‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 56 sur 147 · Atrophie musculaire précoce et à marche rapide · texte numérisé non relu

Atrophie musculaire précoce et à marche rapide

5. Régression et localisation de la paralysie à quelques muscles;

6. Intégrité complète de la sensibilité, des nerfs crâniens, de la vessie et du rectum.

Nous avons déjà suffisamment indiqué la Marche de la maladie. La restitutio ad integrum est l'exception , la guérison incomplète la règle.

i Arch. gén. de Méd., 1872.

2 Arch. dePhijsioL, 1873, 80.

3 Virch. Arch., 1878, LXXIII, 3, 444.

PARALYSIE SPINALE AIGUË DE l' ADULTE. 409

Il y a rarement des coulractures et des déformations, comme dans la paralysie infantile.

Le Pronostic est absolument favorable quoad vitam , tout différent quoad restitutionem.

L'exploration électrique est le meilleur moyen de prévoir les muscles qui resteront définitivement frappés. Ainsi Mtiller pose, à ce point de vue, les règles suivantes :

Restent complètement paralysés tous les muscles dans lesquels l'excitabilité faradique descend perpendiculairement de son niveau normal et disparait entièrement en quatre ou cinq jours. Dans tous les cas où cette excitabilité diminue seulement sans disparaître avant le douzième jour, et dans les cas où elle ne descend pas perpendiculairement, mais graduellement, la motilité revient, fût-ce après plusieurs mois. — De la complète disparition de l'excitabilité faradique ou de la réaction de dégénérescence dans les premiers stades, on ne peut rien conclure pour la curabilité ou l'incurabilité de la paralysie. — Quand la secousse de fermeture au pôle positif (An FS) reste seule comme réaction d'un muscle au courant continu, cela prouve la disparition complète de la substance contractile.

Traitement. — Dans le stade initial, on prescrit les antiphlogistiques, les émissions sanguines, les révulsifs, les vésicants ; souvent on n'obtient aucun effet. Contre les douleurs de cette période, Millier conseille la morphine. Le même auteur déclare avoir besoin d'une expérience plus complète pour se prononcer sur l'efficacité de l'ergot de seigle, préconisé par Hammond, qui l'associe à l'iodurede potassium. Althaus et Seguin préconisent aussi l'ergot de seigle. Mûller préfère la belladone (extrait) ou l'injection hypodermique d'ergotine et de sulfate d'atropine.

A la seconde période, on prescrit les toniques (vin, alimentation, fer), les résolutifs (iodure de potassium), l'hydrothérapie. Millier préconise les bains tièdes et les eaux de Gastein, Tœplitz, Rômerbad, Wilbad, Ragacz, Eaux-Bonnes, Plombières. Il repousse la strychnine et préfère le traitement électrique méthodique.

On doit commencer le plus tôt possible, sans perdre de temps, après la disparition des phénomènes aigus initiaux. On doit préférer le courant continu au courant faradique. On doit continuer jusqu'à guérison, c'est-à-dire des mois et des années.

MuUer applique le pôle positif (avec un électrode large) au siège du mal (renflement cervical ou lombaire) et le pôle négatif successivement sur les différents muscles paralysés. Il laisse le courant fixe de trois à cinq minutes, en ouvrant et fermant pour faire contracter les muscles. Les séances sont renouvelées tous les jours.

Le massage est encore un bon moyen d'améliorer la circulation et la nu-

trition dans les membres paralysés. — Enfin on remédiera par les moyens orthopédiques aux fausses positions résultant des paralysies circonscrites.

Rapports entre l'atrophie musculaïre progressive, la paralysie

ATROPHIQUE de l'eNFANCE ET LA PARALYSIE SPINALE AIGUË DE l'aDULTE.

— Les trois maladies que nous venons d'étudier, et par lesquelles nous terminons l'étude des myélites systématisées, présentent entre elles de grandes affinités: c'est, dans les trois cas, une lésion atropbique des cellules des cornes antérieures à marche aiguë ou chronique.

On trouve dans la thèse de Carrieu* des faits intéressants qui montrent bien les analogies de ces trois maladies. Ainsi, un malade qui avait eu dans son enfance une paralysie atrophique, présenta plus tard une paralysie spinale aiguë^. Un autre, qui avait eu aussi une paralysie atrophique de l'enfance, eut plus tard une atrophie musculaire progressive 3.

Depuis lors, Quinquaud* et Hayem^ ont publié deux faits analogues, le dernier avec autopsie ; et enfin Coudoin^ a fait connaître une cinquième observation, prise chez Quinquaud, dans laquelle le même sujet a eu une paralysie atrophique de l'enfance, une paralysie spinale aiguë de l'adulte et une atrophie musculaire progressive.

Ce sont ces faits que Sinkler'^ a eus spécialement en vue, quand il a dit que chez l'enfant, une fois que la paralysie commence à diminuer, la maladie est arrêtée et ne progresse plus ; tandis que, chez l'adulte, il n'est pas rare d'observer une extension à certains muscles non atteints primitivement, et dans quelques cas même de voir la mort survenir par la marche progressive et ascendante des accidents.

i Th. Montpellier, 1875.

2 Service de Gharcot (publié par Raymoad, Soc. de DioL, 1875).

^ Service de Vulpian.

^ Soc. de Biol, 1879.

5 Soc. de Biol., 2 mai 1879.

6 Th. Paris, 1879, 585.

' The amer. Journ. ofmed- Se, 1878. Rev. des Se. méd., XV, 530.

ARTICLE II

Myélites difTuses.

Les myélites que nous avons étudiées jusqu'à présent restent circonscrites dans un ou plusieurs systèmes bien déterminés de la moelle : ce sont les myélites systématisées de Vulpian. Leur point de départ est dans les éléments nerveux eux-mêmes : ce sont les myélites parencbymateuses d'Hallopeau, les scléroses uniformes de Jaccoud, les scléroses rubanées de Bouchard, les scléroses fasciculées.

Maintenant nous abordons l'étude des myélites diffuses, qui se propagent de proche en proche ou à distance, sans suivre les rapports physiologiques des régions, sans se limiter aux systèmes. Leur point de départ est dans le tissu conjonctif et c'est par le tissu conjonctif qu'elles se propagent : ce sont des myélites interstitielles.

Dans les premières myélites, les symptômes étaient nets, toujours les mêmes, directement en rapport avec la région de la moelle atteinte. Ici, au contraire, les symptômes sont plus complexes, et on trouve dans une même myélite les signes superposés de la lésion de plusieurs systèmes.

Au fond, la symptomatologie des myéhtes diffuses peut se ramener, dans ses éléments, à celle des diverses myélites systématisées, associées de diverses manières. D'où l'avantage qu'il y a à n'étudier les myélites diffuses qu'après les myélites systématisées.

La description des myélites diffuses est fort difficile à faire. Les cas sont complexes, ne se ressemblent pas toujours entre eux, et sont par suite malaisés à catégoriser. Les différentes formes décrites se superposent ; les aiguës et les chroniques même se remplacent, se succèdent.

Il faut nécessairement faire artificiellement quelques groupes cliniques, qui ne sont pas des maladies, mais qui permettent de comprendre les maladies. (Voy. le Tableau de la pag. 294.)

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