‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 78 sur 147 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

C'est là une maladie très -mal étudiée. Longtemps confondue avec les myélites, elle peut en être aujourd'hui cliniquement séparée. Mais la plupart

* Art. d'IIallopeau, in Nouv. Diciionn. deMéd.et deOhir. pral.. — Vulpiaii; Leç. sur les mat. du Syst. nerv., pag. 111.

des cas de méningite spinale sont observés dans les épidémies de cotte maladie spéciale, que nous n'étudions pas ici, la méningite cérébro-spinale. On peut dire que c'est là la première et principale condition étiologique.

En dehors de cela, on a noté lïnfluence des efforts musculaires excessifs ou prolongés et Faction du froid. Hallopeau cite un homme qui fut atteint après avoir couché sur la terre par un temps froid ; Jaccoud parle, d'après Frerichs, d'un enfant qui, étant resté assis pendant plusieurs heures sur une pierre, fut pris de fièvre, de paraplégie, et mourut: à l'autopsie, on trouva une méningite exsudative généralisée dans tout le canal vertébral.

Les traumatismes, l'ouverture d'un abcès dans la cavité sous-arachnoïdienne, sont encore des causes à invoquer. Nous avons déjà dit, d'après Charcot, que les eschares sacrées profondes peuvent ouvrir le canal sacré, perforer la dure-mère, pénétrer sous l'arachnoïde et déterminer ainsi une méningite ascendante purulente sùnple ouichoreuse.

On a encore observé cette lésion dans quelques maladies générales, comme la scarlatine, la fièvre typhoïde.

Anatomique.ment, la dure-mère est congestionnée et peut être enflammée; mais le plus souvent, ici comme dans la méningite cérébrale, c'est dans le tissu sous-arachnoïdien que se trouvent les principales lésions.

Le liquide céphalo-rachidien est trouljle ; la pie-mère et le tissu sousarachnoïdien sont infiltrés d'un exsudât dense, concret, blanchâtre, formé de leucocytes et de fibrine, plus ou moins résistant, qui peut se présenter en lamelles. La pie-mère est épaissie et indurée.

Les lésions sont en général beaucoup plus accentuées à la partie postérieure. La plus riche innervation de cette région n'est peut-être pas étrangère à la production du fait. (Vuipian.)

La moelle parait saine et injectée. Elle peut participer à l'inflammation. Dans les méningites ichoreuses, elle prend une teinte ardoisée spéciale.

Les douleurs rachidiennes et les contractures des muscles du tronc sont les Symptômes essentiels de la maladie.

Lesdouleurs sont le symptôme méningitique par excellence pour la moelle, comme la céphalalgie pour le cerveau. Après un début plus ou moins insidieux, on observe quelquefois un état de malaise général, des douleurs vagues dans tout le corps et une fièvre modérée. Puis surviennent les douleurs caractéristiques le long du rachis, exagérées par les mouvements du tronc, augmentées par le passage d'une éponge chaude ou froide le long de la colonne vertébrale, souvent aussi, mais pas toujours, par la pression des apophyses épineuses. La douleur maxima se trouve au niveau des lésions principales, par exemple à la région lombaire. Quelquefois il y a aussi des douleurs irradiées dans les membres ou en ceinture, mais c'est moins constant.

Comme contractures, on a la raideur des muscles du tronc et de la nuque, le renversement de la tête en arrière, même au lit, mais surtout quand le malade est assis. Le malade ne peut tourner la tête qu'en déplaçant tout le tronc. On ne fléchit ou on ne tourne sa tête qu'en provoquant une vive douleur. C'est une sorte d'opisthotonos qui peut simuler le tétanos.

Ces phénomènes ont été attribués par certains auteurs à l'excitation des racines nerveuses. Hallopeau combat avec raison cette explication. Des douleurs par excitation des racines postérieures ne se limiteraient pas au rachis, se produiraient comme dans les myélites qui s'accompagnent d'irritation de ces racines. La vraie cause réside dans les filets nerveux des méninges, dans la sensibilité propre des enveloppes. Insensible à l'état normal (dans l'expérimentation sur les animaux), la dure-mère devient sensible par l'inflammation et même par la simple exposition à l'air, et la piemère est très-richement innervée (Vulpian) . Les contractures sont réflexes et non directement produites par l'excitation des racines antérieures.

En dehors de ces symptômes essentiels, il n'y a en général ni paralysie ni anesthésie ; quelquefois rétention d'urine et constipation. — La fièvre est le plus souvent modérée, incomparablement plus faible que dans la méningite cérébrale; quelquefois on observe des sueurs profuses, comme dans le tétanos ; il y a de l'agitation, de l'anxiété, de l'insomnie.

La Marche est plus ou moins rapide. Dans des cas sur-aigus, la mort survient en deux ou trois jours, dans l'asphyxie. Le plus ordinairement, la mort arrive après un septénaire. Il y a souvent des rémissions dans la marche des accidents.

La maladie peut guérir, passer à l'état chronique; la mort serait cependant la terminaison la plus ordinaire, quoique moins fréquente que dans la méningite cérébrale.

Les éléments du Diagnostic se tireront surtout des douleurs et des contractures xlécrites. L'hématorachis se traduit par les mômes signes, mais sans fièvre. La myélite aiguë ne présente les symptômes de la méningite que quand cette dernière lésion coexiste réellement avec la première. Le tétanos n'a pas de fièvre initiale et s'accompagne de trismus et de contractures périphériques.

On reconnaîtra ensuite par les symptômes concomitants et antérieurs si la méningite est primitive ou secondaire.

On peut obtenir quelque chose par le Traitement, notamment par des appUcations de ventouses scarifiées le long du rachis, que l'on répète s'il y a lieu ; plus tard on peut employer les vésicatoires. En même temps, on prescrirales révulsifs intestinaux, le calomel. Tout cela vaut mieux que les applications froides le long du rachis.

ARTICLE m.

Méningites chroniques.

Page 1