‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 134 sur 147 · DES TEMPÉRATURES PÉRICRANIENNES OU CÉPHALIQUES · texte numérisé non relu

DES TEMPÉRATURES PÉRICRANIENNES OU CÉPHALIQUES

Nous n'avons rien dit de la thermométrie cérébrale dans tout le cours de cet ouvrage. C'est que, pendant toute la durée de l'impression, nous poursuivions avec notre chef de clinique, M. Biaise, un travail de critique et de contrôle dont nous indiquerons ici les conclusions.

Elles sont loin d'avoir la précision désirée ; mais n'est-ce pas déjà un résultat que de montrer la nécessité d'une grande réserve dans une question clinique, et le danger qu'il y aurait à conclure trop vite, comme on était tenté de le faire après les premières publications de Broca ?

Nous étudierons successivement les températures cérébrales physiologiques et les températures cérébrales pathologiques.

I. Températures cérébrales physiologiques. — Albers^, de Bonn, prend des températures péricrâniennes, en 1861, aux tempes, entre l'apophyse mastoïde et l'oreille, au cou. Il constate habituellement une élévation très-légère en faveur du côté droit et remarque que les températures prises sur un poiut de la peau doublé d'une couche musculaire se montrent un peu plus élevées que celles que l'on prend dans les conditions opposées. Il fait quelques applications à l'étude de l'aliénation mentale et conclut qu'un abaissement de la différence entre la température temporale et la température auriculaire indique une diminution générale de la température de la tète.

Lombard^ en 1867, étudie avec l'appareil thermo-électrique l'influence

1 Cet Appendice est ua résumé de la Thèse que notre chef de clinique, M. Biaise, a récemment soutenue devant la Faculté de Montpellier sous ce titre : Contribution à l'étude des températures périphériques et particulièrement des températures dites cérébrales dans les cas de paralysie d'origine encéphalique. — Consulter aussi sur ce sujet l'intéressante Revue critique de Cl. de Boyer dans les Arch. de NeuroL, 1880, no 1; les articles de LerebouUet dans la Gaz. hebdom., septembre 1880, etc.

2 Allg.Zeitschr. f. Ps!jch.,XYlU, ^bO.— Sch^nidl's Jahrb., CX.Y, 207, 1862. ^ New-York Journ., juin 18G7. — ylrc/i. de Physiol., 1868.

de l'activité cérébrale sur la température de la tête. — Il montre bien les variations que l'état de travail intellectuel ou de repos, etc., paraît entraîner; mais en somme les variations ne se chiffrent jamais que par des centièmes de degré, et par suite sont absolument inappréciables à nos moyens ordinaires de thermométrie clinique.

En même temps il notait que c'est au niveau de la protubérance occipitale que l'élévation de température se maaifestait le mieux.

Nous retiendrons de ces recherches ce seul fait que les conditions morales et intellectuelles dans lesquelles peut se trouver un individu en état d'observation n'influent en rien sur les résultats thermométriques qu'on obtient dans la pratique journalière.

Nous n'avons cité ni Davy* ni Fick^, qui avaient étudié directement la température du cerveau chez les animaux: nous n'envisageons ici que la thermométrie péricrânienne. C'est pour le même motif que nous laissons de côté une partie de l'œuvre de MendeP, quand il mesure la température cérébrale à l'état sain et après l'action de diverses substances (alcool, chloroforme, etc.).

Mais le même auteur a aussi étudié la température céphalique chez l'homme en plaçant le thermomètre dans le conduit auditif externe. Il trouve en moyenne dans cette région 0", 2 de moins que sous l'aisselle.

La même année, Schiff"* emploie un mode d'expérimentation qui devrait être très-fécond s'il était moins difficile à appliquer : c'est la comparaison de la température cérébrale (intracrânienne directe) et de la température péricrânienne (tissu cellulaire sous -cutané de la fosse temporale). Il constate ainsi que les irritations du tronc et des membres produisent un échauffement réel du cerveau indépendant de l'état circulatoire local, tandis que dans les tissus péricrâniens l'élévation de température ne se produit plus si le sympathique cervical est sectionné. A l'extérieur du crâne, l'hyperthermie est donc due à une action vaso-motrice, tandis qu'à l'intérieur elle est bien le résultat de l'activité propre et intrinsèque des éléments nerveux. — Il n'y a donc pas transmission directe (par conduction physique) de la chaleur du cerveau aux tissus péricrâniens.

Cette période, en quelque sorte embryonnaire, de la thermométrie cérébrale, se termine avec l'ouvrage de da Costa Alvarenga ^, qui donne quelques chiffres de température céphalique ( avec ou sans coton autour du thermomètre), mais sans préciser le lieu d'application de l'instrument.

La seconde phase de cet historique commence avec Broca^. Il fixe des

^ Res. phijsiol. and. anatom., 1840.

2 Milller's Arch., 1853, 408.

3 Arch. f. palhol. Anat., 1870, 4, 12. ^ Arch. de Physiol., 1870.

^ Essais de thermom. clin., édition française, 1871.

^ Assoc. franc, pour l'avanc. des Se. Congrès du Havre, 18 77.

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