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EXPLICATION DE LA PLANCHE L

Fig. 1. — Branches terminales de l'artère carotide interne.

1. Tronc de la carotide interne. — 2. Cérébrale moyenne. — 3, 3, 3, 3, 3. Branches que donne cette artère en parcourant la scissure de Sylvius. — 4. Artère choroïdienne. — 5. Les deux cérébrales antérieures. — 6. Anastomose de ces artères, ou communicante antérieure. — 7. Coude que forment les mêmes artères en se réfléchissant au-devant du corps calleux pour se porter sur la face interne des hémisphères cérébraux. — 8. Communicante postérieure, s'étendant du tronc des carotides internes aux cérébrales postérieures. — 9. Artère vertébrale. — 10. Artère spinale antérieure. — 11. Cérébelleuse inférieure et postérieure gauche naissant de la vertébrale. — 12. Les deux cérébelleuses inférieures droites naissant par un tronc commun qui part du tronc basilaire. — 13. Cérébelleuse inférieure et antérieure gauche dont la partie terminale a été enlevée avec l'hémisphère cérébeUeux correspondant. — 14. Tronc basilaire. — 15. Cérébelleuse inférieure gauche. — 16. Cérébrale postérieure. — 17. Branches terminales de cette artère.

Fig. 2. — Réunion des deux vertébrales. — Hexagone artériel de la base de l'encéphale.

1,1. Artères vertébrales. — 2, 2. Spinales postérieures. — 3. Spinale antérieure. — 4, 4. Cérébelleuses inférieures et postérieures. — 5. Tronc basilaire.

— 6. Artérioles qui naissent des parties latérales de ce tronc et qui se répandent sur la protubérance annulaire. — 7, 7. Cérébelleuses supérieures. — 8, 8. Cérébrales postérieures. — 9. Communicante postérieure. — 10, 10. Carotide interne.

— 11, 11. Cérébrales moyennes.-- 12. Cérébrales antérieures. — 13. Communicante antérieure.

Les artères du cerveau parties de ce cercle de Willis se divisent en deux groupes : les artères centrales (artères des noyaux gris de la base et artères ventriculaires) qui vascularisent la région opto-striée ; les artères corticales qui vascularisent les circonvolutions (substance grise et substance blanche) .

Les artères de la base pénètrent rapidement dans la pulpe cérébrale. Là elles émettent un certain nombre de branches, de volume très- variable, d'où partent les artères propres du cerveau, qui ont un diamètre constant et forment ce que Cohnheim appelle des artères terminales.

72 MALADIES DE l'eNCÉFHALE.

Cela posé, on peut diviser, avec Duret, les artères du corps strié en deux groupes : 1 . un groupe interne, comprenant les rameaux qui viennent de l'artère cérébrale antérieure et des plexus choroïdes : artères striées proprement dites et artères striées ventriculaires. Elles nourrissent exclusivement le noyau caudé. 2. Un groupe externe auquel nous rapportons toutes les branches qui viennent de la sylvienne dans l'espace perforé antérieur : artères lenticulaires proprement dites, artères lenticulo-striées (en avant) , artères lenticulo-optiques (en arrière) .

Les artères nourricières de la couche optique se divisent également en deux- groupes. Dans le groupe interne il faut ranger : 1. les artères optiques internes antérieures et postérieures^ branches de la communicante postérieure et de la cérébrale postérieure ; 2. les artères optiques ventriculaires^ branches des artères choroïdiennes. Dans le groupe externe se placent les artères optiques externes postérieures qui naissent de la cérébrale postérieure, au niveau des corps genouillés.

Les artères corticales forment d'abord le réseau de la pie-mère. Là, chaque artère se divise en trois ou quatre troncs principaux, chacun de ces troncs en deux ou trois branches ; puis ces branches fournissent deux ou trois rameaux qui se terminent par deux ou trois arborisations. De toutes les parties de ce squelette, des gros troncs comme des rameaux secondaires, naissent des arborisations. Ces arborisations forment un ensemble parfaitement défini et très-régulier d'où naissent perpendiculairement les artères nourricières qui pénètrent dans la substance nerveuse. Parmi celles-ci, les unes, longues, vont à la substance blanche; d'autres, courtes, s'arrêtent dans la substance grise.

Nous reviendrons sur la distribution particulière des différentes artères corticales quand nous connaîtrons les circonvolutions*.

Le seul point des recherches de Duret que n'ont pas absolument confirmé les travaux ultérieurs, est l'indépendance des territoires vasculaires. Duret proclame cette indépendance presque absolue et n'admet que des anastomoses peu importantes. Le domaine artériel central est évidemment très-indépendant du domaine artériel cortical; mais les observations de Cadiat^ semblent indiquer que les anastomoses sont assez importantes entre les divers territoires des artères corticales, et qu'il faut sur ce point apporter quelques restrictions à l'opinion trop absolue de Duret.

IL Les VEINES du cerveau ont été bien étudiées dans ces derniers temps par Charles Labbé^.

Les veines cérébrales qui tapissent la convexité ne forment pas une

\ Vay. art. IV, chap. iv.

2 Voy. la Thèse de Lucas déjà citée.

3 Arch. de PhysioL, 1879, pag. 136.

espèce de réseau, comme le figm'e Hirschfeld. Elles sont seulement unies par des anastomoses de deux ordres : les unes transversales sur la partie saillante des circonvolutions, les autres (plus importantes) dans les sillons, faisant surtout communiquer les veines supérieures avec les inférieures.

Les veines du cerveau se rendent dans les sinus de la dure-mère, qui sont disposés suivant deux plans réciproquement perpendiculaires : l'un supérieur, médian et vertical ( sinus longitudinaux et sinus droit) ; l'autre inférieur et horizontal (sinus de la base du crâne) . Le système des sinus supérieurs vient s'aboucher dans le système des sinus de la base, par un orifice unique qui correspond au pressoir d'Hérophile. Le golfe de la veine jugulaire est l'aboutissant commun des sinus.

Mais il y a aussi des voies anastomotiques qui permettent aux sinus verticaux de déverser leur trop plein sans passer par les sinus latéraux. Ce sont les veines de la dure-mère ou petites anastomotiques et les grandes veines anastomotiques.

Il y a également une série de communications venant d'un hémisphère à l'autre. Ces anastomoses se constatent à la base du cerveau, à la partie centrale de l'organe, au niveau et au-dessus du corps calleux.

Il y a enfin d'autres communications entre le système veineux cortical dont nous venons de parler et le système veineux central ou veines de Galien.

On discute encore pour savoir s'il y a, dans la pie-mère, des anastomoses directes, autres que les capillaires, entre les artères et les veines cérébrales. Ecker, Heubner et Cadiat les admettent; Vulpian, Sappey et Duret les nient. Labbé ne se prononce pas catégoriquement, mais considère ces canaux comme probables.

Ce dernier auteur a encore décrit autour des sinus, dans l'épaisseur de la dure-mère, des dilatations ampuUaires qui jouent, à l'égard de ces derniers, le rôle de véritables lacs de dérivation. Les veines cérébrales s'abouchent dans les sinus par l'intermédiaire de ces lacs ou au moins en communication avec eux.

On voit l'importance de toutes ces dispositions pour diminuer le retentissement cérébral des troubles circulatoires, pour empêcher la compression du cerveau, etc.

Labbé rattache les corpuscules de Pacchioni à ces lacs dérivatifs. La circulation y est peu active, dit-il; la fibrine s'y dépose et provoque par irritation la formation de granulations conjonctives qui peuvent ensuite s'infiltrer de sels calcaires. Quoiqu'il en soit de la théorie, ajoute-t-il, ce que l'on peut regarder comme certain, c'est la coexistence des corpuscules de Pacchioni avec les lacs sanguins de dérivation*.

1 Pour Axel Key et Relzius, les granulations de Pacchioni seraient des franges arachnoidiennes et serviraient de communication entre l'espace sous-arachnoïdieu et la cavité des vaisseaux sanguins.

III. On aurait une idée très-incomplète et inexacte de la circulation encéphalique si l'on ne considérait aussi le système lymphatique des centres nerveux, si l'on n'étudiait le liquide céphalo-rachidien, dont la distribution et le rôle ont été bien élucidés dans ces derniers temps ^

Il y a du liquide céphalo-rachidien partout où il y a des éléments nerveux, partout il communique avec lui-même. On le trouve donc dans le cerveau , la moelle et les nerfs.

Dans le cerveau, tous les vaisseaux sont entourés d'une gaîne ( Robin, His ). Entre cette gaîne et le vaisseau est un espace libre parcouru par de petits filaments, retinacula, très-fins { AxelKey, Golgi, Charcot). Là circule le liquide céphalo-rachidien, séreux, clair, renfermant quelques leucocytes et quelques autres éléments figurés du sang. C'est là qu'il se forme par transsudation des artérioles du cerveau.

Toutes ces gaines lymphatiques s'ouvrent à la surface du cerveau dans les mailles de la pie-mère. C'est aux prolongements de cette pie-mère qu'appartiennent les retinacula des gaines; ils émanent du feuillet interne de cette membrane. Le feuillet externe est composé d'aréoles, de mailles conjonctives analogues à celles du grand épiploon. Enfin les faisceaux les plus superficiels du feuillet externe se condensent, se disposent parallèlement, se revêtent à leur surface d'une couche épithéliale continue, et forment ainsi le feuillet viscéral de V arachnoïde.

Le liquide céphalo-rachidien circule dans cette grande gaîne au milieu des filaments de la pie-mère.

En s'accumulant sur certains points, ce liquide forme ainsi, à la surface du cerveau, dans les sillons qui séparent les circonvolutions , des confluents plus oumoins considérables : rivuli, rivi, flumina. [Yo^-fig- 1 et 2.)

Ainsi, à la face externe, il y a trois flumina : rolandique, parallèle, sylvien (dans les scissures de Rolando, parallèle, de Sylvius). Tous affluent au lac sylvien, situé à l'extrémité autéro-inférieure de la scissure de Sylvius. A la face interne, on en retrouve de semblables, qui forment le lac calleux.

Le lac calleux et les deux lacs sylviens s'unissent largement et iovmentle grand lac ceiitral à la base du cerveau, limité par les saillies de cette face inférieure; ce lac communique par le canal péripédonculaire twec le lac cérébelleux supérieur, et par le canal basilaire et les canaux vertébraux avec le sillon central de la moelle et la pie-mère rachidienne.

Le liquide céphalo-rachidien se retrouve également dans les ventricules (latéraux et médian); par l'aqueduc de Sylvius, il se déverse dans le ventricule bulbaire et peut enfin s'écouler, par le foramcn de Magendie, dans le lac cérébelleux inférieur ou postérieur.

1 Voy. Duret ; Études expériment. et clin, sur les tranmatismes cérébraux. Th. Paris, 1878, pag. 15. — Oa y trouvera la synthèse des tréivaux d'Axel Key et Retzius, Golgi, Schwalbe, etc.

Fig. 1. — Flwnina de la face externe des hémisphères cérébraux. — R« roi- Flumen rolandien. — R. syl. Flumen sylvien. — L. syl. Lac sylvien. 1, 2, 3, 4. Rivi des Flumina. — 5, 6. Canal basilaire. — 7. lac cérébelleux inférieur. — 8. Lfic cérébelleux supérieur.

4 Cal.

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