DES MALADIES GÉNÉRALES
beaucoup plus vrais etvivants. Si on parcourt les salles de l'Hôpital-Général, on verra chez l'un la paralysie labio-glosso-laryngée associée à l'hémiplégie , chez l'autre l'hémianesthésie cérébrale avec l'ataxie locomotrice, chez un troisième la sclérodermie et l'asphyxie locale des extrémités, etc. Il faut apprendre à réunir et à synthétiser ce que nous avons analysé et disjoint par nécessité, pour les besoins de l'exposition didactique.
Cette étude est donc capitale, et elle mériterait de nous arrêter pendant plus longtemps que nous ne pouvons le faire ; une chose cependant nous console un peu du développement trop restreint que nous donnerons à ces questions.
D'abord, ce sont là des sujets qu'on retrouve en pathologie interne dans d'autres parties, dans les chapitres particuliers consacrés à chacune des maladies générales que nous passerons en revue. Nous n'avons donc qu'à indiquer, à tracer, sans insister beaucoup sur chaque étude spéciale. De plus, et c'est une raison qui à elle seule dispenserait de toutes les autres, c'est là une étude qni est encore très-peu faite. Les livres comme celui de Gros et Lancereaux sur les affections nerveuses syphilitiques sont rares, et il en faudrait beaucoup : il en faudrait plusieurs pour chaque maladie. G'est là une voie d'études que j'ai déjà signalée et que je signale toujours aux élèves qui demandent des sujets de travaux et de recherches*.
Il y a donc très-peu de faits sur toutes ces questions. De plus, on rencontre souvent de simples affirmations insuffisantes pour étayer une conviction, ou bien inversement on tombe dans le simple récit d'observations fastidieuses. Dételle sorte que tous ces sujets-là sont fort difficiles, ce qui m'excusera si je n'insiste pas et si je suis obligé de passer rapidement.
C'est donc un cadre que je vais indiquer plutôt qu'un tableau complet. Chacun y mettra ultérieurement, soit les travaux à venir, soit les résultats de sa propre expérience.
Nous commencerons par les diathèses, et d'abord par la syphilis, parce que c'est la maladie la plus nette, la plus claire comme cause et comme évolution, prêtant moins le flanc à la critique et à la discussion que toutes les autres. « La syphilis, a dit Lancereaux, est un type morbide que l'on ne peut trop étudier. Pour le clinicien, elle est le point de départ d'affections variées dont la connaissance est une source d'indications diagnostiques et pronostiques de la plus grande importance; pour le pathologiste, elle est un modèle qui lui permet de mieux comprendre les autres maladies. »
1 Un des élèves les plus distingués et les plus regrettés de notre Faculté, M. le D"" Raymond Gaizergues, a déjà répondu à cet appel, etafait sur les Localisalions spinales de la syphilis un très-remarquable travail dont nous parlerons longuement plus loin.
ARTICLE PREMIER
Oiatbèâes.