)re talion diile rente: ce tempérament et ce nervosisnie peuvent (Mre les preiniéres manifestations de la maladie fondamentale qui aboulii-a ultérieurement à l'épilcpsie.
L'iidUience des clinials el (l(>s s(//.so/is est peu connue ; Frank ditqu'en Lilliuanie il y aurait |)lus d éi)ile|)tiques qu'en Allemay:ne'. On n'a pas noté de dill'érences entre l'été et l'iiiver.
Les excès sexuels étaient sui toul accusés par les anciens, qui allaient jusqu'à dire: Coïlum parrain esse c/y/Zeps/am . Les modernes sont moins al'lirmatifs. De ce que la [)rcmière atta(jue du haut mal débute assez souventaprôs le coït ou à l'occasion du coït, il n'en résulte pas une relation nécessaire de cause à cllet. La fréquence des excès vénériens est sans rai)port avec la fréquence de l'épilcpsie ; c'est tout au plus là une cause adj u van te.
On a encore accusé V onanisme, qui dispose du reste à toute espèce de névroses. De plus, il faut se rappeler ici que les épileptiques se masturbent souvent plus aprt's le deluil de leur névrose qu'avant. C'est alors un sympt(jme et un ellet plut(jl (ju nne cause.
On a également parlé de la continence, qui ne paraît avoir aucune espèce d'inllucnce.
' Voy. surco point: Bourneville cl Courbarieu ; Progrès médica', 8 juin 1889;
GOTTSCHALK ; Tlièsc de Paris, juillet 1889.
^ Voy. Vivier; Thèse de Paris, déeembre 1892.
FÉuÉ (Arc/iives de Nexirolof/ie, is8',. VIII, i);!^,'. 37) a rapi)roché l'éclampsic cl l'épilcpsie, dans un travail i|ui i cuiliciil îles l'ails et des vues intéressants, mais dont les conclusions sont peul-tHre un ])eu exagérées.— Plus récemment, Walton el Carter {Boston med. Journ., 5 novembre iSyi) ont établi les relations de la névrose avec les convulsions infantiles.
^ Voy., toutefois, sur répile|)si(> des r ieillards : Jaqot ; Thèse de Nancy, 1890.
Tout réeenuueut, Mknoei. ((Congrès de Nuremberg. 1898; anal, in Revue Neuroloijiiiuc, 1") décembre 1893. u» ■.>.3. I)ag. G(>8) a relevé, sur 90', observations, 5,8 "jo lails d'epilciisic esseiUielle tardice, c'est-à-dire survetuie après l'âge de 40 ans.
le li.n.iil de MoR^Fi.i.i sur la Stat ist i(/ue de Vépilepsie en Italie {Arcli. iltil. j)cr If nui/, nerc. ; an;d. ui Encéphale, |8S3. III. pag. 388).
Allhaus a enfin signalé le phimosis congénital, qui agirait en poussant à la masturbation.
Les travaux de l'esprit exagérés et précoces, les passions tristes, les inquiétudes, etc., ne jouent qu'un rôle éminemment secondaire.
L'état général est, au contraire, un élément étiologique de premier ordre. Nous signalerons tout d'abord les diathèses. SurgS épileptiques, 12 avaient des antécédents tuberculeux et scrofuleux francs (Voisin). Le rachitisme, la syphilis \ se rencontrent dans d'autres cas, ainsi que les intoxications et tout spécialement l'alcoolisme. Magnan accuse surtout l'absinthe ; Laborde et Ollivier ont plus récemment soutenu la même opinion; elle ne joue pas un rôle exclusif. Le vin, Teau-de-vie, le cidre, le poiré, peuvent aussi produire les mêmes effets. Le mercure et le plomb doivent être également cités.
L'anémie et toutes les causes de débilitation de l'organisme faciliteront encore l'épilepsie. Delasiauve a observé que les chevaux soumis accidentellement à une diète trop prolongée sont exposés à une espèce d'épilepsie qui ne guérit que par la cessation de l'abstinence. De même, chez l'homme, la misère, les excès, les perles considérables de liquide (hémorrhagies, flux intestinal, salivation, leucorrhées, pertes séminales,' sueurs copieuses, suppurations abondantes), les maladies générales, qui altèrent profondément les fonctions nutritives, etc., préparent quelquefois le développement de l'épilepsie.
En opposition à ces faits, nous citerons des cas d'épilepsie qui paraissent sous la dépendance d'un sang trop abondant et trop riche, des excès d'alimentation, et que l'on peut guérir par des saignées et le régime débilitant''.
Depuis quelques années, Marie ' défend avec talent Vorigine infectieuse de l'épilepsie ; il insiste sur le développement fréquent de la névrose à la suite de diverses maladies zymotiques et considère comme microbiennes les lésions décrites par Chaslin dans l'écorce cérébrale des épileptiques. L'épilepsie (la névrose et non les convulsions épileptoides) serait, d'après lui, non pas une maladie essentielle et héréditaire [il s'agit ici de l'hérédité de fond, névropathique ou diathésique), mais un syndrome toujours secondaire à des altérations organiques des centres nerveux, d'ordre infectieux ou quelquefois toxique; sa cause serait
' FouRNiER (Revue Neurologique, 3o novembre 1898, n» 22, pag. 617) a réccmmenl .itliré l'attention sur le rôle que peut jouer la syphilis dans le développement de l'épilepsie essentielle (épilepsie parasyphilitique).
Laborde et Ollivier ; Académie de Médecine, 1889.
Voy. aussi les récents travaux de Gadéac et Meunier {Académie de Médecine, 10 septembre 1889; Société de Biologie, 9 novembre 1889, 6 et 20 juin 1891) sur les propriétés convulsivantes des essences contenues dans l'absinthe.
Voy. LÉPiNE ; Revue mensuelle, 1877. — Voy. aussi le travail de Pommay {Revue de Médecine, juin 1881) sur VEpilefsie gastrique.
'' Marie; Progrés mérfz'ca/, 29 octobre 1887 ; — Semaine médicale, i3 juillet 1892, pag. 282.
HI'ILEI'SIE. SSr,
donc «cxlcricui'c à l'individu et postérieure à la conceplion ». Lemoine ' etVeysset - ont accepté et confirmé celte manière de voir.
Nous serions plutôt disposés à admettre, avec Féré, (juc les aj^ents inl'ectieux, dont le rôle dans certains cas paraît iridiscutahle, n'agissent qu'en mettant en jeu la prédisposition névropalhiiiuc, qui nous paraît dominer le chapitre éliolof^iquc de l'épilepsie.
Nous avons enfin à enregistrer les causes locales, c'est-à-dire celles (jui, agissant sui- telle ou Iclle partie du système nerveux {zones épileptofjènes), sont le point de dépai t de l'épilepsie, de l'épilepsie vraie et pas seulement d'altaciues épiliiptiformes •'. Ces causes peuvent agir sur les nerfs périphériques, sur la moelle ou sur l'encéphale.
Pour les nerfs, nous verrons que Brown-Scquard détermine l'épilepsie, chez des cochons d'Inde, en sectionnant un ou les deux sciatiques ; c'est une véritable épilepsie qu'il produit ainsi, puisqu'elle est héréditaire chez les animaux. Cliniquement, nous trouvons une catégorie analogue, formée par les épilepsies réflexes ou sympathiques, dont Voisin cite de nombreux exemples.
La névrose est produite dans ce cas par l'excitation d'un nerf sensitif ou mixte, du trijumeau le plus souvent ' Chez un épileptique de Bicôtre, l'an'eetion est déterminée par le séjour prolongé d'un morceau de verre sous le cuir chevelu de la région temporale droite, et a persisté depuis, malgré l'ablation du corps étranger. Sauvages parle d'épilepsie pi'oduite par des insectes qui se logent dans le sinus des narines ^ , Legrand du SauUe, par des vers établis dans les sinus frontaux. La dentition est une cause fréquente de ces accidents"^, et souvent la névrose de l'adulte remonte à répile])sie aiguë ou éclampsic de cette époque. On l'observe encore après des névralgies de diverses parties du corps. La maladie de Ménière peut élre placée dans la même catégorie ; 'Voisin a vu une jeune lille dont l'épilepsie a suivi de très près une lésion des deux oreilles internes . Le point de départ peut être encore dans les nerfs
' Le.moinu ; Progrès médical, iSSS, ii" iG.
Voy. aussi Lidmaiue ; Reçue de Médecine, oclol)rc i888 {épilepsie piieumon ique); Althaus ; Deut. med. Woch., i8cjo, pag. 6S9 (épilepsie vaccinale).
■ ViiYssiiT ; Thèse de l'aris, mai 1889.
^ La plupart de ces causes, louLofois, produiscaL surloul l'épilepsie jacksonaienne, partielle ou hémiplégique.
' Voy. sur Vépilepsie réflexe : l<.u.\uss ; Joarn. of nerc. and ment. c(!<s., juin 1893, II» G, pug. 409.
' Voy. UiNDSUALE ; Am. Journ. of med. Se, juin 1889, pag. 587 ;
SCHNiiiUKu; Berl. 1,1. Woc/i., 28 novembre 1889, pag. 93.'',;
(;uossfu:ld ; De l'épilepsie d'origine nasale, in Journ. of the Am. med. Assoc, ■£i janvier i8yo;
Kjiii.MANNS ; Hijgœa, 1893 {Revue Neurologique, i5 niui 1893, n" 9, pag. aSG). '• BaUBAKKii; Tlierup. Cas., 188S, n» 9.
■ BouCHEUON ; Epilepsie d'oreille, in Revue de laryngologie, lUÏWai 1888. Voy. le travail do OuMEKOD (erttf'/t, avril i883; anal, in £:ace/)/ta/e, i883, III,
pag. G39) sur les Rapports entre l'épilepsie et les maladies de l'oreille.
88(i MALADIES DES NERFS ET NÉVROSES.
des membres: Briand a vu une épilepsie traumalique après blessures des extrémités; Bernliardt l'a observé chez un sujet qui avait gardé les pieds humides. Quelquefois l'excitation initiale porte sur les viscères: c'est ainsi qu'agissent les vers intestinaux'. Duncan cite un enfant de 5 ans guéri du mal caduc par l'extraction d'un calcul vésical enchatonné. La fâcheuse influence du coït est encore de la même nature, ainsi que les actes menstruels-. — Récemment Jackson^ et Gaverhill ■* ont observé des sujets qui tombaient en crise aussitôt que l'on exerçait le moindre attouchement sur leur cuir chevelu. — Enfin on a insisté sur le rôle des lésions cardiaques dans la genèse de l'épilepsie ^.
Pour re«ce/)/2a/e, Westphal a montré qu'on peut rendre les cochons d'Inde épileptiques par une série de petits coups sur la tête. L'électrisation de l'écorce cérébrale entraîne les crises épilepUformes ; ce n'est peut-être pas là de la vraie épilepsie. Mais Hitziga montré que, quand on enlève le centre cortical du membre antérieur, par exemple, l'animal devient épileplique.
De même, les lésions traumatiques du cerveau, de ses enveloppes et des os du crâne, ont produit parfois l'épilepsie. Voisin cite un exemple de cette névrose développée après une fracture grave de l'occiput, à deux ans et demi. Nothnagel a vu un fait analogue après une chute sur la tête, d'une hauteur de 12 pieds, à 8 ans. — Certaines lésions du cerveau, spécialement de l'écorce (tumeurs, foyers, etc.), et aussi certaines fièvres cérébrales, méningites, etc., qui laissent après elles des lésions encéphaliques du même ordre, peuvent avoir une influence analogue. — - Mais alors il s'agit presque toujours de l'épilepsie jacksonnienne ^.
Quant à la moelle, ce que l'on appelle l'épilepsie spinale n'a d'épi- Icpsie que le nom. Mais il y a, en dehors de cela, une épilepsie vraie,
' Voy. Martha ; Archives de Médecine, novembre et décembre 1891.
D'après Ballet {Société clinique de Paris, 1888, et France médicale, 21 février 1888), les vers in!cstinaux joueraient seulement le rôle de cause occasionnelle chez des sujets prédisposés.
Krausk (Deut. med. Woc/i., 1S86, n" 17) a vu l'épilepsie survenir à la suite de la pénétration de larves de mouches dans le tube digestif.
^ Voy. le travail de Beraud sur la Grossesse et l'épilejisie, in Encéphale, i885, V,
SOMERS (La)icet, 1890, pag. 1011) a vu récemment un cas d'épilepsie provoquée par rimpcrforalion de l'hymen.
^ Jackson; Société de Médecine de Londres, l8HQ (Semai^ie médicale, 17 nov. 18S6).
* Gaverhill ; Assoc. medic. Britann., 1888 (Ibid., 20 août 1888) ; ' Lemoine ; Revue de Médecine, mai 1887 ; Matoni ; Riforma medica, 26 mai 1887.
RosiN, Mendisl, Leyden, Klemperer ; Société de médecine interne de Berlin, 1893 {Semaine médicale, 8 et 29 novembre i8g3, pag. Sog et 543).
^ Voy., récemment, sut Vépilepsie traumatique : Ottolenghi ; Acad. di med. di Torino, i8g3 {Revue Neurologique, i5 juillet 1893, n» i3, pag. 357).
KPILEPSIF. XS7
suilt! de inaludicMlc l.i moelle; P)ro\vn-Se(|ii:ii-(l la di' V(!l()j)|)e chez les animaux en sectioiiuanl une pai Me de la ium'lle.
Les ol)sorvalions eliai([iies de ecl ordn; soiil rares. Cependant Oppler, Echeverria, Szonlaf^li, en anraietd |tnl)lié.
Enlin, il y a un jj^rand nondire di' l'ails d'('pilcpsic dans Icsejnels on ik; trouve; pas de causes, ou du moins pas d(î causes sul'lisanles ; il n'y a que quelipics élénuMils incapables d'cxpliipier le déveloi)pemenL de la maladie.
Nous ne parlons pas des causes qui délernunenl seulemenl la première explosion des accidents. Ici, comme dans toutes les névroses, nous trouverions la peur, les émotions', etc.
En somme, nous ne mainlenons pas l'ancienne division des é|)ilepsies en idiopalhique, symplomaliipie et syni|)athique. Toutes sont synqjtomali(pies, les unes d'un état local du système nerveux (symptomati- (pu^sy, les autres de l'état local d'un organe éloii^né (sympathiques), d'autres enlin d'un état f^énéral connu ou à délei'uiiner iidiojjalhiquesj. C'est toujours notre doctrine pathogénique générale de toutes les névroses. — Au point de vue clinique, nous avons distrait toutefois de celte étude l'épilepsie jacksonnienne, qui a des caractères à part et dont nous nous sommes occup(''s à la suil<> du cliajiiire des localisations cérébrales -.
SvMi'TÔMiis. — L'épilepsie ne se manifeste pas dès le début par ses phénomènes caractéristiques. Après une j)eur ou une cause efliciente (luelconque, les enfants, dit Voisin, ont un tremblement général pendant plusieurs heures; i)uis. pendant quelques jours, des sensations diverses, des tics, des étourdissements, des bourdonnements d'oreille. Viennent ensuite des accès ^ incomplets, des attaques s'arrêtant aux préludes, des cranqjes d'un membre, des convulsions i)arlielles. Ceci
' Voy. les faits récents de Jeun (iWeurol. CcntvaWl., 18S2 ; anal, in A7'c/iices de Neuroloijie, i883, VI, pug. t\\o) : sourileL enlre le cuu cl l'occiput cliez un enl'anl de 12 ans, violente frayeur cliez un gart^on de 17 ans ; — rl ceux de Leguand du Saulle {Annales mcdico-psyc/iolofjiques, iSf>j, n"3), dans les([uels re])ilep?;ie fui i)rovo(iuéo pur la vue d'un cadavre (S cas).
-' Ballet, dans une Revue récente {Gazette des Hôpitaux, 2G juillet i8ijo; a Miainlcnu, en la inodiiianl, l'ancienne division en épilepsie essentielle, syniploniuiKlue el syinpatliliiiie. il admet (jue l'épilepsie est toujours la conséquence d'un trouble cortical provoqué, dans le premier cas par la sclérose névroyiique de CUiailin, dans le second par une lésion traumatitiue, inllanunaloire ou néoplasique, du cerveau ou des méninges, dans le dernier pur l'altération d'un organe éloigné (troubles digestifs, vers intestinaux, lésions utérines, alïeclions de l'oreille ou du nez), servant de cause occasionnelle à la maladie chez un sujet prédisposé. La notion de névrose tendrait donc, d'après lui, à s'elTacer el disparaître, au profil de lésions cérébrales de forme, d'étendue cl de localisation variables.
Chaucot {Semaine médicale, 3. juillet 18S9, pag. 221) emploie toujours le mot d'- accès » pour désigner les manifestations convulsives de l'épdepsie et celui d'" atuiques » pour caractériser les crises d'Iiyslérie.
est net surtout dans les cas d'origine périphérique : les phénomènes sont alors limités d'abord au voisinage de l'altération initiale ; ils ne s'étendent et ne se généralisent qu'après.
Cet état peut durer des jours, des mois, des années même. Puis arrive l'épilepsie confirmée, l'attaque, le haut mal.
I. Grande attaque. — Les prodromes se divisent en deux catégories: les prodromes éloignés et les prodromes rapprochés ou aura.
Les premiers, qui sont moins fréquents, portent surtout sur le caractère, sur l'état psychique : les sujets montrent de l'irascibilité, de la mobilité, de la tristesse, plus rarement de la sérénité ou de l'enjouement, quelquefois de la fatigue, des palpitations de cœur et de la douleur de tète. Ces phénomènes peuvent précéder l'attaque de quelques heures ou de quelques jours.
Parfois, mais assez rarement, on observe certains phénomènes prodromiques spéciaux. Ainsi, Reynolds a constaté, douze heures avant l'accès, une coloration brune particulière de la peau, surtout à la face et au cou. Nothnagel a vu une dame qui avait d'habitude le sommeil court et léger et qui, à certains moments, était prise d'un sommeiL très profond et prolongé; elle se réveillait tout à fait bien, mais était sûre d'avoir une attaque dans la journée. Voisin a observé, dans cette période prodromique, de l'insomnie, des cauchemars, des rêves fantastiques ou voluptueux. Chez certains sujets, les crises s'annoncent par un état d'excitation génitale intense : érections diurnes de plus d'une demi-heure de durée, pollutions nocturnes, etc.
Les phénomènes prodromiques immédiats (aw/'a)' sont très complexes et peuvent se produire dans divers départements nerveux: sensilif, moteur, vaso-moteur, sensoriel ou psychique.
a. Dans le premier cas, le sujet éprouve des sensations variées parlant de l'extrémité d'un membre ou d'une autre partie du corps, et gagnant de là les centres et la tête. Il les compare à une vapeur froide ou chaude, à un étoulfenient; quelquefois c'est une sensation de bienêtre, un mouvement intérieur, etc.
Le point de départ est fréquemment dans le membre supérieur^ dans un doigt, un ongle, toujours le même. Chez un malade de l'hôpital Saint-Éloi, l'aura partait du gros orteil. — Elle peut partir aussi de
' G. GuiNON elRAiCHLiNE ; Clinique des maladies du Système nerveux, tom. 11, 1893, pag. 389.
Voy. O'GONNOR ; Quelques considérations cliniques sur l'aura de l'ajcès épileptique. Tlièse de Paris, juillet 1893.
^ Voy. Pitres; Des épilepsies partielles sensitives, in Archives cliniques de Bordeaux, janvier 1892. — La sensation douloureuse, qui tantôt constitue toute la crise, tantôt ne fait que précéder les convulsions, traduit l'existence d'une lésion organique du cerveau ou d'un trouble purement fonctionnel des centres nerveux.
KIMLI'PSIK. 889
l'abdomen ou du thorax, assez souvent de Teslomac. C'est une sensation de constriclion. de resserrcnuMit, pression, torsion, toi'lillemeni, chaleur, etc., quelquefois avec nausées', vomissements, régurgitations, coli(jues -. D'autres l'ois, c'est un picotement à la gorge, une sensation de suiroeation, une douleur précordiale, ou encore, comme dans un cas de Iierj)in, uik^ très vive douleur dans la petite molaire supérieure gauche ; ou encore, comme dans un cas de Voisin, une sensation en avant du coccyx, qui remontait le long de la colonne vertébrale.
h. Dans les auras vaso-motrices, les accès peuvent débuter par une sensation subite de froid qui, partie d'un point de la périphérie cutanée, se généralise avec des frissons-'; les parties sont pâles et sensiblement froides. D'autres ont, au cdiiI raire, des rougeurs disséminées sur divers points du corps.
On peut classer tout à côté les auras par [ilH'nomènes sécrétoires : hypersécrétion lacrymale, sudorale ou salivaire.
c. Si les nerfs moteurs sont en jeu, on note des convulsions légères, du tremblement, des palpitations musculaires, des secousses, soubresauts de tendons, crampes douloureuses (tous ces phénomènes restant très limités), des contractures des membres ou, plus rarement, de la face. Quelquefois les viscères sont en jeu : cœur ou estomac (palpitalions, nausées ou vomissomcnisj .
Dans celte catégorie, on |)eut encon' |ilaccr l.^s impulsions on avant, en ai'rièi'c, ou gyraloircs, (ju'i'pn)ii\ ciil cciiiuiis ('pilcpl icpK's. \'oisin en a vu à Hicétre (jui renversaient alors tout sur leur passage et qui, dans leur course, se jetaient eonln; les tables, les colonnes, les portes, et se prccipilaicnl enlin (pii'hpicl'ois dans l'esealiei', cju ils descendaient au galop, sans se faire d'autre mal (jue des contusions. Dans la forme gyratoire, les malades sont pris d'un mouvement de tournis complet une ou deux fois. Du reste, ce sont peut-être là des auras psychiques, cérébrales autant que des auras motrices. Nous en reparlerons à [)ropos de l'épilepsie proeursive.
(/. L'excitation initiale peut encore être sensorielle. Les hallucinations de la vue sont les plus fréquentes. Un jeune malade de Voisin se voit au début de l'accès, pendant une minute au plus, entouré de llammes, et, pour y échapper, il s'est précipité une fois par la fenêtre. — Chez d'autres, c'estrouïe qui est atteinte : bourdonnements, sifllements, etc. Ou bien l'ouïeetla vue sont atteintes simultanément. Ainsi, une jeune lille observée par Voisin entend, pendant quelques secondes avant l'attacjue, des voix qui lui disent des mots désagréables et aperçoit des figures
' BoYK {Encéphale, iS8i, I, pag. 1-2")) a inililic 1111 l as cl i-i)ilciisic avci: aura sous roi'uu' (11- iiauscos.
■ Un iiKilado observe par Burbez (France médicale, 3-5jaiivicr 18SS) éprouvait, au dcbul tic cliai[ue accès, un besoin impéricu.x d aller à la selle. ' Voy. DowTY ; Lancet, 20 mars 1SS6.
Grasset, V édit., toui. II. 57
grimaçanles. Des malades de Jackson sentaient toujours avanirallaqiie une odeur désagréable, toujours la même, et celui de Joseph Frank éprouvait un goût sucré.
Enfin l'aura psychique sur laquelle nous reviendrons plus loin, est caractérisée par des phénomènes mentaux (idée angoissante, réminiscence brusque), qui surviennent soudainement avant l'accès et peuvent conduire le sujet à des actes impulsifs.
Du reste, ces diverses espèces d'aura, distinguées pour les besoins de l'analyse et d'une exposition méthodique, s'associent souvent : ainsi, les phénomènes moteurs accompagnent presque toujours l'aura sensitive, qui est ainsi le plus souvent un symptôme de l'ordre convulsiP.
La durée de l'aura est très variable : quelquefois nulle, elle peut aller jusqu'à deux heures ; en moyenne, elle est d'une demi-minute à cinq minutes.
Dans certaines circonstances, du reste, l'aura peut se produire comme d'habitude et l'attaque elle-même manquer ; tout se borne aux préludes.
Nous reviendrons, à propos du traitement, sur les moyens qu'on a d'arrêter l'aura et d'empêcher l'attaque ultérieure dans certains cas, par la compression des membres par exemple.
Après ou sans ces prodromes, l'attaque elle même survient ensuite, caractérisée par la perte de connaissance avec insensibilité complète et convulsions générales, toniques et cloniques.
L'épileptique pâlit (ou quelquefois rougit), pousse un cri et tombe sans connaissance ^; ce cri spécial, strident, qui, d'après Romberg, épouvante les hommes et les animaux, manque souvent. Attribué par certains auteurs, commelierpin, àune action cérébrale (effroi, douleur, etc.), il parait plutôt dû à une convulsion subite des muscles du larynx et du thorax. Ensuite les convulsions se déclarent en deux phases, l'une tonique et l'autre clonique.
Première période (tonique). — La perte de connaissance est complète. Le malade tombe comme frappé de la foudre, et toutes les activités psychiques sont simultanément supprimées. Il s'affaisse comme une
' Jackson (Brit. med. Journ., février 1889, pag. 4i4 ; Revue des Sciences médicales, XXXIV, pag. 2i3) considère l'aura intellectuelle (réminiscence singulièrement nette d'un l'ait accompli, souvent accompagné d'une impression sensorielle) comme particulière à l'épilepsie-névrose ; il ne l'a jamais retrouvé dans l'épilepsie symptomatique.
^ L'aura de l'épilepsie vraie ne diffère pas, on le voit, de ce qu'elle est dans l'épilepsie jacksonnicnne ; tout au plus peut-on dire qu'elle est ici beaucoup moins fréquente que dans cette dernière.
^ D'après Paris (Académie de médecine de Belgique, 1892), la chute des épileptiques se produirait presque toujours sur le côté et n'aurait lieu en avant que dans 23,5 "/o des cas.
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masse inerte sur le dos, là où il se trouve. D'autres fois, la perte de connaissance met quelques secondes à devenir complète, et le sujet peut ciioisir l'endroit où il tombera ; mais c'est rare, et le malade par la suile ne se rappelle rien de la chute.
Le coma est alors complet ; toutes les sensibilités sont abolies : si le malade est tombé dans le feu, il se brûle sans rien sentir. Les réilexes sont aussi, le plus souvent, abolis : la pupille, immobile, ne se conlraclc plus par la lumière; l'irritation de la conjonctive ne l'ait pas cligner les paupières. IJ'autres fois, cependant, Romberj.;; a vu le clignotement se produire et la projection d'eau froide provocjuer un frémissement de tout le corps.
En même temps éclatent les convulsions toni(iu(!s ; tout le corps est pris de raideur tétanique: les yeux, portés le plus souvent en haut, sont cachés derrière les paiij)ières supérieures; la bouche est tiraillée avec une expression de laiik-nr iiuiicibh;; les dénis, forlemenl serrées les unes contre les autres, mordent souvent la langue ou la mu(iucuse des joues; la tète est portée en arrière, sur le côté ou en avant ; les membres peuvent alors èlrc lléchis eux-nièuies, au point i[ue 1 in(li\ idu se roule en boule. Souvent un des niemijres supérieurs est porté en haut et l'autre en bas. Ces convulsions peuvent ne pas être complètement généralisées, ou tout au moins n'avoir pas partout la même intensité; elles sont en général plus aeeenluées dans les muscles delà tète et de la face.
Le plus souvent contemporaines de la perte de connaissance, les convulsions peuvent la suivre un peu ou même la précéder légèrement.
Ouelqiiefois cette période tonique manque totalement, ou, au cou- Iraire, est la seule manifestation convulsive.
La face change d'aspect. Les anciens observateurs parlaient surtout de coloration foncée, cyanosée; les plus récents parlent de pâleur. Les deux choses s'observent : le plus souvent, la pâleur est au début, la teinte cyanosée vient ensuite. Les lèvres, la langue, la figure tout entière, se tuméfient.
Chez deux malades de Voisin, le début de l'attaque était marqué par un rash sur toute la surface du corps, précédant, puis accompagnant la période tétanique. Voisin a vu aussi assez souvent la face desépilepti(pies prendre une teinte jaune pâle à la lin de la période tonique, alors ([ue la teinte initiale avait été rouge.
Les globes oculaires fout fré({ueininent saillie en avani : la j)U]iille est inuuoliile et le [)lus souvent dilatée', (juelijues observateurs avan-
' lïosc ( Tlu'ïio (lo .MuiiLpL'Uior, i8<jO a rccciiiinoiil ileiiioiilrc (]iic, dans la ptiriode |ii ()iiroiiii(iiie de la crise, il y a une forle dilalalion pupillairc; dans la période tonique, il y a dilalalion dans S3,Ô7 "/« Jes cas ; dans la période clonique, dilalalion dans M.'i.3 "/« des cas au débul, conlraclion pupillaire à la lin ; dans la période de slcrlor, uiyosis au debul, el relour à la normale au laouienl du réveil. Dans les accès en
cent que le fond de l'œil est quelquefois, mais pas toujours, anémié Nous reviendrons, du reste, sur l'examen ophtalmoscopique'.
Le pouls a été bien étudié au sphygraographe par Voisin : la tension artérielle augmente d'abord^, la fréquence des pulsations atteint 120 et 160; le tracé monte dans son ensemble et forme de petites oscillations très peu élevées. Mais cet état ne dure pas, et la diminution de la tension arrive bientôt : les courbes d'oscillation s'élèvent de plus en plus avec une convexité inférieure plus accusée (sorte de moitié de sphère). Nous décrirons plus loin le pouls à la fin et à la suite de l'attaque ^ .
La deuxième période [clonique) survient après quelques secondes, tout au plus un quart de minute à une minute. Elle débute par des secousses fortes, rapides, de courte durée, séparées par des intervalles de calme, bientôt suivies de convulsions cloniques, qui agitent le corps plus ou moins violemment et prédominent le plus ordinairement dans une moitié ou une partie du corps. Cette particularité, généralement ignorée du vulgaire, a une grande importance pour distinguer les attaques simulées.
Ces secousses cloniques peuvent avoir une intensité considérable. Voisin cite des malades qui se soulèvent par bonds et se retournent complètement; le sol en était ébranlé. Les convulsions peuvent même projeter le coi'ps au loin: un enfant de Bicèlre était lancé à 4o centim. de sa chaise et tombait dans une position perpendiculaire à la première.
L'intensité des secousses peut produire des fractures, des luxations, casser des fragments de dents ou des dents, diviser profondément la langue, entraîner des ruptures musculaires (Nothnagel).
La face participe à ces mouvements et prend une expression de plus en plus hideuse et repoussante, par le tiraillement des traits, la tuméfaction, l'écume et les convulsions des yeux, qui roulent en tous sens dans leur orbite. La mâchoire inférieure est rapprochée et écartée convulsivement, quelquefois au point de diviser la langue en deux.
Le sang mêlé à l'écume ne vient pas toujours de la morsure de la
série, la pupille demeure dilatée ; le mydriase est également de règle dans le vertige épileptique.
i Knies fCongrès des Ncurologistes allemands, in Semaine médicale, i3 juin 1888, et Berl. kl. Woch., i3 août 1888), qui a recherché l'état du fond de l'œil pendant l'accès, a constaté un spasme des artérioles de la rétine et une hyperémie veineuse.
Heinemann (Arc/i. f. path. Anat. und Phys., 1887, pag. 622) a vu une amaurose double bilatérale survenir par accès chez un épileptique.
^ Voy., sur l'élévation de la tension artérielle pendant les crises : Féeé; Société de Biologie, 25 mai 1889.
^ D'après François Franck {Académie des Sciences, 3o juillet 1888), le pouls erait ralenti pendant la phase tonique et accéléré pendant la phase clonique.
ÉPILEPSIE. 893
langue ; il y a aussi, dans certains cas, exhalalion sanguine à la surface de la muqueuse des prenii(';res voies (Voisin).
Kn même temps, la respiration esthaletanl(\ l'air traversant bruyamment l'écume buccale et laryngée ; quclquerois il y a des cris et des rugissements.
A ce moment aussi, au début de cette période, on a noté l'éjaculalion. L'émission involontaire de l'urine ou des fèces est assez fréquente dans les attaques ; le jet d'urine se fait quelquefois avec une grande force de projection, aune hauteur considérable. Des vomissements peuvent aussi précéder, accompagner ou suivre les convulsions.
On a observé encore des ecchymoses sous-cutanées' et diverses héniorrhagies par des muqueuses variées^.
Quelquefois les convulsions tonique;^ s'cnchev(Hrent avec les convulsions cloniqnes et leur succèdentdc nouveau. D'autres fois, au contraire, la marche est plus simple et régulière.
Cette scène horrible dure d'une demi-minute à trois minutes, qui paraissent un siècle aux assistants. Puis arrive la troisième période (terminale). Les convulsions disparaissent brusquement ou s'éteignent graduellemeni . Le malade reste encore sans connaissance, les muscles relûchés, avec quelques secousses de temps en temps, ou un peu de tremblement.
En général, il y a alors un coma profond, (pii dure quebiues minutes, avec stertor et ronllement trachéal. Puis le malade ouvre les yeux et se réveille comme d'un sommeil profond, souvent avec une sueur profuse, qui répand une odeur fétide ammoniacale. Il regarde autour de lui, referme les yeux, marmotte quelques mots inintelligibles, soupire, gémit.
Pendant cette période, il réagit aux excitations sensibles, entend quand on l apitelie. L;i cyanose cesse. Les pupilles se resserrent. La respiralion (le\ iiMil plu'- calme, lu-oriimle et régulière.
L'examen uplilahnoscoijiipK; après l'atlaque a révélé l'hyperémie du fond de l'œil, hyperémie ([ui a persisté quelquefois jusqu'à vingtquatre heures.
Ordinairement le patient tombe, après l'attaque, dans un sommeil qui peut durer plusieurs heures, et que Voisin recommande de respecter, au point lie vue de l'intelligence du sujet. A son réveil, il a la physionomie hébétée : il n'a conservé aucun souvenir des premiers phéno-
' Cabadé (Associai ion française pour l'avancement des Scieiices, in Semaine médicale, aS seplcnibrc iS<j'2) a vu réccmmcnl se i)rodiiirc, au cours d'une crise, un vaste épanclieinenl sanguin sous-r.ulané.
^ liABiNSKi (Revue de Médecine, iSSa) a vu aussi la inorL survenir au cours d'un accès d'épilepsie, par suite d'une liéinorrliai;ie méniniçée.
' Nagy ; De l'obnubilation jiost-épilejUifjue, in Centv. f. Nerven., ^oùl i8<j3, pan. 358.
mènes de l'attaque. Il se sent seulement fatigué, courbaturé ; il accuse delà céphalalgie, devient sombre et rêveur, et présente quelquefois du bégayement '.
Nous avons décrit l'état du pouls au début de l'attaque. La ligne d'ascension sphygmographique monte de plus en plus, bientôt s'élève perpendiculairement à une hauteur deux ou trois fois plus grande qu'avant l'attaque. La ligne présente au sommet un angle plus ou moins aigu, puis redescend en présentant les caractères les plus accusés du dicrotisme. Cette forme du pouls dure de demi-heure à une heure et demie, quelquefois même de deux à six heures ^.
La température s'élève dans le cours des attaques fortes et caractérisées d'épilepsie : ainsi, le thermomètre mis sous l'aisselle monte facilement à 38". Mairet et Bosc ont récemment démontré que. dans les accès isolés, la température s'élève, non point à la période de stertor, mais après la crise. — La température est surtout élevée quand les attaques se répètent à des intervalles très rapprochés et constituent ïctat de mal. Dans ce cas, elle peut atteindre 4i° sous l'aisselle. C'est là un caractère qui différencie le mal comilial de l'hystéro-épilepsie. L'attaque hystéro-épileptique peut bien élever la température, maisl'hyperthermie ne persiste jamais dans l'intervalle des attaques, même quand elles se succèdent de très près dans l'état de mal hystérique
Féré'', examinant le sang des épileptiques à la suite des accès, a constaté des altérations des globules rouges et la présence temporaire d'un grand nombre de globulins.
Reynoso et Heller avaient annoncé qu'on trouve du sucre dans l'urine après l'attaque. Mais les recherches ultérieures ont démontré que le fait ne peut pas être considéré comme général ; au contraire. La quantité d'urine paraît augmenter après l'attaque. Suivant certains auteurs, l'urée et les phosphates seraient augmentés. Selon Huppert, toute attaque serait suivie d'une albuminurie notable transitoire ; le fait n'a pas encore été vérifié un nombre suffisant de fois ^
' FuRSTNER ; Arch. f. Psych. und Nerven., 1886, XVII, 2.
2 D'après Féré (Société de Biologie, 10 mars 1888), ces raodificalions du pouls, signalées par Voisin, n'auraient rien de spécial à l'épilepsic.
^ Voy. BouRNEViLLE ; Sur l'élévation de latemjjérature centy^ale dans les accès isolés d'épilepsie et l'état de mal. Tlièse de Paris, 1870 ; — Progrès médical, 188G à 1S88; — Arcliivesde Neurologie, 1888;— Revue de Médecine, avril 1891 ;
WiTKOWSKi ; Berl. id. 'Wocii., 25 octobre 1886, pag. vSg (Revue des Sciences médicales, XXXI, pag. ii3);
Lemoine ; Progrès médical, 4 février 1887;
BÉNÉDiKT ; Intern. kl. Rund., 1891, n° 46 (Archives de Neurologie, janvier 1898, pag. 98);
Mairet et Bosc ; Nouveau Montpellier médical, 1891-92. 4 FÉEÉ ; Société de Biologie, 9 mars 1889.
^ FiORi (Itcd. med., 1881 : anal, in Archives de Neurologie, 1882, IV, pag. 224), IIallager (Nordislu med. Arkiv., 1890 ; Revue des Sciences médicales, XXXVI, pag. 226) ont également constaté la Iréquence de l'albuminurie. — D'après Voisin
BPILEPSIE. Sn5
En poursiiivaiil SOS rpmnrqiiahlos rliides sur la mili iliiui ilii système nerveux à l'élaL physiologique el pathologique, notre collègue Mairel ' est arrivé, pour l'épilepsie, aux conclusions suivantes : i. Kn dehors des ."îttaques et de l'èlal de mal épileptiquc, l'éliminalion de l'azote et de l'acide phosphoi-icpie par les urines n'est pas niodiliée; Les attaques et l'état de mal èpile|)li(|ue augmentent l'élimination de l'azote et de l'acide [)hosphori(|ue; ils suiacliv imiI les ('■cliaiiges (jui se passent au sein du système nerveux. — Laillier* a olilcini des résultats très comparables!
Plus récemment, (piaud (lilli^s de la Tourelle et Callielincau ont formulé leur loi sur la diminulion des |)hosphates et l'inversion de leur l'ormule chez les liysléri(iues en état de ci'ise, Féré ^ a recherché la proporl ion des phosplialos terreux et alcalins au cours des paroxysmes épilepti(pies; ses exjjériences l'ont conduit à assimiler complètement les deux névroses à ce point de vue. Voisin ' partage cette opinion, qui a été d'ailleurs condial I ne par ( iilles de la Tourette °.
Kntin l'éliminalion des médicaments ^iodure de potassium, salicylate de sou(le)cst IxMucoup plus rapide après l'accès qu'avant
D'auli'e part , l'éi'(- a ronslali' une diminution de l'oxyhémoglobine et un amoindrissement dans la durée de sa réduction chez les épilepli- (pies, surtout après les accès.
i. aticiiliiin s'est également portée, ces derniers temps, sur l'état de la loxicilc uriiiaire dans ré|)ilepsie ; Deny et Chouppe* l'ont trouvée normale dans riiilci vallc des crises. Féré ^ n'a pas obtenu les mêmes résultais a\aiil cl après les accès; d'après lui, les urines » préparoxysti- (pics 0 aui aiiMil une toxicité bien supérieure à celle des urines rendues ;'i la lin (le la crisc^ (elles provoqueraient, à 20 centim. cubes par kilogr., des cdin ulsions chez les animaux). Voisin et Pérou '",au contraire, ont noté lie l'hypotoxicilé avant et pendant les crises, et une hypertoxicité très manifeste après celles-ci. Chez les malades atteints de troubles mentaux, il y aurait une hypotoxicité constante.
(-1 Pi';iiON (.\}-rliirc.-i (le Sh'uroloflic. s('|itPml)ro iS<)2 cl JaiiN icr i^[ti). ralburniiuiric |M)sl-|i,n'ii\ \ slii|ih' --'eli--i'i \ ri-.iii il, 111 s 1,1 uKiilic clcs cus d'accès isolés, cl dans tous les (Ms d'clal lie in.il e|iileptii|ue . 11 c^-l liiia d'être ])révcnu de cela i)Our éviter une confusion avec l'éclampsie (Tyson; Ma/. .Wh.^. 3i oclobrc 1891).
' Mauiut; .\ca'létnic (les Sciences, !i cl 11 auùl \iiS^,,— vl .\)-chives de Neurologie, iS85, IX. pag. 282 cl 36o.
' Laili.ieu; Académie des Sciences, 6 oclobrc i88.'i.
' FÉRK ; Société de Biolo;iie, mars-avril 1892.
' Voisin; Jbid., 28 avril 1892.
■' Gilles de la Touiiette ; Ihid.. 9 avril 1892. FÉRÉ ; Société de Biologie, 2/, novi inlue 1888.
' FÉRÉ ; Ibid., 19 février 1889.
» Deny clCHOum'E; Société de Biologie, 3o novembre 18S9. •' FÉRÉ ; Ibid., 2() avril el 10 mai 1890, cl k) juillcl 1898.
" Voisin el Pékon; Société médicale des Hôpitaux, i\ juin 1892,— cl loc. cit.
Il y aurait enfin à dire un mot des suites de l'attaque. Les crises peuvent en effet laisser après elles de l'aphasie, une hémiplégie, le plus souvent transitoires, quelquefois aussi définitives. Mais nous y reviendrons plus tard ' .
Nous devons étudier auparavant les autres manifestations de l'épilepsie. Celte névrose ne se présente pas en effet toujours sous la forme bruyante que nous venons de décrire ; il y a des expressions plus restreintes, qui ont encore une grande importance : c'est le petit mal^ que l'on voit d'ailleurs fréquemment alterner avec les accès complets.
II. h' absence est en général très courte; elle dure quelques secondes, rarement plus d'une minute.
Sans prodrome aucun, au milieu d'un acte quelconque, en mangeant, en travaillant ou en marchant, le patient laisse tomber sa fourchette ou son couteau, l'objet qu'il tient à la main. Son regard devient fixe, il cesse de parler ou s'arrête dans la rue, le plus souvent sans tomber, à cause de la brièveté de l'accès.
Quelquefois même il continue ses actes automatiques : il marche, joue du piano. D'autres fois, il perd l'équilibre et tombe, s'il est à chevalpar exemple. Dans certains cas, on peut se faire entendre du sujet pendant l'absence, et même lui faire manifester quelques lueurs d'intelligence.
Mais en général, après l'absence, l'intelligence reste dans l'engourdissement, dans un profond état de vague. La mémoire est souvent confuse, le caractère impatient et l'humeur morose. Voisin a vu, sous ces influences, se développer des sensations fausses et devenant tout à fait des illusions.
Le vertige est un degré de plus que l'absence ; c'est une attaque réduite.
Il y a toujours perte de connaissance et le malade s'affaisse, mais sans se blesser ; il tombe moins lourdement . La face est pâle et le regard fixe. Il y a souvent émission involontaire d'urine. Voisin ajoute que très souvent l'épileplique prononce quelques mots, toujours les mêmes, comme : c'est fini, ce n'est rien. De plus, pendant le vertige, les épileptiques se livrent souvent à divers actes variés et étranges : ils ôtent leurs vêtements, prennent des positions inconvenantes, se livrent à l'onanisme. Les mêmes caractères sphygmographiques ont été relevés
' Comme suite de l'attaque, KowalewSky {Arcli. f. Psych. u. Nervenkr , XI ; anal, in Arc/nves de Neurologie, II, 1881, pag. 278) a signalé une notable diminution de poids du corps. Mais le lait n'a pas été retrouvé par d'autres auteurs, notamment par JoLLY (XV Congrès des Neurologistes et aliénistes de l'Allemagne du S.-O., Session de Bade, séance du 21 mai 1881 ; anal, in Archives de Neurologie, 1882, III, pag. 236), par von Oldeeogge {Arc/i. f. Psych. u. Nervenkr., XII, 3; anal. Ibid , i883, VI, pag. 266), et par Krantz {Allg. Zeitsclir., f. Psych. u. psyc/i.-gericht. Med., XXXIX, 1; anal. Jbid., i883, VI, pag. 271).
KPILKI'SIE.
par Voisin dans le vertige cl dans !a grande allaque; ils persistent beaucoup plus longtemps que le vertige lui-môme et durent (juehiuei'ois plus d'une heure.
Il y a rarement du délire à la suite; on noie (piehiuerois une incohérence transitoire dans les idées, une susceptibilité exagérée, de l'agitalion avec violence, de la gaieté on de la tristesse poussée à l'excès, des actes extravagants, etc.
A la suite des vertiges et des absences, Voisin signale en outre quelquefois une sorte de somnambulisme, aussi souvent diurneque nocturne, pouvant durer une heure, pendant le(|uel les malades exécutent des actes assez com[)liqués, toujours les mêmes, et rcproiluisent ceux de leur vie de cha(|ue jour
De celte forme de somnambulisme nous l'approcherons l'aulomatisme amhulaloifc épilcpliijue '- , en Ijien des points comparable à l'aulomalisme hyslériciue.
Il y a ensuite les accès iiifunipU-ls, qui sont en quelque sorte des intermédiaires entre l'absence et le vertige, d'un côté, et l'attaque de l'autre : c'est l'épilepsic partielle de Trousseau. La perte de connaissance est constante, avec des convulsions circonscrites, localisées, au lieu d'être générales.
Chez l'un, ce sera l'occlusion spasmodique des paupières; chez un autre, du strabisme; ou bien ce seront des secousses dans quelques •muscles tle la face, de vives grimaces, des mouvements dans les lèvres, la langue, la tête, le cou. Reynols a vu des convulsions des muscles de la respiration avec cyanose. D'autres fois, le phénomène frappe les extrémités : les doigts, les bras, les jambes, deviennent raides ou sont agités par des secousses cloniques rapides; quelquefois c'est un tremblement généralisé ou partieT'. 11 est inutile de multiplier les exemples de ces types variés.
' Voy. jiiissi Paris; Arc/i lvcs de Neurologie, si'|itcn)l)i'c iSSij. " CiHAiicoT ; Leçons du Mardi, 1887 à itiSy ; — Clinique des Maladies du Système nerveux, [,om. Il, pag. Gi ; GiLLKs DE L/V TouuKTTE ; Société de médecine légale, 11 mars itiSg ; Fhenkel ; Tlicse de Lyon, liiyo ;
Chantemesse et WiuAL ; Société médicale des Hôpitaux, 20 juin iSgo;
Sous ; Thèse do I^aris, juiilL-l iS<jo;
Saint-Aubin : Thèse de l'aris, juillet iSyo ;
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CoLLiiviLi.E ; Union médicale du Nord-Est, ]u'\n 1891 ;
GuANDJKAN ; /^t'fut' médicale de la Suisse romande, juin iSyi (.\i-chives de Neurologie, jiuw ivr i8<j3, pag. iji) ; Souques ; Arc/dves de Neurologie, }uMel iS<j2 ; Feuuauini ; Riforma médira, mars iSyS, n"' 70 et 71 ; FuNA.101,1; lljtd. {Revue Neurologique, iT) mai kS'j;;, ii" «j, pag. '.îSl)). Voy. aussi le chap. I de la thèse, déjà citée, de M"" Feinkind, i8<j3. > ■' l''ÉUÉ ; Reçue de Médeci ne. \iui[ iSi|i.
Avec cela, il y a toujours ou à peu près perte de connaissance complète.
Restent enfin les formes irrégulières de l'attaque et les états épileptoïdes.
Ainsi, la « perte de connaissance «> est certainement le caractère capital de l'épilepsie; cependant on cite quelques cas exceptionnels dans lesquels elle manque. Dans certaines attaques d'un sujet donné, les convulsions peuvent, elles seules, constituer les crises On en a vu d'autres dans lesquelles les convulsions manquent : Hammond, Trousseau, Nothnagel, ont observé des malades chez lesquels les convulsions étaient remplacées par une course, une marche en avant autour de la chambre — Ce sont là, du reste, des formes exceptionnelles, sur lesquelles nous n'insisterons pas.
Griesinger appelle «états épileptoïdes^ » toute une série de phénomènes nerveux variés qu'il rattache à l'épilepsie. Il en reconnaît deux catégories : d'un côlé, plusieurs espèces de vertige; de l'autre, divers phénomènes que l'on rattache plus habituellement à l'hystérie ou à l'hypochondrie.
Westphal combat l'avis de Griesinger, et dit que ce sont là des symptômes banals des névroses et des psychopathies. Il y a cependant un certain intérêt clinique à montrer dans quelques cas leurs relations étroites avec le syndrome épilepsie. Tels sont les troubles de digestion, les migraines, les syncopes, les illusions des sens, les sensations anormales de toute nature. Tous ces phénomènes se présentent par accès, chez des individus à hérédité nerveuse et à manifestations antérieures plus franchement épileptiques.
On a beaucoup étudié, ces derniers temps, sous le nom d'à équivalents » de l'épilepsie (Pitres), un certain nombre d'états névrosiques auxquels, dans un certain nombre de cas tout au moins, il est possible d'attribuer une origine comitiale. Tels sont: certaines formes de la crampe des écrivains, de la narcolepsie^, de la migraine simple ou ophtal-
' BouiiNEViLLE et Bricon (Archives de Neurologie, 1888),— Hare {Med. News, novembre 1888), — Ladame {Revue médicale de la Suisse romande, 5 janvier 1889, IX, pag. 5), — Maibet {Revue de Médecine, février 1889), - Delbriol (Thèse de Lille, 1889),— Kramer {Zeits. /'. Heilk., 1890, XL 4). — Crandiropoulos {Reçue générale de clinique et de tliérajiculique, 25 février 1891),— Buttner (AU g. Zeits. f. Psych., 1891, XLVIL 5; Archives de Neurologie, mars 1898, pag. 260),— Fergusson {New-York med. .Journ., 5 septembre 1891, pag. •ibQ, Revue des Sciences médicales, XL, pag. 263) — ont étudié sous le nom à'épilejisie procursive une forme d'épilepsie « dans laquelle l'attaque est, au point de vue moteur tout au moins, constituée en totalité ou en partie par une course en avant, par une procursion ». La course peut constituer à elle seule toute l'attaque, précéder ou suivre un accès vulgaire.
^ Voy. plus récemment, sur les états épilepto'/des : Jancken ; Wien. med. Woch., 1887, n" 16.
' Jacoby ; The New-York med . Journ., 20 mai 1898, n° 79, pag. 54i {Revue Neurologique, 3o juin 1898, n" 12, pag. 332).
i:PII.TvPRllv
mique, le lie douloureux de la laee, le lie de Salaain, cciiains Iroubles psychiques accompagnés d'actes impulsifs. On se reporlera, pour l'élude clinique de ces fails, à la description f^énérale que nous avons donnée de ces phénomènes dans des chapitres spéciaux. D'autre part, l'asthme cssenliel (Trousseau), l'angor pecloris névropalhique, la tachycardie essentielle (Talamon), les spasmes idiopalhiques de la glotte, certaines incontinences nocturnes d'urine, sont considérés par divers auteurs comme faisant partie du cadre dos manifestations comilialcs.
Ici se placerait l'étude de Vc/)ilt'/)sii' purliclle. Mais, le plus souvent, ce sont là pliilùt (les états épilt'|ili(|iu's que des accidents apparleii.uil réellement à la névrose épilepsie. Nous en avons d'ailleurs présenté l'\ description complèle dans le premier volume de cet ouvrage (Appendice au chapitre des localisations cérébrales).
III. Les manifestations de l'i-iiilcpsie, (juelle (juc soit leur forme, peuvent laisser ù leur suite des troubles variés. Nous étudierons tout à l'heure et ensemble les troubles psychi(|ues. Mais il peut y avoir aussi des paralysies' ^motrice, sensilivc, sensorielle, aphasie), ou encore des contractures-, du tremblement; Beevor a signalé la déviation conjuguée de la face et des yeux. On a noté un certain nombre de ces faits, (pii sont toutefois moins fréquents à la suite de l'épilepsie essentielle (pi'aprés les crises d'épilepsie jacksonnienne.
Oliver'' a recherché l'élat des rcMlexes tentlineux à la suite des accès l'I II constaté leur intégrité ; leclonusdu pied s'observerait pendant cint] <in six minutes après les crises.
L'attaque n'entraîne (pie très exceptionnellement la mort par ellemême, l'allé |)eut la produire indirectement en provotpiant des accidents : le sujet loinbe dans le feu, se blesse de diverses manières, s'éloutVesur son oreiller ou avec un bol iilimeulaire, etc. Nous devrons y revenir,
IV. Reynolds a s[)6cialement étudié la question du mode de succession des atla(|ues 11 est arrivé à des résultats que Nolhnagel a résumés ''.
Dans beaucouj) de cas, on observe une certaine périodicité dans le
DuTii. ; licruc de Médecine, iSS"»;
liuitciii ; Sur lef paialysies et auefl/iésieg consécuti es aux attaques d'épilepsie. 'l'Iiése do Paris, 1887 ;
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' Voy. aussi BhowiNino; Lc!< intervalles éi>ilej)tiques, valeur pour le traitement, \u .luttrn. of nerv. dis., juillel-aoùl i8<j3.
9fln MALADIES DES NERFS ET NÉVROSES.
retour des attaques : à certaines heures du jour, tous les deux jours, toutes les deux semaines, tous les quinze jours ; chez les femmes quelquefois tous les mois (d'où l'opinion vulgaire et ancienne de l'influence des lunes). — Mais cette périodicité n'est pas la règle; elle disparaît en général à un moment donné chez les sujets qui l'ont présentée. Le plus souvent, la succession est atypique et irrégulière.
La fréquence des attaques est essentiellement variable, et cela dans des limites très éloignées. L'un aura une crise par an, l'autre en aura plusieurs centaines. C'est très variable aussi chez le même individu. C'est là un point important, qu'il ne faut pas oublier dans l'appréciation de la valeur thérapeutique de tous les traitements essayés. — Dans l'épilepsie incurable, la fréquence augmente en général quand la maladie dure depuis longtemps.
Les attaques peuvent se présenter par groupe d'un nombre variable d'accès. Quelquefois isolées, les attaques se répètent d'autres fois. Il y a les petites séries, formées de 2 à 6 accès, et les grandes séries formées de 20, 3o attaques et plus. Delasiauve parle d'une série qui dura un mois entier, pendant lequel le sujet eut peut-être 2, 5oo attaques'.
Quand les attaques s'agrègent ainsi ou même s'enchevêtrent, c'est ce qu'on appelle Vétat de mal épileptique. Alors la température s'élève à une grande hauteur (Charcot, Bourneville), et cette hyperthermie n'est pas due seulement aux convulsions des attaques, car dans l'état de mal hystérique ou hystéro-épileptique pareille chose ne s'observe pas. Dans l'état de mal épileptique, du reste, les convulsions peuvent cesser pendant plusieurs jours, et la température se maintient néanmoins à un chilfre très élevé.
Cette ascension du thermomètre à /Ji ou 42° après la cessation des convulsions est le plus souvent un signe de très fâcheux augure. Elle s'accompagne en général d'autres phénomènes, tels que délire plus ou moins accusé, que Delasiauve rapporte à une congestion méningitique, ou bien coma plus ou moins profond (congestion apoplectiforme des auteurs) ; dans les deux cas, prostration des forces, sécheresse de la langue, tendance à la formation rapide d'eschares au sacrum ; quelquefois enfin, production d'une hémiplégie transitoire sans cause démontrée à l'autopsie.
Cette élévation de température n'est, du reste, pas toujours absolument et nécessairement fatale : c'est un signe pronostique très grave 2.
Charcot rapproche cette hyperthermie de ce que l'on observe dans les attaques apoplectiformes décrites dans la paralysie générale, la
' Legrand du Saulle a parlé à la Société médico-psychologique (25 juin i883 ; anal, in Encéphale, iS<S4, IV, pag. 101) d'une jeune fille qui a eu huit mille attaques en vingt jours.
^ La guérison de l'état de mal ne survient guère que dans les cas exceptionnels où la température revient à la normale (Witkowski; Bev/. A/. Woch., 1886, XXX, n»- 43 et 44).
ÉPILEPSIE. i)01
sclérose en plaques, cl dans le cours de quelques anciennes lésions eu loyer de l'encépliale.
Dans l'élal de uud hysLéro-(''[)ilc|ilii|iii', I. n ;ill;i(|ui s se n'-pèlciul, aiuM [)cndant un ou deux mois; la maladi- [n ul i5o, 200 attaques;
mais la l(Mnpéralure reclale n'est pour ainsi dire pas sensiblement modifiée dans la grande majorité des cas. La mort est très rare, exceptionnelle, dans ce dernier cas, au lieu d'être la règle.
Les auteurs diU'èrent d'avis sur la IVéciuence relative des attaques de nuit etde jour ; il y a des épilepsies exclusivement nocturnes ou diurnes, d'autres principalement iioctui'iics ou diui nes. Kclicvcrria trouva 7 cas sur i3o hommes, et 9.\ cas sur lyO femmes, d'épilepsic nocturne. Boyd croit qu'il y a plus d'attaques la nuit (jue le jour; Beau admet un nombre égal .
Lépine fait remarcpier avec raison qu'il faut d'abord bien délinir la nuit. Peu importe que le soleil soit ou non au-dessus de l'horizon ; c'est veille ou sommeil qu'il faudrait dire et distinguer. Il cite un cas dans lequel les attaques survenaient toujours pendant le sommeil '; quelquefois il y en avait eu pendant le jour, mais c'était au moment où le malade faisait la sieste.
Trousseau a insisté sur les signes auxcjuels on peut reconnaître qu'un sujet a eu une; attaque pendant la nuit. C'est important à savoir pour le diagnostic, siii loul au débul. alors (pie les attaques peuvent être exclusivement nocturnes. On constate dansée cas de l'abattement, de la torpeur, du mal de tète, etc., et surtout les traces de l'émission involontaire des urines, des matières fécales, les signes de morsure à la langue, les taches d'hémorrhagie cutanée, etc.
Quant à la fréquence relative des diverses formes d'accidents épilepliques, on peut diviser les faits en trois catégories : dans la première, il y a toujours de grandes attaques ; dans la deuxième, le petit mal est seul; dans la troisième, tout est mêlé. Ce senties première et troisième qui sont les plus fréquentes. Cela peut du reste dépendre, dans une certaine limite, de la nature (héréditaire) de la maladie et de sa durée.
V. Quoique la manifestation capitale de l'épilepsie soit dans les diverses formes d'allacjues, cependant il y a des phénomcncs inlercalaires, dont il faut dire un mot.
' B.vuMG.ERTNER ( \7" Comjvès (Ic'.-i Neu7-olo!ji.-^tes et Aliéiiistes de l'Allemagne du S.-O.. Session de liadc, séance du 22 mai iSSi ; anal, in Archives de Neurologie, 1882, III, pag. 23ij) a VLi les accès épilepliiiues survenir pondant le sommeil clilorol'ormitiue.
Fkuk (Société de Biologie, 10 noNcndire 188S), (pii a, |ilus recoinmenl, reciierché riiilluence exercée par telle ou telle période de la journée sur la pi'oduclion des alta(iues, a trouvé deux maxima diurnes : Tun à 9 heures du matin, l'autre de 3 à ô heures du soir.
Du côté de la conslitulion cl do l'élal général, rien de bien net Les anciens admctlaienl chez les épilepliques un état de faiblesse et de dépression dans la circulation. Mais il esl admis aujourd'hui que la maladie peut se développer chez des sujets entièrement sains. Les vrais phénomènes à noter sont du côté de la molililé, de la sensibilité ou de l'état psychique.
Pour la motililé, on observe qu^lquelbis les phénomènes d'aura sans attaque : simple prélude. Les phénomènes fixes seraient de trois espèces, d'après Reynolds : ti'eniblemenl musculaire-, contractions cloniques ou toniques dans quelques groupes musculaires ; le plus souvent il y a deux ou trois de ces phénomènes associés. D'après Reynolds, 7b "/o des épileptiques présenteraient quelqu'un de ces symptômes^.
Landon Carter Gray a décrit des caractères spéciaux à la pupille des épilepliques en dehors des attaques : elle présenterait une dilatation manifeste, môme avec une lumière vive, et éprouverait, sous l'influence des variations de lumière, des changements de diamètre beaucoup plus rapides que celles des individus sains... Malheureusement tous les auteurs n'ont pas confirmé la constance de ce signe, qui serait précieux''.
' FÉHÉ a consacré plusieurs mémoires (Société de Biologie, janvier 1888 et 18 mai 1889; Nouvelle Ivonograjjliie de la Salpétrière, mars-avril i888)à l"état des forces et à l'élude des phénomènes mécaniques de la respiration chez les épileptiques.
^ Ce tremblement doit être rapproché du tremblement essentiel héréditaire que l'on observe chez les dégénérés (Féré ; Revue de Médecine, ]mn 1891 ; — Debove et Renault ; Société de Biologie, 8 juillet 1891 ; — Hamaîde ; Thèse de Paris, février 1893).
^ FÉRÉ (Société de Biologie, 20 juin 1891") a également attiré l'attenlion sur Vasymétrie de la marche dans l'épilepsie.
Voy. plus loin l'énumération des stigmates physiques de dégénérescence qui s'observent fréquemment chez les épileptiques.
Landon Carter Gray ; Americ. Jouivi. of med. Se, octobre 1880, — et Amer. Journ. of Neurol. and Psyc/i., 1882, n° 1.
= Voy. notamment Marie ; Arcliives de Neurologie, 1882, IV, pag. 42.
Voy. encore, sur l'état de la pupille dans l'épilepsie :
Siemens ; Neurol. Centr., 1882 (anal, in Archives de Neurologie, i883, VI, pag. 409) ;
Charpentier; Reçue générale de Clinique et de Thérajieutique, 1890, n" 6, pag. 81 (inégalité pupillaire) :
Browning ; Journ of nerv. and ment, dis., 1891 (ibid.) ;
Bosc ; Recherches sur les modifications de la pupille chez l'Iiomme sain, l'épileptique et l'Iiystérique. Thèse de Montpellier, 1891 ; — Montpellier médical, 1 décembre 1891.
La fréquence relative du nystagmus chez ks épileptiques a été signalée par FÉRÉ (Société de Biologie, 28 juillet 1887 et 24 novembre 1888).
L'astigmatisme a été retrouvé chez eux par Féré et Vignes (Société de Biologie, ■2lt novembre 1888), Wigleworth et Bickerton (Brain, janvier 1889, pag. 4o8 ; Revue des Sciences médicales, XXXV, pag. 280).
Voy. aussi, sur le champ visuel des épileptiques (rétrécissement irrégulier pour les objets et, à un moindre degré, pour les couleurs) : Ottolenghi; Centr. f. Nerwe»., octobre 1890 (anal, in Archives de NexLrologie, ']m\\i!X 1892, pag. 70).
Déjà Thomsbn (Berl. kl. Wocli., 16 juin 1884) avait signalé un i-étrécissemcnt
ÉPILRPSIR, 903
Les troubles de sensibilité sont plus IVétiufiils les précédeiils '. l']n dehors des sensations de Taur.!. un constate une cc'plialali^ie i'rc'- (|nent(î, d(^s V(M'tiyes, de la ioui'deur de bMe. 'i ons ces sij^nes ne prennc^nt •lu'exceptionnelleineiit une grande yravilé. Agostini - et Féré ont récemment signalé la fréquence des troubles ol^jeclifs de la sensibilité (hypestliésie) et des sens spéciaux (gustation, oli'action) chez les épileptiques .
Quant aux phénomènes psychiques, nous allons les décrire tousdans un même chapitre consacré à Véldl rncnldl des é|)ileptiques, car nous n'en avons encore rien dit.
VI. Peut-on (Hrc épilepti(iue et être absolument sain d'esprit ? C'est là une question très grave et quia été diversement résolue
D'abord, il faut s'entendre. — 11 serait faux de dire que lous les é[)ilepti(iues sont des aliénés, au sens ordinaire du mol . On cite des hommes illustres, comme César, Napoléon, Pétrarque, qui auraient été épilepti(jues ; le pape Pie IX l'a été pendant une partie de sa vie.
Tous les épilepliques ne sont donc pas fous. Mais de là à admettre l'intégrité complète, et à tous les moments, de l'intelligence, il y a loin.
La (juestion de responsabilité doit toujours être soulevée quand un épileptique a commis un crime ou un acte répréhensible quelconque rentrant dans le cadre des manifestations habituelles de la névrose (fugue inconsciente, etc.) : c'est un fait à se rappeler
Iiassagcr du cliaii)|) visuel ;i la suite des accèsaccompagnésde troubles psychiques uu peu iutenses.
Voyez enlin, sui' la lonetiou visuelle en général, dans l'épilepsie:
PiCiiON; Thèse de i^aris, juillet iSSâ ;
Chai.tin; Archives de médecine Belges, iSya, 3, pag. i5G ;
Martin ; L'œil des épileptiques, in Journal de Médecine de Bordeaux, a6 inarsa avril iÎ5<j3;
De Bosco cl Dotto; Id., in // l'isani, i8ij3 (Reçue Neurologique, i5 novembre 1893, n» 21, pag. Gor>) ; GoTTEi.AND ; Thèse de Paris, février 1893.
' Voy. FÉRÉ ; Néoralgies épileptiques, in Revue de Médecine, 10 juillet 1892. ' Agostini ; Rio. sperim. di fren., 1890 (Revue des Sciences médicales, XXX.VI, pag. 600;.
Fkré, Batign'e et OuviiY ; Société de Biologie, 3o juillet cl 12 novembre 1892. ' Voy., pour ce qui suit: Voisin ; loc. cit. ; C/VVALIER ; Thèse de Montpellier, i85o, 99.
On consultera avec l'ruit, sur les rapports de l'épilepsie avec la folie morale et la criminalité, l'important mémoire de Lumbroso, in Giorn. delta R. Acad. di Med. di Torino, mars-avril i8S5, — et Archives de V Anthropologie criminelle, i5 sept. 1887.
" Voy., sur la responsabilité des épileptiques, les intéressants mémoires récemment publiés parJAUMES et Mairet (Nouveau Montpellier médical, tom.II, 1893) et par Vallon (.\nnales d'hygiène publique et de médecine légale, 1893^.
Voy. aussi les thèses de Dortel et Thierry ('Paris, iS9ij sur la responsabilité attén uée.
Tout épileptique, dit Voisin, est original, fantasque, difficile à vivre, et peut, à un certain moment et sans qu'on puisse le prévoir, commettre des actes irrésistil)les, de cause hallucinatoire et de nature dangereuse. Et il ajoute: la distinci ion administrative des épileptiques en aliénés et non aliénés est une subtilité qui n'a pas de valeur au point de vue pratique; sur i48 épileptiques, on n'en trouve que lo dont l'intelligence soit dans un état de pondération parfaite.
Il faut évidemment se rappeler que ces lignes ont été écrites par un médecin aliénisle ; mais enfin elles ont une grande valeur.
Le caractère essentiel de l'état mental des épileptiques est qu'ils se laissent dominer par la mauvaise humeur, la colère et les instincts regrettables. Leur irritabilité est excessive ; ils ont des sensations trop vives, qui faussent leur jugement et les empêchent d'apprécier sainement leurs actes et leurs paroles. Ils deviennent souvent insupportables pour leur famille et la société.
Quand la maladie est conOrméc (toujours d'après Voisin), l'épileptique est morose, triste, rêveur, nonchalant ', par moments irascible et impérieux; il se laisse trop souvent aller aux mauvais penchants, aux instincts les plus brutaux. Du reste, comme l'a fait remarquer Peltre, les modifications de mœurs et d'habitudes qu'on constate chez ces malades sont en partie la conséquence des rapports sociaux que leur crée leur infirmité, de leur manière de vivre, de l'exclusion dans laquelle ils sont tenus, des obstacles qu'ils rencontrent pour leur établissement et leur bonheur, de l'impossibilité où ils sont d'avoir une occupation suivie.
Dans les asiles, les épileptiques sont indisciplinables, souvent rancuniers, haineux et poltrons ; du reste, indolents et paresseux.
L'aliénation mentale peut se présenter chez eux sous la forme aiguë ou sous la forme chronique. La première peut précéder ou suivre l'attaque, survenir dans l'intervalle des accès ou même remplacer les crises convulsives. La seconde se développe à la longue ou préexiste sous forme d'idiotie-.
1. Avant l'attaque, ce sont des hallucinations, des illusions de divers ordres (aura intellectuelle). Ces hallucinations sont quelquefois terrifiantes, et les malades peuvent alors commettre avec une rapidité terrible des actes complètement inconscients.
2. La folie s'observe surtout après l'attaque ; elle se présente alors sous forme de manie simple, de fureur ou de délire partiel.
a. La manie éclate avec une grande soudaineté, à peine précédée
' Féré ; De l'apathie épileptique, in Revue de Médecine, mars 1894. 2 Des manies peuvent également traduire l'existence la névrose. Voy., par exemple, sur Varithmomanie chez les épileptiques : CuLLEERE ; Annales médico-psychologiques, \anyier 1890;
Pacetti; Ri forma medica, i^ic/i (Revue Neurologique, i5 novembre 1898, n''2i, pag. 6o5; ;
KPILKI'SIK. !lOr,
pcndiinl (juchjuns heures d'iiii d'Iirlx''! lulc, d'(^garcmcnl dans la physionomie, de vague dans l'csin il, de Irislesse cl de céphalalgie. Puis I incohérence est complète. Les niahidcs luloienl, sont grossiers, inju rieu.K, sans faire de violences; ils parlent |)res(juc continuellement, inlerpellcnt chacun, i.es l'éponses ne deviennent sensées qu(^ |)ar éclairs cl sont ordinairement extravagantes. \\n même temps les regard/; sont égarés, une expression d'étonuemenl. L'accès |)eut durer pendant dix jours et le malade ne dort pas de loul le temps ' .
6. Les passions, el spécialement la colère, troublent l'homme profondément, mais ne sont rien à côté des emj)ortements de l'aliéné. La fureur se rapproche plutôt de i'élat des animaux : aveugle ol brutale au plus haut degré, elle s'accompagne d'une tendance ordinaire à la destruction. Le professeur Cavalier montre ainsi qu'il y a autant âc diiVérence entre la fureur et la colèri; cpi entrc un aliéné et un liomm • raisonnable. Il est donc inexact de dire, avec Horace : ira fui-or ùrcvis esl.
La fureur épileptique esl, dit Cavalier, un emporlemenl violent (jui, prenant sa source dans l'alVection épileptique, développe une tendance iri ésistible à la destruction.
Phénomène très fréquenl chez les épileptitjues, la fureur, toujours inlermitlenle, survient par accès de courte durée el à intervalles variables. A l'Asile public de Montpellier, en i85o, il y avait 5 furieux sur 25 épilepliques femmes, el lo sur 20 épileptiiiues hommes. — Celte complication ai)partienl à la période d'eflloresccnce de la névrose, maïuiue à la première phase, el disparait plus lard dans la démence.
On tlislingue deux formes dans la fureur épileptique : fureur insliuc- Live, ordinairemeul aveugle, el fureur motivée, en partie engendrée, souvent enlrclenue et exaspérée, par des hallucinations, des illusions, des idées délirantes.
La [)remière forme esl, en général, bien plus dangereuse que l'autre. L'épileptique, n'ayant aucune conscience, même momentanée, de ses actes, el poussé par un instinct de destruction extrême, se porte à des actes excessivement graves pour les autres et pour lui.
Cet état se trouve particulièrement chez les épilepliques idiots. Souvent les accès suivent les attaques; ils détruisent alors automatiquement el sans le savoir, el ne sont arrêtés [)ar aucun obstacle. Us ne se rappellent, du reste, rien de ce qu'ils ont fait pendant la crise.
Celle forme de fureur peut même se présenter sous deux aspects dilfereiils : lyi)e sombre el type expansif.
Dans ce dernier cas, la face c-^l congestionnée, le visage épanoui ; les yeux sont enllammés, la parole est éclatante, animée, rapide ; les cheveux sont hérissés, les gestes violents : la force est extrême
' Voy. le travail de Pauls {Encéphale, i8S3, 111, pag. 744) sur une forme parliculière d'ayilaliou maniaque alleruanl avec des alluques d'épilepsie. Grasskt, 4" édil., lom. II.
mi
et le corps brillant. Les menaces, les plaintes, les injures, l<^s hlasphèraes, se pressent sur leurs lèvres. Puis vieniienl les actes de violence, etc.
Dans le premier cas, au contraire, la face est pâle et crispée, le regard froid, furtif, pénétrant; les traits sont féroces, la bouche est fci'mée, les gestes sont rares, l'altitude est pensive ; le malade paraît entièrement absorljé et étranger à tout ce qui l'entoure ; cependant il voit et observe tout avec une finesse des sens que l'on ne soupçonnerait pas. Dès que le moment favorable d'exercer une vengeance se présente, il le saisit rapidement et, d'une main sûre, porte un coup terrible, longuement médité. Tout est mesuré, calculé ; il n'y a pas de coups donnés au hasard, la blessure est toujours dangereuse. S'il échoue, il se livre et attend une occasion, ou bien un accès violent expansif survient brusquement: la force est décuplée et les malades sont indomptables.
On comprend les conséquences naturelles d'un pareil élat mental : homicide ou suicide. Cavalier cite un épileptique qui s'ouvrit le ventre et dévida 3"', 35 d'intestin grêle.
Il n'y a rien à ajouter à cette remarquable description de Cavalier, dont nous engageons à lire la Thèse tout entière.
c. Le délire partiel a des formes variées : prédominance d'idées hypochondriaques et mystiques; ou bien confusion, lenteur des conceptions, diminution de la volonté avec crainte vague, illusions et hallucinations ' ; des actes criminels (suicide, homicide, incendie) peuvent encore être la conséquence de ces troubles mentaux.
3. Les phénomènes psychiques se produisent aussi dans l'intervalle des attaques; Delasiauve cite des cas de délire aigu survenant sans être précédé par aucune crise convulsive.
4. Les troubles mentaux remplacent, d'autres fois, les attaques ; ce sont les c équivalents psychiques » de l'épilepsie-, que ÎVIorel décrivait sous le nom d'épilepsie larvée.
On observe alors une excitation périodique suivie de prostration et de stupeur, une irascibilité excessive et sans motifs, des actes agressifs ayant le caractère de l'instantanéité et de l'impulsion irrésistible, la tendance à l'homicide^ et au suicide, des hallucinations terrifiantes, etc. — Quelquefois il y a eu des phénomènes épileptiques antérieurs, d'autres fois, ils ont été méconnus.
Dans la forme chronique, on constate la diminution de la mémoire, de l'attention, de l'énergie morale. Les malades oublient tout ; leurs
' Voy. le travail de liuHN (Prag. Zeitschr. f. Heilk., iS83, IV ; anal, in Encéphale, i883, III, pag. 634) sur les Hallucinations épilepti formes.
^ Voy. Leidesdorf ; Wien. med. Woch., 1887, n° 5, pag. 121 {Revue des Sciences médicales, XXX, pag. 127).
^ 'Voy. le fait public par Legrand du Saulle (Arcliives de Neurologie, i883, "VI, pag. 161) cl les observations de Motet {Académie de Médecine, 27 mars i883).
FPII.KPSIK. 907
;u-t,i()tis deviennent enfantines. Ils se livrent à un onanisme ellVéné. Oiii'hincrois ce sont les symptômes et les lésions de la paralysie f^énérule ' .
Kn somme, c'est la démence- ciie/ radiillc i l l'idiiilic cliez reniant.
Imi commrnrant le cliapil r.' (Il- I'Anmomii: cl de la Pn vsiDi.oc.n; i-m uoi.()(;ioijiis, Voisin déclare (jn'il n'est pas p.;rmis de dire aujourd'hui ce que Fovilh^ écrivait en i8i5i, à savoir: (pie les résultats de raiialomic |)atli()l()^i(pie des (''pilcpl iiju.'s alVecli's d'alhKpn's .simples son! m'^alils. On connaît actui'llcment des lésions, et il divise les alteralions tiouvées à l'aulopsie vn: l(''sions consé(juences de rultacjue, lésiousdélermiiiantes (lu liant mal. el ir'sions secondaiiws.
(letti! division est honne ; elK' est très désirable. Mais il nous paraît encore bien dil'ticile de l'appliipier dans l'état actuel des faits. L\in(iloiiiic jj(il/ioli)iji(jiie de ré[)ilepsie nous parait encore obscure, comme le montrera la revue suivante
Du côté des os, ou a d abord mentionné des lésions du crâne et de la l'ace.
I Voy., sur la I-'orinc des écrits des épilepticjues : M.viHiEV ; Thèse de Lyon, lS8(j-rjo.
So.M.Micu a éLudio les caraclcros do cello démence cl en général les diverses fonnos de folie ■postéinleptique (A)'ch. /. l'sijr/i. ii. Nevcenl,r., XI, 3: anal, in \)'rliices de Nearolofjie, 1SS2, IV, Ga).
\'oy. ciieoiv : KuRSTNEii (VU" Congrès des iWeurologistes et Aliéiiistes de l'Allemagne du S.-O,, Session de Bade, séance du 10 juin 1SS2 ; anal, in Arc/iives de Neurologie, i8S3, V, pag. aôcj) ;
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Souvent, quand la maladie est héréditaire ou débute dans la jeunesse, il y a des irrégularités dans le crâne ; habituellement c'est une asyméti'ie plus ou moins prononcée, avec défaut de développement, le plus souvent du côté gauche. Les os du crâne sont assez souvent épaissis et sclérosés, mais cela n'est pas constant; on peut même les trouver très minces, ce qui prouve, ajoute Nothnagel, que ces lésions des os sont secondaires et sont peut-être la suite des hyperémies répétées. On a signalé d'autres irrégularités, qui ne sont pas constantes : aspérités à la face interne, exostoses, rétrécissement du trou de la carotide, etc. ; une lésion plus intéressante serait le rétrécissement de l'orifice supérieur et de la partie supérieure du canal vertébral, produit par les maladies de l'atlas, de l'axis ou de l'occiput, et comprimant la moelle alfongée'. Kussmaul et Tenner, Solbrig, Hoffmann, Sommer^, etc., en ont publié des cas. Il est incontestable que c'est là une cause d'épi lepsie, mais elle n'existe pas toujours. Delasiauve et Voisin ne l'ont jamais rencontrée^.
Lasègue a attiré l'attention sur les rapports de l'épiiepsie avec l'asymétrie faciale : « Saillie frontale, le plus souvent droite, très marquée; saillie malaire correspondante ou existant du côté gauche; rotation de la face; déviation de la ligne osseuse du palais, oblique au lieu d'être perpendiculaire à l'axe du corps; déformation de la voûte palatine; abaissement ou soulèvement d'un des orbites; efl'acement d'un des côtés de la face, répondant à la saillie de l'autre... S'il existe une asymétrie faciale incontestable, l'épileptique a été frappé à l'âge de la consolidation osseuse, et il appartient à l'espèce la plus nombreuse de toutes, celle des épiiepsies dues à un vice de conformation ou à une consolidation également vicieuse des os qui forment la base du crâne '. »
L'asymétrie faciale semble faire partie du groupe des stigmates physiques de dégénérescence dont l'épileptique est si richement pourvu ; fréquemment on observe, en outre, une implantation vicieuse des dents, des cils et des cheveux, des anomalies des organes génitaux ' (phimosis,
' Nous avons vu récemment un cas, non d'épilepsie, mais d'/iystei-ia major, à la suite d'une lésion osseuse de cet ordre.
- Sommer; Arch. f. patli. Anat., i8go, XXIX, 2 (ankylose de l'atlas).
^ Delasiauve et Voisin; Académie de Médecine, i5 mai 1877 et29 novembre 1S77.
" Lasègue ; Arc/iives générales de Médecine, 1S77-1S80;
U^RRiEV {Galette hebdomadaire des Sciences médicales de Montjjellier, 1882, et Union médicale, 22 janvier 1S88) a récemment combattu les allirmations de Lasègue.
Voy. aussi Bourneville et Sollier ; Progrès médical, 8 septembre 1888 ; PisON ; Tlièse de Paris, juillet 1888.
'■' Bourneville et Solliee; Progrès médical, 18 lévrier 1888, pag. 125; LouET ; Tiièse de Bordeaux, 1889;
FÉRÉ et Perruchet ; Nouvelle Iconograplde de la Salpêtrière, 1889, pag. i3i; FÉRÉ et Batiune ; fieoue Neurologique , 3i juillet 1898, ri" i4, pag. 384-
ÉPILEPSIE. !'0
Iiypospadias, varicocèlo, anvl de développement du Leslicule, cclopic losliculaire, inversion de lV;pididyme) des asymétries chromatiques de l'iris, l'astigmatisme, des délormalioiis piipillair(>s l'adhérence du lobule de l'oreille, la l'orme ogivale de la voùtt; palatine, le prognathisme, une pigmentation anormale de la peau '% des vergetures lombosacrées
Les mciiitujcn sont uorniales ou altérées. On liouve nolanmienl un état trouble, ih' l'épaississement, quand il y a ostco-sclérose. Quand la mort est survenue après une série d'allaques, on a des lésions consécutives intenses : les méninges ont perdu leur transparence, elles sont infiltrées d'une sérosité sanguinolente au niveau des scissures; il y a des trahiées opalescentes, etc.
Echcverria [)i)se en principe que le cerveau des éj)ileptiques est augmenté de poitls, et (juc cela est dù aux exsudais cérébraux et à la proliféralion de la névroglie. Mais Mcynert a trouvé, au contraire, une diminution de [)()ids chez un épilepticpie. C'est, en tout cas, une lésion secondaire et pas conslanle.
L'asymétrie des hémisphères a été fréquemment relevée, comme du reste dans d'autres psychopathies. La théorie que Follet et Beaume axaient cililièe sur ee l'ail a été renversée par Delasiauve, qui, sur 18 cas, n'a trouvé (ju nne l'ois une diU'érence de 80 gram., n'a constaté ([u'unc (lillérence de moins de 20 gram. dans plusieurs cas, et aucune dilVérence dans les autres.
Bra' a repris l'élude du poids du cerveau et du cervelet chez les épilepli(pies, et est arrivé aux conclusions suivantes: 1. Le poids niuviMi (lu cerveau clii'/. nos épileptiques est inférieur à la moyenne |thysi()logi(iue ; -i. Le cervelet est supérieur à la moyenne pliysiologi- • pie; 3. Il existe une asymétrie fréquente enlrc ses lobes (non spéciale à r('|)ilepsie); 4- Dans aucune forme d'aliénation mentale (si ce n'est la paralysie générale, qui, chose remaniuable, s'accompagne aussi de crises épileptiformes ) nous n'avons rencontré d'écarts iaussi constants cl aussi niai iiu(''> mire les lu'Mnis[dières cérébraux (jue chez les épilej)t i(pies .
Divers auteurs ont ensuite trouvé des lésions variées de l'encéphale.
' GOTTiiLAND; L'a !> pare il de la cisioii chez les dégénérés. Tlicse de Paris, l'cvriiT ibiijù.
' EÉiiii cl IJatignk (Rerue de Médecine, novcinljrc iSi)-2, cl Société de Biologie, ■.îi janvier iSij3) oui rclrouvc tics lésions congciiilalcs de la peau chez 8-2 "jo des ilégéncrcs.
■' ViiHÛ cl Scii.MUvr ; liccue Neurologiqve, 3i aoùl i8ijo, n' lO, ijay.
Fkancesco dkl GaiiCO (// Manicomio moderno, i8<j3; Reçue Neurologique, oiidlire iS()3, n' -.'.o, pag. .'jjj) a présenlé rcccniincnl, sous le nom de « lenipéraiiu iil r|iilrpli(iue " une élude des asyniélries souiali<iucs eiroiicliuunclles cliez ces malades.
' iJuA ; Encéphale, 1881, 1, pag. 202.
Voisin décril dans la siibslance grise corticale du cerveau, quand il y a eu des Iroubles iiilellecluels avancés, des lésions de deux ordres: 1° Presque uniquement sur les circonvolutions supérieures, antérieures et moyennes, taches d'un blanc jaunâtre, ambrées, irrégulières, siégeant surtout dans la moitié inférieure de la substance grise; ou bien zones jaunâtres, laiteuses, grisâtres, à la partie médiane des circonvolutions : lésions des gaines périvasculaires avec issue des globules, et secondairement atrophie et dégénérescence des éléments nerveux actifs, tubes et cellules : ce serait là une altération secondaire à l'attaque, comme le piqueté de la face ; 2° Adhérences de la couche corticale avec les méninges ; aspect et lésions analogues à la paralysie générale. — Meynert a constaté, d'autre part, l'inégalité des cornes d'Amraon, mais tout cela n'est pas constant et est secondaire*.
Plus récemment, Biichholtz et surtout Chaslin' ont décrit chez les épileptiques une lésion histologique constante de l'écorce : elle consiste en une sclérose corticale disséminée, avec prolifération de la névroglie; l'induration de l'écorce et de la corne d'Ammon ou des olives ne serait que la traduction extérieure de la prolifération cachée de la névroglie. Cette sclérose névrogliqiie, considérée par Chaslin comme la lésion de l'épilepsie. se produirait en vertu d'un processus spécial, distinct de l'inflammation banale, car il ne s'accompagne ni d'une altération des vaisseaux, ni d'adhérence des méninges.
Un bon nombre d'auteurs ont accepté l'opinion de Chaslin, qui ruine du même coup la notion de l'épilepsie essentielle ou névrosique, et la distinction entre l'épilepsie idiopathique et l'épilepsie symptomatique. — Il faut reconnaître toutefois que la découverte de Chaslin n'a pas été universellement confirmée ; Blocq etMarinesco^ se sont récemment élevés, au nom de l'anatomie pathologique, contre sa manière de voir
' Gallopain a trouvé, cliez unépileptique, un cancer encéplialoïde du lolje frontal gauche ayant fait irruption dans le ventricule latéral et le troisième ventricule; absence de développement du pli courbe et du lobule du pli courbe du côté droit (Société anatomique, 28 novembre 1877, et Progrès médical, 1878, 2). — Voy. aussi la Thèse, de Coulbault (Paris, 1881), faite sous l'inspiration de Boueneville, sur les Lésions de la corjie d'Ammon dans l'épilepsie (anal, in Archives de Neurologie, 1882, Ili, pag 878), et le travail de Livio Vincenzi (Arc/i. ital. per le mal. nerv., i88-.>. et i883 ; anal, in E ncéphale, i8S3, ill, pag. 388) sur la Sclérose de l'alvéus de lacorne d'Ammon chez un épileptique. — Voy. encore le mémoire de Algeri et GiviDALi (Soc. mécl.-psycliol . il éd.; anal . in Encép/iale, i885, V, pag. 117), qui concluent de /17 autopsies d'épileptiques que les lésions trouvées ont été si variées qu'il est impossible d'en tirer des conclusions générales bien nettes.
JOHRAB (Archives de Neurologie, 1886, n» 38, pag. 4o5) a relevé un certain nombre de faits où il existait un ramollissement de la parlic sous-épendymaire des cornes postérieures des ventricules latéraux.
■2 ChaSi.in ; Société de Biologie, 2 mars 188g,
Voy. aussi Holm ; Nordish'. medic. Arkiv., 1898 (Revue Neurologique, i5 ocl. 1893, n» 19, pag. 582).
Blocq et Marinesco ; Semaine médicale, 12 novembre 1892, pag. 445-
KPILEI'SIR. on
cl oui i'oi'iiiciiciiHMil coiiclii (](> l;i r;i(;oii siii\;uili" : 1 l)an- nu ( ('iLiiii n<))iil)r(î (le cas d'épi le psic lii(|iir. il n'exisle p.'is dr It-sions appré-
ciables des ccnl rcs iioivoux ; 2" Dans les cas où l'on observe des lésions, celles-ci sont très variables ; 3" Les lésions les plus conslanles, ([uand elles existent, siègent dans les zones psycho motrices et sont caractérisées : a par des alléralions vascnlaires et h\ par l'Ii yperplasie de la névroglie, tantôt à la siii-face de l'écorce. lanlôt dans sa profondeur, etc. Ils considèrentces lésions, non point avec Cliasiiii. Marie, Féré, comme le point de départ des accès, mais comme leur conséquence. Les pliénoméiies convulsifs l'ésulleraient. d'api'ès eux, d'une excilabilité anormale des zones ]isyclio mol ric(^s, reconnaissani |)our origine dans c.'rlains cas tout au moins, des agents loxi(iues.
C'est donc là une question encore à l'étude.
Sclii (e(li'r \ an dci' Kolk a étudié spécialement les lésions de la moelle (tllongée. Au debul. il n'y aurait aucune altération organi(|ue appréciable. Plus lard apparaît un « exsudai albumiueux intercellulairc » entre les élénienls nerveux, qui arrivent ainsi à la dégénérescence graiss(uise et au ramoUisscmenl . Ensuite il y a élargissement des capillair(>s et épaississcment de la paroi ; il eu résulle que la moitié infél ieuri* du bulbe est plus rouge et plus hyperémiée que la moilié supérieure, (pu- le malade ail succombé ou non après une attaque. Les ectasies ca[)iilaires s'observent surtout au niveau des racines de l'hypoglosse et du vague, plus accusées dans le voisinage du premier nerf si l(;s patients se sont mordu la langue pcntlant l'attaque. — Ce seraient là encore des lésions secondaires, indiquant la gravité et l'incurabilité de la maladie.
l'IcliiM cri-ia a conslah' aussi les ectasies capillaires dans la moelle allongée, c\ en ouli'c un exsudât albumiueux granuleux, des cellules granuleuses, de nombreux corps amylacés, des cellules ganglionnaires fortement pigmentées, notamment aux noyaux de l'hypoglosse et du vague. Ces lésions peuvent se rencontrer aussi dans d'autres parties de l'encéphale, mais d'une manière moins constante que dans le bulbe.
lùdieverria a également trouvé altéré le grand sijmpal/iif/ae ccvvica]. Dans r5 cas ipi'il a examinés, les cellules des ganglions cervicaux claiiMil granidcnisos, remplies de pigment, et leur tissu conjonclif hvpiTplasié. Cet auteur voudrait même voir là la lésion primitive de 1 épilepsie. Mais, comme Nothnagel \o fait remarquer, ou peut se dcniandcM' si celte accumulation d(î pigment a une signilication quelconque, depuis (pie Lubimolt a moidré iju'elle est normale chez les gens Agés, et tniMne (jnchpiefois chez des pei'sonnes jeunes ayant succombé à toute autre chose (|u'à l'épilepsie.
Meyer a trouvé des lésions analogues dans la moelle allongée, la moelle eer\ icale et l'écorce cérébrale. Mais il les regarde comme secondaires et uulleuuMil caracléristi(pies pour l'épilepsie, puis(pi'ou les retrouve dans la paralysie générale et d'autres maladies.
On voit donc qu'en résumé rien n'est fait. L'épilepsie est toujours une névrose dont on ne connaît pas la lésion constante et primitive. Il semble seulement qu'il faille surtout, à l'avenir, chercher du côté du bulbe ou de la zone motrice corticale.
Nous devons maintenant essayer d'éclairer l'anatomie et la physiologie pathologiques par Vexpérimentalion.
Depuis plus de trente ans, Brown-Sequard a beaucoup étudié le développement expérimental de l'épilepsie dans une espèce animale particulière: les cochons d'Inde. Cette névrose se développe chez ces animaux après des altérations de points très variés du système nerveux : lésions de la moelle, section d'un sciatique ou des deux, lésion de la moelle allongée, et enfin du pédoncule cérébral et des tubercules quadrijumeaux.
Peu de temps après l'opération se développe un état d'excitabilité exagérée, des secousses convulsives agitent quelques groupes musculaires, et enfin les attaques épileptiques éclatent vers la quatrième ou la sixième semaine (il à 71 jours). Les attaques surviennent spontanément ou par l'excitation d'une partie spéciale de la peau (zone épileptogène): joue et région cervicale antéro-latérale itrijumeau el occipital), du même côté que la lésion faite à la moelle ou au nerf, du côté opposé si l'altération a porté sur le pédoncule. Cette zone se distingue par une certaine anesthésie ; mais il suffit de l'exciter légèrement pour provoquer une attaque Au bout d'un temps assez long, l'épilepsie peut disparaître, et alors l'anesthésie de la zone épileptogène disparaît également.
Chose remarquable, les jeunes nés de ces animaux peuvent être épileptiques sans autre lésion -i.
Schiff, Westphal, ont confirmé les expériences de Brown-Sequard. Ils les ont essayées sur des chats et des chiens. Mais les résultats sont alors moins nets : il n'y a pas perte de connaissance^.
Westphal a provoqué des attaques, toujours chez les cochons d'Inde, par un autre procédé : il leur donnait une série de petits coups répétés
' BocHEFONTAiNE a trouvé une zone é|)ileptogène analogue chez un homme ; elle comprenait le lobule de l'oreille gauche et la région cervicale correspondante (Archives de Physiologie, 1873, pag. 884; ana!. m Revue des Sciences médicales, VIII, pag. 209).
- Beown-Sequard (Académie des Sciences, 12 septembre 1892) est revenu récemment sur cette question et a développé des conclusions analogues : il provoque l'épilepsie chez le cobaye par la section du sciatique ou l'amputation de la cuisse, la piqûre ou la section de la moelle cervicale. Ces lésions s'accompagnent de convulsions même après l'ablation totale de la zone motrice des deux hémisphères. L'épilepsie n'a donc pas son siège dans l'encéphale, mais toutes les parties du système nerveux périphérique peuvent lui donner naissance.
' Certains oiseaux sont également épileptisables (Féré ; Société de Biologie, 10 juin iStj3).
KPILKP.SIK. 913
sur laléte. D ahord on n'observe rien : puis, (juelqucs semaines après, on voit les mêmes phénomènes que dans les expérieuees préccdcnles, pendant six semaines à six mois. A i"auloj)sie de ces animaux. Weslphal a toujours trouvé de petites hémorrhagies dans la moelle allongée et la moelle cervicale.
Hitzig est arrivé aux mômes résultats en enlevant le centre cortical de l'extrémité antérieure parexem|)lc ; après un lemps variabU;, survenaient des attaques épilepli(iui's hicu cai arlérisécs.
Kussmaul et 'r(;nn('r ont encore prodnit du coma (>t des convulsions générales épileplitormcs en développant une anémie subite; du cerveau: hémorrliagie ou ligature des quatre grandes artères de la tête.
La théorie de; l'anémie cérébrale comme principal l'acteur delà crise eombaitue [)ar nondjre d'auleurs (jui accusent plutôt l'hypcrémie du cerveau, a été récemment reprise par Gutnikow ' ; après avoir rendu des animaux épileptiques par le procédé de lirown-Sequard, il obtint des allacjues eu les laisjuit tourner ra|)idement sur une table, la tète dirigée vers la piTipluM'ir ; au conh aii'e, chez les animaux disposés en sens inverse et (■xi)osés par conséquent à la congestion de l'encéphale, les accès ont l'ait défaut, même en cas d irrilalion provoquée des zones épileplogènes.
Un ne réussit pas à pruduiri* une anémie suffisante en électrisant le grand synq)alhi(|ue c('i \ irai, parce que tous les nerfs vasculaires du cerveau ne passent pas par là. Toutefois Nothnagel y serait parvenu en faisant resserrer les vaisseauxcérébraux par voie réflexe, en électrisant les nerfs périphériques.
lliM inaïui cl Msi'licr oui pu produire les mêmes phénomènes chez le chat en provoijuant I hypcrémie cérébrale par la ligature des veines qui reviennent de l'encéphale. L'eiïet seulement est plus lent qu'après la ligature des artères 2.
Citons quelques aulrcs r(''siillals cxpc'rimenlaux curieux.
Brown-Sequard a monlri' (piOii pciil empêcher les convulsions dans les membres, chez un cochon d'Inde épilepli<jue, en sectionnant la moelle; mais, si la lésion res|)ecle les cordons antérieurs, on laissera les mouvements volontaires intacts et on abolira les convulsions. La conducliou, dans la moelle, des deux ordres de mouvemcnls ne se ferait donc pas de la même manière, par les mêmes voies.
' GuTNUvOw; Arcli. f. die Gcsammt . PAi/s/o/. , iSyi {Revue des Sciences médicales, XL, pag. 4i)a)-
\'oy. (Micorc. sur l'claLile la circnl.itiiiii ci-i rbiMlr in'inl.iiit les accès (l'c|)ilc|)sic : ToiiOKSKY; Vi atch, 20 juillet ; Bechtuiœw ; Neurol. Ccntr., iStji, ii" -iz.
' Voy. sur les résullals e.\|)ériiiu'nlau.\ des e.xcilaliuiis iiliysuiues, cliiini(iues ou elcclriiiues, île l'écorcc cérébrale (ou des méninges : DuvuY ; Société de Biologie, Il mai iSSi)), noire clia|)ilrc de l'épilepsic jacksonniciiiic. où soni iiicliciuées k's lu lU - reclicrclies do Vu. FkanCK {Traité, iSSj).
Browii-Sequard arrête aussi les attaques au début, chez les animaux en expérience, en tournant rai)itienîent leur tète du côté opposé à celui qu'elle regarde, en comprimant très fortement, brûlant, détruisant la zone épileptogène, qui perd ainsi ses propriétés. On obtiendrait encore le même résultat en dirigeant un fort courant d'acide carbonique sur la muqueuse du pharynx ; mais ceci n'a pas été confirmé par Filehne' .
Physiologie pathologique. — Un certain nombre d'auteurs s'accordent à admettre que le siège de l'épilepsie est dans la moelle allongée et la protubérance. On peut accepter celte idée provisoire, tout en se rappelant qu'il n'y a cependant pas de preuve directe et positive de la chose
En tout cas, cette altération du mésocéphale pourrait être produite par une lésion du cerveau, de la moelle, des nerfs, ou directement par une maladie générale. C'est là qu'aboutirait l'excitation première ; voilà tout
Quant à déterminer la nature de l'altération anatomiqne ou fonctionnelle de cette région qui répond à l'épilepsie, c'est un point trop débattu à l'heure actuelle pour qu'il soit possible de légiférer.
Il nous reste à dire un mot de la physiologie pathologique des divers symptômes de cette névrose.
Les convulsions seraient directement sous la dépendance de cet état du mésocéphale, qui peut en effet être le point de départde convulsions générales. La moelle ne servirait que de conducteur ; d'après d'autres, elle interviendrait plus activement ''.
La perte de connaissance est nécessairement placée sous la dépendance du cerveau, mais l'état de cet organe est secondaire. L'excitation du bulbe entraînerait l'excitation du grand sympathique (centre vasomoteur), d'où le resserrement des vaisseaux du cerveau et de la face.
' Voy. aussi les expériences de Vulpian (Académie des Sciences, 3o mars i885) sur VlnfLuence des attaques d'épilepsie expérimentale sur les sécrétions normales.
Le jjouls lent permanent, auquel on reconnaît une origine bulbaire, s'accompagne fréquemment, nous l'avons vu, de convulsions épileplilormes.
^ BiNSWANGEE (Arch. f. Psycb. und Nerven., 1888, X1X,3) n'est jamais parvenu, |)ar l'e.xcilation directe de la protubérance, à déterminer des attaques épileptiqucs.
Vetteu (Deiit. Arch. f. kl. Med., 1887 ; Revue des Sciences médicales, X.XX1, ()ag. ii3),H0RSLEY (6?'ii. med. Journ., 2 avril 1892, pag. 698), et beaucoup d'autres auteurs ((Jhaslin, Maeie, Féré. Blocq et Marinesco) proclament au contraire que le siège principal du trouble fonctionnel réside dans les hémisphères cérèbrau.x (congestion de la zone motrice corticale) plutôt que dans le bulbe ou le cervelet.
Voy. aussi Holm, lac. cit.
* D'après Ziehen (Congrès des Neurologistes allemands, in Semaine médicale, i3juin 1888), les convulsions toniques se trouveraient sous la dépendance de l'excitation des centimes sous-corticaux (il les a reproduites, en effet, en excitant expérimentalement les parties moyenne et postérieure de la couche optique et des tubercules quadrijumeaux antérieurs^ ; les convulsions cloniques, au contraire, seraient provoquées par l'excitation de Vécorce cérébrale.
KPILEPSIE. 015
Chez les cobayes devenus épilepliques, Browii-Scquard a coupé le grand sympathique, el alors l'excilaLion de la zone épileptogène n'a plus entraîné la perte de connaissance '.
Les convulsions deviendraient cloniques par la diminution de l'excitation mésocéphalique, quand l'excitabilité diminue, s'épuise, et quand le sang noir afflue aux centres. La cessation de l'attaque serait due à l'asphyxie qu'elle a amenée. D'après Foville,plus l'asphyxie est rapide, plus vite son action se fait sentir sur la moelle cl la rend incapable de réagir, en sorte que le danger est conjuré par son excès même.
Pour Marshal Hall, la théorie serait en partie inverse.' !1 y aurait : 1° excitation périphéri(pie ou centrale directe du mésocéphale; 2° convulsion tonique, en particulier des muscles du cou (Irachélisme), qui comprime les veines du cou, d'où coma: en même temps, convulsion tonique des constricteurs delà glotte, asphyxie et convulsions générales par suite même de cette asphyxie.
On a beaucoup discuté sur la natur^; de Vaura. Elle n'a pas toujours une origine périphérique, comme elle en a l'air. Elle serait, au contraire, le plus souvent d' centrale : sensation perçue à la périphérie, ou
spasme périphérique dont la cause excitatrice est centrale -.
Marche, Durée et Terminaisons. — L'épilepsie véritable est une maladie chronique. Elle dure des années et le |)lus souvent toute la vie. Exceptionnellement on en a guéri a[>rès quelques mois. Les prétendus cas aigus sont épilepiil'ormes. La mort dans un paroxysme peut interrompre plus ou moins tôt le coui's de la maladie; ce n'est cependant pas la règle ^.
Un certain nombre de circonstances peuvent modifier le cours de la maladie. Ainsi, les excès alcooliques entraînent une exacerbation des j)liénomènes, une explosion d'attaques ; de même i)our le thé, le café, les excèsde table et certains aliments particuliers pour chaque individu. Les excitations périphériques (blessures des membres par exemple) amènent la multiplication des accès ' , enlin le co.t provoque souvent les attaques.
Les effets de la menstruation sont variables. La maladie une fois déclarée, l'établissement des règles l'aggrave en fréquence et en intensité: d'autres fois, elle produit une certaine amélioration; la variabilité
' Voy. les travaux plus réccnls de Brown-Sequ arL) sur ce point {Académie des Sciences, 12 février i883).
On complétera celle partie physiologique en taisant ajipel aux données fournies dans notre cliapilrc de l'épilepsie jacksonnienne.
Voy. encore le travail de CtimoNE {Il Morgagui, 1881, VI; anal, in Archioes de Neurologie, 1882, IV, pag. 228) sur la Pat/iogénie de l'épilepsie.
' VORCESTEU ; La inoiialité dans répilepsie,'\n New-Yo)-!,- med.Rec, avril 1888, pag. /1O7.
* FÉuii et Lamy ; Noucelle Iconograplue de la Salpêirière, i88ij, pag. 219.
est la même pour les rapports entre les attaques et les diverses époques menstruelles, ainsi que pour la grossesse. Certaines femmes n'ont point d'attaques pendant les grossesses d'un sexe donné et en ont pendant les grossesses de l'autre sexe.
Les maladies aiguës suspendent souvent les manifestations de la névrose pendant leur cours ; ce n'est qu'exceptionnellement qu'elles entraînent la guérison». Les maladies chroniques se comportent différemment et sans règle fixe.
Il faut se rappeler, enfin, que la démence progressive est un accident terminal fréquent de l'épilepsie.
Le Diagnostic est assez facile quand la maladie est bien caractérisée. Mais l'important est de connaître la névrose de bonne heure, à cause du traitement et de la conduite sociale^.
Il faut se garder de mettre les absences, les vertiges, etc., sur le compte de l'hystérie ou d'une congestion cérébrale passagère ; il est prudent de se méfier toujours de ces accidents quand ils se répètent. On recherchera les attaques de nuit par les signes déjà indiqués.
Les vertiges gastriques, la maladie de Ménière, doivent être aussi soi-
' Comparez le travail de Le Gendre (France médicale, i88a ; anal, in Encéjjhale, i883, 111, pag. SgB) sur l'Évolution des maladies intercurrentes c/ies les épileptiques bromures.
Voy. aussi : Seglas; De Vinfluence des maladies intercwrentes sur la marclœ de l'épilepsie ■ Thèse de Paris, iSSi, n» 18 ; QuÉRiAUD; Ttièse de Bordeaux, 1884 ; FÉEÉ; Société de Biologie, 4 juin 1892.
Marie (loc. cit.), qui proclame, nous l'avons vu, la nature infectieuse de l'épilepsie, explique cette action iniiibitoirc des maladies infectieuses sur les manifestations de l'épilepsie par l'antagonisme des deux espèces de microbes ou de toxines en présence.
Lannois (Re vue de Médecine, iuin i8g3, n° 6) confirme cette manière de voir en démontrant que, parmi les maladies infectieuses, les unes (comme l'érysipèle) ont un rôle suspensif vis-à-vis de l'épilepsie, tandis que d'autres (comme la fièvre typhoïde) augmentent au contraire les accès convulsifs. (t Ce n'est pas, conclut-il, comme on le croit généralement, à l'élévation Je la température qu'il faut attribuer l'action des maladies intercurrentes. Cette action paraîtplutôt devoir être rapportée aux toxines des microbes infectieux. Dans cette hypothèse, les toxines des streptocoques de l'érysipèle auraient une action suspensive plus ou moins durable; celles de la fièvre typhoïde, au contraire, favoriseraient les décharges nerveuses qui constituent les crises épileptiques -.
Voy. aussi Gristiani et Marzocchi; Nuova Revista, 1898 [Revue Neurologique, 3o octobre 1898, n» 20, pag. 574).
- Seguin {TUe New-York med. Rec, août 1S81 ; anal, in Arcliives de Neurologie, 1882, IV, pag. 878) a insisté justement sur l'importance du diagnostic précoce de l'épilepsie ; mais nous ne pouvons souscrire à toutes les propositions formulées par lui à ce sujet, notamment à celle-ci : Chez les adolescents et les adultes, en dehors de la syphilis et des néphrites» les convulsions, surtout si elles constituent une attaque isolée, sont presque certainement épileptiques.» Et l'hystérie !
Voy. aussi Hammond ; Ncic-York med. Rec, 20 mai 1898.
ÉPILEPSIE
gneusemenl tlislingut's de l'épilepsic; on se rappellera, du reste, qim le vertige larijngé ou le vGvVige ab iiiire lœsa pcul bien aussi cire une manil'estalion de celte névrose.
La distinction de Vhyslévie ne présente de difficultés que dans les formes graves d'hystéro-épilepsie : on se basera sur la pi'ésence ou l'absence des autres signes de l'hystérie, comme l'ovarie et les diverses zones hystérogènes, le rétrécissement du champ visuel, la dyschromatopsie, l'absence de slertor, les anesthésies, l'état des urines, etc , et aussi sur l'état absolument normal de la température entre les attaques d'hystérie, même quand elles se répèlent à court intervalle. Les crises hystériques sont plutôt diurnes que nocturnes, et le bromure n'a aucune action sur la névrose. Quant à la perte de connaissance, dont on avait voulu faire un signe caractéristique de l'épilepsie, elle n'a pas la valeur qu'on lui attribue, puisqu'on la retrouve assez fréquemment dans les crises d'hystéro-épilepsie ; seule, la conservation de la connaissance est un argument en faveur de l'hystérie
On trouvera à la pag. 298 du tom. I les principaux éléments du diagnostic différentiel entre la névrose comitiale et Vépilepsie jacksonn'f.nne. Toutefois, nous nous empressons de le proclamer, il est difficile de tracer une ligne de démarcation absolue entre les deux catégories de manifestations ; on a pu remarquer dans la description qui précède, et en particulier au paragraphe de l'étiologie, certains points communs aux deux ordres de faits.
Il y a. d'autre part, un intérêt considérable à reconnaître, quand on le peut, la cause de la névrose, la diathèse ou l'état local.
Nous dirons enfin quelques mots, d'après Voisin, du diagnostic de Vépilepsie simulée.
Cette névrose est une des maladies qui ont été le plus fréquemment simulées, parce qu'elle ne demande qu'une représentation momentanée et qu'il est possible d'être bien portant dés que l'accès est passé (Tissot). On la simule, soit pour exciter la pitié des passants, soit pour échapper au service militaire, etc.
En dehors des attaques, il y a certaines choses difficiles à produii'e : les morsures de la langue, le piqueté de la face, les cicatrices sur les parties saillantes de la figure, au front, au menton, aux pommettes. — Pendant l'attaque, les signes difficiles à simuler sont : la pâleur de la face, la dilatation et l'immobilité delà pupille, l'insensibilitéde la peau et
' Voy. encore, sur la dislincLion des deux ordi'es de crises, le tableau de la pag. 733.
Le diagnostic peut être toutefois difficile entre les deux névroses. Marie a rapporté un cas d'hystérie simulant à s'y méprendre l'état de mal épileptique (Pro(j7-ès médical, 20 septembre i884), et nous avons récemment observé un cas analogue.
Ball, d'autre part {Encépliale, 1886, n» 4, pag. 127) admet la possibilité de conservation de la connaissance pendant les accès.
des muqueuses, la chute n'imporle où, la prédoiniuance unilatérale des convulsions, l'hébétude après l'attaque, les caractères sphymographiques du pouls, l'élévation de la température....
Pronostic. — L'épilepsie n'est pas incurable. La guérison n'est certainement pas la règle, mais elle peut se produire.
D'abord spontanément on l'observe déjà, quoique dans une faible proportion. Maisonneuve l'exprime par 4 sur loo, Herpin par 5 sur loo; Voisin par 3 sur 710; Delasiauve l'a vue 2 fois. — Avec des traitements, on aurait de meilleurs résultats : Herpin a constaté une intluencc heureuse dans près des trois quarts des cas : il croit pouvoir en guérir la moitié ou le quart ; il éloigne les accès d'une manière notable. Voisin dit qu'avec le bromure de potassium l'épilepsie idiopathique disparaît une fois sur deux et que l'épilepsie symptomatique peut être considérablement améliorée. Les épilepsies toxiques guérissent facilement.
Comme éléments pronostiques, l'hérédité de la névrose serait indifférente; mais l'hérédité de la diathèse, comme la scrofule, la syphilis ou la tuberculose, rendrait la maladie à peu près incurable. Au point de vue de l'âge, la maladie serait très grave dans la première enfance et dans la jeunesse. Les troubles psychiques^ surtout la démence, sont un signe pronostique fâcheux. Les attaques nocturnes altéreraient moins l'intelligence que les diurnes. Les grandes attaques indiquent une forme plus grave que le petit mal seul. Les climats froids auraient une mauvaise influence.
Traitement'. — Le traitement comprend nécessairement deux parties distinctes : les moyens qui s'adressent à l'attaque elle-même et ceux qui cherchent à modifier l ensemble de la maladie.
1. Traitement de Valtaqae. — Nous avons d'abord des moyens d'arrêter dans certains cas, de faire avorter, une attaque au début. Ces moyens sont particulièrement applicables dans les cas avec aura. Telle est la flexion énergique de l'un des deux gros orteils; la ligature des membres réussit également chez un certain nombre de malades. On cite encore le procédé de compression simultanée des deux tempes avec la main gauche et du trou occipital avec la main droite. Ces moyens ne réussissent, du reste, que dans quelques cas.
La compression des carotides a donné aussi quelques succès. On a
' Voy. Erlenmeyer ; Traité, Wiesbade, 1886 ; Dana ; New-York med. Journ., 24 avril 1886 ; Alexander ; Traité. Londres, 1889 ; Cornet; Thèse de Paris, mai 1889;
Ballet; De l'épilepsie envisagée au point de vue de sa nature et de son traitement, in Gazette des Hôpitaux, 26 juillet 1890 ; NOTHNAGEL ; Wien. med. l'r., aS avi-il i8y3.
ÉPILEPSIE
essayé les inliiilalions de eliloiofonne el„ plus réceirunent,, celles de nili'ile d'amyle. (a-l ayeuL, ralionnelleiiieni, iiidi(|U('' eonlre l'éLal caraclérisé par la pâleur de la face, a cepeiidanL besoin d'èlre encore expérimenté de plus près'.
La galvanisation du sympathique au cou, pendant les accès, a été récemmenl préconisée par Mandaiari "-.
On a essayé des procédés pai-ticuliers dans quelques cas spéciaux. Ainsi, on a lait inspirer des odeurs fortes (ammoniaque, tabac) ; chez des sujets à aura épigastrique, on faisait manger une ou deux bouchées de pain; chez un malade singulier de Bicètre, il suffisait de monter sur ses épaules au moment de l'aura pour empêcher l'attacjue (?).
On peut faire une objection générale à tous ces moyens. Nous avons déjà parlé d'un épileptique de l'hôpital Saint-Éloi qui arrêtait très bien ses attaques par la ligature, et qui huit par ne plus vouloir user de ce moyen : il était plus malade après et préférait avoir ses attaques, qui étaient comme des décharges nerveuses utiles. Romberg a déjà dit : Qu'un accès déjà commencé continue, éloignez l'idée de l'interrompre, parce que l'attaque est d'autant ]>lus intense qu'il y a eu un plus long intervalle depuis le dernier.
Dès lors, le plus souvent, nous engageons simplement, pendant les attaques, à prendre quelques précautions. Le patient est couché par terre ou sur un lit bas, la tète un peu élevée, le cou libre, etc. Il fautnj rien mettre entre les dents, parce que le sujet le briserait et l'avalerait, on se casserait les dents, et se contenter de repousser la langue en dedans si c'est possible. On peut habituellement mettre un bourrelet à l'épileptique s'il tombe souvent sur le front, etc.
Après l'attaque, si elle a été simple, il n'y a rien à faire ; mais quelquefois il y a des signes de congestion cérébrale plus ou moins intense et persistante, surtout si les attaques se sont répétées à courts intervalles ; alors, suivant le degré, on pourra prescrire des bains de pied sina-
' Voy. les recherches de Bourneviî.le; Société de Biologie, \mn 1876; — Galette médicale, 25 mars 1S76, — Reoue des Sciences médicales, XII, pay. 129, — Revue (le Médecine, ']u\n 1891.
BouRNiiViLLE et D'OLLiER-ont aussi essayé le bromure d'élhyle (Société de Biologie, 3i juillet 1880). L'inlialaLion, commencée dès la période Ionique, a, dans trois cas, produit en quelques secondes la résolution musculaire ; chez d'autres malades, la durée et l'intensité des convulsions ont paru diminuer; dans quelques cas, enfin, la médication est restée sans effets appréciables. — Sous l'influence de ce moyen quotidiennement continué pendant deux mois (jusqu'à anesthésic), le nombre des accès a paru diminuer.
2 M.ANDALA.RI ; Bullet. del Neuroc. pria. (Reoue Neurologique, i5 juillet 1898, n» i3, pag. 305).
La farad isat ion, par contre, n'aurait aucune action sur l'accès épileptique ; ce serait même là, d'après Didier (Lyon médical, 2 décembre 18S8) un moyen de distinguer la crise d'éj)ilepsie de celle d'hystérie, où le courant arrête rapidement les convulsions.
pisés et surtout des émissions sanguines locales ou générales (sangsues derrière les oreilles, à l'anus ou aux malléoles) ; on y associera les purgatifs (calomel). S'il existe de la dépression circulatoire, on pourra administrer le strophantus i. Bâtes a préconisé, dans les cas de cet ordre (paroxysmes épileptiques), les injections de nitro-glycérine ^.
Voisin préconise, contre le délire maniaque qui suit l'attaque, le curare à la dose de i5 centigr. et plus, en injection hypodermique. C'est un moyen qui est au moins peu pratique et sur lequel nous reviendrons.
2. Traitement de la maladie elle-même. — Surveillez rigoureusement le régime et l'hygiène. Il faut d'abord proscrire l'alcool, le thé, le café, le tabac, les vins excitants, les excès de tout ordre. Le régime alimentaire doit être le plus doux possible, le laitage en formera une partie importante ; il ne doit pas être cependant la nourriture exclusive, à cause de la nécessité où l'on est de tonifier les sujets. Le patient évitera les émotions, les travaux intellectuels, tout ce qui excite le système nerveux. Il faut développer le côté physique par la gymnastique, les exercices corporels, sans aller jusqu'à la fatigue ^ etc.
Vient ensuite l'indication causale, qui est capitale quand on la découvre, mais qui s'olTre bien plus rarement dans l'épilepsie vraie que dans l'épilepsie jacksonnienne .
L'état général est une source importante d'indication : rachitis, scrofule, pléthore ou anémie, herpétisme (disparition d'exanthèniej, etc. C'est là qu'apparaîtra, dans chaque cas particulier, le talent d'analyse propre du médecin.
Le traitement anthelminthique ou anlisyphilitique pourraétre institué, alors même qu'on estencorcun peu dans le doute. — Assez récemment,
' Paulet ; Bulletin médical des Vosc/es, janvier 1890. 2 Bâtes ; New-YorI; med. Journ., 29 juillet 1898.
^ Voy., pour les soins préventifs à prendre chez les épileptiques, la communication de Pelman au Congrès annuel de la Société des médecins aliénistes allemands (Session d'Eisenach, séance du i5 septembre 1882; anal, in Archives de Neurologie, i883, VI, pag. iSyj et la discussion qui a suivi. — Ce travail insiste notamment sur ce grand problème actuel de l'hospitalisation des épileptiques non aliénés.
Voy. aussi, sur l'assistance des éjyile'ptiques :
Semal, Masoni ; Académie de Médecine de B.lgique, 1887 et 1889; Voisin ; Société médico-jjsyclwlogique, 19 mai 1890;
B0UR.NEVILLB ; Recherches cliniques et thérapeutiques sur l'épilepsie, l'/iystérie, l'idiotie. Traité, 1892.
Lacour ; Congrès de médecine mentale, 1891 (Semaine médicale, 12 août 1891, pag. 334).
Congrès des aliénistes allemands, septembre 1891 {Archives de Neurologie, 1892, pag. 106) ;
Marandon de Monïyel ; Annales médico-psychologiques, iaiwier 1893.
ÉPILEPSIE
traiitre pari, Fronlingham * cl Collnirn - ont guéi'i des épileptiques en corrigeanL une liypermélropic donl ils étaient porteurs.
Restent enfin les agents directement dirigés contre la névrose. En tète il faut placer le bromure de potassium'^ (Locock, i853),queVoisin et la plupart des auteurs contemporains emploient beaucoup ; ce sel doit cire très pur, sans chlore ni iode; on le prendra quelques moments avant le repas, à la dose de 2 à 12 gram. par jour, en progressant lentement^ Roberto ^ le donne jusqu'à 3o gram. Du reste, on n'est arrivé à la dose thérapeutique que quand on a supprimé la nausée réflexe ; à ce moment, d'après Voisin, on ne doit plus augmenter, mais continuer avec persé vérance pendant des années entières, si fa mafadie s'améliore et guérit ^. Après deux ans, on peut ne le donner que tous les deux jours, pourvu que la nausée réflexe soit toujours abofie.
Le bromure de potassium doit rester presque un afiment pour i'épileptique qu'if a guéri, et cefa sans intermittences. Un l)on signe, du reste, de l'efficacité du médicament est fa rapidité avec laqueffe ses efî'ets pfiysiofogiques se développent. S'if ne guérit pas toujours la maladie, il l'atténue le plus souvent ; il la suspend claez la moitié des adultes et un quart des enfants. — On lui associera fe lait pris en abondance pour éviter f'irritation ;Dujardin-Beaumetz), les diurétiques pour faciliter l'élimination du remède et empècfier fes éruptions cutanées. — Souvent on y joint fe fer (Voisin). — Slein ' lui associe f 'opium et t'administre suivant fa métfiode de Ffechsig pour en facifiter la toférance ; — Féré ^ joint à son administration celfe des antiseptiques intestinaux.
If faut serappefer, cependant, que fe bromure de potassium peut, par l'abus profongé, développer une intoxication anafogue à celle de f'opiuin
' FrontinGham ; Jouru. of the Am. mecl. Assoc, 3 septembre 1887. ^ GoLBUEN ; Ibid., 18 février 1888.
Voy. aussi le rapport publié par la New-Yorli neurol. Soc. du 5 novembre 1889 . ^ Voy. Renaud; France médicale, 29 mars 1S88; De Bonniot; Thèse de Montpellier, 1890; Odin ; Thèse de Lyon, 1891 ;
Berkley ; Butl. of the Jo/ins Hopkins Hosp., mai 1898, n° 3i, pag. 5o.
* Agostini (Rio. sperim. di fren., XVII, fasc. 1-2; Archives de Neurologie, mars 1892, pag. 235) l'administre à la dose de 10 à i4gram. par jour en moyenne, avec un jour de repos toutes les fois que le médicament a été donné pendant trois jours consécutifs.
'■' ROBRRTO ; Journal de Thérapeut ique, 1878, n° i5, pag, 596.
Voy. aussi, sur la bromuratio,i à haute dose (i5-2i gram. par jour) dans l'épilepsie: Féré ; Revue de Médecine, 10 mars 1893. pag. 177.
Le traitement doit être poursuivi sans aucune interruption, sous peine de voir le malade « liquider son arriéré » de crises (Lbgrand du Saulle).
' Stein; Congrès de Nuremberg, 1893 {Revue Neurologique, i5 décembre 1893, n" 23, pag. 6G9).
" Féré ; Nouoelle Iconographie de la Salpétrière, 1890, pag. 249.
Grasset, 4° édil., tom. II, 59
1V1/\LADIES DES NERFS ET NlilXROSES.
OU de l'alcool. Seguin (de New- York), Jacquet, Lépine, Chaumont, ont insisté sur les signes de ce bromisme '.
Bon nombre de sujets, par exemple, olï'rent la débilité générale, delà faiblesse du pouls, du refroidissement des extrémités, une tendance à la stupeur, de la difficulté de parole, l'haleine fétide, de l'acné. D'autres ont un bromisme plus grave et paraissent atteints de démence, de manie ou de paralysiegénérale. On en a vu, enfin, qui trouvaient la mort dans un affaiblissement progressif. Le D' Seguin constate une certaine analogie entre le bromisme grave et la paralysie générale.— Ces faits ont une grande importance.
En somme, le bromure de potassium, manié avec énergie et prudence, n'est pas un anti-épiieptique infaillible et spécifique, mais c'est un bon moyen, probablement le moins mauvais de tous les agents proposés ; il mérite bien le nom, que lui a donné Legrand du Saulle, de «muselière de l'épilepsie» .
Le bromure de sodium, qui se rapproche davantage, dans sa base, de la constitution chimique des éléments séreux de l'organisme, est souvent préféré. Il serait aussi actif, et cependant moins dangereux, que le bromure de potassium -. On l'emploie de i à lo gram.
Nous prescrivons aussi assez souvent, soit l'alternance, soit l'association des trois bromures alcalins (potassium, sodium et ammonium); l'emploi des polybromures donne souvent, en efl'et, des résultats supérieurs à ceux fournis par une dose proportionnelle d'un de leurs éléments constitutifs employé isolément
On trouvei'a dans la Thèse déjà citée de Hublé des faits encourageants pour l'emploi du bromure de camphre (0,10 centigr. à 6 gram.j. Nous ne l'avons jamais administré dans l'épilepsie vraie.
Enfin, le bromure de strontium a été récemment proposé (aux mêmes doses que les autres bromures), en raison de sa plus facile tolérance par l'estomac et de sa complète innocuité
Si les bromures alcalins restent impuissants, on peut essayer les sels de zinc, et spécialement V oxyde de zinc On donne O'"', lo à o^'^So chez les enfants en trois fois, jusqu'à 6 gram. par jour chez l'adulte. Herpin
' Seguin ; Journal de T/iérapeutique, 1878, pag. 697.
Jacquet; Annales de dermatologie et de syiJldligrajjkie, 1S8G, VU, 12; LÉPiNE ; Semaine médicale, 28 décembre i8gi, pag. 497; Chaumont; Thèse de Paris, juillet 1892.
- Voy. lu Thèse de iiuBLÉ (Paris, 1881), faite chez Bourneville (anal, in Archives de Neurologie, 1882, 111, pag. 376).
' Voy. FÉRÉ ; Société de Biologie, 17 octobre 1891,— ^il Bulletin médical, 1891, n° 84 e L 94 ;
Deny ; Congrès de médecine mentale, 1892 (Semaine médicale, 10 août 1892, pag. 327).
* Les pilules de Méglin, très employées autrel'ois contre l'épilepsie, étaient composées d'oxyde de zmc associé à la jusquiame et à la valériane.
ÉPILEPSIË. 9Î3
aurait guéri par ce moyen 28 malades sur ^1. Ce résultai n'a pas été retrouvé, mais enfin c'est un agent à essayer.
Nous en rapprocherons le bromure de zinc, préconisé par Ilammond, et que Bourneville a également essayé (Thèse de Hublé) à la dose de G»', 20 à 4°%5o. Ce dernier auteur conclut qu'il faut réserver à ce médicament les accidents convulsifs qui survivent à l'administration des bromures alcalins.
On a encore essayé le bromure d'arsenic, ii la dose de oS'',oi à 0*5', 10'; les résultats n'ont pas été très encourageants. Pour notre part, nous associons fréquemment les arsenicaux (arséniate de soude ou acide arsénieux) aux bromures alcalins: on a beaucoup moins d'éruptions cutanées, et on tonifie le malade-.
Le sulfate de cuivre ammoniacal est administré sous forme pilulaire une heure après le repas : o="',oo5 à os' ,07 chez les enfants ; jusqu'à o''"',4o et oS'jGo chez l'adulte. Il peut détermin(M' des nausées, des vomissements, de l'inappétence, de la diarrhée. 11 faut, paraît-il, avoir donné environ 18 gram. chez l'enfant, et 70 gram. chez l'adulte, pour constater l'inefficacité du remède et y i-enoncer. C'est un agent, du reste, peu employé et qui ne produit pas grands effets. 11 eu est de même du cuivre porphyrisé, de l'ammoniurc de cuivre etc.
Le nitrate d'argent cristallisé est donné de o^'oi à o^^So par jour^. Certains malades qui ne sont pas guéris voient, du moins, par ce moyen leur peaudevenir d'un bleu noirâtre tout spécial. — Le chlorure d'argent est également employé.
Ce sont là les principaux agents métalliques.
La valériane était très recommandée et très employée par les anciens. Elle l'est beaucoup moins auj(jurd'hui, quoique des expérimentateur.^, comme Grisar, aient montré qu'elle diminue les actions réllexes chez la grenouille. De même pour la racine d'armoise (en infusion à i5 gram ). que Nothnagel a de nouveau expérimentée sans grand succès.
La belladone [Trousseau)'', les injections d'a//'o/j//îe, ont pu améliorer,
' Bourneville ; in Thèse de Bricon, l'aris,
2 Le bromure de camplire est employé par Bourneville {Progrès médical,
G mai iSy3, pag. SSg) dans l'epilepsie verllgineuse ; li l'associe aux polybromures
alcalins dans l'épilepsie convulsive. — Le bromure de nichel avait été essayé par
le même auteur {Progrès médical, lô juin 1S81)), le bromure d'éthyléne (o,o3 à
o, i5) par DONATH {T/ierap. Monat., juin iSyi, pag. 335; Revue des Sciences
médicales, XXXVIII, pag. 642).
' Voy. Charcot ; Œuvres complètes, lom. Vlll, pag. 421-
" V'uici également le traitement complexe recommandé par I^all :