LÉSION PRIMITIVE DES CORDONS DE GOLL
L'histoire clinique de ces lésions est très-obscure et encore très-incomplète. Nous n'en connaissons que deux cas.
1. Observation de Pierret*. — Une femme éprouve, en 1855, des engourdissements et des fourmillements dans les membres, surtout dans les bras, avec sensation de chaleur et douleurs profondes. En même temps, céphalalgie opiniâtre, douleur lombaire, constriction thoracique. En 1860,
curieux observé par lui cliez un ataxique, et que je crois encore sans analogue dans la science : c'est un malade qui depuis plusieurs mois ne pouvait plus marcher sans le secours d'un bras ou d'une canne, dans l'obscurité ou sans le secours delà vue, et qui, dans des crises de somnambulisme se produisant tous les huit ou dix jours, marchait librement et sans canne.
i Arch. dePhysioL, 1873. — Revue des Se. méd., I, C49.
perte delà notion exacte de sensation du sol. Elle est obligée de se servir d'uDe canne. Rémission après des cautères à la régioD lombaire. En 1863, entrée à la Salpètrière dans le service de Oharcot; sensibilité diminuée à la plante des pieds ( surtout à gauche ) . La malade marche avec une béquille sous l'aisselle droite; elle détache difficilement les pieds du sol, surtout à gauche. Elle se sent tirée en arrière quand elle veut aller en avant; une fois lancée, elle semble poussée par une force invincible. Si elle ferme les yeux, elle se tient, mais est menacée de tomber. Fatigue rapide, et alors douleurs dans les jambes. En 1866, douleurs en ceinture avec le caractère fulgurant ; mêmes phénomènes à la partie antérieure de la cuisse. Notion de position des membres conservée ; mouvements très-réguliers. Mort de pneumonie pendant le siège.
Pierret attribue spécialement à la lésion des cordons de Goll, trouvée à l'autopsie, la tendance au recul ou la propulsion, la fatigue considérable et l'incertitude dans la station. Il cite un fait d'ataxie locomotrice dans lequel Duchenne avait observé une propulsion irrésistible.
2. Observation de Ducastel *. — Au point de vue clinique, ce fait est perdu, parce qu'il y avait une chorée concomitante. On a cependant pu noter spécialement l'absence d'ataxie et de troubles de la sensibilité.
Toute synthèse de ces faits est absolument impossible.