CHAPITRE PREMIER
Tout le monde connaît ce type si frappant de l'aphasique. Un malade souvent paralysé du côté droit ne peut pas parler; il ne trouve pas le mot ou dit un mot pour un autre; il articule cependant bien ce qu'il dit, il a une intégrité bien suffisante de la langue et de tout l'appareil de la phonation; il pense aussi suffisamment; il comprend son infirmité et s'en irrite. lia la pensée et la phonation intactes, mais le terme intermédiaire fait défaut. — Ce symptôme serait, d'après les travaux modernes, en rapport le plus souvent avec une lésion siégeant à l'extrémité postérieure de la troisième circonvolution frontale gauche.
En général, nous insistons peu sur I'Historique des questions. Mais ici je crois nécessaire de le faire. Il y a une revendication à soutenir.
On entend tous les jours répéter les noms de Broca et de Bouillaud comme les auteurs de la découverte de cette localisation; on y adjoint quelquefois Dax, mais comme par complaisance et à un rang tout à fait inférieur. Il y a là une erreur historique, une injustice contre laquelle M. Dax lutte depuis longtemps déjà, et je suis heureux de l'y aider toutes les fois que l'occasion s'en présente^.
L'aphasie, en tant que phénomène observé, avait frappé depuis longtemps beaucoup d'observateurs. On en trouve des cas dans Pline le Naturaliste. Dans le Wilhelm Meister, de Goethe, un personnage dit, en parlant de son père, qu'il fut frappé d'apoplexie, qu'il resta paralysé du côté droit et perdit le libre usage de la parole. Il fallait deviner tout ce qu'il demandait, car jamais il ne se servait du mot qu'il avait dans l'idée. C'est là un tableau bien net du symptôme; on remarquera la coïncidence avec l'hémiplégie droite.
Mais enfin l'aphasie était confondue, au point de vue scientifique , avec tous les autres troubles de la parole : c'est ce que l'on peut constater, par exemple, dans le Traité de Frank.
D'autre part, si l'idée scientifique des localisations cérébrales est neuve, l'idée théorique ne l'est pas. Lépine parle d'un petit livre, Margarita philosophica, qui parut dans les premiers temps de l'imprimerie, et qui est un système complet dephrénologie.
* Voy. les articles Aphasie des deux Dictionnaires et la Thèse d'agrégat, de Legroux. Paris, 1875.
2 Voy. notamment notre travail sur les Localisalions dans les maladies cèré braies, 3^ édit., 1880,
154 MALADIES • DE • t'È^'CÉPHALE.
Vous connaissez le retentissement qu'eut le système de Gall, au commencement de ce siècle. Gall localisait, en 1808, la fonction du langage dans les lobes antérieurs du cerveau.
Les erreurs capitales du système de Gall sont la méthode employée pour déterminer le siège des centres cérébraux et l'influence présumée de ces centres aiiriiai).®lt&cr<y;nijejiue.,,-^ Ce.n'est donc pas là une tentjiti'v'eifaimeubsoientifiquef. .■, ,, t ...m ..,.-*„. „-.f, ^. ' ., ;""
;- ^PomcjdonnenujiQitKiserSérieMe-a^x.reçlierclies, il' fallait reprendre trette Idéei^eslQcaflisatJDiQs.céréb raies |,çn s'étayant sur ri,nY,êstigatio.n clinique, en s''appuyant 'Surtout sur l'observation .pathologique :. c'est la r-œuvrë.de notre époque. /
En 1825, Bouillaud s'e9"orce, par des recherches scientifiques cliniques, de confirmer des .conclusions -de Gall sur le. siège de la faculté du langage articulé dans les lobes antérieurs du cerveau. Mais Bouilland ne voit pas cette localisation curieuse à gauche , qui est la véritable loi de l'aphasie. rr.,G/estrDax,,4e.Sonimières, ,qjji pose Je premier et démohtre 'cette loi très-remawiuable, .d'^iprès laquel.lje., l'aphasie coïncide' avec i'hémiplégie droite., : eit d'après, . laq.uelle il . faut, par suit(?, chercher dans' l'hémisphère gauçheJe-^iége spécïiaj,:du;cenîre de la '.parole. , . ' ' „ .-
En 1836, cette loi est énoncée dans un ]\Iémoire'lu au Gongrès-de Montpellier., et mi\tulé : Lç$ ions de. la moitié gauche de 4'' encéphale coïncidant mec rmWd^SfSigMS de la.pmiée., I^a découverte était complète -et parfaitement nette. Malheureusement il se fit peudeb]:ui.t autour de ce travail comme, a^l(0ur-d:e, beaucoup des travaux sortis de Montpellier *. ' ' ■ .,;Ea 1863.y Dax fils envoie à rAQa4émie de Médecine un Mémoire plus développé,, dans kquél, il reproduit. et développe le travail, de son père : .Obse.mMio.ns, tendant -à -.prouver la coïncidence constante des dérangements de la parole avec une lésion deV hémisphère' gauche dic cefveâu ^ . ; ïci-.lai date est bien priiciscet la publicité officielle. . . .;
'.; J5)ij.;T,épète fiependaatp.artout que c'est Broca qui, a découvert cette loi en 1861. G'est que beaucoup de gens citent sans recourir aux sources.-' :.:r,Bn 13|(jl„iBix>ca,çomnjuuiqua;àlaSj9ciété anatomiqne deux observatioDs •d'aphasie, limais il i;i,e. parlei pijs du tout de ce fait: remarquable de la lésion à gauche. Il le constate dans le compte rend,u des autopsies , mais il l'at-tribue à une pure coïncidence dans ses deu^ observations. Il insiste- sur la localisation dans la troisième circonvolution frontale; mais du <;ôt^ gauche ide la^lésiojih ilû'endit,pasun mot,, ., .^ ..... , . .
* Ce Mémoire fut distribué, à l'époque, à différeuts professeurs de la Faculté de Montpellier. Le D' Raymond Gaizergues en a récemmeM Tfetrdilvé un exemplaire dans les papiers de son grand-père, le professeur Gaizergues , alors doyen de la Faculté (voy. Montpellier médical, tom, XLII, pag. 178).
2 Mémoire publié tn extenso dans le Montpellier médical, 1877.
Donc, si vous récusez la date de 1836 à cause d'une publicité insuffisante, vous ne pouvez récuser la communication du 24 mars 1863 , officiellement constatée à l'Académie de Médecine*.
Ainsi, Bouillaud admet une localisation erronée dans les lésions des deux hémisphères, Dax découvre le fait exact de la localisation dans l'hémisphère gauche, et Broca, précisant davantage, découvre la localisation plus spéciale dans la troisième circonvolution frontale.
Voilà la vérité historique, d'autant plus importante à dégager que c'est là, non-seulement l'historique de l'aphasie, mais l'historique même de toute la question des localisations cérébrales ^.
Ce point établi, je me garderai d'énumérer même une partie des innombrables travaux qui ont paru depuis cette question, et je vais essayer de préciser maintenant, autant que possible, le sens du mot aphasie.
Le mot alalie a d'abord été employé, notamment en 1756, par Délius. Nous le voyons persister encore au commencement de ce siècle : c'est de ce mot que se sert Lordat quand il raconte sa propre observation, si curieuse et si connue.
Broca employa pour la première fois le mot aphémie, en 1861. Les Hellénistes protestèrent, disant que cela voulait dire infamie et non perte de parole. On se soumit et on adopta le mot aphasie, qui est resté le seul définitivement employé.
Autrefois le mot avait un sens général et signifiait tout trouble de la parole, toute perte de la parole. C'est le sens dans lequel le prennent Sauvages et Frank. M. Jaccoud a voulu maintenir ce sens ancien, tout récemment, dans ses Cliniques de Lariboisière. Cette tentative n'a pas réussi.
Le mot aphasie, pris dans un sens aussi général, devient inutile. Autant vaut dire simplement : trouble de la parole. M. Jaccoud est obligé naturellement de faire une division des aphasies, de les classer ; il distingue : 1° l'aphasie par trouble de la motilité de la langue ; 2° l'aphasie par défaut de coordination dans les centres moteurs ; 3° l'aphasie par interruption des transmissions volontaires ; 4° l'aphasie par amnésie verbale ; 5° l'aphasie par hébétude.
1 C'est huit jours après, le 2 avril 1863, que Broca parle pour la première fois, à la Société d'Anthropologie, de la localisation à gauche. Il analyse huit faits d'aphasie et ajoute : « Et, chose remarquable , chez tous ces malades la lésion existaitdu côté gauche. Je n'ose tirer de là une conclusion et j'attends de nouveaux faits » . Ce texte n'est-il pas une réponse péremptoire à ceux qui veulent que Broca ait découvert la localisation à gauche avant Dax ?
- Je crois devoir maintenir les conclusions de cet historique, malgré la nouvelle affirmation de Broca (Acad. de Méd., mai 1877), acceptée par Bouillaud et la majeure partie de la presse. — Voy. Montpellier médical, Chronique de M. Jacquemet, juin 1877.
156 MALADIES DE l'ENCÉPHALE.
Il n'y a aucun intérêt, ce me semble, à réunir sous un seul nom des choses aussi disparates.
Pour nous, le mot aphasie ne désigne pas tous les trouble's de la parole, mais un trouble particulier, spécial, dont il s'agit maintenant de préciser la nature.
Pour cela, il est nécessaire d'analyser les divers éléments de la parole. On conçoit une idée, on pense ; puis on revêt cette idée d'un mot : c'est là le passage de l'intelligence à l'expression extérieure ; puis, enfin, on articule le mot. Ce temps intermédiaire, cet acte du passage de l'idée au mot, de l'intelligence à l'extérieur, semble inséparable de la formation même de l'idée. C'est vrai physiologiquement ; mais la maladie peut disjoindre cet état : l'aphasie est précisément la suppression isolée de ce second temps de la parole.
D'après cette analyse même de la parole, on peut distinguer trois ordres de troubles: 1° troubles portant sur l'idéation ; 2° troubles portant sur le passage de l'idée au mot ; 3" troubles dans la conduction et l'exécution du mouvement qui aboutit à l'articulatioQ.
Ce sont les altérations delà deuxième catégoriequi constituent l'aphasie.
Ce qui distingue les troubles de la deuxième catégorie des troubles de la première, c'est l'intégrité (dans l'aphasie) de l'intelligence, de l'idéation. Ce qui distingue les mêmes troubles de la deuxième catégorie et ceux de la troisième, c'est l'intégrité de l'appareil phonateur lui-même.
L'aphasie est ainsi caractérisée par un trouble de la parole, avec intégrité de l'idéation et delà phonation. Nous reviendrons sur les termes de cette définition provisoire.
Il est important de préciser les rapports qu'il y a entre l'aphasie et l'amnésie. Ce sont deux états qu'il ne faut ni séparer absolument, ni confondre d'une manière complète.
Il y a deux espèces d'amnésie distinctes : la perte de mémoire peut porter sur les idées ou sur les mots. L'amnésie des idées ou des images est un trouble de l'idéation ; on la trouvera dans le ramollissement, la paralysie générale, etc. Elle entraîne un trouble de parole de la première catégorie, qui n'a rien avoir avec l'aphasie vraie. L'amnésie des mots, au contraire, rentre dans l'aphasie ; elle en est le degré inférieur.
On peut se faire une idée de ces degrés de l'aphasie en les comparant aux périodes par lesquelles passe un enfant avant de parler. L'enfant a d'abord une aphasie complète : il ne parle pas du tout ; qu'on lui fournisse les mots en les prononçant devant lui, ou qu'on ne les lui fournisse pas, il est incapable de revêtir ses pensées de mots. Plus tard, quand il est plus avancé, il ne trouve pas encore les mots tout seul, mais il les répète quand on les dit devant lui. Il ne se les rappelle pas encore dans l'intervalle pour les prononcer spontanément : c'est une image de l'amnésie.
De même, l'aphasique incomplet répète les mots quand on les lui dit, mais il ne peut pas les trouver spootanément : c'est de l'amnésie. L'aphasique complet ne peut même pas répéter ce qu'on lui dit.
Pour résumer ce point important et un peu délicat, je ne puis pas admettre que l'amnésie est une forme à part du trouble de la parole, comme le voudrait Proust. L'amnésie doit être dédoublée en amnésie idéale, qui rentre dans hi première catégorie de troubles et n'a rien à voir avec l'aphasie, et en amnésie verbale, qui appartient à la deuxième catégorie (aphasie) et en forme le degré inférieur.
Ainsi, je le répète, dans l'aphasie l'idée existe, l'appareil phonateur existe pour exprimer l'idée ; mais l'intermédiaire manque, le passage au mot qui rendrait l'idée exprimable par la parole manque.
On a une image de ce fait en le comparant à certains phénomènes physiques.
Un corps vibre ; mais il vibre trop vite et donne un son trop haut pour être perçu par l'oreille. Les vibrations existent, l'oreille existe, et cependant les premières n'impressionnent pas le nerf auditif. Interposez maintenant un corps qui se mette à vibrer comme le premier, mais en ralentissant les vibrations de moitié : l'oreille sera impressionnée par ces mêmes vibrations qui ne l'impressionnaient pas tout à l'heure.
De même, chez l'aphasique l'idée existe ; mais, faute d'un intermédiaire qui manque, l'idée ne peut pas prendre cette forme de mot qui irait exciter l'appareil phonateur et produirait la parole articulée.
Ce n'est là qu'une définition provisoire de l'aphasie, sur laquelle nous devrons revenir, parce que nous verrons que la parole articulée n'est pas seule atteinte, mais que tous les divers modes de manifestation de la pensée peuvent l'être simultanément.
Entrons dans la Description clinique de l'aphasie et commençons par en étudier l'élément principal, les troubles de la parole.
Notez d'abord qu'il faut parler au malade et le faire parler pour se douter de son mal. Rien dans sa physionomie n'exprime l'hébétude. Quand on le questionne, on constate tout de suite le symptôme, et lui-même en a conscience.
Rarement il y a une perte complète de la parole, un mutisme absolu ; rarement les malades ne prononcent rien du tout.
Le plus souvent, dans les cas les plus graves, ils ne disent rien de ce qu'ils veulent dire, mais ils disent quelque chose : ils articulent quelques syllabes plus ou moins étranges. Quelquefois ce sont des monosyllabes connus et employés, comme oi« ou non ; ou des monosyllabes inconnus, sans signification, comme tan (malades de Béhier, de Broca), Ils le disent alors à propos de tout, à la place de n'importe quel mot.
158 MALADIES DE L^EXCÉPHALE.
D'autres fois ils articulent plusieurs syllabes qui n'ont du reste pas plus de sens : c'est ainsi qu"un malade de Trousseau disait : cov.sisi, et un autre : monomomentif.
Ils peuvent encore articuler un nombre de syllabes plus considérable, une série de mots toujours sans rapport avec ce qulls veulent dire. Ainsi, un malade d'Osborn prononçait une série de syllabes sans suite et n'appartenant à aucune langue connue.
Quelquefois c'est une pbrase entière quïls substituent à toutes les autres, souvent sans s'en douter; d'autres fois ils en ont conscience et s'en impatientent. Une malade de Trousseau disait aux personnes qu'elle voyait des grossièretés tout à fait en désaccord avec l'éducation qu'elle avait reçue, et tout en croyant les inviter poliment à s'asseoir.
Remarquez, du reste, que dans tous ces cas-là les syllabes, les mots prononcés, sont toujours parfaitement articulés. Ces malades se distinguent complètement des bémiplégiques Milgaires, qui ont la langue embarrassée.
Dans toutes ces formes du type que nous venons d'étudier et qui représente le degré le plus élevé de l'aphasie, le malade n'exprime jamais ce qu'il veut : il ne dit rien ou il dit des choses sans rapport avec ce qu'il veut dire.
Dans un second type moins grave, moins accentué que le précédent, le malade dit quelquefois, mais pas toujours, ce qu'il veut dire.
Ainsi, sous l'empire de la frayeur, de la colère, etc., l'aphasique lâchera un juron, une expression vive, du reste bien à sa place. Plus tard, redevenu calme, il cherchera vainement ce même mot.
De même, certaines phrases faites, certaines locutions usuelles, reviennent à leur place, puis disparaissent à un autre moment.
Dans un troisième type, le malade est incapable de parler tout seul, spontanément ; mais il peut répéter les mots qu'on dit devant lui ; il les répète tout de suite, mais ne peut pas les retrouver plus tard.
Un quatrième type, qui représente déjà un mal moins grand, est le type à substitutions. Le malade parle assez, il a un vocabulaire assez étendu; seulement il dit un mot pour l'autre. Au milieu d'une phrase, il dira chapeau au lieu de porte, et réciproquement. Souvent même il continue son discours sans s'en apercevoir, et s'étonne si on ne le comprend pas.
Un fait curieux se produit souvent : le malade substitue toujours le même mot à tous ceux qui lui manquent ; le même mot revient à tout instant dans chaque phrase à la place de toute une série d'autres ejipressions. Gairdner a pittoresquement exprimé cet état en disant que ces malades sont intoxiqués par ce mot.
A un degré d'aphasie encore plus léger, il ne manque qu'un certain nombre de mots. Le malade lésait, s'arrête, cberche à tourner la difficulté et emploie une circonlocution, ou les mots chose ou machine.
On remarque que les mots qui manquent le plus souvent et le plus long-
temps, dans ces cas, sont les substantifs, et plus spécialement encore les noQis propres.
Est-il besoin d'ajouter que nous n'avons pas passé en revue tous les types d'aphasie: les vaviiéjtéSjSOAt^Anor^ibj-aljjl^. Mais enfin ^ vous ayez là les grands caractères des principales formes.
Chacun de ces types peut survenir d^mblée et constituer toute la maladie; c'est ainsi qu'il, y a des aphasies de. gravité yaxi,able. P.'anti;ei^,,fû^s, on peut les observer'tous successivement, , soit chez un.aphasique qui devient de plus en plus malade, soit, dans l'ordre inverse,, ch„e^ un aphasique qui guérit.
Dans ce cas-là, l'ordre dans lequel se, succèdent l^s phas§g^esj;,|5glijijla)is lequel nous avons décrit les diverses variétés. „r ^^, ^ , ,^,^
Troubles de récriture. — La parolg n'est^^a^ seigle atteinte cbe?; les aphasiques, l'écriture l'est souvent aussi. Il est excessivement ïpté|:^sant /dé faire écrire les aphasiques, e,t, quand op le pejit, ,(ie suivre les progrès de la maladie par l'écriture même. du malade.
J'ai obtenu ainsi 'et. publié * un spécimen très-remarguah^q" dans' un cas qui était du reste particulièrejment,favor,able. Le m.alade guérit d'une aphasie complète, était en même temps très-intêlligent, savait très-bien écrire ayan,t sa maladie,^ et u'avaifpas une iiémipiégie (ir9ite,qui rémpê^lia't de guider sa plume. C'est là un des spécim,ens . ,l§s plus complets qui ait 'été publié de l'écriture des aphasiques : à mon sens, une vraie représei^tation .graj)lyoue de lamarchede lamaladie,(Pil.JJ|j.^,. • ,, ..^ , ;-
Il s'agit d'un malade ûbser.vé en 18!73,.:à i^, cliii|gup,médi/;j|le,d^ l'.jj^pital Saint-Eloi, et dont j'aurai à reparler. , „ j,.- ,■, .,, ,,
Au second jour de la makdieyil-est dans, l'impossibilité absolue d'écrire son nom; il ne peut mêmje pas, former les lettres. A peine reconnaît-on quelques linéaments du D qui commenGe-l« nom (Desforges). e,t de l'f qui est au milieu. Mais tout le reste est confus ;ce-8€)ntdes.traits'6ans(ÊignifiGation.
Remarquez que les lettres «ont <po-ur l'écriture ce que sont les syllabes pour la parole. A cette période, il ;ie peut ^jas. formel^ jnê.m.e.-lesieJ:.U;e5,.-
Peu a peu il forme un peu mieux ses lettres;- oa. reconnaii; tEèsrbJeHiD, e, r, qui figurent en effet dans son nom.--- . ^ . ■...
Pendant'toutecettepédode, il nepeuit)paa:iïiêBiie;€opieri son npm^ ^correctement écrit sur son billet-et pteoéi'SOUS'Ees.' yeux ; de même qu'il ne pouvait pas répéter les mot-s qu'on prononçait- devawt lui. -. . . - ^, , ... ..
Bientôt il esquisse très-bien les lettres, notamment 4ës- lettres, "de son nom. Mais alors apparaissent de' ti^ès-curietix phénomènes de substitution: il met facilement une lettre pour une a'utre au milieu d'un mot; c'est alors qu'en parlant il disait Montloyer, pour dire Montpellier." La substitution
' Obscro. (V aphasie complète suivie de guériionî' avec des spécimens de V écriture du malade. {Mo7ilpeilicr médicaî;-iS7?jj. - "' "" ■
160 MALADIES DE l'eNCÉPHALE.